25.5.08
L'APOCALYPSE, NON. MAIS DES TENTATIVES, OUI....
Le quotidien suisse Le Matin rappelle aujourd’hui que «Pour les islamistes, l’apocalypse a commencé»:
Des dirigeants islamistes, dont le président iranien Ahmadinejad, annoncent la venue sur terre du Mahdi, descendant de Mahomet qui, à la tête des armées de l’islam, exterminera les «mécréants». Une littérature apocalyptique inonde actuellement le monde musulman.
C’était à prévoir. Et c’est bien visible depuis quelque temps déjà (quoique pas pour tout le monde). Mais, au-delà du message de haine anti-juive (une vieille tradition musulmane) et anti-occidentale que cela transporte, c’est surtout grave en relation avec les efforts de l’Iran visant à se doter de l’arme nucléaire tout en cultivant des dizaines de milliers de fanatiques qui rêvent de mourir en martyrs musulmans, c’est-à-dire en tuant des gens.
C’est donc l’occasion ou jamais de revenir sur une réflexion de Bernard Lewis publiée il y a deux ans dans le Wall Street Journal et que j’avais traduite sur precaution.ch. Texte intégral (je mets en gras):
Pendant la guerre froide, les deux camps possédaient des armes de destruction massive, mais aucun d’entre eux n’y recourut, dissuadé par ce qu’on appelait le MAD, pour mutal assured destruction [NdT: littéralement «destruction mutuelle assurée», usuellement «équilibre de la terreur»; d’autre part le mot anglais mad signifie «fou»]. Des considérations similaires ont sans doute permis de prévenir leur usage dans l’affrontement opposant l’Inde au Pakistan.
À l’heure actuelle, une nouvelle confrontation de ce type semble se concrétiser entre un Iran doté d’armes nucléaires et ses ennemis favoris qualifiés par feu l’ayatollah Khomeiny de Grand Satan et de Petit Satan, à savoir les États-Unis et Israël, respectivement. Les bombes destinées aux États-Unis pourraient être transportées par des terroristes, une méthode qui présente l’avantage de dissimuler l’identité de l’expéditeur. Pour Israël, la cible est si petite qu’on peut fort bien tenter de la détruire par un bombardement direct.
Il est de plus en plus vraisemblable que les Iraniens disposent ou disposeront très bientôt d’armes nucléaires grâce à leurs propres recherches (entamées il y a une quinzaine d’années), à l’obligeance de certains de leurs voisins et aux dirigeants de la Corée du Nord, toujours prêts à rendre un tel service. Le langage du président iranien Ahmadinejad signale bien la réalité si ce n’est l’imminence de cette menace.
Les mêmes contraintes dissuasives, le même équilibre de la terreur empêcheront-ils un Iran nucléarisé d’utiliser de telles armes contre les États-Unis ou contre Israël?
Une différence radicale sépare la République islamique d’Iran des autres gouvernements détenant des armes nucléaires. Cette différence s’exprime dans ce qui ne peut guère être décrit que par la vision du monde apocalyptique des dirigeants iraniens actuels. Cette vision du monde et les perspectives qui en dépendent se révèlent de manière éclatante dans des discours, des articles et même des manuels scolaires – elle forge de toute évidence la perception et ainsi la politique d’Ahmadinejad et de ses disciples.
Même par le passé, il était clair que les terroristes se réclamant de l’Islam n’avaient aucun scrupule à massacrer leurs coreligionnaires en grands nombres. Les attentats à l’explosif perpétrés en 1998 contre les ambassades américaines d’Afrique orientale en sont un bon exemple: ils coûtèrent la vie à quelques diplomates américains et à un nombre beaucoup plus élevé de simples passants, en grande partie musulmans. Et les divers attentats terroristes des 15 dernières années ont fait de nombreuses victimes musulmanes.
La phrase «Dieu reconnaîtra les siens» est souvent mise à contribution pour expliquer ce manque apparent de compassion – cela signifie en clair que les victimes infidèles, c’est-à-dire non musulmanes, iront subir un châtiment bien mérité en enfer, tandis que les Musulmans seront transportés tout droit au paradis. Dans cette optique, les terroristes rendent en fait service à leurs victimes musulmanes en leur procurant un raccourci vers le paradis et ses délices – la récompense du martyr sans les tourments du martyre. Les manuels scolaires disent aux jeunes Iraniens de se tenir prêts à une lutte finale et mondiale contre un ennemi malfaisant – les États-Unis – et de s’apprêter à bénéficier des privilèges du martyre.
Une attaque directe des États-Unis est certes possible, mais peu probable dans le futur immédiat. Israël est une cible plus proche et plus facile; et Ahmadinejad a signalé que sa pensée allait dans ce sens. L’observateur occidental pense ici immédiatement à deux effets dissuasifs possibles. Le premier est le fait qu’une attaque éliminant Israël éliminerait certainement les Palestiniens. Le deuxième est qu’une telle attaque susciterait certainement des représailles dévastatrices d’Israël contre l’Iran, car on peut s’attendre à ce qu’Israël ait pris les mesures nécessaires pour lancer une contre-attaque même après un holocauste nucléaire dans le pays.
Le premier de ces effets dissuasifs a certes de quoi préoccuper les Palestiniens, mais pas, semble-t-il, leurs champions fanatiques du gouvernement iranien. Comme relevé plus haut, le deuxième effet dissuasif – la menace de représailles directes sur l’Iran – est déjà extrêmement affaibli par un complexe suicidaire ou un esprit de martyre qui accable certaines parties du monde islamique actuel avec une vigueur sans égale, ni dans d’autres religions ni même dans le passé de l’Islam. Ce complexe revêt encore plus d’importance actuellement à cause de cette nouvelle vision apocalyptique.
Dans l’Islam, de même que dans le Judaïsme et le Christianisme, certaines croyances portent sur une bataille cosmique marquant la fin des temps – Gog et Magog, l’Antéchrist, Armageddon et, pour les Musulmans chiites, le retour tant attendu de l’Imam caché, qui doit déboucher sur la victoire finale des forces du bien sur celles du mal, quelle qu’en soit la définition. Il est évident qu’Ahmadinejad et ses adeptes croient que ce temps est venu et que la lutte finale est déjà entamée, et même bien avancée. Elle pourrait même avoir une date précise, indiquée par plusieurs mentions du président iranien quant à sa réponse finale aux États-Unis sur la question nucléaire – le 22 août. D’abord, il s’agissait de «la fin août», mais Ahmadinejad a ensuite précisé cette date.
Quelle est la signification du 22 août? Cette année, le 22 août correspond, dans le calendrier islamique, au 27e jour du mois de Rajab de l’année 1427. Or, pour beaucoup de Musulmans, la tradition veut que cette nuit-là, le prophète Mahomet enfourcha le cheval ailé Buraq pour se rendre d’abord à la «mosquée la plus éloignée» [NdT: masjid al-aqsa, voir une explication complète], usuellement considérée comme se situant à Jérusalem, puis au paradis, et retour (Coran 17:1). Cela peut sans doute être considéré comme une date appropriée pour mettre un terme apocalyptique à l’existence d’Israël et, si nécessaire, du reste du monde. Il n’est pas certain du tout qu’Ahmadinejad prépare une telle opération cataclysmique pour le 22 août précisément. Mais il serait sage d’en considérer l’éventualité.
Une citation de l’ayatollah Khomeiny figurant dans un manuel scolaire iranien de 11e année est révélatrice à cet égard:
«J’annonce au monde entier, sans la moindre hésitation, que si les dévoreurs du monde (c’est-à-dire les puissances infidèles) se dressent contre notre religion, nous nous dresserons contre leur monde entier et n’auront de cesse avant d’avoir annihilé la totalité d’entre eux. Ou nous tous obtiendrons la liberté, ou nous opterons pour la liberté plus grande encore du martyre. Ou nous applaudirons la victoire de l’Islam dans le monde, ou nous tous irons vers la vie éternelle et le martyre. Dans les deux cas, la victoire et le succès nous sont assurés.»
Dans ce contexte, l’équilibre de la terreur, la dissuasion qui fonctionna si bien pendant la guerre froide, n’a plus aucun sens. La fin des temps s’accompagnera de toute manière d’une destruction totale. Ce qui compte est la destination finale des morts – l’enfer pour les infidèles, le paradis pour les croyants. Pour des gens nourrissant un tel état d’esprit, le MAD n’est pas un empêchement, c’est un incitatif.
Comment affronter un ennemi animé d’une telle vision de la vie et de la mort? Certaines mesures de précaution immédiates sont possibles et nécessaires. À long terme, il semble que le meilleur et peut-être le seul espoir consiste à faire appel aux Musulmans – Iraniens, Arabes et autres – qui ne partagent pas ces sentiments et aspirations apocalyptiques et se sentent tout aussi menacés, et même bien davantage, que nous. Ils doivent être nombreux dans les pays de l’Islam, probablement même une majorité. Il est temps pour eux de sauver leur pays, leur société et leur religion, de la folie.
TEXTE REPRIS DU SITE D'ALAIN JEAN-MAIRET
Débat au sujet d´un futur attentat à Paris sur un forum islamiste
Sur une suggestion d’un certain Al-Murabit Al-Muwahhid Traduction du Middle East Media Research Institute
Thème : Jihad
Le 4 janvier 2008, le forum islamiste Al-Ekhlas (http://www.ek-is.org/, hébergé par NOC4Hosts en Floride), affiche le message d´un participant se faisant appeler Al-Murabit Al-Muwahhid ("le combattant monothéiste du djihad") qui énumère les avantages d´un attentat à Paris. Il estime qu´un tel attentat entraînerait l´effondrement de l´économie française et servirait d´avertissement aux autres pays européens "qui collaborent à la guerre contre les pays musulmans". Un attentat briserait en outre le "siège de la sécurité" imposée à la population musulmane de France et permettrait la création de cellules terroristes actives dans les capitales des pays européens voisins. Après avoir fourni une liste de cibles possibles, composée d´attractions touristiques et de lieux à haute fréquentation, l´auteur spécule sur les conséquences d´un tel attentat et le bénéfice qu´en tirerait le djihad mondial.
Ce texte a suscité de nombreuses réactions, notamment des suggestions à caractère pratique concernant le type d´attaque à perpétrer, les cibles possibles, etc.
Ci-dessous des extraits du texte d´Al-Murabit Al-Muwahhid et des réactions suscitées : sur le site de MEMRI
"Cet attentat brisera le pouvoir de Sarkozy"
Après avoir fourni une liste des principaux lieux touristiques, quartiers, cafés et commerces parisiens, l´auteur écrit : "(…) ces données, que j´ai obtenues sur le site de Wikipedia (…) permettront aux moudjahidine de choisir les cibles [d´attentats] (…) et de les classer par ordre d´importance. Paris est une grande capitale, aussi bien en termes symboliques qu´en termes de densité du trafic aérien (…) L´aéroport Charles de Gaulle de Paris (…) est le 5ème plus grand aéroport [au monde]. Cela prouve que Paris n´est pas seulement une capitale à caractère symbolique, mais l´un des principaux centres d´activité commerciale au monde. Mon frère Moudjahid, une [seule] catastrophe à Paris, et tu verras combien d´entreprises économiques et combien d´affaires s´effondreront (…)
Quant aux individus à cibler, le maire de Paris serait un [candidat] légitime [à un assassinat] pour des raisons médiatiques. Si nous parvenons à le supprimer, le pouvoir de Sarkozy s´en trouvera brisé.
Les opérations [susceptibles d´être perpétrées à Paris] se divisent en deux catégories : (…) celles qui visent les sites les plus fréquentés et les plus significatifs en termes économiques (…) et celles qui visent des figures parisiennes marquantes – en premier lieu le maire.
Avantages [d´un attentat à Paris] :
1. L´effondrement de l´économie française, ce qui affaiblirait la position française dans le monde ;
2. Contenir Sarkozy et contrecarrer ses ambitions relatives au Maghreb islamique ;
3. Retourner l´opinion française contre ce misérable infidèle [Sarkozy] et affaiblir sa popularité ;
4. Ce serait une leçon pour les pays voisins, notamment l´Allemagne et tous ceux qui se battent contre les pays musulmans ;
5. Les habitants des [autres] capitales européennes craindraient un attentat de même type [chez eux] dans le cas où leurs pays poursuivraient la guerre contre l´islam ;
6. Un attentat monterait l´opinion française contre le gang qui la dirige, si Paris perd ses grands symboles historiques et contemporains ;
7. Un communiqué expliquerait que [l´attentat] est la conséquence de la politique de la France, de son soutien aux tyrans [en référence aux dirigeants des pays islamiques] et que la participation de la France à la guerre contre l´islam démolirait complètement Sarkozy et sa politique ;
8. Expliquer que la situation des musulmans de France et la discrimination dont ils sont victimes sont l´une des raisons de l´attentat. Contrairement à ce que tout le monde pense, cela pousserait [les autorités françaises] à lever le siège [imposé par les services] de sécurité sur les [musulmans de France], dans un effort pour résoudre la crise. Cela permettrait la création de cellules [de djihad] – actives et dormantes – susceptibles d´agir dans les capitales de la région (…) ;
Quiconque souhaite poser des objections et discuter [du sujet] est le bienvenu. Je vais demander à Allah de récompenser ceux qui font passer [ce message] aux moudjahidine du Maghreb islamique."
"Une petite cellule [terroriste] équivaut à tout une armée"
La mise en ligne de ce texte a suscité un débat entre les différents participants. Un participant se faisant appeler "Abou Kandahar" a adressé les questions suivantes à Al-Murabit Al-Muwahhid (auteur de la proposition d´origine) :
1. Combien de temps faut-il compter pour préparer un attentat de qualité à Paris ?
2. Comment faire pour épargner les musulmans ?
3. Comment faire pour présenter la France de la pire des manières aux musulmans, afin de les convaincre de l´attaquer ?
4. Dans quelle mesure les musulmans [de France sont-ils favorables] à un attentat ? Car les tendances négatives se propagent malheureusement parmi eux (…), [comme la tendance] à condamner les moudjahidine et à les dénoncer, à se montrer encore plus loyal envers la France et à écarter les personnes liées au djihad et à la résistance (…)
Al-Murabit Al-Muwahhid répond comme suit à ces questions :
1. (…) Les attaques de moudjahidine sont généralement des attaques martyre. Bien que nous ayons assisté à quelques attaques au fusil, je préfère une attaque qui comprend une explosion et la capture d´otages dans un service public, à l´instar des attaques perpétrées par les héros tchétchènes. Une telle attaque recevra l´attention qu´elle mérite des médias et aura de meilleurs résultats, [comme de conduire à] demander la libération des prisonniers incarcérés dans les prisons des tyrans [en pays musulmans] et des croisés.
2. les musulmans ne fréquentent pas le centre de Paris, où se trouvent les lieux stratégiques. Ils habitent dans les banlieues éloignées, loin du centre ville, en raison de leur situation sociale précaire et de la discrimination raciale dont ils souffrent.
3. Il est possible de présenter les affrontements entre autorités françaises et jeunes musulmans des banlieues comme la principale motivation [d´une attaque], en plus de la politique et des aspirations de Sarkozy (…)
4. Mon cher frère, une cellule bien coordonnée regroupant de une à trois personnes (…) peut faire plus que tout une armée pour déstabiliser un Etat (…), en perpétrant des attentats de grande qualité sur le front intérieur français (…) Quant à la loyauté [des musulmans] envers la France, crois-moi que celle-ci ne concerne que les représentants auto-nommés de la diaspora musulmane [en France, en référence aux dirigeants communautaires] et non [tous les musulmans]. Après tout, tu vois bien que nul ne condamne les groupes de jeunes qui protestent contre la politique de discrimination raciale [visant les musulmans de France]. Donc nous n´accordons pas beaucoup de poids au facteur [de la loyauté à la France].
Sur ce dernier point, un autre participant souligne : "(…) Vous devriez vous rendre compte que les jeunes immigrés en France sont en perpétuel conflit avec les autorités françaises et qu´il existe une haine terrible entre eux et la police. Je crois qu´il est nécessaire de profiter de cette situation pour révéler au grand jour le véritable visage des Français – qui haïssent l´islam."
Al-Murabit Al-Muwahhid ajoute : "Mon cher frère, la plus grande faiblesse des autorités européennes et occidentales est la frustration [générale ressentie] face aux mesures de sécurité (…) vu que c´est la nature même des nations européennes de lutter pour se libérer des limites imposées par la sécurité, contribuant ainsi à affaiblir les autorités européennes et à faciliter la mobilité des moudjahidine."
Des membres du forum sélectionnent les cibles d´un attentat
Le débat suivant porte notamment sur le choix de cibles en France :
Un participant déclare : "(…) Paris est la ville n°1 au monde en termes de tourisme, et la plupart des lieux mentionnés par le frère Al-Muwahhid sont des lieux touristiques par excellence, non fréquentés par les Français et encore moins par les Arabes. N´oublions pas que plus de 53 millions de touristes par an visitent la France et que c´est Paris qui obtient la part du lion, la [plupart des touristes étant] américains, allemands, britanniques et japonais (…) En somme, le tourisme est un pilier central pour l´économie française. Ainsi, un attentat sur un lieu touristique représentera un coup dur pour [l´économie] française."
Un autre membre exprime le souhait d´un attentat en ces termes : "J´implore Allah pour que [ce plan] soit mis à exécution, vu qu´il est très simple de fabriquer une bombe ou de piéger une voiture. [La question est de savoir] s´il est possible de [trouver quelqu´un] qui habite Paris, adhère à l´idéologie du djihad et sache fabriquer et déployer des bombes. Mes frères, je ne veux pas vous décourager ; au contraire, je vous encourage à perpétrer une attaque (…)"
Objectif-info.fr.
Thème : Jihad
Le 4 janvier 2008, le forum islamiste Al-Ekhlas (http://www.ek-is.org/, hébergé par NOC4Hosts en Floride), affiche le message d´un participant se faisant appeler Al-Murabit Al-Muwahhid ("le combattant monothéiste du djihad") qui énumère les avantages d´un attentat à Paris. Il estime qu´un tel attentat entraînerait l´effondrement de l´économie française et servirait d´avertissement aux autres pays européens "qui collaborent à la guerre contre les pays musulmans". Un attentat briserait en outre le "siège de la sécurité" imposée à la population musulmane de France et permettrait la création de cellules terroristes actives dans les capitales des pays européens voisins. Après avoir fourni une liste de cibles possibles, composée d´attractions touristiques et de lieux à haute fréquentation, l´auteur spécule sur les conséquences d´un tel attentat et le bénéfice qu´en tirerait le djihad mondial.
Ce texte a suscité de nombreuses réactions, notamment des suggestions à caractère pratique concernant le type d´attaque à perpétrer, les cibles possibles, etc.
Ci-dessous des extraits du texte d´Al-Murabit Al-Muwahhid et des réactions suscitées : sur le site de MEMRI
"Cet attentat brisera le pouvoir de Sarkozy"
Après avoir fourni une liste des principaux lieux touristiques, quartiers, cafés et commerces parisiens, l´auteur écrit : "(…) ces données, que j´ai obtenues sur le site de Wikipedia (…) permettront aux moudjahidine de choisir les cibles [d´attentats] (…) et de les classer par ordre d´importance. Paris est une grande capitale, aussi bien en termes symboliques qu´en termes de densité du trafic aérien (…) L´aéroport Charles de Gaulle de Paris (…) est le 5ème plus grand aéroport [au monde]. Cela prouve que Paris n´est pas seulement une capitale à caractère symbolique, mais l´un des principaux centres d´activité commerciale au monde. Mon frère Moudjahid, une [seule] catastrophe à Paris, et tu verras combien d´entreprises économiques et combien d´affaires s´effondreront (…)
Quant aux individus à cibler, le maire de Paris serait un [candidat] légitime [à un assassinat] pour des raisons médiatiques. Si nous parvenons à le supprimer, le pouvoir de Sarkozy s´en trouvera brisé.
Les opérations [susceptibles d´être perpétrées à Paris] se divisent en deux catégories : (…) celles qui visent les sites les plus fréquentés et les plus significatifs en termes économiques (…) et celles qui visent des figures parisiennes marquantes – en premier lieu le maire.
Avantages [d´un attentat à Paris] :
1. L´effondrement de l´économie française, ce qui affaiblirait la position française dans le monde ;
2. Contenir Sarkozy et contrecarrer ses ambitions relatives au Maghreb islamique ;
3. Retourner l´opinion française contre ce misérable infidèle [Sarkozy] et affaiblir sa popularité ;
4. Ce serait une leçon pour les pays voisins, notamment l´Allemagne et tous ceux qui se battent contre les pays musulmans ;
5. Les habitants des [autres] capitales européennes craindraient un attentat de même type [chez eux] dans le cas où leurs pays poursuivraient la guerre contre l´islam ;
6. Un attentat monterait l´opinion française contre le gang qui la dirige, si Paris perd ses grands symboles historiques et contemporains ;
7. Un communiqué expliquerait que [l´attentat] est la conséquence de la politique de la France, de son soutien aux tyrans [en référence aux dirigeants des pays islamiques] et que la participation de la France à la guerre contre l´islam démolirait complètement Sarkozy et sa politique ;
8. Expliquer que la situation des musulmans de France et la discrimination dont ils sont victimes sont l´une des raisons de l´attentat. Contrairement à ce que tout le monde pense, cela pousserait [les autorités françaises] à lever le siège [imposé par les services] de sécurité sur les [musulmans de France], dans un effort pour résoudre la crise. Cela permettrait la création de cellules [de djihad] – actives et dormantes – susceptibles d´agir dans les capitales de la région (…) ;
Quiconque souhaite poser des objections et discuter [du sujet] est le bienvenu. Je vais demander à Allah de récompenser ceux qui font passer [ce message] aux moudjahidine du Maghreb islamique."
"Une petite cellule [terroriste] équivaut à tout une armée"
La mise en ligne de ce texte a suscité un débat entre les différents participants. Un participant se faisant appeler "Abou Kandahar" a adressé les questions suivantes à Al-Murabit Al-Muwahhid (auteur de la proposition d´origine) :
1. Combien de temps faut-il compter pour préparer un attentat de qualité à Paris ?
2. Comment faire pour épargner les musulmans ?
3. Comment faire pour présenter la France de la pire des manières aux musulmans, afin de les convaincre de l´attaquer ?
4. Dans quelle mesure les musulmans [de France sont-ils favorables] à un attentat ? Car les tendances négatives se propagent malheureusement parmi eux (…), [comme la tendance] à condamner les moudjahidine et à les dénoncer, à se montrer encore plus loyal envers la France et à écarter les personnes liées au djihad et à la résistance (…)
Al-Murabit Al-Muwahhid répond comme suit à ces questions :
1. (…) Les attaques de moudjahidine sont généralement des attaques martyre. Bien que nous ayons assisté à quelques attaques au fusil, je préfère une attaque qui comprend une explosion et la capture d´otages dans un service public, à l´instar des attaques perpétrées par les héros tchétchènes. Une telle attaque recevra l´attention qu´elle mérite des médias et aura de meilleurs résultats, [comme de conduire à] demander la libération des prisonniers incarcérés dans les prisons des tyrans [en pays musulmans] et des croisés.
2. les musulmans ne fréquentent pas le centre de Paris, où se trouvent les lieux stratégiques. Ils habitent dans les banlieues éloignées, loin du centre ville, en raison de leur situation sociale précaire et de la discrimination raciale dont ils souffrent.
3. Il est possible de présenter les affrontements entre autorités françaises et jeunes musulmans des banlieues comme la principale motivation [d´une attaque], en plus de la politique et des aspirations de Sarkozy (…)
4. Mon cher frère, une cellule bien coordonnée regroupant de une à trois personnes (…) peut faire plus que tout une armée pour déstabiliser un Etat (…), en perpétrant des attentats de grande qualité sur le front intérieur français (…) Quant à la loyauté [des musulmans] envers la France, crois-moi que celle-ci ne concerne que les représentants auto-nommés de la diaspora musulmane [en France, en référence aux dirigeants communautaires] et non [tous les musulmans]. Après tout, tu vois bien que nul ne condamne les groupes de jeunes qui protestent contre la politique de discrimination raciale [visant les musulmans de France]. Donc nous n´accordons pas beaucoup de poids au facteur [de la loyauté à la France].
Sur ce dernier point, un autre participant souligne : "(…) Vous devriez vous rendre compte que les jeunes immigrés en France sont en perpétuel conflit avec les autorités françaises et qu´il existe une haine terrible entre eux et la police. Je crois qu´il est nécessaire de profiter de cette situation pour révéler au grand jour le véritable visage des Français – qui haïssent l´islam."
Al-Murabit Al-Muwahhid ajoute : "Mon cher frère, la plus grande faiblesse des autorités européennes et occidentales est la frustration [générale ressentie] face aux mesures de sécurité (…) vu que c´est la nature même des nations européennes de lutter pour se libérer des limites imposées par la sécurité, contribuant ainsi à affaiblir les autorités européennes et à faciliter la mobilité des moudjahidine."
Des membres du forum sélectionnent les cibles d´un attentat
Le débat suivant porte notamment sur le choix de cibles en France :
Un participant déclare : "(…) Paris est la ville n°1 au monde en termes de tourisme, et la plupart des lieux mentionnés par le frère Al-Muwahhid sont des lieux touristiques par excellence, non fréquentés par les Français et encore moins par les Arabes. N´oublions pas que plus de 53 millions de touristes par an visitent la France et que c´est Paris qui obtient la part du lion, la [plupart des touristes étant] américains, allemands, britanniques et japonais (…) En somme, le tourisme est un pilier central pour l´économie française. Ainsi, un attentat sur un lieu touristique représentera un coup dur pour [l´économie] française."
Un autre membre exprime le souhait d´un attentat en ces termes : "J´implore Allah pour que [ce plan] soit mis à exécution, vu qu´il est très simple de fabriquer une bombe ou de piéger une voiture. [La question est de savoir] s´il est possible de [trouver quelqu´un] qui habite Paris, adhère à l´idéologie du djihad et sache fabriquer et déployer des bombes. Mes frères, je ne veux pas vous décourager ; au contraire, je vous encourage à perpétrer une attaque (…)"
Objectif-info.fr.
LE MASSACRE ET LA DESTRUCTION DE DAMOUR ( 1976 )

En janvier 1976, au Liban, sous le haut patronage de Yasser Arafat, 600 civils de Damour ont été massacrés, avec viols, émasculations, mutilations. L'église St Elias fut transformée en garage pour le Fatah.
Damour s'étend à travers la route de Sidon à Beyrouth à environ 20 kilomètres au sud de Beyrouth sur les pentes de la chaîne du Liban. C'était une ville d'environ 25.000 personnes, comprenant cinq églises, trois chapelles, sept hôpitaux , écoles privées et publiques, et une population de musulmans et de chrétiens proches les uns des autres.
Le 9 janvier 1976, trois jours après l'Epiphanie, le prêtre Mansour Labaky de Damour, effectuait, selon une coutume Maronite, la bénédiction des maisons. Pendant qu'il se tenait devant une maison du côté de la ville à côté du village musulman de Harat Naami, une balle a sifflé à ses oreilles et a frappé la maison, suivi du crépitement d'armes automatiques. Il est allé à l'intérieur de la maison, et a bientôt appris que la ville était cernée.
Plus tard, il a découvert par qui et combien d'hommes : Les forces de la Saiqua, composées de 16.000 Palestiniens et Syriens, d'unités du Mourabitoun et d'environ quinze autres milices, renforcées par des mercenaires d'Iran, d'Afghanistan, du Pakistan et un contingent de Libyens.
Le Père Labaky a téléphoné au cheik musulman de la zone et lui a demandé, en tant que chef religieux ami, ce qu'il pourrait faire pour aider les habitants de la ville. Ce dernier répondit qu'il ne pouvait rien faire contre " eux "
- Qui " Eux " ?
- Les Palestiniens. Je ne puis pas les arrêter.
Tandis que le tir continuait, toute la journée, le père Labaky a téléphoné à une longue liste de personnes, politiciens de gauche et de droite, demandant de l'aide. Ils ont tous répondu, par des excuses et des mots de compassion, qu'ils ne pourraient rien faire.
Alors il a téléphoné à Kamal Jumblatt, du collège électoral parlementaire de Damour . Jumblatt répondit " je ne peux rien faire pour vous, cela dépend de Yasser Arafat ! Il a donné le numéro de téléphone d'Arafat au prêtre.
Le père Labaky eut un aide de camp d'Arafat : " Je puis vous assurer qu'en tant que chef religieux, nous ne voulons pas la guerre, nous ne croyons pas à la violence". Il a ajouté : "presque la moitié des habitants de Damour a voté pour Kamal Jumblatt, qui est votre soutien"
La réponse fut : " Père, pas de souci, nous ne voulons pas vous nuire. Si nous attaquons, c'est uniquement pour des raisons stratégiques ".
Le père Labaky a insisté en demandant à Arafat de rappeler ses combattants. À la fin, l'aide de camp lui a dit qu'ils (OLP) cesseraient de tirer.
A onze heures du soir, les tirs continuaient toujours. Le Père Labaky appela encore Jumblatt au téléphone et lui rapporta les paroles de l'aide de camp d'Arafat.
Jumblatt conseilla au prêtre de continuer à essayer d'établir le contact avec Arafat, et d'appeler d'autres relations à lui, car il ne faisait pas grande confiance au précédent.
À onze heures trente, le téléphone, l'eau et l'électricité ont été coupés. La première invasion de la ville est survenue à une heure du matin. Les hommes de la Saiqua prirent d'assaut les maisons. Ils massacrèrent environ cinquante personnes en une nuit. Le père Labaky, en entendant les cris, est sorti dans la rue. Les femmes sont venues en courant à lui dans leurs chemises de nuit. Les survivants, abandonnant cette extrémité de la ville, sont entrés dans le secteur autour de l'église. Les envahisseurs ont alors occupé la partie de la ville qu'ils avaient prise.
Le père Labaky décrit la scène: " Le matin où je suis parvenu à l'une des maisons, en évidence des cadavres. Je me rappelle quelque chose qui m'effraye toujours. Une famille entière avait été tuée, la famille de Canâan, quatre enfants la mère, le père, et le grand-père. La mère étreignait toujours un des enfants. Et elle était enceinte. Les yeux des enfants ont été crevés et leurs membres ont été découpés. Aucune jambe et aucun bras. C'était terrible. Nous les avons chargés dans un camion de banane. Et qui a porté les cadavres avec moi ? Le seul survivant; son nom est Samir Canâan. Il a porté avec moi les restes de son frère, de son père, de sa belle-soeur et des pauvres enfants. Nous les avons enterrés dans le cimetière, sous les tirs de l'OLP. Tandis que je les enterrais, davantage de cadavres ont été trouvés dans la rue.
La ville a essayé de se défendre. Deux cents vingt-cinq jeunes hommes, la plupart d'entre eux âgés de seize ans environ, étaient armés de pistolets de chasse et aucun n'avait de formation militaire. Les citoyens se sont blottis dans les sous-sols, avec des sacs de sable empilés devant leurs portes et fenêtres de rez-de-chaussée.
Le père Labaky se déplaçait d'abri en abri pour rendre visite aux familles et pour leur porter le pain et le lait. Il est allé encourager les jeunes hommes défendant la ville. Le pilonnage implacable de la ville a provoqué des dommages massifs.
Durant le siège qui a commençé le 9 janvier, les approvisionnements de nourriture et en eau ont été refusé par les Palestiniens. Ils ont interdit à la Croix Rouge de sortir les blessés. Les enfants en bas âge et des enfants sont morts de déshydratation. Trois habitants supplémentaires ont été tués en raison du feu de l'OLP entre le 9 et le dernier jour, le 23 janvier.
Mais ce jour là, quand l'assaut final est advenu, des centaines de chrétiens ont été tués.
Le père Labaky continue: " L'attaque est partie de la montagne . C'était une apocalypse. Ils venaient, par milliers aux cris d'Allahu Akbar ! Dieu est grand! Attaquons-les pour les Arabes, offrons un holocauste à Mohammad ! Ils abattaient sur place, hommes, femmes et enfants".
Des familles entières ont été tuées dans leurs maisons. Beaucoup de femmes ont été violées, et peu d' entre elles ont survécu. Une femme a sauvé sa fille adolescente du viol en enduisant son visage de bleu de lavage pour la rendre repoussante. Pendant que les atrocités étaient perpétrées, les envahisseurs eux-mêmes ont pris des photographies et plus tard ont offert les images à vendre aux journaux européens".
Les survivants témoignent de ce qui s'est produit. Une jeune fille de seize ans, Soumavya Ghanimeh, était témoin de la mise à mort de son père et de son frère par deux des envahisseurs, et vu sa propre maison et les autres maisons de sa rue pillées et brûlées. Elle a expliqué: " Dans la rue, les maisons brûlaient tout autour de moi. Dix camions au moins se tenaient devant les maisons où s'empilait le produit du pillage des maisons . Je me rappelle à quel point j'étais effrayée du feu. Je criais. Autour de moi, je ne supporte plus d'entendre craquer une allumette".
Elle et sa mère Mariam, un plus jeune frère et une sœur, un enfant en bas âge, ont été sauvés dans leur maison : elle s'est cachée derrière un Palestinien pour se protéger du pistolet de l'autre, et a pleuré " Ne le laissez pas nous tuer! "
Et l'homme a accepté le rôle de protecteur que la fille lui avait soudainement assigné. " Si vous les tuez, vous devrez me tuer aussi " a-t-il dit à son camarade.
Ainsi, les quatre ont été épargnés, ils ont vécu en groupe le long des rues entre les maisons incendiées, puis mis dans un camion, et transportés au camp de Sabra à Beyrouth.
Là, ils ont été maintenus dans une prison. Ils ont dû dormir sur la terre, et il faisait très froid.
Par la suite quand le père Labaky a trouvé les corps carbonisés du père et du frère dans les ruines de la maison des Ghanimeh, il ne pouvait pas dire si c'étaient des hommes ou des femmes. C'était une frénésie pour détruire leurs ennemis proche de l'absolu. Rien ne pouvait les arrêter.
Les envahisseurs ont enfoncé les tombeaux ouverts et ont jeté les os des morts dans les rues. Ceux qui ont échappé à la première attaque ont essayé de se sauver par tous les moyens possibles, avec des voitures, des chariots, des bicyclettes et des motocyclettes.
Certains sont allés à pied au bord de la mer pour essayer de fuir dans des bateaux. Mais la mer était déchaînée et l'attente de la délivrance était longue, alors qu'ils savaient que leurs ennemis pourraient tomber sur eux à tout moment.
Quelques 500 personnes ont été recueillies dans l'église de la rue Elias. Le père Labaky a prêché sur la signification de l'assassinat des innocents. Et il leur a dit qu'il ne savait que dire et que faire. "Si je vous dis de se sauver par la mer, vous pouvez être tués. Si je vous dis de rester ici, vous pouvez être tués !"
Un vieil homme a proposé qu'ils soulèvent un drapeau blanc : "Peut être, si nous nous rendons peuvent-ils nous épargner". Le père Labaky lui a donné son accord. Il a mis le drapeau sur la croix et l'a placé devant l'église.
Dix minutes plus tard, il y eut des coups à la porte, trois coups rapides, puis trois coups de trois. Ils étaient pétrifiés. Le père Labaky dit qu'il allait voir qui était là. "Si c'est l'ennemi, il pourrait nous épargner. S'ils nous tuent, au moins devrons-nous mourir tous ensemble et Dieu accueillera d'un seul coup une gentille paroisse dans le ciel, 500 personnes, et aucun problème".
Ils ont ri, et le prêtre est allé à la porte. Ce n'était pas l'ennemi, mais deux hommes de Damour qui étaient hors de la ville et avaient vu le drapeau blanc du bord de la mer. Ils étaient revenus pour les avertir que de soulever un drapeau blanc, cela ne les aiderait pas : ils vont vous voir et vont tirer sur vous.
Ils ont encore discuté sur ce qui pourrait être fait. Le prêtre leur a dit qu'ils devaient faire une chose, bien qu'elle ait été impossible, c'était de prier pour le pardon de ceux qui venaient pour les tuer. Après qu'ils aient prié, les deux jeunes défenseurs de la ville qui avaient vu le drapeau leur ont dit " courez au bord de la mer maintenant, et nous vous couvrirons. "
Les deux jeunes se sont tenus devant l'église et ont tiré dans la direction de laquelle les fedayins tiraient. Cela a pris dix minutes à tous les occupants de l'église, pour partir de la ville. Les 500 sont partis excepté un vieil homme qui a dit qu'il ne pourrait pas marcher et préférait mourir devant sa propre maison. Il n'a pas été tué.
Le père Labaky l'a trouvé des semaines plus tard dans une prison de l'OLP de Yasser Arafat, et a entendu ce qui s'était produit après qu'ils soient partis. Quelques minutes après qu'ils aient disparu, lles partisans d'Arafat sont venus bombarder l'église sans y entrer. Ils ont donné un coup de pied, ouvert la porte et y ont jeté des grenades. Ils auraient tous été tué s'ils étaient restés.
Le prêtre a mené son groupe le long du rivage au palais de Camille Chamoun. Mais quand ils y sont arrivés, ils l' avaient déjà saccagé et en partie brûlé. Ils ont trouvé abri, cependant, dans le palais d'un musulman, qui a dit ne pas être d'accord avec les Palestiniens.
Ils sont alors montés dans de petites embarcations qui les ont conduits à un bateau plus grand dans lequel ils ont navigué jusqu'à Jounieh. Une pauvre femme a dû donner naissance à son bébé dans le bateau ouvert sur la mer déchaînée par une nuit glaciale de cet hiver 1976.
Le père Labaky a appris plus tard que son église avait été transformée en garage pour les véhicules d'Arafat.
Traduit par Josiane Sberro
in PRIMO EUROPE
24.5.08
REVUE DE LA PRESSE ISRAELIENNE
Ambassade de France en Israel
• REGIONAL
Olmert affirme n’avoir pris aucun engagement vis-à-vis de la Syrie
Le Premier ministre Ehud Olmert a affirmé hier n’avoir pris aucun engagement préalablement à la reprise de pourparlers avec la Syrie. Selon le Haaretz, lors de sa rencontre hier avec le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le Premier ministre a déclaré : « Je leur ai dit : ‘Si vous voulez parler, parlons. Je sais ce que vous voulez et vous savez ce que je veux’ ».
Ces propos contredisent ceux du ministre syrien de l’Information, Mohsen Bilal, qui affirmait hier qu’Ehud Olmert a assuré ses interlocuteurs turcs qu’il était bien conscient que « le Golan sera intégralement restitué à la Syrie ». Le ministre syrien des Affaires étrangères a quant à lui déclaré : « La Syrie n’avancera pas d’un seul pas dans le processus face à Israël si elle n’est pas assurée que le Golan lui sera restitué dans son intégralité ».
M. Olmert a également fait part à M. Kouchner de son intention de poursuivre, parallèlement aux pourparlers avec la Syrie, les négociations avec les Palestiniens qui, a-t-il ajouté, ont marqué une avancée significative.
La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui s’est elle aussi entretenue avec le chef de la diplomatie française, a elle souligné que la Syrie devait rompre ses liens avec l’Iran, le Hezbollah et les organisations terroristes palestiniennes.
Ces jours-ci, ajoute le journal, une commission spéciale de la Knesset prépare un projet de loi qui rendra obligatoire la tenue d’un référendum ou d’élections en cas de renoncement à tout territoire placé sous souveraineté israélienne comme, par exemple, le plateau du Golan. Un tel projet de loi est soutenu par la majorité des députés, mais le gouvernement s’y oppose. Selon le Yediot Aharonot, le Premier ministre Ehud Olmert estime lui que si les intérêts israéliens dans le domaine de la sécurité sont garantis, un accord de paix avec la Syrie obtiendra le soutien d’une majorité des Israéliens et sera approuvé par le parlement.
Le chef de l’opposition, Binyamin Netanyahu, a lui déclaré que s’il est élu Premier ministre, il ne respectera pas les ententes auxquelles est parvenu Ehud Olmert avec les Syriens. Pour M. Netanyahu, Ehud Olmert est « plongé jusqu’au cou dans les enquêtes policières » et n’a pas la légitimité nécessaire pour mener des négociations avec la Syrie. Le chef de l’opposition a également appelé les différents groupes parlementaires à se mettre d’accord sur la tenue d’élections anticipées.
Le Maariv ajoute que les estimations pessimistes des renseignements militaires quant aux chances de parvenir à un accord de paix avec la Syrie n’ont pas changé depuis qu’a été révélée avant-hier l’existence de négociations indirectes par l’intermédiaire de la Turquie. Pour les renseignements militaires, Damas souhaite que les négociations se fassent sous les auspices des Etats-Unis afin d’améliorer sa situation sur la scène internationale. Or, à l’heure actuelle, Washington n’a pas l’intention de prendre part aux négociations israélo-syriennes. Ceci pourrait pousser la Syrie à attendre la mise en place d’une nouvelle administration américaine avant de décider si elle se lance dans des négociations substantielles, au-delà des pourparlers indirects actuels.
Malgré ce pessimisme, souligne le journal, le commandement militaire israélien est favorable dans son ensemble à des négociations avec la Syrie qui devraient apaiser les tensions le long de la frontière nord d’Israël.
• ISRAËL-PALESTINIENS
Attentat manqué au point de passage d’Erez
Un camion piégé, transportant plus de quatre tonnes d’explosifs, a explosé hier matin du côté palestinien du point de passage d’Erez, entre le nord de la bande de Gaza et Israël, rapporte le Haaretz. Le chauffeur du camion, un membre du Jihad islamique originaire de Jebalya, a été tué. Le Jihad islamique et les Brigades des martyrs d’al-Aqsa ont revendiqué l’attentat. Il n’y a pas eu de victime israélienne, toutefois la puissance de la déflagration a causé des dégâts à Netiv Haassara, une localité israélienne située à quatre cents mètres du point de passage.
Les autorités militaires estiment que l’objectif des auteurs de l’attentat était de parvenir du côté israélien du point de passage mais qu’un incident a causé l’explosion prématurée du camion. En outre, les forces israéliennes ont repéré une jeep fuyant les lieux et on estime qu’à son bord se trouvaient d’autres membres de la cellule terroriste, leur but étant de s’introduire sur le territoire israélien ou d’enlever des soldats israéliens.
Cette tentative d’attentat, note le journal, s’inscrit dans le cadre de nombreuses attaques dont font l’objet ces derniers mois les points de passage entre la bande de Gaza et Israël.
Par ailleurs, un manifestant palestinien a été tué et dix-sept personnes ont été blessées par l’armée israélienne lors d’une manifestation près du point de passage de Karni. Selon les autorités militaires, plusieurs manifestants étaient armés et certains ont ouvert le feu vers les troupes israéliennes.
• INTERIEUR
Olmert entendu une nouvelle fois par la police
Le Premier ministre Ehud Olmert doit être entendu ce matin une nouvelle fois par la police dans le cadre de l’affaire Talansky. Il devrait notamment être confronté au témoignage de son ancien associé, Me Uri Messer, qui, selon le Haaretz, l’accuse d’avoir utilisé les fonds remis par l’homme d’affaires Morris Talansky à des fins personnelles.
Les enquêteurs, ajoute le Maariv, soupçonnent notamment Ehud Olmert d’être intervenu, lorsqu’il était ministre de l’Industrie et du Commerce, auprès d’un diplomate israélien posté en Amérique du sud afin de faciliter le développement d’une technologie dans laquelle avait investi Talansky.
Ces nouveaux soupçons semblent indiquer que Morris Talansky n’a pas agi de manière désintéressée et espérait une contrepartie en échange de son soutien à Ehud Olmert.
Parallèlement, le tribunal de district de Tel-Aviv doit décider s’il accepte de reporter la déposition de Morris Talansky, prévue dimanche, de deux semaines. Talansky a en effet fait savoir qu’il quitterait Israël mardi pour revenir au cours de la première quinzaine de juin./.
• REGIONAL
Olmert affirme n’avoir pris aucun engagement vis-à-vis de la Syrie
Le Premier ministre Ehud Olmert a affirmé hier n’avoir pris aucun engagement préalablement à la reprise de pourparlers avec la Syrie. Selon le Haaretz, lors de sa rencontre hier avec le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, le Premier ministre a déclaré : « Je leur ai dit : ‘Si vous voulez parler, parlons. Je sais ce que vous voulez et vous savez ce que je veux’ ».
Ces propos contredisent ceux du ministre syrien de l’Information, Mohsen Bilal, qui affirmait hier qu’Ehud Olmert a assuré ses interlocuteurs turcs qu’il était bien conscient que « le Golan sera intégralement restitué à la Syrie ». Le ministre syrien des Affaires étrangères a quant à lui déclaré : « La Syrie n’avancera pas d’un seul pas dans le processus face à Israël si elle n’est pas assurée que le Golan lui sera restitué dans son intégralité ».
M. Olmert a également fait part à M. Kouchner de son intention de poursuivre, parallèlement aux pourparlers avec la Syrie, les négociations avec les Palestiniens qui, a-t-il ajouté, ont marqué une avancée significative.
La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui s’est elle aussi entretenue avec le chef de la diplomatie française, a elle souligné que la Syrie devait rompre ses liens avec l’Iran, le Hezbollah et les organisations terroristes palestiniennes.
Ces jours-ci, ajoute le journal, une commission spéciale de la Knesset prépare un projet de loi qui rendra obligatoire la tenue d’un référendum ou d’élections en cas de renoncement à tout territoire placé sous souveraineté israélienne comme, par exemple, le plateau du Golan. Un tel projet de loi est soutenu par la majorité des députés, mais le gouvernement s’y oppose. Selon le Yediot Aharonot, le Premier ministre Ehud Olmert estime lui que si les intérêts israéliens dans le domaine de la sécurité sont garantis, un accord de paix avec la Syrie obtiendra le soutien d’une majorité des Israéliens et sera approuvé par le parlement.
Le chef de l’opposition, Binyamin Netanyahu, a lui déclaré que s’il est élu Premier ministre, il ne respectera pas les ententes auxquelles est parvenu Ehud Olmert avec les Syriens. Pour M. Netanyahu, Ehud Olmert est « plongé jusqu’au cou dans les enquêtes policières » et n’a pas la légitimité nécessaire pour mener des négociations avec la Syrie. Le chef de l’opposition a également appelé les différents groupes parlementaires à se mettre d’accord sur la tenue d’élections anticipées.
Le Maariv ajoute que les estimations pessimistes des renseignements militaires quant aux chances de parvenir à un accord de paix avec la Syrie n’ont pas changé depuis qu’a été révélée avant-hier l’existence de négociations indirectes par l’intermédiaire de la Turquie. Pour les renseignements militaires, Damas souhaite que les négociations se fassent sous les auspices des Etats-Unis afin d’améliorer sa situation sur la scène internationale. Or, à l’heure actuelle, Washington n’a pas l’intention de prendre part aux négociations israélo-syriennes. Ceci pourrait pousser la Syrie à attendre la mise en place d’une nouvelle administration américaine avant de décider si elle se lance dans des négociations substantielles, au-delà des pourparlers indirects actuels.
Malgré ce pessimisme, souligne le journal, le commandement militaire israélien est favorable dans son ensemble à des négociations avec la Syrie qui devraient apaiser les tensions le long de la frontière nord d’Israël.
• ISRAËL-PALESTINIENS
Attentat manqué au point de passage d’Erez
Un camion piégé, transportant plus de quatre tonnes d’explosifs, a explosé hier matin du côté palestinien du point de passage d’Erez, entre le nord de la bande de Gaza et Israël, rapporte le Haaretz. Le chauffeur du camion, un membre du Jihad islamique originaire de Jebalya, a été tué. Le Jihad islamique et les Brigades des martyrs d’al-Aqsa ont revendiqué l’attentat. Il n’y a pas eu de victime israélienne, toutefois la puissance de la déflagration a causé des dégâts à Netiv Haassara, une localité israélienne située à quatre cents mètres du point de passage.
Les autorités militaires estiment que l’objectif des auteurs de l’attentat était de parvenir du côté israélien du point de passage mais qu’un incident a causé l’explosion prématurée du camion. En outre, les forces israéliennes ont repéré une jeep fuyant les lieux et on estime qu’à son bord se trouvaient d’autres membres de la cellule terroriste, leur but étant de s’introduire sur le territoire israélien ou d’enlever des soldats israéliens.
Cette tentative d’attentat, note le journal, s’inscrit dans le cadre de nombreuses attaques dont font l’objet ces derniers mois les points de passage entre la bande de Gaza et Israël.
Par ailleurs, un manifestant palestinien a été tué et dix-sept personnes ont été blessées par l’armée israélienne lors d’une manifestation près du point de passage de Karni. Selon les autorités militaires, plusieurs manifestants étaient armés et certains ont ouvert le feu vers les troupes israéliennes.
• INTERIEUR
Olmert entendu une nouvelle fois par la police
Le Premier ministre Ehud Olmert doit être entendu ce matin une nouvelle fois par la police dans le cadre de l’affaire Talansky. Il devrait notamment être confronté au témoignage de son ancien associé, Me Uri Messer, qui, selon le Haaretz, l’accuse d’avoir utilisé les fonds remis par l’homme d’affaires Morris Talansky à des fins personnelles.
Les enquêteurs, ajoute le Maariv, soupçonnent notamment Ehud Olmert d’être intervenu, lorsqu’il était ministre de l’Industrie et du Commerce, auprès d’un diplomate israélien posté en Amérique du sud afin de faciliter le développement d’une technologie dans laquelle avait investi Talansky.
Ces nouveaux soupçons semblent indiquer que Morris Talansky n’a pas agi de manière désintéressée et espérait une contrepartie en échange de son soutien à Ehud Olmert.
Parallèlement, le tribunal de district de Tel-Aviv doit décider s’il accepte de reporter la déposition de Morris Talansky, prévue dimanche, de deux semaines. Talansky a en effet fait savoir qu’il quitterait Israël mardi pour revenir au cours de la première quinzaine de juin./.
ALGERIE, LA LIBERTE OU L'EXOTISME
Le 20 mai dernier, en Algérie, une chrétienne de 37 ans, Habiba Kouider était jugée pour «pratique (d’) un culte non musulman, sans autorisation.»
Après une audience houleuse, le procureur du tribunal correctionnel de Tiaret a requis contre elle trois ans de prison ferme. Car en Algérie, au XXIe siècle, détenir des livres religieux d’une autre foi que l’islam est un délit passible de prison, aux termes de la loi qui réglemente «les cultes non musulmans».
Quel que soit le châtiment auquel Mme Kouider sera finalement condamnée, elle peut se féliciter de ne pas encourir la peine de mort, à laquelle la charia soumet normalement les apostats.
Autruche et relativisme
Ce qui se passe sur l’autre rive de la Méditerranée devrait soulever chez nous des réflexions fondamentales. A commencer par la plus évidente : nombreux sont les Algériens qui, après avoir immigré en France pour des raisons économiques, y sont restés pour profiter des bienfaits de la laïcité.
Au lieu de les protéger contre les offensives des barbus, la société française, paralysée devant la menace d’être cataloguée islamophobe, scande haut et fort que l’islam est une religion de tolérance et de paix et que le christianisme n’a rien à lui envier, qui, au même âge, soumettait l’Europe au glaive de ses hordes d’inquisiteurs.
Il suffit donc d’attendre encore cinq ou six siècles et les intégristes de tout poil se fondront dans la liberté, l’égalité et surtout la fraternité.
Cette tentation relativiste ne peut satisfaire que les autruches. En effet, si l’islam n’a que 15 siècles, l’humanité, elle, évolue à un rythme à peu près égal et les musulmans européens d’aujourd’hui ne revêtent ni la cotte de maille ni le pourpoint et les chausses pour circuler à cheval ou en carrosse et s’éclairer à la bougie chez l’aubergiste du relais postal.
L’information circule en temps réel et les terroristes (pardon, activistes) qui ont commis les attentats de Londres avaient même bénéficié d’études universitaires. On leur avait enseigné que la terre était ronde et que Margaret Thatcher était l’égale de l’homme.
Refuser de croire à une croyance destructrice
Pourquoi dépense-t-on autant d’énergie à chercher des justifications à ces actes destructeurs ? Mesurer ce nihilisme à l’aune de notre logique occidentale n’a, jusqu’ici, servi qu’à nous plonger dans la terreur lorsque les vagues suivantes se sont abattues sur nous : certes, si les islamikazes ne sont mus que par le « désespoir-de-l’occupation », nous pouvons estimer que la contagion nous sera épargnée à 4000 kilomètres de Gaza.
Mais si à l’inverse, c’est grâce à un entraînement « pour rire » qu’on a envoyé une trisomique de se faire exploser au milieu de civils irakiens, rien n’indique que ses instructeurs ne décideront pas d’élargir leur zone de chalandise.
Se lamenter ne donne pas d’armes pour lutter contre les illuminés acharnés à nous prouver l’amour d’Allah à coup d’explosifs, comme les inquisiteurs torturaient joyeusement en chantant des hymnes à la gloire d’un autre dieu d’amour.
D’ailleurs, l’ardeur des séides d’Isabelle la Catholique s’est éteinte faute de combattants, voire de combattus. Il faut dire que la roue et le pal faisaient artisanal et pâlichon comparés aux performances d’une bombinette atomique…
Mais de même qu’on ne peut soigner une maladie si l’on n’a pas établi préalablement un diagnostic exact, on ne prendra jamais les mesures efficaces contre l’intégrisme militant sans reconnaître ses motivations profondes : transformer le monde entier en dar-al-islam où règne la charia et l’ordre.
La route des vains
Habiba Kouider n’a pas commis d’autre crime que de croire en Jésus. Les Français conservent leur foi dans l’intimité de leur foyer et peuvent se gausser des sociétés primitives où l’on encourt une peine de prison pour avoir transporté un missel.
C’est oublier un peu vite qu’en Europe, l’islam monte lentement du sud au nord alors qu’en Afrique, il descend très rapidement du nord au sud.
Et entre la société animiste et chrétienne soudanaise et le génocide des Darfouris par les djandjaweed, il n’y a pas beaucoup plus de temps qu’il n’en faut à une ville de la banlieue parisienne pour fermer tous les commerces d’alcool et de charcuterie…
Liliane Messika
Primo
Après une audience houleuse, le procureur du tribunal correctionnel de Tiaret a requis contre elle trois ans de prison ferme. Car en Algérie, au XXIe siècle, détenir des livres religieux d’une autre foi que l’islam est un délit passible de prison, aux termes de la loi qui réglemente «les cultes non musulmans».
Quel que soit le châtiment auquel Mme Kouider sera finalement condamnée, elle peut se féliciter de ne pas encourir la peine de mort, à laquelle la charia soumet normalement les apostats.
Autruche et relativisme
Ce qui se passe sur l’autre rive de la Méditerranée devrait soulever chez nous des réflexions fondamentales. A commencer par la plus évidente : nombreux sont les Algériens qui, après avoir immigré en France pour des raisons économiques, y sont restés pour profiter des bienfaits de la laïcité.
Au lieu de les protéger contre les offensives des barbus, la société française, paralysée devant la menace d’être cataloguée islamophobe, scande haut et fort que l’islam est une religion de tolérance et de paix et que le christianisme n’a rien à lui envier, qui, au même âge, soumettait l’Europe au glaive de ses hordes d’inquisiteurs.
Il suffit donc d’attendre encore cinq ou six siècles et les intégristes de tout poil se fondront dans la liberté, l’égalité et surtout la fraternité.
Cette tentation relativiste ne peut satisfaire que les autruches. En effet, si l’islam n’a que 15 siècles, l’humanité, elle, évolue à un rythme à peu près égal et les musulmans européens d’aujourd’hui ne revêtent ni la cotte de maille ni le pourpoint et les chausses pour circuler à cheval ou en carrosse et s’éclairer à la bougie chez l’aubergiste du relais postal.
L’information circule en temps réel et les terroristes (pardon, activistes) qui ont commis les attentats de Londres avaient même bénéficié d’études universitaires. On leur avait enseigné que la terre était ronde et que Margaret Thatcher était l’égale de l’homme.
Refuser de croire à une croyance destructrice
Pourquoi dépense-t-on autant d’énergie à chercher des justifications à ces actes destructeurs ? Mesurer ce nihilisme à l’aune de notre logique occidentale n’a, jusqu’ici, servi qu’à nous plonger dans la terreur lorsque les vagues suivantes se sont abattues sur nous : certes, si les islamikazes ne sont mus que par le « désespoir-de-l’occupation », nous pouvons estimer que la contagion nous sera épargnée à 4000 kilomètres de Gaza.
Mais si à l’inverse, c’est grâce à un entraînement « pour rire » qu’on a envoyé une trisomique de se faire exploser au milieu de civils irakiens, rien n’indique que ses instructeurs ne décideront pas d’élargir leur zone de chalandise.
Se lamenter ne donne pas d’armes pour lutter contre les illuminés acharnés à nous prouver l’amour d’Allah à coup d’explosifs, comme les inquisiteurs torturaient joyeusement en chantant des hymnes à la gloire d’un autre dieu d’amour.
D’ailleurs, l’ardeur des séides d’Isabelle la Catholique s’est éteinte faute de combattants, voire de combattus. Il faut dire que la roue et le pal faisaient artisanal et pâlichon comparés aux performances d’une bombinette atomique…
Mais de même qu’on ne peut soigner une maladie si l’on n’a pas établi préalablement un diagnostic exact, on ne prendra jamais les mesures efficaces contre l’intégrisme militant sans reconnaître ses motivations profondes : transformer le monde entier en dar-al-islam où règne la charia et l’ordre.
La route des vains
Habiba Kouider n’a pas commis d’autre crime que de croire en Jésus. Les Français conservent leur foi dans l’intimité de leur foyer et peuvent se gausser des sociétés primitives où l’on encourt une peine de prison pour avoir transporté un missel.
C’est oublier un peu vite qu’en Europe, l’islam monte lentement du sud au nord alors qu’en Afrique, il descend très rapidement du nord au sud.
Et entre la société animiste et chrétienne soudanaise et le génocide des Darfouris par les djandjaweed, il n’y a pas beaucoup plus de temps qu’il n’en faut à une ville de la banlieue parisienne pour fermer tous les commerces d’alcool et de charcuterie…
Liliane Messika
Primo
23.5.08
PAUVRE POLOGNE, MAUDITE POLOGNE....
Dans ce mois d’août si riche en anniversaires et commémorations, Elisabeth G. Sledziewki, maître de conférences à l’IEP de Strasbourg nous rappelle dans le Figaro du 9 août 2007 l’insurrection contre les nazis déclanchée le 1er août 1944 par la résistance polonaise, que selon l’auteur, il ne faut surtout pas confondre, comme continuent de le faire les Français, avec le soulèvement des derniers survivants juifs du ghetto de Varsovie finalement écrasé l’année précédente.
Nous ne pouvons que nous joindre à l’hommage qu’il faut rendre à la mémoire de ces centaines de milliers de Polonais victimes du totalitarisme barbare des nazis, sans oublier pour autant ces Polonais qu’il est idéologiquement incorrect de rappeler, sommairement exécutés par les camarades communistes du Kremlin.
Mais le soin qu’apporte Elisabeth G.Sledziewski à « séparer le bon grain de l’ivraie », à distinguer la révolte du « ghetto », c'est-à-dire des Juifs, de celle des Polonais, des « vrais » en somme, est révélateur d’un héritage culturel dont la Pologne semble avoir du mal à se nettoyer.
La première insurrection était en effet celle des Juifs qui avaient le sinistre « privilège » d’avoir auparavant subi l’antisémitisme obsessionnel, viscéral et meurtrier de leurs concitoyens polonais qui semblait tenir lieu de doctrine de cette Pologne ressuscitée qui vit le jour à la défaite allemande de 1918.
Dans ce nouvel État débordant la ligne Curzon fixée par les Alliés, donc agrandi de lambeaux de territoires arrachés aux Lituaniens, Biélorusses, Ukrainiens et Allemands, seuls les Catholiques de langue polonaise étaient considérés comme « vrais » polonais, soit un peu moins des deux tiers de la trentaine de millions d’habitants. Répartis de façon inégale sur tout le territoire, les Juifs constituaient 10% de la population globale, mais atteignaient entre 20 et 40% dans de nombreuses villes, voire, par endroits, la majorité. C’est cette minorité ethnique qui devint une obsession, une idée fixe des politiciens polonais.
En vingt ans d’existence (1919 à 1939) pas une seule session du Sejm (parlement polonais) qui n’inscrivît à son ordre du jour les mesures à prendre pour réduire le nombre des Juifs, leur poids dans la vie économique et culturelle et surtout pour les priver de leurs moyens de vivre : la plupart des entreprises et des artisans juifs étaient ruinés par les appels au boycott largement suivis et les jeunes qui avaient la capacité d’étudier se voyaient opposer un numerus clausus officiel dans les universités. Rien n’était négligé pour les pousser à émigrer, encore fallait-il en avoir les moyens.
lors la plupart d’entre eux connaissaient une extrême pauvreté, sans parler des restrictions opposées par les éventuels pays d’accueil.
Alors que Hitler mettait un point final à ses préparatifs en vue d’envahir la Pologne, le gouvernement de ce pays ne trouvait rien de plus vital que de déléguer un ministre à une conférence internationale qui se tenait Allemagne dont l’objectif visant à coordonner la déportation de tous les Juifs européens à Madagascar ou tout autre pays africain. Nous sommes à quelques semaines de la guerre, les Juifs de Pologne, pris dans une nasse, n’ont plus d’issue. L’envahisseur allemand n’allait pas tarder à tirer parti de cette situation bien préparée.
C’est dire que la Pologne avait, en matière d’antisémitisme actif, quelque peu devancé l’Allemagne nazie. Pour être juste, il faut dire que nombre de Polonais s’opposaient à cette politique imbécile, préjudiciable en fin de compte aux intérêts et au rayonnement de leur pays, et suicidaire. (C’est par exemple la France et non la Pologne qui peut se glorifier du Prix Nobel d’un Charpak, pourtant né à Lodz) mais leur voix avait du mal à se faire entendre face à l’antisémitisme d’une Église omnipotente et aux partis nationalistes tels que la ND.
C’est sur ce terreau fécond que l’occupant nazi put tranquillement entreprendre son œuvre d’avilissement et d’anéantissement des Juifs. Dans quelques localités, la populace polonaise n’attendait même pas l’arrivée des avant postes allemands pour se livrer à des massacres et aux pillages des Juifs. Et l’Allemagne trouvait assez de volontaires polonais, mais aussi ukrainiens et baltes, pour constituer des corps d’auxiliaires chargés de traquer, débusquer et tuer les Juifs. On sait que sur environs 3,5 millions de Juifs que la Pologne comptait en août 1939, plus de trois millions furent exterminés.
Ce serait trahir la vérité et leur mémoire que de passer sous silence le fait que parmi les « Justes des nations » honorés à Yad Vashem, c'est-à-dire ces non-Juifs qui ont sauvé des Juifs, ce sont les Polonais qui fournissent le plus important contingent. Ils sont d’autant plus héroïques que les risques qu’ils prenaient non seulement en raison des Allemands, mais surtout en raison des innombrables délateurs parmi leurs compatriotes à l’affût étaient énormes. Mais il s’agissait moins de résistants organisés obéissant à une consigne du gouvernement polonais en exil que d’individus isolés obéissant à leur conscience.
Alors, au printemps 1943, au moment où les derniers Juifs parqués dans le ghetto de Varsovie se soulèvent, ils sont bien seuls. Peut-on parler de solidarité ou d’aide de la part de la résistance polonaise pour les quelques rares armes vendues par des Polonais au prix du marché noir ?
Toujours est-il que c’est avec ces quelques pétoires, des cocktails Molotov et des armes improvisées que les derniers survivants du ghetto de Varsovie ont tenu tête aux troupes nazies et à leurs auxiliaires locaux un mois durant. Un mois durant lequel la résistance polonaise n’a pas bougé. Le sort des Juifs n’intéressait pas le nationalisme polonais incarné par le gouvernement en exil.
Et voilà que l’année suivante, profitant de l’avance soviétique qui avait atteint la rive orientale de la Vistule, la résistance déclanche son insurrection polonaise « pur jus ».
Elisabeth G.Sledziewski nous rappelle la suite. Les résistants polonais n’avaient simplement pas retenu la leçon de l’Histoire pourtant toute récente : Soviétiques et Nazis furent alliés en 1939 pour dépecer et se partager la Pologne ; le pouvoir communiste de Moscou fit même exterminer tous les officiers et cadres polonais tombés entre leurs mains, histoire de décapiter la Pologne de ses élites.
En 1944 Staline ne voyait une Pologne que totalement sous sa coupe et, pour mettre le gouvernement polonais de Londres et les Alliés anglo américains devant le fait accompli, il venait de créer son propre gouvernement « polonais » à Lublin, ville polonaise que l’Armée Rouge avait récemment libérée. Il n’avait donc pas l’intention de se voir accueilli à Varsovie par un gouvernement indocile.
Nous assistons alors à un nouvel accord, de facto, entre Staline et Hitler pour laisser aux troupes de ce dernier le temps de liquider la résistance nationale polonaise.
L’insurrection polonaise de Varsovie en 1944 connaissait ainsi le même sort que celle de l’insurrection juive l’année précédente. Une fois le dernier résistant capturé ou massacré, l’Armée Rouge, qui faisait la pause à Praga, faubourg de Varsovie sur la rive droite de la Vistule, faisait son entrée dans Varsovie, ville fantôme dont tous les immeubles avaient été préalablement dynamités par les nazis.
Le fait qu’effectivement les Français connaissent mieux l’insurrection du ghetto de Varsovie que celle plus tardive de la résistance polonaise peut, à mon avis, être imputable au politiquement correct que la France subit depuis la Libération de la part d’une classe intellectuelle « de gauche », c'est-à-dire communiste et « progressiste » qui censurait durant plusieurs décennies tout ce qui désacralisait le régime stalinien. La passivité soviétique devant l’écrasement de l’insurrection de Varsovie fait donc partie de ce que nos élites intellectuelles, dans le sillage du communisme stalinien dont ils perpétuent le mode de pensée et la « morale », préfèrent passer sous silence.
Les Polonais libérés de l’occupation nazie ont-ils au moins retenu la leçon ? Assurément pas.
On ne peut pas dire que les rescapés juifs ou ceux d’entre eux réfugiés en Union Soviétique qui tentaient de regagner leurs foyers eurent droit au meilleur accueil : dans de nombreuses localités, ils furent agressés, lynchés par la populace, ce qui les conduisit à s’expatrier en Europe Occidentale, en Amérique ou en Israël.
Puis ce fut au tour du régime communiste attentif au moindre revirement de Staline, de renouer avec le bon vieil antisémitisme « de papa » contre les quelques dizaines de milliers de Juifs qui s’accrochaient encore à leur pays natal. Mais ce n’était pas la même chose : ce n’était plus le bon vieil antisémitisme de papa mais son new look rebaptisé « antisionisme ». Ça change tout, n’est-ce pas ? C’était d’autant plus grotesque que la plupart des Juifs qui avaient choisi contre vents et marées de vivre en Pologne étaient des militants communistes idéologiquement hostiles au sionisme.
C’était donc bel et bien l’antisémitisme culturel de la Pologne qui reprenait force et vigueur derrière l’étiquette « antisioniste » qui fait florès chez nos altermondialistes et autres gauchistes de France et de Navarre.
Mais depuis la chute du mur de Berlin le communisme qui avait révélé son véritable visage fait de hideur et de mensonges n’est plus aux commandes. Mais ce serait oublier la pérennité culturelle de la Pologne.
Alors la très catholique Radio Marija, animée par un prélat que le Souverain Pontife ne rechigne pas à recevoir, est toujours là pour entretenir la flamme du bon vieil antisémitisme ancestral qu’elle inculque à une jeune génération, celle qui naquit dans un pays sans Juifs. Cette génération ne côtoie plus dans les rues de Lodz, Varsovie, Czestochowa ou Lublin que des fantômes juifs. Ce sont peut-être ces derniers qui sont les plus gênants et qu’il faut encore et toujours traquer et chasser.
Maudite Pologne, pauvre Pologne.
Syndrome polonais
Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi les Français issus de l’immigration polonaise n’éprouvent, dans leur immense majorité et contrairement à leurs congénères grandis en Pologne, aucune prévention contre les Juifs ?
J’en ai été témoin lorsque je fréquentais encore l’école puis dans l’armée et dans la clandestinité. Quelques uns de mes camarades avaient des noms en –ak, -wicz ou –ski et ils étaient aussi bien Juifs que Catholiques sans que cela ne causât le moindre problème. J’ai même vu, tant à l’école qu’à l’armée, des « polonais » catholiques user du poing contre un connard qui avait traité un camarade de sale Juif.
Le terreau français labouré, travaillé et fertilisé par les Lumières, par un christianisme plus ouvert et surtout par la laïcité et la séparation entre la Religion et l’Etat serait-il moins propice à la prolifération des mauvaises herbes antisémites que le terreau polonais ? Aussitôt énoncée, je constate une faille dans cette hypothèse.
En effet, alors que dans les pays du Maghreb, Juifs et Musulmans sous domination « coloniale » avaient des relations de bon voisinage, je ne comprends pas pourquoi transplantés en France, les musulmans issus du Maghreb et d’Afrique Noire ont à leur actif 99% des propos et des violences allant jusqu’aux enlèvements et meurtres (comme ce fut le cas pour l’infortuné Ilan Halimi).
L’Islam serait-il allergique au terreau républicain et laïque ? Même au XIXème et la première moitié du XXème siècle où il était de bon ton en France de manifester un antisémitisme verbal, un Juif identifiable comme tel n’était jamais agressé physiquement sur la voie publique. Cela était coutumier en Pologne, pas en France ; il en allait de même sous l’occupation allemande : l’antisémitisme était alors le fait de l’administration, des journalistes émargeant à la Propagandastaffel, mais pas de l’homme de la rue.
Combien de fois a-t-on même pu voir, en été 1942, des usagers du métro manifester ouvertement leur sympathie aux usagers « décorés » de l’étoile jaune au point que la presse collabo éprouvait le besoin de condamner ce comportement « anti-français »…
Avec l’implantation de l’islam en France, notre pays s’abaisse au niveau de la Pologne de naguère. Là où un musulman ou une musulmane « visible » peut se déplacer sans crainte, un passant reconnaissable comme Juif se fait injurier et molester par des « discriminés » musulmans.
Ça se passe à Paris et dans ses banlieues. Il ne fait pas bon de porter une kippa ou d’avoir simplement « l’air juif » dans certains quartiers de notre douce France.
Nous voyons même des individus de culture mahométane, qu’un sentiment d’impunité rend audacieux, venir au commissariat de police menacer leurs victimes de représailles si elles ne retirent pas leur plainte.
Les professionnels de l’antiracisme tels que le MRAP ou la Ligue des Droits de l’Homme si prompts à dénoncer outrancièrement le prétendu racisme et la prétendue discrimination montées de toutes pièces lorsqu’ils sont imputés à des « Souchiens », perdre subitement l’usage de la parole lorsque le racisme se situe dans le camp musulman.
Force est d’ajouter que ce racisme d’importation et dont les propagateurs sont entretenus par nos prestations sociales ne se limite pas aux Juifs... Maints internautes « gaulois » contraints de vivre dans des « cités sensibles » nous signalent les « incivilités », les menaces et les violences auxquelles leurs enfants et eux mêmes sont quotidiennement exposés par les protégés de la Halde.
À l’instar de l’antisémitisme propagé en Europe par le régime nazi, l’antisémitisme islamique n’est que le cheval de Troie*, cadeau de « la chance pour la France », stupidement introduit dans la cité par ses victimes désignées pour s’en emparer de l’intérieur.
Car ne nous y trompons pas, derrière l’antisémitisme se profile le racisme induit par l’islam tant « modéré » que « violent » contre tout ce qui n’est pas musulman, contre tous ceux qui refusent de donner à la charia le pas sur nos lois, qui ne supportent pas que leurs enfants puissent devenir demain des dhimmis.
Ce racisme transpire à travers les pores du rap et autres « œuvres artistiques » maintes fois subventionnées par les ministres de la culture alors que si elles étaient tournées contre les musulmans, elles vaudraient les plus sévères condamnations à leurs auteurs.
Mais ces « œuvres artistiques » ne font-elles pas que traduire les prêches dans les mosquées dont l’effarante imbécillité de nos élus favorise la prolifération sur le sol de la République ?
* lire ou relire « Le Cheval de Troie » de Martin Birnbaum à la Une de LibertyVox
André Dufour sur : http://www.libertyvox.com/article.php?id=265
Nous ne pouvons que nous joindre à l’hommage qu’il faut rendre à la mémoire de ces centaines de milliers de Polonais victimes du totalitarisme barbare des nazis, sans oublier pour autant ces Polonais qu’il est idéologiquement incorrect de rappeler, sommairement exécutés par les camarades communistes du Kremlin.
Mais le soin qu’apporte Elisabeth G.Sledziewski à « séparer le bon grain de l’ivraie », à distinguer la révolte du « ghetto », c'est-à-dire des Juifs, de celle des Polonais, des « vrais » en somme, est révélateur d’un héritage culturel dont la Pologne semble avoir du mal à se nettoyer.
La première insurrection était en effet celle des Juifs qui avaient le sinistre « privilège » d’avoir auparavant subi l’antisémitisme obsessionnel, viscéral et meurtrier de leurs concitoyens polonais qui semblait tenir lieu de doctrine de cette Pologne ressuscitée qui vit le jour à la défaite allemande de 1918.
Dans ce nouvel État débordant la ligne Curzon fixée par les Alliés, donc agrandi de lambeaux de territoires arrachés aux Lituaniens, Biélorusses, Ukrainiens et Allemands, seuls les Catholiques de langue polonaise étaient considérés comme « vrais » polonais, soit un peu moins des deux tiers de la trentaine de millions d’habitants. Répartis de façon inégale sur tout le territoire, les Juifs constituaient 10% de la population globale, mais atteignaient entre 20 et 40% dans de nombreuses villes, voire, par endroits, la majorité. C’est cette minorité ethnique qui devint une obsession, une idée fixe des politiciens polonais.
En vingt ans d’existence (1919 à 1939) pas une seule session du Sejm (parlement polonais) qui n’inscrivît à son ordre du jour les mesures à prendre pour réduire le nombre des Juifs, leur poids dans la vie économique et culturelle et surtout pour les priver de leurs moyens de vivre : la plupart des entreprises et des artisans juifs étaient ruinés par les appels au boycott largement suivis et les jeunes qui avaient la capacité d’étudier se voyaient opposer un numerus clausus officiel dans les universités. Rien n’était négligé pour les pousser à émigrer, encore fallait-il en avoir les moyens.
lors la plupart d’entre eux connaissaient une extrême pauvreté, sans parler des restrictions opposées par les éventuels pays d’accueil.
Alors que Hitler mettait un point final à ses préparatifs en vue d’envahir la Pologne, le gouvernement de ce pays ne trouvait rien de plus vital que de déléguer un ministre à une conférence internationale qui se tenait Allemagne dont l’objectif visant à coordonner la déportation de tous les Juifs européens à Madagascar ou tout autre pays africain. Nous sommes à quelques semaines de la guerre, les Juifs de Pologne, pris dans une nasse, n’ont plus d’issue. L’envahisseur allemand n’allait pas tarder à tirer parti de cette situation bien préparée.
C’est dire que la Pologne avait, en matière d’antisémitisme actif, quelque peu devancé l’Allemagne nazie. Pour être juste, il faut dire que nombre de Polonais s’opposaient à cette politique imbécile, préjudiciable en fin de compte aux intérêts et au rayonnement de leur pays, et suicidaire. (C’est par exemple la France et non la Pologne qui peut se glorifier du Prix Nobel d’un Charpak, pourtant né à Lodz) mais leur voix avait du mal à se faire entendre face à l’antisémitisme d’une Église omnipotente et aux partis nationalistes tels que la ND.
C’est sur ce terreau fécond que l’occupant nazi put tranquillement entreprendre son œuvre d’avilissement et d’anéantissement des Juifs. Dans quelques localités, la populace polonaise n’attendait même pas l’arrivée des avant postes allemands pour se livrer à des massacres et aux pillages des Juifs. Et l’Allemagne trouvait assez de volontaires polonais, mais aussi ukrainiens et baltes, pour constituer des corps d’auxiliaires chargés de traquer, débusquer et tuer les Juifs. On sait que sur environs 3,5 millions de Juifs que la Pologne comptait en août 1939, plus de trois millions furent exterminés.
Ce serait trahir la vérité et leur mémoire que de passer sous silence le fait que parmi les « Justes des nations » honorés à Yad Vashem, c'est-à-dire ces non-Juifs qui ont sauvé des Juifs, ce sont les Polonais qui fournissent le plus important contingent. Ils sont d’autant plus héroïques que les risques qu’ils prenaient non seulement en raison des Allemands, mais surtout en raison des innombrables délateurs parmi leurs compatriotes à l’affût étaient énormes. Mais il s’agissait moins de résistants organisés obéissant à une consigne du gouvernement polonais en exil que d’individus isolés obéissant à leur conscience.
Alors, au printemps 1943, au moment où les derniers Juifs parqués dans le ghetto de Varsovie se soulèvent, ils sont bien seuls. Peut-on parler de solidarité ou d’aide de la part de la résistance polonaise pour les quelques rares armes vendues par des Polonais au prix du marché noir ?
Toujours est-il que c’est avec ces quelques pétoires, des cocktails Molotov et des armes improvisées que les derniers survivants du ghetto de Varsovie ont tenu tête aux troupes nazies et à leurs auxiliaires locaux un mois durant. Un mois durant lequel la résistance polonaise n’a pas bougé. Le sort des Juifs n’intéressait pas le nationalisme polonais incarné par le gouvernement en exil.
Et voilà que l’année suivante, profitant de l’avance soviétique qui avait atteint la rive orientale de la Vistule, la résistance déclanche son insurrection polonaise « pur jus ».
Elisabeth G.Sledziewski nous rappelle la suite. Les résistants polonais n’avaient simplement pas retenu la leçon de l’Histoire pourtant toute récente : Soviétiques et Nazis furent alliés en 1939 pour dépecer et se partager la Pologne ; le pouvoir communiste de Moscou fit même exterminer tous les officiers et cadres polonais tombés entre leurs mains, histoire de décapiter la Pologne de ses élites.
En 1944 Staline ne voyait une Pologne que totalement sous sa coupe et, pour mettre le gouvernement polonais de Londres et les Alliés anglo américains devant le fait accompli, il venait de créer son propre gouvernement « polonais » à Lublin, ville polonaise que l’Armée Rouge avait récemment libérée. Il n’avait donc pas l’intention de se voir accueilli à Varsovie par un gouvernement indocile.
Nous assistons alors à un nouvel accord, de facto, entre Staline et Hitler pour laisser aux troupes de ce dernier le temps de liquider la résistance nationale polonaise.
L’insurrection polonaise de Varsovie en 1944 connaissait ainsi le même sort que celle de l’insurrection juive l’année précédente. Une fois le dernier résistant capturé ou massacré, l’Armée Rouge, qui faisait la pause à Praga, faubourg de Varsovie sur la rive droite de la Vistule, faisait son entrée dans Varsovie, ville fantôme dont tous les immeubles avaient été préalablement dynamités par les nazis.
Le fait qu’effectivement les Français connaissent mieux l’insurrection du ghetto de Varsovie que celle plus tardive de la résistance polonaise peut, à mon avis, être imputable au politiquement correct que la France subit depuis la Libération de la part d’une classe intellectuelle « de gauche », c'est-à-dire communiste et « progressiste » qui censurait durant plusieurs décennies tout ce qui désacralisait le régime stalinien. La passivité soviétique devant l’écrasement de l’insurrection de Varsovie fait donc partie de ce que nos élites intellectuelles, dans le sillage du communisme stalinien dont ils perpétuent le mode de pensée et la « morale », préfèrent passer sous silence.
Les Polonais libérés de l’occupation nazie ont-ils au moins retenu la leçon ? Assurément pas.
On ne peut pas dire que les rescapés juifs ou ceux d’entre eux réfugiés en Union Soviétique qui tentaient de regagner leurs foyers eurent droit au meilleur accueil : dans de nombreuses localités, ils furent agressés, lynchés par la populace, ce qui les conduisit à s’expatrier en Europe Occidentale, en Amérique ou en Israël.
Puis ce fut au tour du régime communiste attentif au moindre revirement de Staline, de renouer avec le bon vieil antisémitisme « de papa » contre les quelques dizaines de milliers de Juifs qui s’accrochaient encore à leur pays natal. Mais ce n’était pas la même chose : ce n’était plus le bon vieil antisémitisme de papa mais son new look rebaptisé « antisionisme ». Ça change tout, n’est-ce pas ? C’était d’autant plus grotesque que la plupart des Juifs qui avaient choisi contre vents et marées de vivre en Pologne étaient des militants communistes idéologiquement hostiles au sionisme.
C’était donc bel et bien l’antisémitisme culturel de la Pologne qui reprenait force et vigueur derrière l’étiquette « antisioniste » qui fait florès chez nos altermondialistes et autres gauchistes de France et de Navarre.
Mais depuis la chute du mur de Berlin le communisme qui avait révélé son véritable visage fait de hideur et de mensonges n’est plus aux commandes. Mais ce serait oublier la pérennité culturelle de la Pologne.
Alors la très catholique Radio Marija, animée par un prélat que le Souverain Pontife ne rechigne pas à recevoir, est toujours là pour entretenir la flamme du bon vieil antisémitisme ancestral qu’elle inculque à une jeune génération, celle qui naquit dans un pays sans Juifs. Cette génération ne côtoie plus dans les rues de Lodz, Varsovie, Czestochowa ou Lublin que des fantômes juifs. Ce sont peut-être ces derniers qui sont les plus gênants et qu’il faut encore et toujours traquer et chasser.
Maudite Pologne, pauvre Pologne.
Syndrome polonais
Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi les Français issus de l’immigration polonaise n’éprouvent, dans leur immense majorité et contrairement à leurs congénères grandis en Pologne, aucune prévention contre les Juifs ?
J’en ai été témoin lorsque je fréquentais encore l’école puis dans l’armée et dans la clandestinité. Quelques uns de mes camarades avaient des noms en –ak, -wicz ou –ski et ils étaient aussi bien Juifs que Catholiques sans que cela ne causât le moindre problème. J’ai même vu, tant à l’école qu’à l’armée, des « polonais » catholiques user du poing contre un connard qui avait traité un camarade de sale Juif.
Le terreau français labouré, travaillé et fertilisé par les Lumières, par un christianisme plus ouvert et surtout par la laïcité et la séparation entre la Religion et l’Etat serait-il moins propice à la prolifération des mauvaises herbes antisémites que le terreau polonais ? Aussitôt énoncée, je constate une faille dans cette hypothèse.
En effet, alors que dans les pays du Maghreb, Juifs et Musulmans sous domination « coloniale » avaient des relations de bon voisinage, je ne comprends pas pourquoi transplantés en France, les musulmans issus du Maghreb et d’Afrique Noire ont à leur actif 99% des propos et des violences allant jusqu’aux enlèvements et meurtres (comme ce fut le cas pour l’infortuné Ilan Halimi).
L’Islam serait-il allergique au terreau républicain et laïque ? Même au XIXème et la première moitié du XXème siècle où il était de bon ton en France de manifester un antisémitisme verbal, un Juif identifiable comme tel n’était jamais agressé physiquement sur la voie publique. Cela était coutumier en Pologne, pas en France ; il en allait de même sous l’occupation allemande : l’antisémitisme était alors le fait de l’administration, des journalistes émargeant à la Propagandastaffel, mais pas de l’homme de la rue.
Combien de fois a-t-on même pu voir, en été 1942, des usagers du métro manifester ouvertement leur sympathie aux usagers « décorés » de l’étoile jaune au point que la presse collabo éprouvait le besoin de condamner ce comportement « anti-français »…
Avec l’implantation de l’islam en France, notre pays s’abaisse au niveau de la Pologne de naguère. Là où un musulman ou une musulmane « visible » peut se déplacer sans crainte, un passant reconnaissable comme Juif se fait injurier et molester par des « discriminés » musulmans.
Ça se passe à Paris et dans ses banlieues. Il ne fait pas bon de porter une kippa ou d’avoir simplement « l’air juif » dans certains quartiers de notre douce France.
Nous voyons même des individus de culture mahométane, qu’un sentiment d’impunité rend audacieux, venir au commissariat de police menacer leurs victimes de représailles si elles ne retirent pas leur plainte.
Les professionnels de l’antiracisme tels que le MRAP ou la Ligue des Droits de l’Homme si prompts à dénoncer outrancièrement le prétendu racisme et la prétendue discrimination montées de toutes pièces lorsqu’ils sont imputés à des « Souchiens », perdre subitement l’usage de la parole lorsque le racisme se situe dans le camp musulman.
Force est d’ajouter que ce racisme d’importation et dont les propagateurs sont entretenus par nos prestations sociales ne se limite pas aux Juifs... Maints internautes « gaulois » contraints de vivre dans des « cités sensibles » nous signalent les « incivilités », les menaces et les violences auxquelles leurs enfants et eux mêmes sont quotidiennement exposés par les protégés de la Halde.
À l’instar de l’antisémitisme propagé en Europe par le régime nazi, l’antisémitisme islamique n’est que le cheval de Troie*, cadeau de « la chance pour la France », stupidement introduit dans la cité par ses victimes désignées pour s’en emparer de l’intérieur.
Car ne nous y trompons pas, derrière l’antisémitisme se profile le racisme induit par l’islam tant « modéré » que « violent » contre tout ce qui n’est pas musulman, contre tous ceux qui refusent de donner à la charia le pas sur nos lois, qui ne supportent pas que leurs enfants puissent devenir demain des dhimmis.
Ce racisme transpire à travers les pores du rap et autres « œuvres artistiques » maintes fois subventionnées par les ministres de la culture alors que si elles étaient tournées contre les musulmans, elles vaudraient les plus sévères condamnations à leurs auteurs.
Mais ces « œuvres artistiques » ne font-elles pas que traduire les prêches dans les mosquées dont l’effarante imbécillité de nos élus favorise la prolifération sur le sol de la République ?
* lire ou relire « Le Cheval de Troie » de Martin Birnbaum à la Une de LibertyVox
André Dufour sur : http://www.libertyvox.com/article.php?id=265
La majorité des Israéliens contre un retrait du Golan

par Claire Dana Picard
Doit-on s'inquiéter des contacts entre le gouvernement israélien et les autorités syriennes ? Pour les résidents du Golan, il ne fait aucun doute que ces démarches sont préoccupantes. Leurs dirigeants ont donc décidé de convoquer mercredi soir tous les chefs des localités de la région pour débattre d'urgence de la question. Ils ont rappelé, bien entendu, que le Premier ministre Ehoud Olmert, était prêt à céder tout le plateau du Golan en échange d'un accord de paix avec la Syrie.
Le chef du conseil régional du Golan, Eli Malka, a déclaré au cours de la réunion : "Nous ne permettrons pas au Premier ministre, qui agit pour des raisons externes, de céder une partie du pays à l'Axe du Mal et de mettre en danger l'existence de l'Etat d'Israël". Il a ajouté: "Olmert agit à l'encontre de l'intérêt national et contre la volonté du peuple. Il nous met en danger et n'est donc pas digne de nous gouverner". Toutes les personnalités présentes ont lancé un appel aux "forces politiques et publiques" du pays, leur demandant de s'unir pour œuvrer en faveur du Golan.
Quant à l'opinion publique, il suffit de consulter les sondages pour constater qu'une large majorité refuse catégoriquement la moindre concession territoriale dans cette région d'Israël.
En effet, d'après un sondage réalisé par l'institut Maagar HaMohot, dirigé par le professeur Itshak Katz, il s'avère que 70 % des personnes interrogées estiment qu'il ne faut pas accepter de retrait, même en échange d'un traité de paix avec Damas. Seules 22 % ont déclaré qu'elles accepteraient de céder le Golan dans le cadre d'un accord global.
Par ailleurs, 57 % des Israéliens pensent que le moment choisi pour ces pourparlers n'est pas fortuit et qu'il est lié à l'enquête menée à l'heure actuelle contre le Premier ministre. Seul un tiers du public affirme qu'il n'existe aucun rapport entre les deux.
Le quotidien Haaretz rapporte un autre résultat intéressant du sondage qui a été réalisé par l'institut Maagar HaMohot: en effet, pour 65 % des Israéliens, il ne serait pas question d'accepter la division de Jérusalem pour un accord de paix avec le monde arabe. Il s'avère également que 68 % de la population israélienne ne veut pas changer le statut actuel (ce qu'Haaretz appelle "radicalisation des positions"), c'est-à-dire qu'elle souhaite maintenir la souveraineté israélienne sur la Judée-Samarie et sur le Golan.
22.5.08
REVUE DE LA PRESSE ISRAELIENNE
http://www.israel-infos.net/
Israël-Syrie : "Dialoguer en toute bonne foi"
Selon un communiqué publié mercredi matin par le Bureau du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, l'Etat hébreu et la Syrie ont «entamé des pourparlers de paix indirects par le biais de médiateurs turcs».
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Politique
La gauche et l'extrême gauche soutiennent les pourparlers avec la Syrie
Le député arabe israélien Saïd Nafaa (Balad, antisioniste) s'est félicité, mercredi soir, de la reprise des discussions entre de paix entre Israël et la Syrie.
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Autorité palestinienne
Gaza : les chrétiens sous pression
Malgré la censure imposée par les agents du Hamas, des informations sur les agressions anti-chrétiennes perpétrées dans la bande de Gaza parviennent à circuler.
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Justice
Blair et Berlusconi : des "modèles" pour Olmert
Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a affirmé au cours d'un entretien accordé au Times londonien, publié mercredi matin, qu'il puise réconfort et encouragements de l'exemple des «affaires Blair et Berlusconi», deux hommes politiques contre lesquels des enquêtes avaient été ouvertes, puis refermées, faute de preuves.
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Société
Les habitants du Golan contre Olmert
Ayant immédiatement réagi à l'annonce d'une reprise du processus diplomatique entre l'Etat hébreu et la Syrie, les habitants du Golan ont qualifié l'attitude du Premier ministre israélien «d'irresponsable», et plusieurs élus de la région n'ont pas hésité à le dénoncer comme un «véritable danger public».
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Olmert se "souvient" d'Elie Cohen
Selon le site Internet ynet, Nadia Cohen, la veuve de l'espion israélien Elie Cohen, qui parvint à gagner la confiance des principaux dirigeants baasistes, durant la première moitié des années soixante, s'est entretenue avec le Premier ministre, qui a d'ailleurs pris l'initiative de cette conversation peu avant d'annoncer qu'Israël discute actuellement avec la Syrie.
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Economie
Prix du gaz égyptien en hausse
Deux semaines après le début de la livraison de gaz naturel à Israël, dans le cadre d'un accord portant sur 7 milliards de mètres cube pendant quinze ans, le Premier ministre égyptien a annoncé avoir l'intention d'augmenter les prix convenus en 2005, suite à la hausse des tarifs mondiaux du gaz.
Culture
Israël qualifié pour l'Eurovision
Le chanteur israélien Boaz Maouda s'est qualifié mardi pour participer au prochain concours international de la chanson, qui réunira cette année quarante trois pays différents, samedi soir prochain à Belgrade. Il a interprété "Esh Béeineh'a" (un feu dans tes yeux), composé par Dana International et Sherry Kerem.
Godard à Tel Aviv
Le cinéaste français Jean-Luc Godard effectuera une visite en Israël à la fin du mois de mai, comme invité d'honneur du festival international du film Etudiant, qui se déroulera à l'université de Tel Aviv. Souvent très critique à l'égard de l'Etat hébreu, Godard, dont les positions en faveur des Palestiniens s'expriment tant sur le plan politique qu'artistique, a déclaré : «C'est en tant que simple citoyen et éternel étudiant que je prendrai part à ce festival».
Etranger
Trêve au Liban
Le ministre libanais des Communications, Marwan Hamada, a confirmé, mercredi matin, que les différentes forces qui s'affrontent au pays du Cèdre sont parvenues à un accord de cessez-le-feu. Celui-ci doit être signé «durant la journée», a précisé Hamada.
Divers
Etat de santé critique du Rav Mordeh'ay Eliyahou.
L'ancien grand rabbin d'Israël, Mordeh'ay Eliyahou, âgé de 80 ans, a été hospitalisé mardi en urgence, à Shaaré Tsedek, après qu'une sérieuse aggravation de son état de santé soit intervenue plus tôt dans la matinée. Le leader du judaïsme sioniste avait déjà été admis à l'hôpital à deux reprises différentes ces dernières semaines.
Nouvelles brèves
Israel, le 21/05/08
18:20 Education : Afin d'éviter les excès de vandalisme perpétrés par les enfants à la veille de la fête de Lag Baomer pour alimenter leur traditionnel feu de camp, la fondation Lean contre la violence, propose aux habitants de se débarrasser de leurs vieux meubles en les sortant près des poubelles. Cette précaution permettrait d'épargner les centaines d'arbres mutilés à cette occasion, et les chantiers de construction dépouillés de leur stock de bois.
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Nouvelles brèves, International
Monde, le 21/05/08
17:48 Senegal : Une vingtaine de baleines se sont échouées sur les plages de Dakar, tandis qu'une centaine d'autres nagent à faible distance des rivages.
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Toute l'équipe d'Israel-infos.net vous souhaite une excellente journée, et vous invite à vous rendre sur notre site pour y retrouver les actualités diffusées en continu.
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Israël-Syrie : "Dialoguer en toute bonne foi"
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La gauche et l'extrême gauche soutiennent les pourparlers avec la Syrie
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Les habitants du Golan contre Olmert
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Olmert se "souvient" d'Elie Cohen
Selon le site Internet ynet, Nadia Cohen, la veuve de l'espion israélien Elie Cohen, qui parvint à gagner la confiance des principaux dirigeants baasistes, durant la première moitié des années soixante, s'est entretenue avec le Premier ministre, qui a d'ailleurs pris l'initiative de cette conversation peu avant d'annoncer qu'Israël discute actuellement avec la Syrie.
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Economie
Prix du gaz égyptien en hausse
Deux semaines après le début de la livraison de gaz naturel à Israël, dans le cadre d'un accord portant sur 7 milliards de mètres cube pendant quinze ans, le Premier ministre égyptien a annoncé avoir l'intention d'augmenter les prix convenus en 2005, suite à la hausse des tarifs mondiaux du gaz.
Culture
Israël qualifié pour l'Eurovision
Le chanteur israélien Boaz Maouda s'est qualifié mardi pour participer au prochain concours international de la chanson, qui réunira cette année quarante trois pays différents, samedi soir prochain à Belgrade. Il a interprété "Esh Béeineh'a" (un feu dans tes yeux), composé par Dana International et Sherry Kerem.
Godard à Tel Aviv
Le cinéaste français Jean-Luc Godard effectuera une visite en Israël à la fin du mois de mai, comme invité d'honneur du festival international du film Etudiant, qui se déroulera à l'université de Tel Aviv. Souvent très critique à l'égard de l'Etat hébreu, Godard, dont les positions en faveur des Palestiniens s'expriment tant sur le plan politique qu'artistique, a déclaré : «C'est en tant que simple citoyen et éternel étudiant que je prendrai part à ce festival».
Etranger
Trêve au Liban
Le ministre libanais des Communications, Marwan Hamada, a confirmé, mercredi matin, que les différentes forces qui s'affrontent au pays du Cèdre sont parvenues à un accord de cessez-le-feu. Celui-ci doit être signé «durant la journée», a précisé Hamada.
Divers
Etat de santé critique du Rav Mordeh'ay Eliyahou.
L'ancien grand rabbin d'Israël, Mordeh'ay Eliyahou, âgé de 80 ans, a été hospitalisé mardi en urgence, à Shaaré Tsedek, après qu'une sérieuse aggravation de son état de santé soit intervenue plus tôt dans la matinée. Le leader du judaïsme sioniste avait déjà été admis à l'hôpital à deux reprises différentes ces dernières semaines.
Nouvelles brèves
Israel, le 21/05/08
18:20 Education : Afin d'éviter les excès de vandalisme perpétrés par les enfants à la veille de la fête de Lag Baomer pour alimenter leur traditionnel feu de camp, la fondation Lean contre la violence, propose aux habitants de se débarrasser de leurs vieux meubles en les sortant près des poubelles. Cette précaution permettrait d'épargner les centaines d'arbres mutilés à cette occasion, et les chantiers de construction dépouillés de leur stock de bois.
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Nouvelles brèves, International
Monde, le 21/05/08
17:48 Senegal : Une vingtaine de baleines se sont échouées sur les plages de Dakar, tandis qu'une centaine d'autres nagent à faible distance des rivages.
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BRUITS DE PAIX....POUR DE RIRE
On ne peut pas dire que la diplomatie française soit inactive, ces derniers temps. La question est de savoir si son approche est efficace et si elle ne se berce pas de mots et de vagues promesses.
Au Liban, il se pourrait, si le Hezbollah est d’accord, que l’on s’achemine vers l’élection d'un Président dans les heures qui viennent.
Le temps de nettoyer le Parlement et ses environs immédiats des gravats et autres salissures provoquées par des bombardements intempestifs et une vie recluse de la part de députés dont il faudra saluer, un jour, l’obstination et le courage.
Nicolas Sarkozy a beau fêter l'accord de Doha mettant fin à la crise politique au Liban, il ne fait aucun doute que celui-ci se conclut sur une victoire de fait du Hezbollah qui a refusé tout compromis.
Dans ces conditions, le « retour à un fonctionnement normal des institutions libanaises » est un cache-sexe qui masque mal l’emprise du mouvement islamiste sur ces institutions, dont l’armée.
Comme prévu, Nabih Berri, pro-syrien convaincu, a annoncé que le chef des armées, le général Michel Souleïmane, serait "élu président dans la semaine".
Le président élu au suffrage universel n’est pas la règle en notre monde, comme il est permis de le constater encore aujourd’hui. Mais cela permet d’annoncer la victoire électorale quelques jours à l’avance.
Gain de temps, lutte contre le gaspillage de l’argent public en frais de campagne prohibitifs, en sondages onéreux, le Liban va pouvoir respirer, si tout se passe bien. Et rien ne permet de penser que cela va mal se passer, le Hezbollah ayant à l’avance obtenu tout ce qu’il désirait.
Tout juste est-il question de renoncer à des campements de manifestants - appelés « sit-in » pour faire jeune par l’agence de presse syrienne SANA - aux points stratégiques de Beyrouth.
Pour le reste, le Hezbollah conserve sa télévision, ses médias, son propre réseau téléphonique ainsi que le contrôle de l’aéroport. Sans oublier qu’il n’est plus dans l’obligation de restituer ses armes et ses missiles. Pour une armée officieuse, c’est important.
Le texte de l’accord interdit tout recours aux armes à des fins politiques, affirment les diplomates. Cela va rassurer les Libanais qui savent combien il est pertinent de faire confiance aux engagements de ce même Hezbollah.
Cette partie du texte, déjà signée à contrecœur par les partisans des islamistes fera partie des promesses électorales non tenues. Et la FINUL, chargée de veiller au désarmement des milices, pourra passer un été tranquille, à l’abri dans les tentes et les véhicules de la force Onusienne.
Et la Syrie ?
Les contacts avec le Hamas étant bien avancés, la diplomatie française avoue également avoir rencontré à plusieurs reprises la Syrie. La seule ressemblance entre ces deux entités réside dans le fait que jamais, au grand jamais, il ne fallait les rencontrer avant que certaines conditions ne soient remplies.
Les conditions ne le sont pas et on les rencontre quand même. Rien que de très normal ! Un diplomate avoue tout de même : "Avec les Syriens on a un vrai désaccord. On leur parle sans illusion, avec la distance nécessaire, avec une longue cuillère". Allusion à un certain dîner avec le Diable. Ce diplomate impertinent a bien fait de rester anonyme.
Puisque Israël avoue également avoir des contacts au plus haut niveau avec la dictature des El Assad par l’intermédiaire de la Turquie, pourquoi la France devrait-elle attendre ?
D’autant que tout va vite. La surenchère est de mise. Le Ministre des affaires Etrangères syrien, Walid Mouallem, vient de déclarer ce matin : « Israël s'est engagé à un retrait total du Golan ». C’est du moins ce qu’annoncent certains journaux libanais dont l’Orient-Le Jour.
Cette déclaration, si elle peut paraître légèrement précipitée, est davantage destinée à fragiliser un peu plus le gouvernement d’Ehoud Olmert en proie à une droite de plus en plus menaçante. Et un Israël fragilisé, pensent les Syriens, ne courra pas le risque d’être trop exigeant vis-à-vis des voisins.
C’est évidemment mal connaître Israël. Mais si les diplomates étaient tous compétents, tous sans exception, cela se saurait.
Relevons néanmoins que la Syrie parle de paix avec Israël. Paix avec la restitution du Golan, cela va sans dire, et, de facto, la possibilité de bombarder la Galilée sans bouger les oreilles.
Le Liban est toujours en guerre avec Israël. Cela est même inscrit dans sa « constitution » et le nouvel homme fort du pays du Cèdre, militaire blanchi sous le harnais, est un vif partisan de cet état de guerre.
Sans méconnaître la volonté de paix qui doit forcément exister au sein des peuples libanais et syriens, le pessimisme reste de rigueur.
60 ans d’éducation à la haine ne s’évacuent pas aussi rapidement.
Primo
Auteur : Pierre Lefebvre
21.5.08
1948 : ISRAEL ET LES PALESTINIENS, LA VERITABLE HISTOIRE
Pourquoi les Palestiniens ont connu une catastrophe et pourquoi ils s'y sont enlisés
Efraim Karsh pour Commentary
Par Efraim Karsh
Titre original : 1948, Israel, and the Palestinians: The true story
Traduction : Objectif-info
Voici un texte d'une portée considérable d'Ephraïm Karsh, professeur et chercheur à Londres, à qui l'on doit de nombreux travaux dont un excellent "La guerre d'Oslo". L'article dont on trouve ci-dessous la traduction en français traite de la "catastrophe" la fameuse "nakba" subie par les Arabes palestiniens. Assis sur les travaux historiques les plus récents, ce document dresse un tableau particulièrement instructif des circonstances qui ont conduit les Arabes palestiniens à quitter massivement leurs foyers en 1948, à devenir des apatrides, à continuer de vivre souvent dans des camps de réfugiés soixante ans plus tard, et à échouer à faire aboutir toute dynamique nationale et tout projet collectif. On retiendra essentiellement le rôle d'une aristocratie cynique, d'une poignée de chefs de clans et de grandes familles dans ce naufrage. Comme partout ailleurs dans le monde arabe, la culture des élites politiques et religieuses, faite d'arrogance, de violence, d'exploitation et de mépris profond des individus ordinaires, prive la société de tout espoir et de tout horizon. Peut-être un peu davantage chez les Arabes palestiniens qu'ailleurs….
Soixante ans après son établissement par un acte d'autodétermination qui a bénéficié d'une reconnaissance internationale, Israël demeure le seul état au monde constamment confronté à une profusion d'étranges théories de la conspiration et à des accusations de crimes de sang ; le seul État dont les politiques et les actes sont condamnés de façon répétitive par la communauté internationale ; le seul état dont le droit d'exister est constamment discuté et remis en cause, non seulement par ses ennemis arabes mais par des segments de l'opinion occidentale éclairée.
Au cours de la dernière décennie ou à peu près, l'élimination effective de l'État juif est devenue une cause célèbre pour beaucoup de ces Occidentaux instruits. La "solution à un État," comme elle s'appelle, est un euphémisme qui revient à remplacer Israël par un État recouvrant théoriquement toute la Palestine historique, dans lequel les juifs seraient définitivement réduits au statut de minorité. C'est seulement comme cela, dit-on, que "le péché originel" de la création d'Israël pourra être expié, un acte de naissance établi (selon les termes d'un critique) "sur les ruines de la Palestine arabe" et réalisé par la dépossession délibéré et agressive de sa population indigène.
Cette accusation de dépossession préméditée, et la naissance en conséquence d'un interminable "problème des réfugiés" palestiniens, constitue de fait, le point central de la requête de disparition formulée par les victimes supposées d'Israël et leurs soutiens occidentaux. C'est une accusation qui n'a presque pas été contestée. Dès le milieu des années 50, J.C. Hurewitz, un éminent historien américain en a entrepris la réfutation systématique, [1] et ses conclusions ont été abondamment confirmées par les générations suivantes d'universitaires et d'auteurs. Même Benny Morris, le plus influent des "nouveaux historiens" révisionnistes israéliens, l'un de ceux qui ont emprunté la voie du procès à charge contre Israël pour son "péché originel", a reconnu à contrecœur qu'il n'y avait eu aucun "plan" pour déplacer les Arabes palestiniens. [2]
La déclassification récente de millions de documents de la période du Mandat britannique (1920-1948) et des premiers jours d'Israël, documents inexploités par les premières générations d'auteurs, et ignorés ou déformés par les "nouveaux historiens," forment un tableau beaucoup plus rigoureux de ce que l'Histoire a à raconter. Ils indiquent que la thèse de la dépossession est complètement infondée mais qu'elle est tout le contraire de la vérité. Le texte qui suit est basé sur des recherches récentes sur ces documents qui recèlent nombre de faits et de données qui n'ont pas été exposés jusqu'ici.
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Dès le début des années 20, loin d'être les cibles infortunées des attaques prédatrices des sionistes, les dirigeants arabes palestiniens furent à l'initiative d'une campagne implacable pour anéantir la renaissance nationale juive, tout en allant violemment à l'encontre des souhaits de ceux qu'ils représentaient. Cette campagne s'est achevée par une tentative violente de faire avorter la résolution de l'ONU du 29 novembre 1947, qui appelait à l'établissement de deux états en Palestine. Si ces dirigeants et leurs partenaires des pays arabes environnants avaient accepté cette résolution de l'ONU, il n'y aurait eu ni guerre ni bouleversement à l'origine.
Tout simplement, le mouvement sioniste a toujours été favorable à l'existence dans le futur d'une minorité arabe substantielle au sein de l'État juif, participant en position d'égalité "à la vie publique du pays dans tous les secteurs." [3] Ces mots sont de Ze'ev Jabotinsky, le fondateur de la branche du sionisme qui préfigurait l'actuel parti du Likoud. Dans un article célèbre de 1923, Jabotinsky indiquait qu'il état disposé "à prononcer un serment qui nous engagerait ainsi que nos descendants à ne jamais rien faire qui soit contraire au principe de l'égalité des droits, et à ne pas tenter d'expulser quiconque de chez lui." [4]
Onze ans après, Jabotinsky présidait la rédaction d'un projet de constitution pour la Palestine juive. Selon ses dispositions, les Arabes et les Juifs devaient partager les prérogatives et les obligations nécessaires à l'institution d'un État, ce partage s'étendant aux fonctions militaires et civiles les plus notables. L'hébreu et l'arabe devaient jouir du même statut légal, et "dans tout cabinet gouvernemental où le premier ministre serait un juif, la vice-présidence reviendrait à un Arabe et vice-versa." [5]
Si c'était la position de la faction la plus "militante" du mouvement national juif. Le courant dominant du sionisme s'engageait non seulement à accorder une pleine égalité à la minorité arabe dans le futur État juif mais s'employait à sa façon à encourager la coexistence judéo-arabe. En janvier 1919, Haïm Weizmann, le futur dirigeant du mouvement sioniste, conclut un accord de paix et de coopération avec l'émir hachémite Fayçal ibn Hussein, le dirigeant véritable du mouvement pan-arabe naissant. Depuis lors, et jusqu'à la proclamation de l'État d'Israël le 14 mai 1948, les représentants du sionisme tinrent des centaines de réunions avec les dirigeants arabes de tous les niveaux. Parmi eux Abdallah ibn Hussein le frère aîné de Fayçal et fondateur de l'Émirat de Transjordanie (devenu ensuite le royaume de Jordanie), les premiers ministres en exercice ou retirés de Syrie, du Liban, d'Égypte, d'Irak, les premiers conseillers du roi Abdoul Aziz ibn Saoud (le fondateur de l'Arabie saoudite), et les représentants des élites arabes palestiniennes de toutes les tendances.
Pas plus tard que le 15 septembre 1947, deux mois avant le passage devant l'ONU de la résolution sur le partage, deux émissaires sionistes de haut rang tentaient encore de convaincre Abdel Rahman Azzam, le secrétaire général de la Ligue arabe, que le conflit de Palestine "gaspillait inutilement les meilleures énergies de la Ligue arabe," et que les Arabes et les Juifs tireraient des bénéfices considérables "de politiques actives de coopération et de développement." (6) Derrière cette proposition, il y avait un vieil espoir sioniste : la croyance que le progrès matériel résultant de l'implantation des Juifs en Palestine ouvrirait la voie à une réconciliation définitive avec la population arabe, même si elle ne s'avérait pas franchement favorable au projet d'autodétermination nationale juive. Comme le disait David Ben-Gourion au moment où il allait devenir le premier premier ministre d'Israël, en décembre 1947 :
Si le citoyen arabe se sent chez lui dans notre État, …, si l'État l'aide véritablement, avec dévouement, à atteindre le niveau économique, social, et culturel de la communauté juive, alors la défiance des Arabes se réduira d'autant et l'on pourra lancer un pont pour une alliance judéo-arabe.[7]
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A première vue, l'espoir de Ben-Gourion s'appuyait sur des considérations rationnelles. Un apport d'immigrants et de capital juif après que la première Guerre Mondiale devait stimuler la Palestine en proie jusque là à la stagnation, et relever le niveau la vie de ses habitants arabes bien au-dessus de celui des États arabes voisins. L'expansion de l'industrie et de l'agriculture arabes, particulièrement dans la culture des agrumes, a été en grande partie financée par du capital obtenu par cette voie, et le savoir-faire juif a fait beaucoup pour améliorer l'agriculture arabe. Au cours des deux décennies qui s'écoulèrent entre les guerres mondiales, les plantations d'agrumes appartenant à des Arabes ont sextuplé, de même que les terres consacrées à la culture des légumes, alors que le nombre de plantations d'oliviers quadruplait. [8]
Les avancées dans le domaine social ne furent pas moins remarquables. Encore plus significatif, les taux de mortalité de la population musulmane chutèrent brutalement tandis que l'espérance de vie grimpait de 37,5 ans en 1926-27 à 50 ans en 1942-44 (à comparer aux 33 ans de l'Égypte à l'époque). Le taux de croissance naturel de la population bondit d'un tiers. [9]
Rien qui ressemble de près ou de loin à ce développement ne se produisit dans les pays arabes voisins sous domination britannique, sans parler de l'Inde. Cela souligne la contribution décisive des Juifs à l'amélioration du bien-être socio-économique des populations locales prévu par le Mandat sur la Palestine. Les autorités britanniques le reconnurent parfaitement dans un rapport de 1937 établi par une commission d'enquête dirigée par Lord Peel :
L'effet bénéfique en tous points de l'immigration juive sur le bien-être arabe est illustré par le fait que l'augmentation de la population arabe est la plus marquée dans des zones urbaines qui sont le siège du développement impulsé par les Juifs. Une comparaison des résultats des recensements de 1922 et 1931 montre qu'en six ans, le taux de croissance à Haïfa était de 86%, de 62% à Jaffa, de 37% à Jérusalem, alors que dans les villes purement arabes comme Naplouse et Hébron il était seulement 7%, tandis qu'à Gaza on enregistrait une diminution de 2%. [10]
Si on l'avait laissé faire, la grande majorité des Arabes palestiniens aurait été très probablement heureuse de tirer parti des opportunités qui s'offraient ainsi à elle. Le fait que sur la durée du Mandat, les périodes de coexistence pacifique aient dépassé de loin celles des explosions de violence en fournit la preuve, et ces dernières étaient l'oeuvre d'une petite fraction seulement des Arabes palestiniens. [11] Cependant, malheureusement pour les Arabes et les Juifs, les espoirs et les souhaits des gens du peuple n'ont pas été pris en considération, comme ils le sont rarement dans les communautés autoritaires hostiles aux notions de société civile ou de démocratie libérale. D'ailleurs, dans le monde moderne, ce ne sont pas les pauvres et les opprimés qui ont mené les grandes révolutions ou commis les pires actes de violence, mais des militants d'avant-garde appartenant aux classes les plus instruites et les plus fortunées de la société.
Il en a été de même pour les Palestiniens. Selon les termes du rapport Peel :
"Nous avons constaté que les Arabes ont bénéficié du développement du pays provoqué par l'immigration juive, mais que cela n'a pas provoqué la conciliation des deux populations. Au contraire, …, avec une précision presque mathématique, l'amélioration de la situation économique en Palestine [s'est] traduite par la détérioration de la situation politique." [12]
En Palestine, des Arabes ordinaires ont été persécutés et assassinés pour le soi-disant crime suprême d'avoir "vendu la Palestine" aux juifs. Pendant ce temps, les militants vertueux qui les commettaient s'enrichissaient impunément. L'ardent pan-arabiste Aouni Abdel Hadj, qui jurait de combattre "jusqu'à ce que la Palestine soit placée sous un gouvernement arabe libre et devienne un cimetière pour tous les juifs du pays," [13] facilita le transfert de 7.500 acres de terre au mouvement sioniste, et certains de ses parents, des figures politiques et religieuses respectées, franchissaient un pas de plus en vendant des parcelles de terre. C'est ce que firent nombre de membres de la famille Husseini, le premier clan arabe palestinien, pendant la période du Mandat. Parmi eux, Muhammad Tahir, le père du mufti notoire de Jérusalem, Hadj Amin Husseini. [14]
C'est la volonté du mufti de consolider sa position politique qui explique en grande partie le carnage de 1929 dans lequel 133 juifs furent massacrés et des centaines d'autres blessés. De même, c'est la lutte pour la prééminence au pouvoir qui a déclenché l'éruption la plus durable de violence arabe palestinienne en 1936-39. On l'a largement décrite comme une révolte nationaliste contre la domination des Anglais et le flux de réfugiés juifs arrivant en Palestine pour échapper aux persécutions nazies. En fait, c'était une manœuvre utilisant massivement la violence au cours de laquelle on a assisté à l'assassinat par des gangs arabes de bien plus d'Arabes que de Juifs ou d'Anglais. Ils réprimèrent et trompèrent la population arabe ordinaire. Ils forcèrent des milliers d'Arabes à fuir le pays, ce qui fut comme un avant-goût de l'exode de 1947-48. [15]
En fait, un certain nombre d'Arabes palestiniens ont préféré lutter contre ceux qui les poussaient à la violence, souvent en collaboration avec les autorités britanniques et la Haganah, la plus importante organisation clandestine de défense juive. D'autres cherchèrent refuge au voisinage des Juifs. En dépit de l'atmosphère de terreur paralysante et d'un boycott économique impitoyable, la coexistence entre Arabes et Juifs s'est poursuivie concrètement sur de nombreux plans, même au cours de ces périodes de troubles, et se reconstituait en grande partie après leur apaisement. [16]
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Dans ce contexte d'hostilité, il est difficile de s'étonner que la plupart des Palestiniens désirent dix ans plus tard se tenir à l'écart des initiatives violentes du Haut Comité Arabe (AHC) dirigé par le mufti, le "gouvernement" effectif des Arabes palestiniens, pour s'opposer à la résolution de l'ONU de 1947 sur le partage. Le souvenir des évènements de 1936-39 étant encore frais dans leur esprit, nombre d'entre eux choisirent de se ranger à l'écart de l'affrontement. En un rien de temps, de nombreux villages arabes (et quelques secteurs urbains) négocièrent des accords de paix avec leurs voisins juifs ; dans tout le pays d'autres localités agirent pareillement sans aboutir cependant à un accord formel. [17]
Les Palestiniens du peuple ne manquèrent pas non plus de défier discrètement leurs dirigeants suprêmes. Au cours de ses nombreuses tournées dans la région, Abdel Kader Husseini, commandant de la zone de Jérusalem et proche parent du mufti, trouva la population indifférente sinon hostile, à ses appels à prendre les armes. A Hébron, il ne parvint pas à recruter un seul volontaire pour l'unité de mercenaires qu'il cherchait à former dans cette ville ; ses efforts dans les villes de Naplouse, de Tulkarem, et de Qalqilya furent à peine plus réussis. De leur coté, les habitants des villages arabes, se montrèrent encore moins réceptifs à ses demandes. Dans une localité, Beit Safafa, Abdel Kader a bu le calice jusqu'à la lie quand il fut expulsé par les habitants furieux, qui protestaient contre la transformation de leur village en plaque tournante des attaques contre les Juifs. De façon générale, le petit nombre de ceux qui répondirent positivement à ses appels, le firent pour obtenir gratuitement des armes pour leur protection personnelle et rentrèrent ensuite à la maison. [18]
Il y avait un aspect économique dans cette attitude pacifique. La multiplication des actes d'hostilité orchestrés par le Haut Comité Arabe conduisait à une diminution sensible des échanges et à des hausses verticales du coût des produits de base. Beaucoup de villages, dont le gagne pain dépendait des cités juives ou des localités où les populations étaient mélangées, ne voyaient aucun avantage à soutenir le but explicite de l'AHC, la soumission des Juifs par l'arme de la famine. [19] L'absence générale d'enthousiasme à l'idée d'entamer une guerre était telle qu'au début février 1948, plus de deux mois après le lancement de la campagne de troubles du Haut Comité Arabe, Ben-Gourion pouvait affirmer que " pour la plupart, les villages se sont bien gardés de s'engager." [20]
Le commandant en chef de l'Armée Arabe de libération, (ALA), la force de volontaires arabes qui avait été de tous les combats en Palestine dans les mois qui avaient précédé la proclamation d'indépendance d'Israël, était le général irakien Ismail Safwat. Il fit écho à l'analyse de Ben-Gourion en déplorant que sur les 5 000 volontaires, seuls 800 venaient de Palestine, et que la plupart de ces derniers avaient abandonné le combat avant de terminer leur période de formation ou immédiatement après. Faouzi Qaouqji, le commandant local de l'Armée Arabe de libération, n'était pas moins cinglant. Il trouvait les Palestiniens "peu fiables, nerveux, difficiles à commander, et pratiquement incapables de participer à une guerre organisée." [21]
Ce point de vue résumait la plupart des opinions exprimées par les contemporains de ces évènements au cours des six mois de combat décisifs après l'adoption de la résolution de partage. Même si pendant cette période on a assisté à la désintégration presque complète de la société arabe palestinienne, aucun contemporain n'a décrit cet épisode comme une phase d'expropriation systématique des Arabes par les Juifs. Tout au contraire : la résolution de partage était largement considérée par les chefs Arabes comme "d'inspiration sioniste, de principe sioniste, de substance sioniste et sioniste dans la plupart de ses détails" (selon les termes de l'universitaire palestinien Walid Khalidi), [22] et ces chefs avaient fait preuve d'une franchise brutale sur leur détermination d'en empêcher l'application par la force des armes. Il n'y a aucune difficulté pour identifier laquelle des deux parties a été à l'initiative de la saignée.
Les Arabes ne tentèrent pas de dissimuler leurs responsabilités. Alors que les Juifs lançaient les travaux préparatoires à la naissance de leur État, et multipliaient simultanément les tentatives pour convaincre leurs compatriotes arabes qu'ils seraient (comme Ben-Gourion l'avait exposé) "des citoyens égaux, égaux en tout, sans exception," les chefs arabes palestiniens prirent l'engagement que "si le partage devait voir le jour, il faudrait d'abord passer sur les corps des Arabes de Palestine, de leurs fils, et de leurs femmes." Qawuqji fit le serment "de jeter tous les juifs à la mer." Abdel Kader Husseini déclara que "le problème de la Palestine ne sera résolu que par l'épée ; tous les juifs doivent quitter la Palestine. " [23]
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Les chefs arabes palestiniens et leurs acolytes chez leurs frères arabes firent l'impossible pour faire de ces menaces une réalité, mobilisant tous les moyens à leur disposition. En plus de forces régulières comme l'ALA, des groupes de guérilla et de terroristes causèrent des ravages, autant parmi des non combattants que dans les unités combattantes juives. Les fusillades, les tirs de snipers, les embuscades, les attentats à la bombe, qui seraient condamnés aujourd'hui comme des crimes de guerre, étaient des événements quotidiens pour les civils.
"Des gens innocents et inoffensifs, vaquant à leurs activités quotidiennes," écrivait le consul général des États-Unis à Jérusalem, Robert Macatee, en décembre 1947, "sont harcelés quand ils prennent l'autobus, quand ils marchent dans les rues, et les balles perdues les frappent même quand ils dorment dans leurs lits. On a tiré sur une femme juive à Jérusalem, une mère de cinq enfants, qui étendait des vêtements sur un toit. L'ambulance qui la transportait à l'hôpital fut prise sous le feu d'une mitrailleuse, et à la fin, le cortège funéraire qui suivait son enterrement fut attaqué, et l'une des personnes en deuil fut poignardée à mort. [24]
Avec l'intensification des combats, les civils arabes souffrirent aussi, et les atrocités ponctuelles se transformèrent en cycles de violence à grande échelle. C'est ainsi, qu'en décembre 1947 le meurtre de six ouvriers arabes près de la raffinerie de pétrole de Haïfa par le petit groupe clandestin juif IZL a été immédiatement suivi par l'assassinat de 39 juifs par leurs collègues de travail arabes, [25], tout comme le massacre d'environ 100 Arabes pendant la bataille pour le village de Deir Yassine en avril 1948 [26] "fut vengé" dans les jours qui suivirent par la tuerie de 77 infirmières et médecins juifs qui se rendaient à l'hôpital Hadassa sur le mont Scopus. [27]
Mais tandis que les dirigeants et les médias juifs décrivaient ces événements horribles pour ce qu'ils étaient, refusant de communiquer les détails de ces horreurs pour éviter la panique et maintenir une porte ouverte pour la réconciliation judéo-arabe, leurs homologues arabes gonflaient le bilan des victimes dans des proportions colossales et inventaient de nombreuses atrocités imaginaires. La chute de Haïfa par exemple (les 21 et 22 avril), donna lieu à des accusations totalement fausses de massacres à grande échelle, qui circulèrent dans l'ensemble du Moyen-Orient et atteignirent les capitales occidentales. De fausses rumeurs furent diffusées après la chute de Tibériade (le 18 avril), pendant la bataille pour Safed (au début mai), et à Jaffa, où en avril le maire fabriqua de toutes pièces un massacre de "centaines d'Arabes, hommes et femmes." Le bilan de Deir Yassine dans les médias arabes étaient particulièrement épouvantable: il signalait des tatouages imaginaires de faucilles et de marteaux sur les bras des combattants du groupe IZL, des ravages et des viols. [28]
Cet alarmisme avait évidemment pour but de provoquer des réflexes de sympathie pour la situation critique des Palestiniens et d'étiqueter les Juifs comme des prédateurs brutaux. Mais il a eu un effet inverse désastreux en répandant la panique dans une société palestinienne désorientée. C'est ce qui permet à son tour de comprendre pourquoi, en avril 1948, après quatre mois de progrès apparent, cette phase de l'effort de guerre arabe s'est transformée en effondrement. (Il y avait encore en perspective une seconde phase, à plus grande échelle, et plus durable impliquant les forces des cinq nations arabes qui envahirent la Palestine à la mi-mai.) C'est pour cela que la plupart des Palestiniens refusèrent de prendre une part active aux hostilités, et qu'ils prirent la route en grand nombre, quittant leurs maisons pour un autre endroit dans le pays ou pour fuir dans les terres arabes voisines.
En effet, beaucoup d'entre eux avaient quitté les lieux avant le déclenchement des hostilités, et un nombre encore plus grand leva le camp avant que la guerre n'ait atteint le seuil de leur habitation. "En nombre considérable, les Arabes quittent le pays avec leurs familles, et l'exode touche aussi bien des villes mixtes que des centres ruraux arabes," a rapporté Alan Cunningham, le Haut commissaire britannique, en décembre 1947, ajoutant un mois plus tard que "la panique persiste dans la bourgeoisie et un exode continuel se poursuit touchant ceux qui peuvent se permettre de quitter le pays." [29]
En écho à ces rapports, des sources de renseignement de la Haganah relataient à la mi-décembre une "frénésie d'évacuations qui s'est emparée de villages arabes entiers." Avant la fin du mois, de nombreuses localités arabes palestiniennes se plaignaient de graves problèmes créés par un afflux énorme de villageois et demandaient de l'aide au Haut Comité Arabe pour trouver une solution à leur situation fâcheuse. Les gouvernements syriens et libanais eux-mêmes, alarmés par l'exode initial, exigèrent du Haut Comité Arabe qu'il encourage les Arabes palestiniens à rester sur place et à combattre. [30]
Mais ces encouragements ne furent pas suivis d'effets, qu'ils aient été prodigués par le Haut Comité Arabe ou par une quelconque autorité. En fait, on pouvait constater un manque total de cohésion nationale, encore moins le sens d'un destin commun. Les localités et les villes faisaient comme si elles étaient des entités indépendantes, soucieuses de leurs besoins et évitant de consentir le moindre sacrifice pour le compte des autres communes. Beaucoup de "comités nationaux" (c-à-d, des dirigeants locaux) avaient interdit que les villes bien approvisionnées vendent de la nourriture et des boissons aux villes et aux villages périphériques qui manquaient de tout. Les négociants arabes de Haïfa refusèrent de réduire les pénuries sévères de farine à Jenine, tandis que Gaza refusait d'envoyer des oeufs et de la volaille à Jérusalem ; à Hébron, des gardes armés inspectaient toutes les voitures qui quittaient la ville. En même temps il y avait des activités de contrebande à grande échelle, particulièrement dans les villes de population mélangée, les denrées alimentaires arabes allant aux voisins juifs et vice-versa. [31]
La preuve du manque de solidarité entre les communes était pareillement apportée par le traitement catastrophique des centaines de milliers de réfugiés dispersés dans tout le pays. Il n'y avait aucun effort collectif pour redresser une situation difficile, ni même d'empathie profonde au-delà du voisinage immédiat. De plus, beaucoup de réfugiés furent maltraités par leurs hôtes temporaires, ridiculisés et insultés pour leur lâcheté supposée. Selon les termes d'un rapport de renseignement juif, "les réfugiés sont détestés partout où ils arrivent." [ 32 ]
Même les victimes premières de la guerre, les survivants de Deir Yassine, ne furent pas privées de leur part d'outrages. Trouvant refuge dans le village voisin de Silwan, beaucoup d'entre eux furent bientôt à couteaux tirés avec les habitants du cru, au point que le 14 avril, à peine cinq jours après la tragédie, une délégation de Silwan approchait le bureau de Jérusalem du Haut Comité Arabe, exigeant que les survivants de Deir Yassine soient transférés ailleurs. Aucune aide pour leur réinstallation n'était disponible. [33]
Quelques localités ont catégoriquement refusé d'accepter le moindre réfugié par crainte de solliciter excessivement les réserves existantes. A Acre (Akko), les autorités ont empêché des Arabes fuyant Haïfa de débarquer ; à Ramallah, la population principalement chrétienne avait organisé sa propre milice, pas tant pour combattre les Juifs que pour prévenir de nouvelles arrivées de Musulmans. Beaucoup exploitèrent la situation difficile des réfugiés sans vergogne, en les escroquant surtout quand ces derniers voulaient couvrir leurs besoins fondamentaux comme le transport et le logement. [34]
Malgré cela, les Palestiniens continuaient de quitter leurs maisons, à un rythme toujours croissant. Au début avril quelques 100.000 personnes étaient parties, bien que les Juifs se trouvaient toujours sur la défensive et n'avaient nul moyen de les expulser. (Le 23 mars, quatre mois entiers après l'éclatement des hostilités, Safwat, le commandant en chef de l'Armée Arabe de Libération notait avec étonnement que les Juifs "n'ont pas attaqué jusqu'ici un seul village arabe sauf après une provocation.") Avant la Déclaration d'Indépendance d'Israël du 14 mai, le nombre de réfugiés arabes avait plus que triplé. Même par la suite, aucun des 170.000-180.000 Arabes qui avaient quitté les centres urbains n'avait été forcé de partir par les Juifs. Ce ne fut le cas que pour une poignée des 130.000-160.000 villageois qui avaient abandonné leurs habitations,.
Dans le feu de la bataille, ce genre d'évènement est exceptionnellement arrivé. Quand ce fut le cas, cette conduite étaient dictée en général, non en fonction de desseins politiques, mais par des considérations purement militaires : la réduction des dommages aux civils, l'interdiction de certains secteurs aux combattants arabes quand il n'y avait plus aucune force juive disponible pour les repousser. [35] Ces interdictions étaient d'ailleurs assorties de mesures destinées à prévenir les vols des biens des déplacés et/ou à encourager le retour de ceux qui avaient pris la fuite. Pour citer un seul exemple, au début avril, une délégation juive comprenant des meilleurs spécialistes des affaires arabes, des notables locaux, et des responsables municipaux ayant des contacts étroits avec les localités arabes voisines, visita les villages arabes de la plaine côtière en train de se vider à un rythme stupéfiant, pour essayer de convaincre leurs habitants de ne pas bouger. [36]
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Ce qui rend ces efforts des Juifs impressionnants, c'est qu'ils sont intervenus à un moment où un nombre considérable d'Arabes palestiniens étaient activement extraits leurs habitations par leurs chefs et/ou par les forces militaires arabes, sans aucune considération d'ordre militaire mais pour les empêcher de devenir les citoyens d'un éventuel État juif. L'exemple le plus massif et le plus connu est celui des dizaines de milliers d'Arabes à qui l'on a donné l'ordre de quitter la ville de Haïfa, avec force intimidations, sur les instructions du Haut Comité Arabe, en dépit des efforts laborieux des Juifs pour les persuader de rester. [37] Quelques jours plus tôt, la communauté arabe de Tibériade, forte de 6 000 âmes avait été pareillement contrainte au départ par ses chefs, contre les souhaits des juifs de la localité. [38] A Jaffa, la plus grande ville arabe de Palestine, la municipalité organisa le transfert de milliers de résidents par voie terrienne et maritime ; [39] À Jérusalem, le Haut Comité Arabe ordonna le transfert des femmes et des enfants, tandis que les chefs de troupe locaux expulsaient les résident de plusieurs localité avoisinantes. [40]
Dans les campagnes, des dizaines de milliers de villageois ruraux furent aussi forcés au départ sur ordre du Haut Comité Arabe, des milices arabes locales, ou de l'Armée de Libération Arabe. Dans les semaines qui précédèrent l'arrivée de cette armée en Palestine, en janvier 1948, des rumeurs circulaient sur des instructions secrètes données aux Arabes dans les secteurs à prédominance juive d'évacuer leurs villages afin de permettre leur utilisation dans un but militaire et réduire le risque de prise d'otages par les Juifs.
En février, ce phénomène s'est étendu à tout le pays. Il s'est accéléré considérablement en avril et en mai, au moment où les forces de l'Armée de Libération Arabe et du Haut Comité Arabe connaissaient une déroute complète dans l'ensemble de la Palestine. Le 18 avril, la cellule de renseignement de la Haganah à Jérusalem faisait état d'une directive générale récente ordonnant de déplacer les femmes et les enfants de tous les villages proches des localités juives. Douze jours plus tard, son homologue de Haïfa fit un rapport sur une injonction de l'Armée de Libération Arabe prescrivant d'évacuer tous les villages arabes entre Tel Aviv et Haïfa en prévision d'une nouvelle offensive générale. Au début mai, au moment où les combats s'intensifiaient en Galilée orientale, on ordonna aux Arabes du secteur de transférer toutes les femmes et les enfants de la zone de Rosh Pina, alors que dans le district des environs de Jérusalem, la légion arabe de Transjordanie imposait de même de vider de leurs habitants une vingtaine de villages. [41]
Quant aux leaders arabes palestiniens, eux qui avaient imposé à leurs populations réticentes une politique de confrontation avec le sionisme dans les années 20 et 30, et qui les avaient entraînées dans un conflit mortel, voila qu'ils se hâtaient de quitter la Palestine et de vivre en dehors du pays au moment le plus critique. Emboîtant le pas à ces grosses légumes, de la même façon, les caïds locaux se précipitèrent en masse à l'extérieur. Le Haut commissaire Cunningham résuma ce qui était en train de se produire en offrant un parfait exemple d'euphémisme britannique :
"Il faut savoir que l'effondrement du moral des Arabes en Palestine est dû dans une certaine mesure à la tendance croissante de ceux qui devraient les diriger à quitter le pays. Par exemple, à Jaffa, le maire parti il y a 12 jours pour quatre jours de détente, n'est pas rentré, et la moitié du comité national est partie. À Haïfa, les membres arabes de la municipalité sont partis il y a un certain temps ; de fait, les deux chefs de l'Armée Arabe de Libération se sont éclipsés au cours de la récente bataille. Voila que le premier magistrat arabe est aussi parti. Dans tout le pays, la classe des effendi [grands dignitaires, maîtres, chez les Turcs NdT] avait entamé une évacuation en grand nombre depuis longtemps et le rythme est en train d'augmenter." [42]
Arif al-Arif, éminent homme politique arabe pendant l'ère du Mandat et doyen des historiens palestiniens, décrivit l'atmosphère qui régnait à l'époque : "Partout où l'on allait, dans tout le pays, on entendait le même refrain : 'où sont les chefs qui doivent nous donner la marche à suivre ? Où est le Haut Comité Arabe ? Pourquoi ses membres sont-ils en Égypte à un moment où la Palestine, leur pays, a tellement besoin d'eux ?'" [ 43 ]
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Muhammad Nimr al-Khatib, un chef arabe palestinien pendant la guerre de 1948, résuma la situation dans les termes suivants : "les Palestiniens avaient pour eux les États arabes voisins qui ont ouvert leurs frontières et leurs portes aux réfugiés, alors que les Juifs n'avaient pas d'autre alternative que triompher ou mourir." [44]
C'est assez vrai pour les Juifs, mais les raisons des vols commis sur les réfugiés et la nature de leur accueil là où ils se retrouvaient sont éludées par cette présentation des faits. S'ils ne rencontraient pas de sympathie de la part de leurs frères chez eux, le comportement du monde arabe dans son ensemble à leur endroit était encore plus dur, dans tous les cas. Des appels répétés étaient lancés pour le retour forcé des réfugiés, ou pour le moins celui des jeunes hommes en âge de porter les armes. Nombre d'entre eux étaient arrivés sous le (faux) prétexte du volontariat dans l'Armée de Libération Arabe. Au moment où la fin du Mandat s'approchait, le gouvernement libanais refusa le visa d'entrée aux Palestiniens de sexe masculin entre dix-huit et cinquante ans et il ordonna à tous les "hommes en bonne santé et de bonne taille" qui étaient déjà entrés dans le pays de s'enregistrer officiellement sous peine d'être considérés comme des étrangers illégaux, soumis à la loi dans toute sa rigueur.
Le gouvernement syrien adopta de son coté une attitude bien plus rigoureuse, interdisant son territoire à tous les palestiniens de sexe masculin entre seize et cinquante ans. En Égypte, un grand nombre de manifestants défilèrent devant le siège de la Ligue arabe au Caire et déposèrent une pétition exigeant que "l'on interdise à tout Palestinien apte à porter les armes de se rendre à l'étranger." L'ampleur de l'hostilité arabe envers les réfugiés palestiniens était telle que le recteur l'université religieuse Al-Azhar du Caire, sans doute la première autorité islamique, se sentit obligé de publier une décision faisant de l'accueil des réfugiés arabes palestiniens un devoir religieux. [45]
Le mépris pour les Palestiniens ne fit que grandir avec le temps. Au début de l'invasion par les alliés arabes du nouvel état d'Israël, à la mi-mai, Radio Bagdad commentait : "Les Arabes palestiniens ont été pris de panique et ils ont fui leur pays… ce sont des termes forts, pourtant, de fait, ils sont vrais" Le ministre de l'intérieur du Liban (et futur président) Camille Chamoun s'exprima plus délicatement, énonçant que "le peuple de Palestine a prouvé, à travers sa résistance passée aux impérialistes et aux sionistes, qu'il était digne de l'indépendance," mais "en cette étape décisive du combat ils n'ont pas manifesté autant de qualités." [46]
Il n'est alors guère étonnant que les réfugiés palestiniens imputant aux Juifs leur faillite et leur dispersion soient si rares à l'époque. Lors d'une mission exploratoire à Gaza en juin 1949, Sir John Troutbeck, le chef du Bureau du Moyen-Orient britannique au Caire, peu amical envers Israël et les Juifs, fut étonné de découvrir alors que les réfugiés
n'exprimaient aucune amertume contre les juifs (et pas plus dans cette affaire contre les Américains ou contre nous-mêmes). Ils parlaient avec le plus grand dégoût des Égyptiens et des autres états arabes. "Nous savons qui sont nos ennemis," disent-ils, faisant allusion à leurs frères arabes qui, déclarent-ils, les ont persuadés inutilement d'abandonner leurs foyers … J'ai même entendu dire que beaucoup de ces réfugiés souhaiteraient la bienvenue aux Israéliens s'ils devaient venir ici et reprendre le contrôle de la zone. [47]
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Soixante ans après leur dispersion, les réfugiés de 1948 et leurs descendants demeurent dans les camps sordides où ils ont été confinés par leurs frères arabes depuis des décennies, nourris de haine et de faux espoirs. En attendant, leurs chefs d'autrefois ont gaspillé des occasions successives de bâtir un État.
La tragédie des Palestiniens, c'est que les deux grands dirigeants qui ont déterminé leur évolution nationale au 20ème siècle, Hadj Amin Husseini et Yasser Arafat, le second ayant dominé la politique palestinienne de la seconde moitié des années 60 à sa mort en novembre 2004, étaient des extrémistes mégalomaniaques aveuglés par haine antijuive et profondément hantés par la violence. Si le mufti avait choisi de conduire son peuple en direction de la paix et de la réconciliation avec leurs voisins juifs comme il l'avait promis aux responsables britanniques qui l'avaient nommé à son poste élevé au début des années 20, les Palestiniens aurait eu leur État indépendant sur une partie substantielle du Mandat de Palestine en 1948, leur épargnant l'expérience traumatique de la dispersion et de l'exil. Si Arafat avait placé dès le début l'OLP sur le chemin de la paix et de la réconciliation, au lieu de la transformer en une des organisations terroristes les plus meurtrières des temps modernes, un État palestinien aurait été créé vers la fin des années 60 ou au début des années 70 ; en 1979 à la suite du traité de paix israélo-égyptien ; en mai 1999 en tant qu'élément du processus d'Oslo ; ou au plus tard lors du sommet de Camp David de juillet 2000.
En lieu et place, Arafat a transformé dans les années 90 les territoires placés sous son autorité en véritable État terroriste d'où il a lancé une guerre globale ("l'intifada Al-Aqsa") peu de temps après qu'on lui ait offert un État palestinien indépendant dans la Bande de Gaza et sur 92 pour cent de la Cisjordanie, avec Jérusalem Est comme capitale. Dans ce processus, il a soumis la population palestinienne de Cisjordanie et de la Bande de Gaza à un régime répressif et corrompu dans la pire tradition des dictatures arabes et fait plonger leur niveau la vie dans des profondeurs sans précédent.
Ce qui rend cet aspect de la question encore plus exaspérant, c'est que loin d'être par malheur des personnalités aberrantes, Hadj Amin et Arafat étaient bâtis sur le modèle achevé des leaders cyniques et égocentriques engendrés par le système politique arabe. Pendant le Mandat, la direction palestinienne n'avait eu aucun scrupule à dresser son peuple contre le sionisme et les Juifs, tout en se remplissant les poches avec les fruits de l'esprit d'entreprise juif. De même, les responsables de l'OLP utilisèrent les milliards de dollars versés par les États pétroliers arabes, et dans l'ère d'Oslo par la communauté internationale, pour financer leur mode de vie ostentatoire alors que les Palestiniens des couches populaires trimaient pour gagner leur vie.
Et il en a été ainsi. Six décennies après que le mufti et ses hommes de main ont condamné leur peuple au statut d'apatrides en rejetant la résolution de partage de l'ONU, leurs décisions irresponsables sont reproduites par la dernière génération de dirigeants palestiniens. Ceci s'applique non seulement au Hamas, qui a remplacé l'OLP en janvier 2006 à la barre de l'Autorité palestinienne (PA), mais également à la direction palestinienne censément modérée du président Mahmoud Abbas, à Ahmed Qoreï (négociateur des accords d'Oslo de 1993), à Saeb Erekat et au premier ministre Salam Fayad, qui refusent de reconnaître l'existence même d'Israël comme État juif, et exigent l'application intégrale du "droit au retour."
Il en va ainsi, de même, des antisionistes occidentaux qui au nom de la justice (rien moins) n'appellent pas aujourd'hui pas à l'émergence d'une nouvelle direction arabe, fondamentalement différente, mais au démantèlement de l'État juif. Ce n'est que lorsque cet état d'esprit changera que les Arabes palestiniens pourront se tourner vers l'avenir avec réalisme et mettre derrière eux la "catastrophe" qu'ils se sont infligée à eux-mêmes.
Notes
1 - J.C. Hurewitz, La lutte pour la Palestine (New York : Norton, 1950).
2 - Benny Morris, La naissance du problème des réfugiés palestiniens 1947-1949 (Cambridge: Cambridge University Press, 1987), p. 286 ; Morris, La naissance du problème des réfugiés palestiniens revisitée (Cambridge : Cambridge University Press, 2004), p. 588.
3 - Vladimir Jabotinsky, Le front de la guerre des Juifs (Londres : George Allen et Unwin, 1940), p. 216.
4 - Publié à l'origine en Russie sous le titre "O Zheleznoi Stene," dans Rassvyet, 4 novembre 1923, le "Mur de fer" a été réimprimé plusieurs fois, y compris dans The Jewish Herald (Afrique du Sud), 26 novembre 1937 (Internet ED. http://www.mideastweb.org/ironwall.htm).
5 - Jabotinsky, Le front de la guerre des Juifs pp 216-20.
6 - A.S. Eban, "Note sur une conversation avec Abdel Rahman Azzam Pasha, Londres, 15 septembre 1947," in Neil Caplan, Diplomatie futile (Londres : Frank Cass, 1986), vol. 2, pp 274-76.
7 - David Ben-Gourion, Bama'araha (Tel Aviv : Mapai Publishing House, 1949), vol. 4, seconde partie, p. 265.
8 - Commission Royale pour la Palestine, Rapport. Présenté au secrétaire d'État pour les colonies au Parlement à la demande de Sa Majesté, juillet 1937 (Londres : HMSO ; rep. 1946 ; ci-après Rapport de la Commission Peel), pp 94, 157-58 ; Z. Abramowitz et Y. Guelfat, Hameshek Ha'arvi Be'eretz Israel Uve'artzot Hamizrah Hatichon (Tel Aviv : Hakibbutz Hameuhad, 1944), pp 48-50.
9 - Enquête sur la Palestine. Élaborée en décembre 1945 et janvier 1946 pour l'information de la Commission d'enquête anglo-américaine (réimprimé en 1991 avec l'autorisation du HMSO par l'Institut d'étude de la Palestine, Washington DC), vol. 2, pp 708-15.
10 - Rapport de la Commission Peel, p. 93 (vii).
11 - Pour des manifestations précoces de coexistence judéo-arabe voir, par exemple, Colonial Office, Palestine. Rapport sur l'administration de la Palestine, 1923 (Londres : HMSO, 1924), p. 26 ; Colonial Office, Palestine. Rapport sur l'administration de la Palestine, 1924 (Londres : HMSO, 1925), pp 28, 32, 50 ; Colonial Office, Palestine. Rapport sur l'administration de la Palestine, 1926 (Londres : HMSO, 1927), p. 33 ; Colonial Office, Palestine : Rapport du haut commissaire sur l'administration de la Palestine 1920-1925 (Londres : HMSO, 1925), pp 40-41 ; Haïm Weizmann, "Progrès et problèmes," Rapport confidentiel au Bureau des Colonies, 15 fév. 1922, Lettres et écrits de Haïm Weizmann. Vol.1. Série B, Août 1898-Juillet 1931 (New Brunswick & Jerusalem: Transaction Books & Israel Universities Press, 1983), p. 366 ; Frederick H. Kisch, Journal de Palestine (Londres : Victor Gollancz, 1938), pp 48-49, 54, 73.
12 - Rapport de la Commission Peel, pp 63, 271.
13 - "Conversation avec Awni Abdel Hadi," 3 juin 1920, Archives de la Hagana (ci-après HA), 80/145/11.
14 - Kenneth W. Stein, La question de la terre en Palestine, 1917-1939 (Chapel Hill: University of North Carolina Press, 1984), pp 182, 228-39.
15 - Alors qu'en 1936, selon les statistiques britanniques officielles, 195 Arabes avaient été tués par leurs frères arabes, comparés au 37 britanniques et aux 80 juifs, deux ans après ces chiffres ont atteignirent 503 morts arabes, comparés respectivement aux 255 décès britanniques et aux 77 juifs. En 1939 le nombre de décès resta à un niveau comparable : 414 Arabes palestiniens assassinés par des troupes Arabes, face aux 94 juifs et aux 37 britanniques. Certaines sources arabes palestiniennes ont estimé le nombre d'Arabes assassinés dans une fourchette de 3.000 à 4.500.
Dans une lettre à Abdel Kader Husseini du 18 novembre 1938, Hassan Saleme, se définissant lui-même comme "le chef de Jaffa, de Ramallah, et de la région de Lydda," informait son camarade, un chef militaire, que des "plaintes ont été reçues des villageois de la zone de Jérusalem pour des pillages, des rapines, des meurtres, et des cas de tortures a commis par des individus ignobles habillés comme des combattants de la guerre sainte [c.-à-d., des membres du "Saint Jihad," comme on appelait la force d'Abdel Kader]… J'admets qu'il y a parmi les personnes assassinées des gens qui ont été condamnés à mort, mais quelles étaient les fautes des innocents dont l'argent a été volé, dont le bétail a été pillé, dont les femmes ont été violées, dont les bijoux ont été dérobés, et qui souffrent pour beaucoup d'autres raisons, dont tu as assurément entendu parler ? Notre révolte est devenue une révolte contre les villages et non contre le gouvernement ou contre les Juifs."
Voir : Une enquête sur la Palestine, vol. 1, pp 38, 46, 49 ; L General Staff H.Q, Jérusalem, "Histoire des troubles en Palestine 1936-1939," déc. 1939, Public Record Office (ci-après PRO), WO 191/88; Kenneth Waring, "Les Arabes contre les Arabes : le témoignage des documents des rebelles, " Times, 18 janv. 1939. Pour une traduction en hébreu annotée de la collection complète des documents originaux des troupes arabes, voir Ezra Danin (ed.), Te'udot Udmuyot Meginzei Haknufiot Ha'arviot Bemoraot 1936-1939 (Jérusalem : Magnes Press, 1981 ; première édition en 1944).
16 - Ainsi, par exemple, les achats arabes de blé juif chutèrent de façon spectaculaire en 1937 mais remontèrent brusquement l'année suivante à cause de récoltes particulièrement faibles; environ 70 pour cent du blé juif était vendu au secteur arabe. Réciproquement, avant les violences de 1936-39, environ un tiers de la production agricole arabe palestinienne était vendue au secteur juif. Même les ventes de terres aux Juifs se sont poursuivies à un rythme élevé, la part essentielle des 1300 transactions ou plus dans les années 1936-39 étaient passées par des gens ordinaires. De même, quand en décembre 1938 les travailleurs juifs du port de Haïfa refusèrent de s'occuper d'un bateau allemand après qu'un officier naval allemand eut insulté un manutentionnaire juif, ses collègues arabes suivirent rapidement le mouvement.
Voir Abramowitz et Guelfat Hameshek Ha'arvi, pp 99-105 ; Stein, La question de la terre, p. 182 ; "Minutes de la rencontre avec le directeur de l'Agence juive," 1 janv. 1939, Archives de David Ben-Gourion, Sde Boker (ci-après BGA).
17 - Voir, par exemple, le Hashmona'i à Ben Yehuda, "Les relations avec les villages du voisinage, 24 déc. 1947, Archives des Forces de Défense d'Israël (ci-après IDFA) 1948/500/28 ; Hashmona'i à Shadmi, "Le village de Suba," 22 déc. 1947, IDFA, 1948/500/32 ; 01104 à Tene, "Les relations entre Qatanna et Ma'ale Hahamisha," 23 déc. 1947, ibid. ; Yavne, "Beit Hanina," 2 janv. 1947 et 7 janv. 1948, HA 105/72 pp 27-28 ; 01123 à Tene, "Une ouverture de paix arabe" 14 janvier 1948, ibid, p. 46 ; Segal à Ben Yehuda, "Paix avec Maliha, 10 janv. 1948, IDFA 1949/2644/402 ; Zafrira Din, "Interview de Josh Palmon le 28 juin 1989," HA 80/721/3 ; Noam, "L'ouverture de paix d'Aqir," 12 déc. 1947, HA 105/72, p. 6 ; Tzefa, "L'offre de paix de Ghuoueir Abou Shousha," 16 déc. 1948, ibid. ; Tiroshi, "Requêtes des arabes des environs pour la paix avec les Juifs," 18 déc. 1947, ibid., p. 8 ; "01112 à Tene, "Kafr Qara et Kfar Glikson," 25 janv. 1948, ibid., p. 68 ; 01101 à Tene, "Rencontre entre le chef de village Ard Saris et le Dr. Bihem, le chef de la municipalité de Kfar Atta," 22 janv. 1948, ibid., p. 71 ; " Tene News – Nouvelles quotidiennes," 16 déc. 1947, HA 105/61, p. 59 ; "A nos membres, Bulletin quotidien n°19," 31 déc. 1947, ibid., p. 127 ; " Fortnightly Intelligence Newsletter n°58," publié par l'état-major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs du 18 déc. 47-2359 hrs du 1 janv. 48), PRO, WO 275/64, p. 2.
18 - Voir, par exemple, Naim, "Dans les villages," 25 déc. 1947, HA 105/22, p. 123 ; 00004 à Tene, "Qalandiya s'oppose à des concentrations de troupes," 30 déc. 1947, IDFA 1948/500/28 ; Yavne, "Les évènements de Romema," 2 janv. 1948, HA 105/72, p. 27 ; Yavne, "Silwan-Ramat Rahel," 1 janv. 1948, ibid., p. 30 ; Yavne, "Mécontentement contre Abdel Kader Husseini," ibid., p. 32 ; Le peuple de Qiryat Anavim à Yavne, "Les habitants de Qatanna ont expulsé une force armée arabe de leur village," 5 janv. 1948, ibid., p. 32 ; 02104 à Tene, "Des ouvriers de Maliha et de Qaluniya refusent d'attaquer les Juifs," 7 janv. 1948, ibid., p. 33 ; 00004 à Tene, "Rencontre avec Bani Hassan à Maliha pour discuter l'attitude des troupes," 14 janv. 1948, ibid., p. 46 ; 02204 à Tene, "Maliha," 14 janv. 1948, ibid., p. 47 ; 02204 à Tene, "Qattana," 17 janv. 1948, ibid., p. 50 ; 02104 à Tene, "Résistance contre les troupes," 28 janv. 1948, ibid., p. 72 ; 02104 à Tene, "Refus de fournir des volontaires," 1 fév. 1948, ibid., p. 76 ; 02104 à Tene, "Les villages craignent des représailles," 1 fév. 1948, ibid., p. 80 ; Yavne, "Battir et autres villages," 4 fév. 1948, ibid., p. 84 ; 02204 à Tene, "Opposition de Kastel à l'opération d'Abdel Kader," 6 fév. 1948, ibid., p. 91 ; Yavne à Tene, "Shu'afat," 24 fév. 1948, ibid., p. 114 ; Hiram à Tene, "Shafa'amr," 26 fév. 1948, ibid., p. 116 ; "Tene News," 31 déc. 1947 et 2-4 janv. 1948, HA 105/61, pp 121-22, 158-59 ; "Annexe à News Concentration n° 100," 20 et 24 fév. 1948, IDFA 1949/2605/2 ; "Maliha," 1 Janv. 1948, IDFA 1949/2504/4 ; Événements de Suba, 2 mars -13 Avril 1948, IDFA 1949/5545/114, p. 141.
19 - "A nos membres: circulaire d'informations quotidiennes n°12" 21 déc. 1947, HA 105/61, p. 70 ; "Tene New," 31 déc. 1947, ibid., p. 125 ; Avram, "Jammasin : nouvelles questions, " 9 janv. 1948, HA 105/23, p. 114 ; Tiroshi, "Transport des marchandises arabes," 15 déc. 1947, HA 105/72, p. 7 ; Naim à Tene, "Situation de Felaheen à Gaza," 15 fév. 1948, ibid., p. 103 ; Naim à Tene, "Évacuation du territoire de Wahidat," 22 fév. 1948, ibid., p. 111 ; 00004 à Tene, "Troubles à Sur Bahir," 22 déc. 1947, IDFA 1948/500/60 ; Avram, "Les Arabes de Miska," 8 janv. 1948, HA 105/5a, p. 19 ; Hiram à Tene, "Rencontre entre le chef du village de Yehiam et le maire de Tarshiha," 22 fév. 1948, ibid., p. 31 ; Tiroshi à Tene, "Appel pour un cessez-le-feu et des relations amicales," 7 avr. 1948, ibid., p. 53 ; Tiroshi à Tene, "Ouverture de paix à Baqa Gharbiya," 20 avr. 1948, ibid., p. 79 ; Grar à Tene, "Yasur," 21 avr. 1948, ibid., p. 84.
20 - David Ben-Gourion, Behilahem Israel (Tel Aviv : Mapai Publishing House, 1951 ; troisième ED), pp 28, 43, 54 ; Ben-Gourion, Bama'araha, vol. 4, partie 2, p. 284.
21 - Meahorei Hapargod (édition en hébreu d'un rapport officiel d'une Commission parlementaire irakienne sur la guerre de 1948 publié en septembre 1949 ; Tel Aviv : Ma'arachot, 1954), pp 9, 98-99 ; " Fortnightly Intelligence Newsletter No 64" publié par l'état-major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs 10 Mar.-2359 hrs 23 mars 48), PRO, WO 275/64, p. 4. Arif al-Arif, al-Nakba: Nakbat Bait al-Maqdis wa-l-Firdaws al-Mafqud (Beyrouth : al-Maktaba al-Asriya, 1956), vol. 1, pp 138-39.
22 - Walid Khalidi, Du refuge à la conquête : discussion sur le sionisme et le problème de la Palestine jusqu'en 1948 (Washington, D.C : Institut pour d'étude de la Palestine, 1987), p. lxix.
23 - Ben-Gourion, Bama'araha, vol. 4, partie 2, p. 260 ; Traduction en hébreu de l'interview de Hadj Amin Husseini pour Le Journal d’Égypte 10 novembre 1947, HA, 105/10a, p. 47 ; Radio Beyrouth, 12 novembre 1947, dans Foreign Broadcasts Information Service (FBIS), Section européenne : Émetteur du Proche et Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, 13 novembre 1947, II2, 5 ; " Fortnightly Intelligence Newsletter No. 64," publié par l'état-major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs 10 de Mar.-2359 hrs 23 janv. 48), PRO, WO 275/64, p. 4 ; Service de Presse arabe (Le Caire), FBIS, Section Européenne : Émetteur du Proche et Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, 16 déc. 1947, II1 ; "Nouvelles hebdomadaires de la brigade Alexandroni, 2 mars 1948," HA 105/143, p. 105 ; "Dans le public arabe," 30 mars 1948, HA 105/100, p. 14.
24 - De Macatee au Secrétaire d'État, 31 déc. 1947, Archives nationales, Washington, D.C (ci-après NA), RG 84/800, pp 1-2.
25 - Selon un rapport du correspondant à Haïfa de Palestine Post's, les ouvriers arabes ont attaqué leurs collègues juifs dans la raffinerie avant le bombardement de l'IZL (de Sakran à Tene, 31 déc. 1947, IDFA 1949/481/62). Cette accusation a été amplifiée par une émission de radio d'IZL le 4 janvier 1948, qui a précisé qu'avant le bombardement les ouvriers arméniens de l'usine avaient averti leurs amis juifs d'une attaque imminente: quelques ouvriers juifs en tinrent compte et quittèrent les lieux avant le massacre. L'émission a également rapporté que des armes blanches avaient été pré-positionnées dans toute l'usine et que le massacre est intervenu dans le coin le plus reculé de la raffinerie, à environ deux miles du bombardement, d'où l'on ne pouvait pas entendre les explosions. Voir, David Niv, Ma'arahot Ha'irgun Hatzva'i Hale'umi (Tel Aviv : Hadar, 1980), vol. 6, pp 19-20. Pour les rapports contemporains sur le massacre, voir : "Rapport de la Commission d'enquête municipale sur le désastre de la raffinerie de Haïfa (30 déc. 1947), 25 janv. 1948, HA 80/460/11 ; "Le massacre de la raffinerie," HA 80/460/11 ; "Bulletin d'information," numéro 30, 30 déc. 1947, HA 105/61, p. 117 ; "A nos membres : Bulletin d'information quotidien," 31 déc. 1947, HA 105/61, p. 126.
26 - L'IZL a catégoriquement démenti tous les massacres, affirmant que les pertes avaient causées par des combats acharnés. L'éminent historien palestinien Arif al-Arif concède la circonstance des combats acharnés. Il affirme que les villageois ont tué plus de 100 combattants juifs (le chiffre réel était de quatre morts et 32 blessés), mais il prétend que seuls sept des 110 morts arabes furent tués dans l'action et que les autres étaient des civils pacifiques assassinés dans leurs maisons (Al-Nakba, p. 173). En revanche, un rapport de renseignement de la Hagana publié trois jours après l'événement souligne l'incompétence opérationnelle et de la confusion qui régnait au sein des forces en train d'attaquer, comme leur manque de discipline (qui se manifestait entre autres par des actes de pillage), mais il ne fait aucune mention d'un massacre. al-Nakba, p. 173 ; Yavne à Tene, "L'opération d'Etzel et du Lehi à Deir Yassine," 12 avr. 1948, IDFA 1948/500/35 ; Commandement de l'Irgoun, "Déclaration sur l'affaire de Deir Yassine" , "Déclaration" et "Condamnons l'hypocrisie," avril 1948, Archives de l'Irgoun (ci-après IA), K4-4/10. Au milieu des années 1950 les déclarations sous serment des participants à la bataille démentent avoir assisté à un massacre : IA, K4-1/10, 9/10. Un important fonds d'articles de presse et d'écrits universitaires peut être consulté aux IDFA 2004/26/70. Voir également : "Deir Yassine occupé par l'Irgoun et le Lehi" et "L'Agence juive condamne l'Irgoun et l'opération de Lehi à Deir Yassine" et "Le chef du rabbinat condamne vigoureusement l'incident de Deir Yassine," Ha'aretz, 11/12 avr. 1948 ; "Témoignages de participants à la bataille : 60 heures à Deir Yassine, " Mivrak, 19 avr. 1948, IA K4 ; du Haut commissaire pour la Palestine au Secrétaire d'état aux colonies, "Deir Yassine," 13 avr. 1948, Cunningham Papers, Middle East Center, St. Antony’s College, Oxford University ; du Haut commissaire pour la Palestine au Secrétaire d'État aux colonies, " Weekly Intelligence Appreciation,," 17 avr. 1948, Cunningham Papers ; "Un Arabe de Deir Yassine fait des révélations pour l'anniversaire de Deir Yassine : les juifs n'ont pas planifié un massacre mais engagé une bataille," Herut, 3 juin. 1953 ; "Le premier ministre Ménahem Begin interviewé par Lord Bethel : Deir Yassine - une tragédie dans l'histoire de l'Irgoun, mais les pertes ont été causées par les combats ; il n'y a pas eu de massacre, " Yediot Aharonot, 22 juin 1979.
27 - Dov Joseph, La cité fidèle : le siège de Jérusalem, 1948 (New York : Simon and Schuster, 1960), pp 74-75 ; Harry Levin, Jérusalem assiégée. Un journal intime de la ville sous le siège, du 25 mars 1948 au 18 juillet 1948 (Londres : Victor Gollancz, 1950), p. 70 ; Jerusalem Headquarters, "Université de Haddassah, 17 fév. 22 juin. 1948, "IDFA 1948/500/44 ; "Conclusions de la Commission d'enquête sur le désastre de Sheik Jarah du 13 avr. 1948," 18 avr. 1948 HA 57/95 ; "Rapport de Shalom Hurwitz sur le désastre du convoi du mont Scopus à Cheik Jarah le 13 avr. 1948," 6 juin. 1948, BGA.
28 - De Cunningham à Creech-Jones, 25 et 28 avr. 1948, Cunningham Papers, III/4/52 et III/4/117 ; Tzuri à Tene, "Nouveaux travaux sur l'exode de Tiberiade," 21 avr. 1948, HA 105/257, p. 347 ; " Tene News - nouvelles quotidiennes," 18 avr. 1948, HA 105/62, p. 93 ; Kenneth W. Bilby, Une nouvelle étoile au Proche Orient (New York : Doubleday, 1950), p. 30 ; Filastin, 13, 14, 16 Avr. 1948 ; al-Difa, 11, 12, 13, 14, 15, 16 avr. 1948 ; Radio Jérusalem en arabe pour le Moyen-Orient, 13 avr. 1948 et Radio Damas, 14 avr. 1948, in FBIS, 15 avr. 1948, p. II4 ; Radio al-Sharq al-Adna (Jérusalem), 15 avr. 1948, ibid., 16 avr. 1948, P. II5 ; BBC Television Channel 2, "Cinquante années de guerre : Israël et les Arabes," Programme 1, émission du 15 mars 1998.
29 - De Palestine (Général Sir A. Cunningham) au Secrétariat d'état aux colonies, " Weekly intelligence Appreciation," 22 déc. 1947, Cunningham paper's ; De Palestine (Général Sir A. Cunningham) au Secrétariat d'état aux colonies, " Weekly intelligence Appreciation,"," 24 janv. 1948, PRO, CO 537/3869.
30 - "Tene News – nouvelles quotidiennes", 16 déc. 1947, HA 105/61, p. 59 ; "A nos membres, bulletin quotidien d'informations n° 19," 31 déc. 1947, ibid., p. 127 ; al-Ayam (Damas), 21 déc. 1947, rapporté dans "Informations sur les préparatifs militaires arabes," 1 janv. 1948, Archives sionistes centrales (CZA), S25/3999.
31 - Hashmona'i, "Nouvelles : Économie, " 2 fév. 1948, IDFA 1948/500/60 ; "Dans le camp arabe : nouvelles, " 29 fév. et 28 mars 1948, IDFA 2004/535/479, pp 3-4 ; "Circulaire du Yishouv n° 16," 31 Janv. 1948, K4-31/1/12, IA ; Comité de défense économique, "Nouvelles de l'économie arabe, Bulletin numéro 6," 17-19 avr. 1948, HA 105/143, p. 240.
32 - Hayogev, 5 janv. 1948, HA 105/21a, p. 48 ; "Parmi les Arabes," 22 fév. 1948, IDFA 1948/500/60 ; 02204 à Tene, "La situation des gens de Lifta," 9 fév. 1948, HA 105/3à, p. 61 ; Tiroshi à Tene, "La situation des réfugiés," 12 avr. 1948, HA 105/257 ; Tiroshi, "Recueil de nouvelles de la brigade Alexandroni," 16 avr. 1948, HA 105/143, p. 231 ; Directeur des opérations/direction du renseignement, "Informations sur les fronts Est et Nord," 3 juin. 1948, IDFA 1975/922/1044 ; "Nouvelles sur les questions arabes," 25 avr. 1948, IDFA 1948/500/55 ; "Annexe au numéro 205 du Bulletin d'informations," 29 avr. 1948, IDFA 1949/2605/2.
33 - "Annexe au numéro 185 du Bulletin d'informations," 20 avr. 1948, IDFA 1949/2605/2 ; "Deir Yassine," 17 avr. 1948, IDFA 1949/2605/6, p. 7.
34 - Hiram à Tene, "Les habitants d'Acre et leurs défenseurs refusent de recevoir davantage de réfugiés," 27 avr. 1948, HA 105/257.
35 - C'est ainsi, par exemple, qu'après une attaque du village voisin de Miska contre Ramat Hakovesh (le 19 avril), le chef du kibboutz a dit aux villageois de quitter la localité ou d'assumer les conséquences de leur agression, ce qu'il firent. De même, en plein milieu d'une opération juive en Galilée orientale, le secrétaire du kibboutz Genossar, ainsi que le chef du village arabe de Majdal, ont convaincu les habitants d'évacuer le village et de rendre leurs armes. A Khirbat Beit Lid et Khirbat Azzun, on a conseillé aux villageois de partir puisque les forces juives ne pouvaient pas assurer leur sécurité. Voir : Tiroshi, "Nouvelles de la brigade Alexandroni, 27 avr. 1948," HA 105/143, p. 235 ; Tiroshi à Tene, "Départs de Miska," 27 avr. 1948, HA 105/257, p. 79 ; Tzuri à Tene, "Majdal arabe," 23 avr. 1948, ibid., p. 4 ; Tiroshi à Tene, "Le départ des Arabes des environs," 16 avr. 1948, ibid., p. 89 ; Tiroshi à Tene, "Évacuation de Khirbat Azzun," 20 avr. 1948, ibid., p. 3.
36 - Ezra Danin, Zioni Bekhol Tnai (Jérusalem : Kidum, 1987), vol. 1, pp 216-17 ; Zafrira Din, "Interview de Josh Palmon 28 juin 1989," HA 80/721/3.
37 - J'ai longuement documenté l'épisode de Haïfa dans "Nakbat Haïfa : l'effondrement et la dispersion d'une importante communauté palestinienne," Middle Eastern Studies, vol. 37, numéro 4 (octobre 2001), pp 25-70.
38 - Quinze jours après l'exode, le Haut commissaire britannique Cunningham rapporta à Londres que les Juifs de Tibériade "souhaiteraient la bienvenue [ ] aux Arabes s'ils rentraient chez eux" (du Haut commissaire pour la Palestine au Secrétaire d'état, 5 mai 1948, Cunningham paper's). Voir également : Tzuri à Golani, "Nouvelles : Tibériade," 21 avr. 1948, HA 105/143, p. 275 ; Direction opérationnelle de la Hagana, "Carnets de la guerre d'indépendance, p. 260 ; MacMillan, "Palestine : récit des événements, " 17/18 avr. 1948, p. 37.
39 - Voir, par exemple, Qiryati-Dafna sur tous les fronts, "Les évènements de Jaffa, 11 [avr.] 1948- 20 [avr.], 0740," 2 Mai 1948, IDFA 1949/8275/162 ; de Palestine (Cunningham) au Secrétaire d'état aux colonies, 1 mai 1948, FO 371/68547/E5665/4/71.
40 - Tene à Dan et Hillel, 30 novembre 1947, HA 105/61, p. 5 ; 00004 à Tene, "Rapport de synthèse, 7 déc. 1947," HA 105/61, p. 9 ; Yavne à Tene, "A nos membres dans les bases," 9 déc. 1947, ibid., p. 18 ; "A nos membres dans les bases," Bulletins. 15 et 16, 10 et 11 déc. 1947, ibid., pp 24, 37 ; Yavne, "Évacuation des femmes et les enfants de Lifta," 28 déc. 1947, HA 105/215, p. 23 ; 00004 à Tene, "Les Arabes érigent des postes militaires à Lifta," 14 déc. 1947, IDFA 1949/5253/104 ; "La Vieille Ville," 26 déc. 1947, ibid. ; "Des familles quittent Lifta," 1 janv. 1948, ibid. ; Hashmona'i, "Transformations démographiques à Jérusalem," 25 janv.1948, IDFA 1948/500/60 ; "Dans le camp arabe," 25 janv. 1948, ibid. ; "Colère à Beit Safafa à cause de l'utilisation du village par les forces armées pour attaquer Mekor Haim," 28 janv. 1948, ibid. ; "Beit Safafa" et "L'évacuation de Beit Safafa," 15 et 18 fév. 1948, ibid. ; Yavne à Tene, "Deir Abou Tour," 21 fév. 1948, HA 105/215, p. 81 ; Hashmona'i, "Annexe au numéro 114 de News Concentration," 16 mars 1948, IDFA 1949/2605/2 ; 01204 (Hatzil) à Tene, 21 janv. 1948, ha 105/72, p. 52 ; Yavne à Tene, "Plainte du chef du village de Beit Safafa au NC," 16 fév. 1948, ibid., p. 105 ; "Dans le camp arabe : nouvelles, " 14 mars 1948, p. 2, IDFA 2004/535/479 ; "Dans le camp arabe : nouvelles," 29 mars 1948, p. 2, ibid. ; Yavne à Tene, 15 fév. 1948, HA 105/215, p. 41.
41 - "Tene News," 19 janv. 1948, HA 105/61a, p. 85 ; 02117 à Tene, "A Wadi Hunein," 5 janv. 1948, HA 105/148, p. 195 ; Tiroshi à Tene, "Dannaba," 17 fév. 1948, ibid., p. 219 ; 01132 à Tene, "Vacances de Mir," 8 fév. 1948 et "L'évacuation de Jamala," 8 fév. 1948, HA 105/215, p. 44 ; Tiroshi à Tene, "Hawarith arabe," 18 fév. 1948, ibid., p. 14 ; Avram à Tene, "Renforts de Syrie," 11 fév. 1948, HA 105/21ä, p. 83 ; "Nouvelles arabes," 17 Avr. 1948, IDFA 1948/500/55 ; 02112 à Tene, "Al-Fuqara arabe," 9 fév. 1948, IDFA 1949/6400/66 ; 02122 à Tene, "En provenance de Salim Abdel Rahman," 12 déc. 1947, ibid. ; 01122 à Tene, "Nouvelles classées," 2 déc. 1947, ibid. ; "Annexe au numéro 114 du Bulletin d'informations," 16 mars 1948, IDFA 1949/2605/2 ; "Annexe au numéro 122 de Bulletin d'informations," 23 mars 1948, ibid. ; "Annexe au numéro 126 de bulletin d'informations," 30 mars 1948, ibid. ; "Informations sur les questions arabes urgentes," 29 mars 1948, IDFA 1948/550/55 ; Tzefa à Tene, "Évacuation de Khisas," 26 mars 1948, HA 105/257, p. 106 ; Tzefa à Tene, "Ulmaniya et Waddi Luz," 5 mars 1948, ibid., p. 33 ; Tiroshi à Tene, "Bureika," 6 mars 1948, ibid., p. 33 ; Yavne à Tene, "Isawiya," 30 mars 1948, ibid. ; Tzefa à Tene, "Évacuation des femmes et des enfants des villages arabes de Haute Galilée," fév. 25, 1948, HA 105/215, p. 20 ; Tiroshi à Tene, "Sarkas," 19 fév. 1948, ibid. ; p. 14 ; Tiroshi à Tene, "Al-Nufeiat arabe," 30 mars 1948 et "Sarkas," 20 avr. et "Évacuation de Sarkas," 22 avr. IDFA 1949/6400/66 ; Alexandroni "Sarkas," 11 mars 1948, ibid. ; Yosef Weitz, Yomanai Ve'igroti Labanim (Tel Aviv : Masada, 1965), vol. 3, pp 257, 277 ; Yavne à Tene, "Évacuation des habitants et arrivée des étrangers," 18 avr. 1948, HA 105/257 ; Hiram à Tene, "Propagande arabe sur les évacuations," 30 avr. 1948, ibid. ; Tene, "Migrations des Arabes palestiniens dans la période du 1 dec.47 au 1 juin 48. Annexe 1 : Les villages arabes évacués, " 30 juin 1948, IDFA, 1957/100001/781, p. 4 ; Naim à Tene, "Évacuation des Arabes," 8 avr. 1948, HA 105/143, pp 171, 185 ; Yavne, "Nouvelles arabes," 27 et 30 avr. 1948, ibid., pp 309, 319 ; Tzuri à Tene, "Informations classées," 6 mai 1948, ibid., p. 343 ; Naim à Tene, "Évacuation de Sarafand Kharab," 8 avr. 1948, HA 105/257, p. 290 ; Tzefa à Tene, "Évacuation des villages arabes," 6 avr. 1948, ibid., pp 24, 53 ; Tiroshi à Tene, "Fajja évacué de ses habitants," 14 avr. 1948, ibid., p. 8 ; Tiroshi à Tene, "Évacuation partielle de Qannir," 29 avr. 1948 et "Les habitants de Qannir déplacés à Arara," 29 avr. et "Qanir," 3 mai 1948, IDFA 1949/7249/129 ; Journal intime de Yosef Weitz, 4 mai 1948, CZA, A246/13, pp 2373-74 ; Hiram à Tene, "Évacuation de la tribu arabe de Zubeidat," 16 avr. 1948, HA 105/5â, p. 67 ; rapport d'une source arabe sur l'ordre de la légion arabe d'évacuer les villages, 12 mai 1948, IDFA 1949/5545/114, p. 11.
42 - Cunningham au Secrétaire d'État aux colonies, 26 avr. 1948, Cunningham Papers ; " Fortnightly Intelligence Newsletter n°67," publié par l'état major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs 19 avr.-2359 hrs 3 mai 48), PRO, WO 275/64, p. 1. Voir également : Général Sir A. Cunningham au Secrétaire d'État aux colonies, " Weekly Intelligence Appreciation," 1 mai 1948, PRO, CO 537/3869.
43 - Arif, al-Nakba, p. 179.
44 - Muhammad Nimr Khatib, Min Athar al-Nakba (Damas : al-Matba’a al-Amumiya, 1951), p. 287.
45 - Radio Beyrouth, 4 mai 1948, FBIS, Section Européenne : émetteur du Proche-Orient, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, 5 mai 1948, II2 ; "Nouvelles de la brigade Alexandroni," 9 avr. 1948, HA 105/143, p. 174 ; de Philip Ernst (consul des États-unis à Port Saïd) au Département d'État, "Arrivée de réfugiés arabes de Palestine," 29 avr. 1948 (expédié le 11 mai), RG 84, 800 -- Réfugiés ; Radio Beyrouth, 25 avr. 1948, SWB, numéro 48, 29 avr. 1948, p. 60 ; de Campbell (le Caire) au Haut commissaire pour la Palestine,1 mai 1948, Cunningham Papers.
46 - Radio Beyrouth, 7 mai 1948, in BBC Summary of World Broadcasts: Western Europe, Middle East, Far East, and Americas (SWB), numéro 50, 13 mai 1948, partie III, p. 57.
47 - Sir J. Troutbeck, "Synthèse d'impressions générales recueillies pendant un week-end de visite dans la zone de Gaza," 16 juin 1949, PRO, FO 371/75342/E7816, p. 123.
Au sujet de l'auteur
Efraim Karsh est chef des Études méditerranéennes au King College de l'Université de Londres. Son ouvrage le plus récent est Une histoire de l'impérialisme islamique : (Yale). M. Karsh remercie avec reconnaissance Roger et Susan Hertog de leur soutien généreux de la recherche sur laquelle s'appuie le présent article.
Objectif-info.fr.
Efraim Karsh pour Commentary
Par Efraim Karsh
Titre original : 1948, Israel, and the Palestinians: The true story
Traduction : Objectif-info
Voici un texte d'une portée considérable d'Ephraïm Karsh, professeur et chercheur à Londres, à qui l'on doit de nombreux travaux dont un excellent "La guerre d'Oslo". L'article dont on trouve ci-dessous la traduction en français traite de la "catastrophe" la fameuse "nakba" subie par les Arabes palestiniens. Assis sur les travaux historiques les plus récents, ce document dresse un tableau particulièrement instructif des circonstances qui ont conduit les Arabes palestiniens à quitter massivement leurs foyers en 1948, à devenir des apatrides, à continuer de vivre souvent dans des camps de réfugiés soixante ans plus tard, et à échouer à faire aboutir toute dynamique nationale et tout projet collectif. On retiendra essentiellement le rôle d'une aristocratie cynique, d'une poignée de chefs de clans et de grandes familles dans ce naufrage. Comme partout ailleurs dans le monde arabe, la culture des élites politiques et religieuses, faite d'arrogance, de violence, d'exploitation et de mépris profond des individus ordinaires, prive la société de tout espoir et de tout horizon. Peut-être un peu davantage chez les Arabes palestiniens qu'ailleurs….
Soixante ans après son établissement par un acte d'autodétermination qui a bénéficié d'une reconnaissance internationale, Israël demeure le seul état au monde constamment confronté à une profusion d'étranges théories de la conspiration et à des accusations de crimes de sang ; le seul État dont les politiques et les actes sont condamnés de façon répétitive par la communauté internationale ; le seul état dont le droit d'exister est constamment discuté et remis en cause, non seulement par ses ennemis arabes mais par des segments de l'opinion occidentale éclairée.
Au cours de la dernière décennie ou à peu près, l'élimination effective de l'État juif est devenue une cause célèbre pour beaucoup de ces Occidentaux instruits. La "solution à un État," comme elle s'appelle, est un euphémisme qui revient à remplacer Israël par un État recouvrant théoriquement toute la Palestine historique, dans lequel les juifs seraient définitivement réduits au statut de minorité. C'est seulement comme cela, dit-on, que "le péché originel" de la création d'Israël pourra être expié, un acte de naissance établi (selon les termes d'un critique) "sur les ruines de la Palestine arabe" et réalisé par la dépossession délibéré et agressive de sa population indigène.
Cette accusation de dépossession préméditée, et la naissance en conséquence d'un interminable "problème des réfugiés" palestiniens, constitue de fait, le point central de la requête de disparition formulée par les victimes supposées d'Israël et leurs soutiens occidentaux. C'est une accusation qui n'a presque pas été contestée. Dès le milieu des années 50, J.C. Hurewitz, un éminent historien américain en a entrepris la réfutation systématique, [1] et ses conclusions ont été abondamment confirmées par les générations suivantes d'universitaires et d'auteurs. Même Benny Morris, le plus influent des "nouveaux historiens" révisionnistes israéliens, l'un de ceux qui ont emprunté la voie du procès à charge contre Israël pour son "péché originel", a reconnu à contrecœur qu'il n'y avait eu aucun "plan" pour déplacer les Arabes palestiniens. [2]
La déclassification récente de millions de documents de la période du Mandat britannique (1920-1948) et des premiers jours d'Israël, documents inexploités par les premières générations d'auteurs, et ignorés ou déformés par les "nouveaux historiens," forment un tableau beaucoup plus rigoureux de ce que l'Histoire a à raconter. Ils indiquent que la thèse de la dépossession est complètement infondée mais qu'elle est tout le contraire de la vérité. Le texte qui suit est basé sur des recherches récentes sur ces documents qui recèlent nombre de faits et de données qui n'ont pas été exposés jusqu'ici.
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Dès le début des années 20, loin d'être les cibles infortunées des attaques prédatrices des sionistes, les dirigeants arabes palestiniens furent à l'initiative d'une campagne implacable pour anéantir la renaissance nationale juive, tout en allant violemment à l'encontre des souhaits de ceux qu'ils représentaient. Cette campagne s'est achevée par une tentative violente de faire avorter la résolution de l'ONU du 29 novembre 1947, qui appelait à l'établissement de deux états en Palestine. Si ces dirigeants et leurs partenaires des pays arabes environnants avaient accepté cette résolution de l'ONU, il n'y aurait eu ni guerre ni bouleversement à l'origine.
Tout simplement, le mouvement sioniste a toujours été favorable à l'existence dans le futur d'une minorité arabe substantielle au sein de l'État juif, participant en position d'égalité "à la vie publique du pays dans tous les secteurs." [3] Ces mots sont de Ze'ev Jabotinsky, le fondateur de la branche du sionisme qui préfigurait l'actuel parti du Likoud. Dans un article célèbre de 1923, Jabotinsky indiquait qu'il état disposé "à prononcer un serment qui nous engagerait ainsi que nos descendants à ne jamais rien faire qui soit contraire au principe de l'égalité des droits, et à ne pas tenter d'expulser quiconque de chez lui." [4]
Onze ans après, Jabotinsky présidait la rédaction d'un projet de constitution pour la Palestine juive. Selon ses dispositions, les Arabes et les Juifs devaient partager les prérogatives et les obligations nécessaires à l'institution d'un État, ce partage s'étendant aux fonctions militaires et civiles les plus notables. L'hébreu et l'arabe devaient jouir du même statut légal, et "dans tout cabinet gouvernemental où le premier ministre serait un juif, la vice-présidence reviendrait à un Arabe et vice-versa." [5]
Si c'était la position de la faction la plus "militante" du mouvement national juif. Le courant dominant du sionisme s'engageait non seulement à accorder une pleine égalité à la minorité arabe dans le futur État juif mais s'employait à sa façon à encourager la coexistence judéo-arabe. En janvier 1919, Haïm Weizmann, le futur dirigeant du mouvement sioniste, conclut un accord de paix et de coopération avec l'émir hachémite Fayçal ibn Hussein, le dirigeant véritable du mouvement pan-arabe naissant. Depuis lors, et jusqu'à la proclamation de l'État d'Israël le 14 mai 1948, les représentants du sionisme tinrent des centaines de réunions avec les dirigeants arabes de tous les niveaux. Parmi eux Abdallah ibn Hussein le frère aîné de Fayçal et fondateur de l'Émirat de Transjordanie (devenu ensuite le royaume de Jordanie), les premiers ministres en exercice ou retirés de Syrie, du Liban, d'Égypte, d'Irak, les premiers conseillers du roi Abdoul Aziz ibn Saoud (le fondateur de l'Arabie saoudite), et les représentants des élites arabes palestiniennes de toutes les tendances.
Pas plus tard que le 15 septembre 1947, deux mois avant le passage devant l'ONU de la résolution sur le partage, deux émissaires sionistes de haut rang tentaient encore de convaincre Abdel Rahman Azzam, le secrétaire général de la Ligue arabe, que le conflit de Palestine "gaspillait inutilement les meilleures énergies de la Ligue arabe," et que les Arabes et les Juifs tireraient des bénéfices considérables "de politiques actives de coopération et de développement." (6) Derrière cette proposition, il y avait un vieil espoir sioniste : la croyance que le progrès matériel résultant de l'implantation des Juifs en Palestine ouvrirait la voie à une réconciliation définitive avec la population arabe, même si elle ne s'avérait pas franchement favorable au projet d'autodétermination nationale juive. Comme le disait David Ben-Gourion au moment où il allait devenir le premier premier ministre d'Israël, en décembre 1947 :
Si le citoyen arabe se sent chez lui dans notre État, …, si l'État l'aide véritablement, avec dévouement, à atteindre le niveau économique, social, et culturel de la communauté juive, alors la défiance des Arabes se réduira d'autant et l'on pourra lancer un pont pour une alliance judéo-arabe.[7]
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A première vue, l'espoir de Ben-Gourion s'appuyait sur des considérations rationnelles. Un apport d'immigrants et de capital juif après que la première Guerre Mondiale devait stimuler la Palestine en proie jusque là à la stagnation, et relever le niveau la vie de ses habitants arabes bien au-dessus de celui des États arabes voisins. L'expansion de l'industrie et de l'agriculture arabes, particulièrement dans la culture des agrumes, a été en grande partie financée par du capital obtenu par cette voie, et le savoir-faire juif a fait beaucoup pour améliorer l'agriculture arabe. Au cours des deux décennies qui s'écoulèrent entre les guerres mondiales, les plantations d'agrumes appartenant à des Arabes ont sextuplé, de même que les terres consacrées à la culture des légumes, alors que le nombre de plantations d'oliviers quadruplait. [8]
Les avancées dans le domaine social ne furent pas moins remarquables. Encore plus significatif, les taux de mortalité de la population musulmane chutèrent brutalement tandis que l'espérance de vie grimpait de 37,5 ans en 1926-27 à 50 ans en 1942-44 (à comparer aux 33 ans de l'Égypte à l'époque). Le taux de croissance naturel de la population bondit d'un tiers. [9]
Rien qui ressemble de près ou de loin à ce développement ne se produisit dans les pays arabes voisins sous domination britannique, sans parler de l'Inde. Cela souligne la contribution décisive des Juifs à l'amélioration du bien-être socio-économique des populations locales prévu par le Mandat sur la Palestine. Les autorités britanniques le reconnurent parfaitement dans un rapport de 1937 établi par une commission d'enquête dirigée par Lord Peel :
L'effet bénéfique en tous points de l'immigration juive sur le bien-être arabe est illustré par le fait que l'augmentation de la population arabe est la plus marquée dans des zones urbaines qui sont le siège du développement impulsé par les Juifs. Une comparaison des résultats des recensements de 1922 et 1931 montre qu'en six ans, le taux de croissance à Haïfa était de 86%, de 62% à Jaffa, de 37% à Jérusalem, alors que dans les villes purement arabes comme Naplouse et Hébron il était seulement 7%, tandis qu'à Gaza on enregistrait une diminution de 2%. [10]
Si on l'avait laissé faire, la grande majorité des Arabes palestiniens aurait été très probablement heureuse de tirer parti des opportunités qui s'offraient ainsi à elle. Le fait que sur la durée du Mandat, les périodes de coexistence pacifique aient dépassé de loin celles des explosions de violence en fournit la preuve, et ces dernières étaient l'oeuvre d'une petite fraction seulement des Arabes palestiniens. [11] Cependant, malheureusement pour les Arabes et les Juifs, les espoirs et les souhaits des gens du peuple n'ont pas été pris en considération, comme ils le sont rarement dans les communautés autoritaires hostiles aux notions de société civile ou de démocratie libérale. D'ailleurs, dans le monde moderne, ce ne sont pas les pauvres et les opprimés qui ont mené les grandes révolutions ou commis les pires actes de violence, mais des militants d'avant-garde appartenant aux classes les plus instruites et les plus fortunées de la société.
Il en a été de même pour les Palestiniens. Selon les termes du rapport Peel :
"Nous avons constaté que les Arabes ont bénéficié du développement du pays provoqué par l'immigration juive, mais que cela n'a pas provoqué la conciliation des deux populations. Au contraire, …, avec une précision presque mathématique, l'amélioration de la situation économique en Palestine [s'est] traduite par la détérioration de la situation politique." [12]
En Palestine, des Arabes ordinaires ont été persécutés et assassinés pour le soi-disant crime suprême d'avoir "vendu la Palestine" aux juifs. Pendant ce temps, les militants vertueux qui les commettaient s'enrichissaient impunément. L'ardent pan-arabiste Aouni Abdel Hadj, qui jurait de combattre "jusqu'à ce que la Palestine soit placée sous un gouvernement arabe libre et devienne un cimetière pour tous les juifs du pays," [13] facilita le transfert de 7.500 acres de terre au mouvement sioniste, et certains de ses parents, des figures politiques et religieuses respectées, franchissaient un pas de plus en vendant des parcelles de terre. C'est ce que firent nombre de membres de la famille Husseini, le premier clan arabe palestinien, pendant la période du Mandat. Parmi eux, Muhammad Tahir, le père du mufti notoire de Jérusalem, Hadj Amin Husseini. [14]
C'est la volonté du mufti de consolider sa position politique qui explique en grande partie le carnage de 1929 dans lequel 133 juifs furent massacrés et des centaines d'autres blessés. De même, c'est la lutte pour la prééminence au pouvoir qui a déclenché l'éruption la plus durable de violence arabe palestinienne en 1936-39. On l'a largement décrite comme une révolte nationaliste contre la domination des Anglais et le flux de réfugiés juifs arrivant en Palestine pour échapper aux persécutions nazies. En fait, c'était une manœuvre utilisant massivement la violence au cours de laquelle on a assisté à l'assassinat par des gangs arabes de bien plus d'Arabes que de Juifs ou d'Anglais. Ils réprimèrent et trompèrent la population arabe ordinaire. Ils forcèrent des milliers d'Arabes à fuir le pays, ce qui fut comme un avant-goût de l'exode de 1947-48. [15]
En fait, un certain nombre d'Arabes palestiniens ont préféré lutter contre ceux qui les poussaient à la violence, souvent en collaboration avec les autorités britanniques et la Haganah, la plus importante organisation clandestine de défense juive. D'autres cherchèrent refuge au voisinage des Juifs. En dépit de l'atmosphère de terreur paralysante et d'un boycott économique impitoyable, la coexistence entre Arabes et Juifs s'est poursuivie concrètement sur de nombreux plans, même au cours de ces périodes de troubles, et se reconstituait en grande partie après leur apaisement. [16]
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Dans ce contexte d'hostilité, il est difficile de s'étonner que la plupart des Palestiniens désirent dix ans plus tard se tenir à l'écart des initiatives violentes du Haut Comité Arabe (AHC) dirigé par le mufti, le "gouvernement" effectif des Arabes palestiniens, pour s'opposer à la résolution de l'ONU de 1947 sur le partage. Le souvenir des évènements de 1936-39 étant encore frais dans leur esprit, nombre d'entre eux choisirent de se ranger à l'écart de l'affrontement. En un rien de temps, de nombreux villages arabes (et quelques secteurs urbains) négocièrent des accords de paix avec leurs voisins juifs ; dans tout le pays d'autres localités agirent pareillement sans aboutir cependant à un accord formel. [17]
Les Palestiniens du peuple ne manquèrent pas non plus de défier discrètement leurs dirigeants suprêmes. Au cours de ses nombreuses tournées dans la région, Abdel Kader Husseini, commandant de la zone de Jérusalem et proche parent du mufti, trouva la population indifférente sinon hostile, à ses appels à prendre les armes. A Hébron, il ne parvint pas à recruter un seul volontaire pour l'unité de mercenaires qu'il cherchait à former dans cette ville ; ses efforts dans les villes de Naplouse, de Tulkarem, et de Qalqilya furent à peine plus réussis. De leur coté, les habitants des villages arabes, se montrèrent encore moins réceptifs à ses demandes. Dans une localité, Beit Safafa, Abdel Kader a bu le calice jusqu'à la lie quand il fut expulsé par les habitants furieux, qui protestaient contre la transformation de leur village en plaque tournante des attaques contre les Juifs. De façon générale, le petit nombre de ceux qui répondirent positivement à ses appels, le firent pour obtenir gratuitement des armes pour leur protection personnelle et rentrèrent ensuite à la maison. [18]
Il y avait un aspect économique dans cette attitude pacifique. La multiplication des actes d'hostilité orchestrés par le Haut Comité Arabe conduisait à une diminution sensible des échanges et à des hausses verticales du coût des produits de base. Beaucoup de villages, dont le gagne pain dépendait des cités juives ou des localités où les populations étaient mélangées, ne voyaient aucun avantage à soutenir le but explicite de l'AHC, la soumission des Juifs par l'arme de la famine. [19] L'absence générale d'enthousiasme à l'idée d'entamer une guerre était telle qu'au début février 1948, plus de deux mois après le lancement de la campagne de troubles du Haut Comité Arabe, Ben-Gourion pouvait affirmer que " pour la plupart, les villages se sont bien gardés de s'engager." [20]
Le commandant en chef de l'Armée Arabe de libération, (ALA), la force de volontaires arabes qui avait été de tous les combats en Palestine dans les mois qui avaient précédé la proclamation d'indépendance d'Israël, était le général irakien Ismail Safwat. Il fit écho à l'analyse de Ben-Gourion en déplorant que sur les 5 000 volontaires, seuls 800 venaient de Palestine, et que la plupart de ces derniers avaient abandonné le combat avant de terminer leur période de formation ou immédiatement après. Faouzi Qaouqji, le commandant local de l'Armée Arabe de libération, n'était pas moins cinglant. Il trouvait les Palestiniens "peu fiables, nerveux, difficiles à commander, et pratiquement incapables de participer à une guerre organisée." [21]
Ce point de vue résumait la plupart des opinions exprimées par les contemporains de ces évènements au cours des six mois de combat décisifs après l'adoption de la résolution de partage. Même si pendant cette période on a assisté à la désintégration presque complète de la société arabe palestinienne, aucun contemporain n'a décrit cet épisode comme une phase d'expropriation systématique des Arabes par les Juifs. Tout au contraire : la résolution de partage était largement considérée par les chefs Arabes comme "d'inspiration sioniste, de principe sioniste, de substance sioniste et sioniste dans la plupart de ses détails" (selon les termes de l'universitaire palestinien Walid Khalidi), [22] et ces chefs avaient fait preuve d'une franchise brutale sur leur détermination d'en empêcher l'application par la force des armes. Il n'y a aucune difficulté pour identifier laquelle des deux parties a été à l'initiative de la saignée.
Les Arabes ne tentèrent pas de dissimuler leurs responsabilités. Alors que les Juifs lançaient les travaux préparatoires à la naissance de leur État, et multipliaient simultanément les tentatives pour convaincre leurs compatriotes arabes qu'ils seraient (comme Ben-Gourion l'avait exposé) "des citoyens égaux, égaux en tout, sans exception," les chefs arabes palestiniens prirent l'engagement que "si le partage devait voir le jour, il faudrait d'abord passer sur les corps des Arabes de Palestine, de leurs fils, et de leurs femmes." Qawuqji fit le serment "de jeter tous les juifs à la mer." Abdel Kader Husseini déclara que "le problème de la Palestine ne sera résolu que par l'épée ; tous les juifs doivent quitter la Palestine. " [23]
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Les chefs arabes palestiniens et leurs acolytes chez leurs frères arabes firent l'impossible pour faire de ces menaces une réalité, mobilisant tous les moyens à leur disposition. En plus de forces régulières comme l'ALA, des groupes de guérilla et de terroristes causèrent des ravages, autant parmi des non combattants que dans les unités combattantes juives. Les fusillades, les tirs de snipers, les embuscades, les attentats à la bombe, qui seraient condamnés aujourd'hui comme des crimes de guerre, étaient des événements quotidiens pour les civils.
"Des gens innocents et inoffensifs, vaquant à leurs activités quotidiennes," écrivait le consul général des États-Unis à Jérusalem, Robert Macatee, en décembre 1947, "sont harcelés quand ils prennent l'autobus, quand ils marchent dans les rues, et les balles perdues les frappent même quand ils dorment dans leurs lits. On a tiré sur une femme juive à Jérusalem, une mère de cinq enfants, qui étendait des vêtements sur un toit. L'ambulance qui la transportait à l'hôpital fut prise sous le feu d'une mitrailleuse, et à la fin, le cortège funéraire qui suivait son enterrement fut attaqué, et l'une des personnes en deuil fut poignardée à mort. [24]
Avec l'intensification des combats, les civils arabes souffrirent aussi, et les atrocités ponctuelles se transformèrent en cycles de violence à grande échelle. C'est ainsi, qu'en décembre 1947 le meurtre de six ouvriers arabes près de la raffinerie de pétrole de Haïfa par le petit groupe clandestin juif IZL a été immédiatement suivi par l'assassinat de 39 juifs par leurs collègues de travail arabes, [25], tout comme le massacre d'environ 100 Arabes pendant la bataille pour le village de Deir Yassine en avril 1948 [26] "fut vengé" dans les jours qui suivirent par la tuerie de 77 infirmières et médecins juifs qui se rendaient à l'hôpital Hadassa sur le mont Scopus. [27]
Mais tandis que les dirigeants et les médias juifs décrivaient ces événements horribles pour ce qu'ils étaient, refusant de communiquer les détails de ces horreurs pour éviter la panique et maintenir une porte ouverte pour la réconciliation judéo-arabe, leurs homologues arabes gonflaient le bilan des victimes dans des proportions colossales et inventaient de nombreuses atrocités imaginaires. La chute de Haïfa par exemple (les 21 et 22 avril), donna lieu à des accusations totalement fausses de massacres à grande échelle, qui circulèrent dans l'ensemble du Moyen-Orient et atteignirent les capitales occidentales. De fausses rumeurs furent diffusées après la chute de Tibériade (le 18 avril), pendant la bataille pour Safed (au début mai), et à Jaffa, où en avril le maire fabriqua de toutes pièces un massacre de "centaines d'Arabes, hommes et femmes." Le bilan de Deir Yassine dans les médias arabes étaient particulièrement épouvantable: il signalait des tatouages imaginaires de faucilles et de marteaux sur les bras des combattants du groupe IZL, des ravages et des viols. [28]
Cet alarmisme avait évidemment pour but de provoquer des réflexes de sympathie pour la situation critique des Palestiniens et d'étiqueter les Juifs comme des prédateurs brutaux. Mais il a eu un effet inverse désastreux en répandant la panique dans une société palestinienne désorientée. C'est ce qui permet à son tour de comprendre pourquoi, en avril 1948, après quatre mois de progrès apparent, cette phase de l'effort de guerre arabe s'est transformée en effondrement. (Il y avait encore en perspective une seconde phase, à plus grande échelle, et plus durable impliquant les forces des cinq nations arabes qui envahirent la Palestine à la mi-mai.) C'est pour cela que la plupart des Palestiniens refusèrent de prendre une part active aux hostilités, et qu'ils prirent la route en grand nombre, quittant leurs maisons pour un autre endroit dans le pays ou pour fuir dans les terres arabes voisines.
En effet, beaucoup d'entre eux avaient quitté les lieux avant le déclenchement des hostilités, et un nombre encore plus grand leva le camp avant que la guerre n'ait atteint le seuil de leur habitation. "En nombre considérable, les Arabes quittent le pays avec leurs familles, et l'exode touche aussi bien des villes mixtes que des centres ruraux arabes," a rapporté Alan Cunningham, le Haut commissaire britannique, en décembre 1947, ajoutant un mois plus tard que "la panique persiste dans la bourgeoisie et un exode continuel se poursuit touchant ceux qui peuvent se permettre de quitter le pays." [29]
En écho à ces rapports, des sources de renseignement de la Haganah relataient à la mi-décembre une "frénésie d'évacuations qui s'est emparée de villages arabes entiers." Avant la fin du mois, de nombreuses localités arabes palestiniennes se plaignaient de graves problèmes créés par un afflux énorme de villageois et demandaient de l'aide au Haut Comité Arabe pour trouver une solution à leur situation fâcheuse. Les gouvernements syriens et libanais eux-mêmes, alarmés par l'exode initial, exigèrent du Haut Comité Arabe qu'il encourage les Arabes palestiniens à rester sur place et à combattre. [30]
Mais ces encouragements ne furent pas suivis d'effets, qu'ils aient été prodigués par le Haut Comité Arabe ou par une quelconque autorité. En fait, on pouvait constater un manque total de cohésion nationale, encore moins le sens d'un destin commun. Les localités et les villes faisaient comme si elles étaient des entités indépendantes, soucieuses de leurs besoins et évitant de consentir le moindre sacrifice pour le compte des autres communes. Beaucoup de "comités nationaux" (c-à-d, des dirigeants locaux) avaient interdit que les villes bien approvisionnées vendent de la nourriture et des boissons aux villes et aux villages périphériques qui manquaient de tout. Les négociants arabes de Haïfa refusèrent de réduire les pénuries sévères de farine à Jenine, tandis que Gaza refusait d'envoyer des oeufs et de la volaille à Jérusalem ; à Hébron, des gardes armés inspectaient toutes les voitures qui quittaient la ville. En même temps il y avait des activités de contrebande à grande échelle, particulièrement dans les villes de population mélangée, les denrées alimentaires arabes allant aux voisins juifs et vice-versa. [31]
La preuve du manque de solidarité entre les communes était pareillement apportée par le traitement catastrophique des centaines de milliers de réfugiés dispersés dans tout le pays. Il n'y avait aucun effort collectif pour redresser une situation difficile, ni même d'empathie profonde au-delà du voisinage immédiat. De plus, beaucoup de réfugiés furent maltraités par leurs hôtes temporaires, ridiculisés et insultés pour leur lâcheté supposée. Selon les termes d'un rapport de renseignement juif, "les réfugiés sont détestés partout où ils arrivent." [ 32 ]
Même les victimes premières de la guerre, les survivants de Deir Yassine, ne furent pas privées de leur part d'outrages. Trouvant refuge dans le village voisin de Silwan, beaucoup d'entre eux furent bientôt à couteaux tirés avec les habitants du cru, au point que le 14 avril, à peine cinq jours après la tragédie, une délégation de Silwan approchait le bureau de Jérusalem du Haut Comité Arabe, exigeant que les survivants de Deir Yassine soient transférés ailleurs. Aucune aide pour leur réinstallation n'était disponible. [33]
Quelques localités ont catégoriquement refusé d'accepter le moindre réfugié par crainte de solliciter excessivement les réserves existantes. A Acre (Akko), les autorités ont empêché des Arabes fuyant Haïfa de débarquer ; à Ramallah, la population principalement chrétienne avait organisé sa propre milice, pas tant pour combattre les Juifs que pour prévenir de nouvelles arrivées de Musulmans. Beaucoup exploitèrent la situation difficile des réfugiés sans vergogne, en les escroquant surtout quand ces derniers voulaient couvrir leurs besoins fondamentaux comme le transport et le logement. [34]
Malgré cela, les Palestiniens continuaient de quitter leurs maisons, à un rythme toujours croissant. Au début avril quelques 100.000 personnes étaient parties, bien que les Juifs se trouvaient toujours sur la défensive et n'avaient nul moyen de les expulser. (Le 23 mars, quatre mois entiers après l'éclatement des hostilités, Safwat, le commandant en chef de l'Armée Arabe de Libération notait avec étonnement que les Juifs "n'ont pas attaqué jusqu'ici un seul village arabe sauf après une provocation.") Avant la Déclaration d'Indépendance d'Israël du 14 mai, le nombre de réfugiés arabes avait plus que triplé. Même par la suite, aucun des 170.000-180.000 Arabes qui avaient quitté les centres urbains n'avait été forcé de partir par les Juifs. Ce ne fut le cas que pour une poignée des 130.000-160.000 villageois qui avaient abandonné leurs habitations,.
Dans le feu de la bataille, ce genre d'évènement est exceptionnellement arrivé. Quand ce fut le cas, cette conduite étaient dictée en général, non en fonction de desseins politiques, mais par des considérations purement militaires : la réduction des dommages aux civils, l'interdiction de certains secteurs aux combattants arabes quand il n'y avait plus aucune force juive disponible pour les repousser. [35] Ces interdictions étaient d'ailleurs assorties de mesures destinées à prévenir les vols des biens des déplacés et/ou à encourager le retour de ceux qui avaient pris la fuite. Pour citer un seul exemple, au début avril, une délégation juive comprenant des meilleurs spécialistes des affaires arabes, des notables locaux, et des responsables municipaux ayant des contacts étroits avec les localités arabes voisines, visita les villages arabes de la plaine côtière en train de se vider à un rythme stupéfiant, pour essayer de convaincre leurs habitants de ne pas bouger. [36]
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Ce qui rend ces efforts des Juifs impressionnants, c'est qu'ils sont intervenus à un moment où un nombre considérable d'Arabes palestiniens étaient activement extraits leurs habitations par leurs chefs et/ou par les forces militaires arabes, sans aucune considération d'ordre militaire mais pour les empêcher de devenir les citoyens d'un éventuel État juif. L'exemple le plus massif et le plus connu est celui des dizaines de milliers d'Arabes à qui l'on a donné l'ordre de quitter la ville de Haïfa, avec force intimidations, sur les instructions du Haut Comité Arabe, en dépit des efforts laborieux des Juifs pour les persuader de rester. [37] Quelques jours plus tôt, la communauté arabe de Tibériade, forte de 6 000 âmes avait été pareillement contrainte au départ par ses chefs, contre les souhaits des juifs de la localité. [38] A Jaffa, la plus grande ville arabe de Palestine, la municipalité organisa le transfert de milliers de résidents par voie terrienne et maritime ; [39] À Jérusalem, le Haut Comité Arabe ordonna le transfert des femmes et des enfants, tandis que les chefs de troupe locaux expulsaient les résident de plusieurs localité avoisinantes. [40]
Dans les campagnes, des dizaines de milliers de villageois ruraux furent aussi forcés au départ sur ordre du Haut Comité Arabe, des milices arabes locales, ou de l'Armée de Libération Arabe. Dans les semaines qui précédèrent l'arrivée de cette armée en Palestine, en janvier 1948, des rumeurs circulaient sur des instructions secrètes données aux Arabes dans les secteurs à prédominance juive d'évacuer leurs villages afin de permettre leur utilisation dans un but militaire et réduire le risque de prise d'otages par les Juifs.
En février, ce phénomène s'est étendu à tout le pays. Il s'est accéléré considérablement en avril et en mai, au moment où les forces de l'Armée de Libération Arabe et du Haut Comité Arabe connaissaient une déroute complète dans l'ensemble de la Palestine. Le 18 avril, la cellule de renseignement de la Haganah à Jérusalem faisait état d'une directive générale récente ordonnant de déplacer les femmes et les enfants de tous les villages proches des localités juives. Douze jours plus tard, son homologue de Haïfa fit un rapport sur une injonction de l'Armée de Libération Arabe prescrivant d'évacuer tous les villages arabes entre Tel Aviv et Haïfa en prévision d'une nouvelle offensive générale. Au début mai, au moment où les combats s'intensifiaient en Galilée orientale, on ordonna aux Arabes du secteur de transférer toutes les femmes et les enfants de la zone de Rosh Pina, alors que dans le district des environs de Jérusalem, la légion arabe de Transjordanie imposait de même de vider de leurs habitants une vingtaine de villages. [41]
Quant aux leaders arabes palestiniens, eux qui avaient imposé à leurs populations réticentes une politique de confrontation avec le sionisme dans les années 20 et 30, et qui les avaient entraînées dans un conflit mortel, voila qu'ils se hâtaient de quitter la Palestine et de vivre en dehors du pays au moment le plus critique. Emboîtant le pas à ces grosses légumes, de la même façon, les caïds locaux se précipitèrent en masse à l'extérieur. Le Haut commissaire Cunningham résuma ce qui était en train de se produire en offrant un parfait exemple d'euphémisme britannique :
"Il faut savoir que l'effondrement du moral des Arabes en Palestine est dû dans une certaine mesure à la tendance croissante de ceux qui devraient les diriger à quitter le pays. Par exemple, à Jaffa, le maire parti il y a 12 jours pour quatre jours de détente, n'est pas rentré, et la moitié du comité national est partie. À Haïfa, les membres arabes de la municipalité sont partis il y a un certain temps ; de fait, les deux chefs de l'Armée Arabe de Libération se sont éclipsés au cours de la récente bataille. Voila que le premier magistrat arabe est aussi parti. Dans tout le pays, la classe des effendi [grands dignitaires, maîtres, chez les Turcs NdT] avait entamé une évacuation en grand nombre depuis longtemps et le rythme est en train d'augmenter." [42]
Arif al-Arif, éminent homme politique arabe pendant l'ère du Mandat et doyen des historiens palestiniens, décrivit l'atmosphère qui régnait à l'époque : "Partout où l'on allait, dans tout le pays, on entendait le même refrain : 'où sont les chefs qui doivent nous donner la marche à suivre ? Où est le Haut Comité Arabe ? Pourquoi ses membres sont-ils en Égypte à un moment où la Palestine, leur pays, a tellement besoin d'eux ?'" [ 43 ]
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Muhammad Nimr al-Khatib, un chef arabe palestinien pendant la guerre de 1948, résuma la situation dans les termes suivants : "les Palestiniens avaient pour eux les États arabes voisins qui ont ouvert leurs frontières et leurs portes aux réfugiés, alors que les Juifs n'avaient pas d'autre alternative que triompher ou mourir." [44]
C'est assez vrai pour les Juifs, mais les raisons des vols commis sur les réfugiés et la nature de leur accueil là où ils se retrouvaient sont éludées par cette présentation des faits. S'ils ne rencontraient pas de sympathie de la part de leurs frères chez eux, le comportement du monde arabe dans son ensemble à leur endroit était encore plus dur, dans tous les cas. Des appels répétés étaient lancés pour le retour forcé des réfugiés, ou pour le moins celui des jeunes hommes en âge de porter les armes. Nombre d'entre eux étaient arrivés sous le (faux) prétexte du volontariat dans l'Armée de Libération Arabe. Au moment où la fin du Mandat s'approchait, le gouvernement libanais refusa le visa d'entrée aux Palestiniens de sexe masculin entre dix-huit et cinquante ans et il ordonna à tous les "hommes en bonne santé et de bonne taille" qui étaient déjà entrés dans le pays de s'enregistrer officiellement sous peine d'être considérés comme des étrangers illégaux, soumis à la loi dans toute sa rigueur.
Le gouvernement syrien adopta de son coté une attitude bien plus rigoureuse, interdisant son territoire à tous les palestiniens de sexe masculin entre seize et cinquante ans. En Égypte, un grand nombre de manifestants défilèrent devant le siège de la Ligue arabe au Caire et déposèrent une pétition exigeant que "l'on interdise à tout Palestinien apte à porter les armes de se rendre à l'étranger." L'ampleur de l'hostilité arabe envers les réfugiés palestiniens était telle que le recteur l'université religieuse Al-Azhar du Caire, sans doute la première autorité islamique, se sentit obligé de publier une décision faisant de l'accueil des réfugiés arabes palestiniens un devoir religieux. [45]
Le mépris pour les Palestiniens ne fit que grandir avec le temps. Au début de l'invasion par les alliés arabes du nouvel état d'Israël, à la mi-mai, Radio Bagdad commentait : "Les Arabes palestiniens ont été pris de panique et ils ont fui leur pays… ce sont des termes forts, pourtant, de fait, ils sont vrais" Le ministre de l'intérieur du Liban (et futur président) Camille Chamoun s'exprima plus délicatement, énonçant que "le peuple de Palestine a prouvé, à travers sa résistance passée aux impérialistes et aux sionistes, qu'il était digne de l'indépendance," mais "en cette étape décisive du combat ils n'ont pas manifesté autant de qualités." [46]
Il n'est alors guère étonnant que les réfugiés palestiniens imputant aux Juifs leur faillite et leur dispersion soient si rares à l'époque. Lors d'une mission exploratoire à Gaza en juin 1949, Sir John Troutbeck, le chef du Bureau du Moyen-Orient britannique au Caire, peu amical envers Israël et les Juifs, fut étonné de découvrir alors que les réfugiés
n'exprimaient aucune amertume contre les juifs (et pas plus dans cette affaire contre les Américains ou contre nous-mêmes). Ils parlaient avec le plus grand dégoût des Égyptiens et des autres états arabes. "Nous savons qui sont nos ennemis," disent-ils, faisant allusion à leurs frères arabes qui, déclarent-ils, les ont persuadés inutilement d'abandonner leurs foyers … J'ai même entendu dire que beaucoup de ces réfugiés souhaiteraient la bienvenue aux Israéliens s'ils devaient venir ici et reprendre le contrôle de la zone. [47]
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Soixante ans après leur dispersion, les réfugiés de 1948 et leurs descendants demeurent dans les camps sordides où ils ont été confinés par leurs frères arabes depuis des décennies, nourris de haine et de faux espoirs. En attendant, leurs chefs d'autrefois ont gaspillé des occasions successives de bâtir un État.
La tragédie des Palestiniens, c'est que les deux grands dirigeants qui ont déterminé leur évolution nationale au 20ème siècle, Hadj Amin Husseini et Yasser Arafat, le second ayant dominé la politique palestinienne de la seconde moitié des années 60 à sa mort en novembre 2004, étaient des extrémistes mégalomaniaques aveuglés par haine antijuive et profondément hantés par la violence. Si le mufti avait choisi de conduire son peuple en direction de la paix et de la réconciliation avec leurs voisins juifs comme il l'avait promis aux responsables britanniques qui l'avaient nommé à son poste élevé au début des années 20, les Palestiniens aurait eu leur État indépendant sur une partie substantielle du Mandat de Palestine en 1948, leur épargnant l'expérience traumatique de la dispersion et de l'exil. Si Arafat avait placé dès le début l'OLP sur le chemin de la paix et de la réconciliation, au lieu de la transformer en une des organisations terroristes les plus meurtrières des temps modernes, un État palestinien aurait été créé vers la fin des années 60 ou au début des années 70 ; en 1979 à la suite du traité de paix israélo-égyptien ; en mai 1999 en tant qu'élément du processus d'Oslo ; ou au plus tard lors du sommet de Camp David de juillet 2000.
En lieu et place, Arafat a transformé dans les années 90 les territoires placés sous son autorité en véritable État terroriste d'où il a lancé une guerre globale ("l'intifada Al-Aqsa") peu de temps après qu'on lui ait offert un État palestinien indépendant dans la Bande de Gaza et sur 92 pour cent de la Cisjordanie, avec Jérusalem Est comme capitale. Dans ce processus, il a soumis la population palestinienne de Cisjordanie et de la Bande de Gaza à un régime répressif et corrompu dans la pire tradition des dictatures arabes et fait plonger leur niveau la vie dans des profondeurs sans précédent.
Ce qui rend cet aspect de la question encore plus exaspérant, c'est que loin d'être par malheur des personnalités aberrantes, Hadj Amin et Arafat étaient bâtis sur le modèle achevé des leaders cyniques et égocentriques engendrés par le système politique arabe. Pendant le Mandat, la direction palestinienne n'avait eu aucun scrupule à dresser son peuple contre le sionisme et les Juifs, tout en se remplissant les poches avec les fruits de l'esprit d'entreprise juif. De même, les responsables de l'OLP utilisèrent les milliards de dollars versés par les États pétroliers arabes, et dans l'ère d'Oslo par la communauté internationale, pour financer leur mode de vie ostentatoire alors que les Palestiniens des couches populaires trimaient pour gagner leur vie.
Et il en a été ainsi. Six décennies après que le mufti et ses hommes de main ont condamné leur peuple au statut d'apatrides en rejetant la résolution de partage de l'ONU, leurs décisions irresponsables sont reproduites par la dernière génération de dirigeants palestiniens. Ceci s'applique non seulement au Hamas, qui a remplacé l'OLP en janvier 2006 à la barre de l'Autorité palestinienne (PA), mais également à la direction palestinienne censément modérée du président Mahmoud Abbas, à Ahmed Qoreï (négociateur des accords d'Oslo de 1993), à Saeb Erekat et au premier ministre Salam Fayad, qui refusent de reconnaître l'existence même d'Israël comme État juif, et exigent l'application intégrale du "droit au retour."
Il en va ainsi, de même, des antisionistes occidentaux qui au nom de la justice (rien moins) n'appellent pas aujourd'hui pas à l'émergence d'une nouvelle direction arabe, fondamentalement différente, mais au démantèlement de l'État juif. Ce n'est que lorsque cet état d'esprit changera que les Arabes palestiniens pourront se tourner vers l'avenir avec réalisme et mettre derrière eux la "catastrophe" qu'ils se sont infligée à eux-mêmes.
Notes
1 - J.C. Hurewitz, La lutte pour la Palestine (New York : Norton, 1950).
2 - Benny Morris, La naissance du problème des réfugiés palestiniens 1947-1949 (Cambridge: Cambridge University Press, 1987), p. 286 ; Morris, La naissance du problème des réfugiés palestiniens revisitée (Cambridge : Cambridge University Press, 2004), p. 588.
3 - Vladimir Jabotinsky, Le front de la guerre des Juifs (Londres : George Allen et Unwin, 1940), p. 216.
4 - Publié à l'origine en Russie sous le titre "O Zheleznoi Stene," dans Rassvyet, 4 novembre 1923, le "Mur de fer" a été réimprimé plusieurs fois, y compris dans The Jewish Herald (Afrique du Sud), 26 novembre 1937 (Internet ED. http://www.mideastweb.org/ironwall.htm).
5 - Jabotinsky, Le front de la guerre des Juifs pp 216-20.
6 - A.S. Eban, "Note sur une conversation avec Abdel Rahman Azzam Pasha, Londres, 15 septembre 1947," in Neil Caplan, Diplomatie futile (Londres : Frank Cass, 1986), vol. 2, pp 274-76.
7 - David Ben-Gourion, Bama'araha (Tel Aviv : Mapai Publishing House, 1949), vol. 4, seconde partie, p. 265.
8 - Commission Royale pour la Palestine, Rapport. Présenté au secrétaire d'État pour les colonies au Parlement à la demande de Sa Majesté, juillet 1937 (Londres : HMSO ; rep. 1946 ; ci-après Rapport de la Commission Peel), pp 94, 157-58 ; Z. Abramowitz et Y. Guelfat, Hameshek Ha'arvi Be'eretz Israel Uve'artzot Hamizrah Hatichon (Tel Aviv : Hakibbutz Hameuhad, 1944), pp 48-50.
9 - Enquête sur la Palestine. Élaborée en décembre 1945 et janvier 1946 pour l'information de la Commission d'enquête anglo-américaine (réimprimé en 1991 avec l'autorisation du HMSO par l'Institut d'étude de la Palestine, Washington DC), vol. 2, pp 708-15.
10 - Rapport de la Commission Peel, p. 93 (vii).
11 - Pour des manifestations précoces de coexistence judéo-arabe voir, par exemple, Colonial Office, Palestine. Rapport sur l'administration de la Palestine, 1923 (Londres : HMSO, 1924), p. 26 ; Colonial Office, Palestine. Rapport sur l'administration de la Palestine, 1924 (Londres : HMSO, 1925), pp 28, 32, 50 ; Colonial Office, Palestine. Rapport sur l'administration de la Palestine, 1926 (Londres : HMSO, 1927), p. 33 ; Colonial Office, Palestine : Rapport du haut commissaire sur l'administration de la Palestine 1920-1925 (Londres : HMSO, 1925), pp 40-41 ; Haïm Weizmann, "Progrès et problèmes," Rapport confidentiel au Bureau des Colonies, 15 fév. 1922, Lettres et écrits de Haïm Weizmann. Vol.1. Série B, Août 1898-Juillet 1931 (New Brunswick & Jerusalem: Transaction Books & Israel Universities Press, 1983), p. 366 ; Frederick H. Kisch, Journal de Palestine (Londres : Victor Gollancz, 1938), pp 48-49, 54, 73.
12 - Rapport de la Commission Peel, pp 63, 271.
13 - "Conversation avec Awni Abdel Hadi," 3 juin 1920, Archives de la Hagana (ci-après HA), 80/145/11.
14 - Kenneth W. Stein, La question de la terre en Palestine, 1917-1939 (Chapel Hill: University of North Carolina Press, 1984), pp 182, 228-39.
15 - Alors qu'en 1936, selon les statistiques britanniques officielles, 195 Arabes avaient été tués par leurs frères arabes, comparés au 37 britanniques et aux 80 juifs, deux ans après ces chiffres ont atteignirent 503 morts arabes, comparés respectivement aux 255 décès britanniques et aux 77 juifs. En 1939 le nombre de décès resta à un niveau comparable : 414 Arabes palestiniens assassinés par des troupes Arabes, face aux 94 juifs et aux 37 britanniques. Certaines sources arabes palestiniennes ont estimé le nombre d'Arabes assassinés dans une fourchette de 3.000 à 4.500.
Dans une lettre à Abdel Kader Husseini du 18 novembre 1938, Hassan Saleme, se définissant lui-même comme "le chef de Jaffa, de Ramallah, et de la région de Lydda," informait son camarade, un chef militaire, que des "plaintes ont été reçues des villageois de la zone de Jérusalem pour des pillages, des rapines, des meurtres, et des cas de tortures a commis par des individus ignobles habillés comme des combattants de la guerre sainte [c.-à-d., des membres du "Saint Jihad," comme on appelait la force d'Abdel Kader]… J'admets qu'il y a parmi les personnes assassinées des gens qui ont été condamnés à mort, mais quelles étaient les fautes des innocents dont l'argent a été volé, dont le bétail a été pillé, dont les femmes ont été violées, dont les bijoux ont été dérobés, et qui souffrent pour beaucoup d'autres raisons, dont tu as assurément entendu parler ? Notre révolte est devenue une révolte contre les villages et non contre le gouvernement ou contre les Juifs."
Voir : Une enquête sur la Palestine, vol. 1, pp 38, 46, 49 ; L General Staff H.Q, Jérusalem, "Histoire des troubles en Palestine 1936-1939," déc. 1939, Public Record Office (ci-après PRO), WO 191/88; Kenneth Waring, "Les Arabes contre les Arabes : le témoignage des documents des rebelles, " Times, 18 janv. 1939. Pour une traduction en hébreu annotée de la collection complète des documents originaux des troupes arabes, voir Ezra Danin (ed.), Te'udot Udmuyot Meginzei Haknufiot Ha'arviot Bemoraot 1936-1939 (Jérusalem : Magnes Press, 1981 ; première édition en 1944).
16 - Ainsi, par exemple, les achats arabes de blé juif chutèrent de façon spectaculaire en 1937 mais remontèrent brusquement l'année suivante à cause de récoltes particulièrement faibles; environ 70 pour cent du blé juif était vendu au secteur arabe. Réciproquement, avant les violences de 1936-39, environ un tiers de la production agricole arabe palestinienne était vendue au secteur juif. Même les ventes de terres aux Juifs se sont poursuivies à un rythme élevé, la part essentielle des 1300 transactions ou plus dans les années 1936-39 étaient passées par des gens ordinaires. De même, quand en décembre 1938 les travailleurs juifs du port de Haïfa refusèrent de s'occuper d'un bateau allemand après qu'un officier naval allemand eut insulté un manutentionnaire juif, ses collègues arabes suivirent rapidement le mouvement.
Voir Abramowitz et Guelfat Hameshek Ha'arvi, pp 99-105 ; Stein, La question de la terre, p. 182 ; "Minutes de la rencontre avec le directeur de l'Agence juive," 1 janv. 1939, Archives de David Ben-Gourion, Sde Boker (ci-après BGA).
17 - Voir, par exemple, le Hashmona'i à Ben Yehuda, "Les relations avec les villages du voisinage, 24 déc. 1947, Archives des Forces de Défense d'Israël (ci-après IDFA) 1948/500/28 ; Hashmona'i à Shadmi, "Le village de Suba," 22 déc. 1947, IDFA, 1948/500/32 ; 01104 à Tene, "Les relations entre Qatanna et Ma'ale Hahamisha," 23 déc. 1947, ibid. ; Yavne, "Beit Hanina," 2 janv. 1947 et 7 janv. 1948, HA 105/72 pp 27-28 ; 01123 à Tene, "Une ouverture de paix arabe" 14 janvier 1948, ibid, p. 46 ; Segal à Ben Yehuda, "Paix avec Maliha, 10 janv. 1948, IDFA 1949/2644/402 ; Zafrira Din, "Interview de Josh Palmon le 28 juin 1989," HA 80/721/3 ; Noam, "L'ouverture de paix d'Aqir," 12 déc. 1947, HA 105/72, p. 6 ; Tzefa, "L'offre de paix de Ghuoueir Abou Shousha," 16 déc. 1948, ibid. ; Tiroshi, "Requêtes des arabes des environs pour la paix avec les Juifs," 18 déc. 1947, ibid., p. 8 ; "01112 à Tene, "Kafr Qara et Kfar Glikson," 25 janv. 1948, ibid., p. 68 ; 01101 à Tene, "Rencontre entre le chef de village Ard Saris et le Dr. Bihem, le chef de la municipalité de Kfar Atta," 22 janv. 1948, ibid., p. 71 ; " Tene News – Nouvelles quotidiennes," 16 déc. 1947, HA 105/61, p. 59 ; "A nos membres, Bulletin quotidien n°19," 31 déc. 1947, ibid., p. 127 ; " Fortnightly Intelligence Newsletter n°58," publié par l'état-major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs du 18 déc. 47-2359 hrs du 1 janv. 48), PRO, WO 275/64, p. 2.
18 - Voir, par exemple, Naim, "Dans les villages," 25 déc. 1947, HA 105/22, p. 123 ; 00004 à Tene, "Qalandiya s'oppose à des concentrations de troupes," 30 déc. 1947, IDFA 1948/500/28 ; Yavne, "Les évènements de Romema," 2 janv. 1948, HA 105/72, p. 27 ; Yavne, "Silwan-Ramat Rahel," 1 janv. 1948, ibid., p. 30 ; Yavne, "Mécontentement contre Abdel Kader Husseini," ibid., p. 32 ; Le peuple de Qiryat Anavim à Yavne, "Les habitants de Qatanna ont expulsé une force armée arabe de leur village," 5 janv. 1948, ibid., p. 32 ; 02104 à Tene, "Des ouvriers de Maliha et de Qaluniya refusent d'attaquer les Juifs," 7 janv. 1948, ibid., p. 33 ; 00004 à Tene, "Rencontre avec Bani Hassan à Maliha pour discuter l'attitude des troupes," 14 janv. 1948, ibid., p. 46 ; 02204 à Tene, "Maliha," 14 janv. 1948, ibid., p. 47 ; 02204 à Tene, "Qattana," 17 janv. 1948, ibid., p. 50 ; 02104 à Tene, "Résistance contre les troupes," 28 janv. 1948, ibid., p. 72 ; 02104 à Tene, "Refus de fournir des volontaires," 1 fév. 1948, ibid., p. 76 ; 02104 à Tene, "Les villages craignent des représailles," 1 fév. 1948, ibid., p. 80 ; Yavne, "Battir et autres villages," 4 fév. 1948, ibid., p. 84 ; 02204 à Tene, "Opposition de Kastel à l'opération d'Abdel Kader," 6 fév. 1948, ibid., p. 91 ; Yavne à Tene, "Shu'afat," 24 fév. 1948, ibid., p. 114 ; Hiram à Tene, "Shafa'amr," 26 fév. 1948, ibid., p. 116 ; "Tene News," 31 déc. 1947 et 2-4 janv. 1948, HA 105/61, pp 121-22, 158-59 ; "Annexe à News Concentration n° 100," 20 et 24 fév. 1948, IDFA 1949/2605/2 ; "Maliha," 1 Janv. 1948, IDFA 1949/2504/4 ; Événements de Suba, 2 mars -13 Avril 1948, IDFA 1949/5545/114, p. 141.
19 - "A nos membres: circulaire d'informations quotidiennes n°12" 21 déc. 1947, HA 105/61, p. 70 ; "Tene New," 31 déc. 1947, ibid., p. 125 ; Avram, "Jammasin : nouvelles questions, " 9 janv. 1948, HA 105/23, p. 114 ; Tiroshi, "Transport des marchandises arabes," 15 déc. 1947, HA 105/72, p. 7 ; Naim à Tene, "Situation de Felaheen à Gaza," 15 fév. 1948, ibid., p. 103 ; Naim à Tene, "Évacuation du territoire de Wahidat," 22 fév. 1948, ibid., p. 111 ; 00004 à Tene, "Troubles à Sur Bahir," 22 déc. 1947, IDFA 1948/500/60 ; Avram, "Les Arabes de Miska," 8 janv. 1948, HA 105/5a, p. 19 ; Hiram à Tene, "Rencontre entre le chef du village de Yehiam et le maire de Tarshiha," 22 fév. 1948, ibid., p. 31 ; Tiroshi à Tene, "Appel pour un cessez-le-feu et des relations amicales," 7 avr. 1948, ibid., p. 53 ; Tiroshi à Tene, "Ouverture de paix à Baqa Gharbiya," 20 avr. 1948, ibid., p. 79 ; Grar à Tene, "Yasur," 21 avr. 1948, ibid., p. 84.
20 - David Ben-Gourion, Behilahem Israel (Tel Aviv : Mapai Publishing House, 1951 ; troisième ED), pp 28, 43, 54 ; Ben-Gourion, Bama'araha, vol. 4, partie 2, p. 284.
21 - Meahorei Hapargod (édition en hébreu d'un rapport officiel d'une Commission parlementaire irakienne sur la guerre de 1948 publié en septembre 1949 ; Tel Aviv : Ma'arachot, 1954), pp 9, 98-99 ; " Fortnightly Intelligence Newsletter No 64" publié par l'état-major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs 10 Mar.-2359 hrs 23 mars 48), PRO, WO 275/64, p. 4. Arif al-Arif, al-Nakba: Nakbat Bait al-Maqdis wa-l-Firdaws al-Mafqud (Beyrouth : al-Maktaba al-Asriya, 1956), vol. 1, pp 138-39.
22 - Walid Khalidi, Du refuge à la conquête : discussion sur le sionisme et le problème de la Palestine jusqu'en 1948 (Washington, D.C : Institut pour d'étude de la Palestine, 1987), p. lxix.
23 - Ben-Gourion, Bama'araha, vol. 4, partie 2, p. 260 ; Traduction en hébreu de l'interview de Hadj Amin Husseini pour Le Journal d’Égypte 10 novembre 1947, HA, 105/10a, p. 47 ; Radio Beyrouth, 12 novembre 1947, dans Foreign Broadcasts Information Service (FBIS), Section européenne : Émetteur du Proche et Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, 13 novembre 1947, II2, 5 ; " Fortnightly Intelligence Newsletter No. 64," publié par l'état-major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs 10 de Mar.-2359 hrs 23 janv. 48), PRO, WO 275/64, p. 4 ; Service de Presse arabe (Le Caire), FBIS, Section Européenne : Émetteur du Proche et Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, 16 déc. 1947, II1 ; "Nouvelles hebdomadaires de la brigade Alexandroni, 2 mars 1948," HA 105/143, p. 105 ; "Dans le public arabe," 30 mars 1948, HA 105/100, p. 14.
24 - De Macatee au Secrétaire d'État, 31 déc. 1947, Archives nationales, Washington, D.C (ci-après NA), RG 84/800, pp 1-2.
25 - Selon un rapport du correspondant à Haïfa de Palestine Post's, les ouvriers arabes ont attaqué leurs collègues juifs dans la raffinerie avant le bombardement de l'IZL (de Sakran à Tene, 31 déc. 1947, IDFA 1949/481/62). Cette accusation a été amplifiée par une émission de radio d'IZL le 4 janvier 1948, qui a précisé qu'avant le bombardement les ouvriers arméniens de l'usine avaient averti leurs amis juifs d'une attaque imminente: quelques ouvriers juifs en tinrent compte et quittèrent les lieux avant le massacre. L'émission a également rapporté que des armes blanches avaient été pré-positionnées dans toute l'usine et que le massacre est intervenu dans le coin le plus reculé de la raffinerie, à environ deux miles du bombardement, d'où l'on ne pouvait pas entendre les explosions. Voir, David Niv, Ma'arahot Ha'irgun Hatzva'i Hale'umi (Tel Aviv : Hadar, 1980), vol. 6, pp 19-20. Pour les rapports contemporains sur le massacre, voir : "Rapport de la Commission d'enquête municipale sur le désastre de la raffinerie de Haïfa (30 déc. 1947), 25 janv. 1948, HA 80/460/11 ; "Le massacre de la raffinerie," HA 80/460/11 ; "Bulletin d'information," numéro 30, 30 déc. 1947, HA 105/61, p. 117 ; "A nos membres : Bulletin d'information quotidien," 31 déc. 1947, HA 105/61, p. 126.
26 - L'IZL a catégoriquement démenti tous les massacres, affirmant que les pertes avaient causées par des combats acharnés. L'éminent historien palestinien Arif al-Arif concède la circonstance des combats acharnés. Il affirme que les villageois ont tué plus de 100 combattants juifs (le chiffre réel était de quatre morts et 32 blessés), mais il prétend que seuls sept des 110 morts arabes furent tués dans l'action et que les autres étaient des civils pacifiques assassinés dans leurs maisons (Al-Nakba, p. 173). En revanche, un rapport de renseignement de la Hagana publié trois jours après l'événement souligne l'incompétence opérationnelle et de la confusion qui régnait au sein des forces en train d'attaquer, comme leur manque de discipline (qui se manifestait entre autres par des actes de pillage), mais il ne fait aucune mention d'un massacre. al-Nakba, p. 173 ; Yavne à Tene, "L'opération d'Etzel et du Lehi à Deir Yassine," 12 avr. 1948, IDFA 1948/500/35 ; Commandement de l'Irgoun, "Déclaration sur l'affaire de Deir Yassine" , "Déclaration" et "Condamnons l'hypocrisie," avril 1948, Archives de l'Irgoun (ci-après IA), K4-4/10. Au milieu des années 1950 les déclarations sous serment des participants à la bataille démentent avoir assisté à un massacre : IA, K4-1/10, 9/10. Un important fonds d'articles de presse et d'écrits universitaires peut être consulté aux IDFA 2004/26/70. Voir également : "Deir Yassine occupé par l'Irgoun et le Lehi" et "L'Agence juive condamne l'Irgoun et l'opération de Lehi à Deir Yassine" et "Le chef du rabbinat condamne vigoureusement l'incident de Deir Yassine," Ha'aretz, 11/12 avr. 1948 ; "Témoignages de participants à la bataille : 60 heures à Deir Yassine, " Mivrak, 19 avr. 1948, IA K4 ; du Haut commissaire pour la Palestine au Secrétaire d'état aux colonies, "Deir Yassine," 13 avr. 1948, Cunningham Papers, Middle East Center, St. Antony’s College, Oxford University ; du Haut commissaire pour la Palestine au Secrétaire d'État aux colonies, " Weekly Intelligence Appreciation,," 17 avr. 1948, Cunningham Papers ; "Un Arabe de Deir Yassine fait des révélations pour l'anniversaire de Deir Yassine : les juifs n'ont pas planifié un massacre mais engagé une bataille," Herut, 3 juin. 1953 ; "Le premier ministre Ménahem Begin interviewé par Lord Bethel : Deir Yassine - une tragédie dans l'histoire de l'Irgoun, mais les pertes ont été causées par les combats ; il n'y a pas eu de massacre, " Yediot Aharonot, 22 juin 1979.
27 - Dov Joseph, La cité fidèle : le siège de Jérusalem, 1948 (New York : Simon and Schuster, 1960), pp 74-75 ; Harry Levin, Jérusalem assiégée. Un journal intime de la ville sous le siège, du 25 mars 1948 au 18 juillet 1948 (Londres : Victor Gollancz, 1950), p. 70 ; Jerusalem Headquarters, "Université de Haddassah, 17 fév. 22 juin. 1948, "IDFA 1948/500/44 ; "Conclusions de la Commission d'enquête sur le désastre de Sheik Jarah du 13 avr. 1948," 18 avr. 1948 HA 57/95 ; "Rapport de Shalom Hurwitz sur le désastre du convoi du mont Scopus à Cheik Jarah le 13 avr. 1948," 6 juin. 1948, BGA.
28 - De Cunningham à Creech-Jones, 25 et 28 avr. 1948, Cunningham Papers, III/4/52 et III/4/117 ; Tzuri à Tene, "Nouveaux travaux sur l'exode de Tiberiade," 21 avr. 1948, HA 105/257, p. 347 ; " Tene News - nouvelles quotidiennes," 18 avr. 1948, HA 105/62, p. 93 ; Kenneth W. Bilby, Une nouvelle étoile au Proche Orient (New York : Doubleday, 1950), p. 30 ; Filastin, 13, 14, 16 Avr. 1948 ; al-Difa, 11, 12, 13, 14, 15, 16 avr. 1948 ; Radio Jérusalem en arabe pour le Moyen-Orient, 13 avr. 1948 et Radio Damas, 14 avr. 1948, in FBIS, 15 avr. 1948, p. II4 ; Radio al-Sharq al-Adna (Jérusalem), 15 avr. 1948, ibid., 16 avr. 1948, P. II5 ; BBC Television Channel 2, "Cinquante années de guerre : Israël et les Arabes," Programme 1, émission du 15 mars 1998.
29 - De Palestine (Général Sir A. Cunningham) au Secrétariat d'état aux colonies, " Weekly intelligence Appreciation," 22 déc. 1947, Cunningham paper's ; De Palestine (Général Sir A. Cunningham) au Secrétariat d'état aux colonies, " Weekly intelligence Appreciation,"," 24 janv. 1948, PRO, CO 537/3869.
30 - "Tene News – nouvelles quotidiennes", 16 déc. 1947, HA 105/61, p. 59 ; "A nos membres, bulletin quotidien d'informations n° 19," 31 déc. 1947, ibid., p. 127 ; al-Ayam (Damas), 21 déc. 1947, rapporté dans "Informations sur les préparatifs militaires arabes," 1 janv. 1948, Archives sionistes centrales (CZA), S25/3999.
31 - Hashmona'i, "Nouvelles : Économie, " 2 fév. 1948, IDFA 1948/500/60 ; "Dans le camp arabe : nouvelles, " 29 fév. et 28 mars 1948, IDFA 2004/535/479, pp 3-4 ; "Circulaire du Yishouv n° 16," 31 Janv. 1948, K4-31/1/12, IA ; Comité de défense économique, "Nouvelles de l'économie arabe, Bulletin numéro 6," 17-19 avr. 1948, HA 105/143, p. 240.
32 - Hayogev, 5 janv. 1948, HA 105/21a, p. 48 ; "Parmi les Arabes," 22 fév. 1948, IDFA 1948/500/60 ; 02204 à Tene, "La situation des gens de Lifta," 9 fév. 1948, HA 105/3à, p. 61 ; Tiroshi à Tene, "La situation des réfugiés," 12 avr. 1948, HA 105/257 ; Tiroshi, "Recueil de nouvelles de la brigade Alexandroni," 16 avr. 1948, HA 105/143, p. 231 ; Directeur des opérations/direction du renseignement, "Informations sur les fronts Est et Nord," 3 juin. 1948, IDFA 1975/922/1044 ; "Nouvelles sur les questions arabes," 25 avr. 1948, IDFA 1948/500/55 ; "Annexe au numéro 205 du Bulletin d'informations," 29 avr. 1948, IDFA 1949/2605/2.
33 - "Annexe au numéro 185 du Bulletin d'informations," 20 avr. 1948, IDFA 1949/2605/2 ; "Deir Yassine," 17 avr. 1948, IDFA 1949/2605/6, p. 7.
34 - Hiram à Tene, "Les habitants d'Acre et leurs défenseurs refusent de recevoir davantage de réfugiés," 27 avr. 1948, HA 105/257.
35 - C'est ainsi, par exemple, qu'après une attaque du village voisin de Miska contre Ramat Hakovesh (le 19 avril), le chef du kibboutz a dit aux villageois de quitter la localité ou d'assumer les conséquences de leur agression, ce qu'il firent. De même, en plein milieu d'une opération juive en Galilée orientale, le secrétaire du kibboutz Genossar, ainsi que le chef du village arabe de Majdal, ont convaincu les habitants d'évacuer le village et de rendre leurs armes. A Khirbat Beit Lid et Khirbat Azzun, on a conseillé aux villageois de partir puisque les forces juives ne pouvaient pas assurer leur sécurité. Voir : Tiroshi, "Nouvelles de la brigade Alexandroni, 27 avr. 1948," HA 105/143, p. 235 ; Tiroshi à Tene, "Départs de Miska," 27 avr. 1948, HA 105/257, p. 79 ; Tzuri à Tene, "Majdal arabe," 23 avr. 1948, ibid., p. 4 ; Tiroshi à Tene, "Le départ des Arabes des environs," 16 avr. 1948, ibid., p. 89 ; Tiroshi à Tene, "Évacuation de Khirbat Azzun," 20 avr. 1948, ibid., p. 3.
36 - Ezra Danin, Zioni Bekhol Tnai (Jérusalem : Kidum, 1987), vol. 1, pp 216-17 ; Zafrira Din, "Interview de Josh Palmon 28 juin 1989," HA 80/721/3.
37 - J'ai longuement documenté l'épisode de Haïfa dans "Nakbat Haïfa : l'effondrement et la dispersion d'une importante communauté palestinienne," Middle Eastern Studies, vol. 37, numéro 4 (octobre 2001), pp 25-70.
38 - Quinze jours après l'exode, le Haut commissaire britannique Cunningham rapporta à Londres que les Juifs de Tibériade "souhaiteraient la bienvenue [ ] aux Arabes s'ils rentraient chez eux" (du Haut commissaire pour la Palestine au Secrétaire d'état, 5 mai 1948, Cunningham paper's). Voir également : Tzuri à Golani, "Nouvelles : Tibériade," 21 avr. 1948, HA 105/143, p. 275 ; Direction opérationnelle de la Hagana, "Carnets de la guerre d'indépendance, p. 260 ; MacMillan, "Palestine : récit des événements, " 17/18 avr. 1948, p. 37.
39 - Voir, par exemple, Qiryati-Dafna sur tous les fronts, "Les évènements de Jaffa, 11 [avr.] 1948- 20 [avr.], 0740," 2 Mai 1948, IDFA 1949/8275/162 ; de Palestine (Cunningham) au Secrétaire d'état aux colonies, 1 mai 1948, FO 371/68547/E5665/4/71.
40 - Tene à Dan et Hillel, 30 novembre 1947, HA 105/61, p. 5 ; 00004 à Tene, "Rapport de synthèse, 7 déc. 1947," HA 105/61, p. 9 ; Yavne à Tene, "A nos membres dans les bases," 9 déc. 1947, ibid., p. 18 ; "A nos membres dans les bases," Bulletins. 15 et 16, 10 et 11 déc. 1947, ibid., pp 24, 37 ; Yavne, "Évacuation des femmes et les enfants de Lifta," 28 déc. 1947, HA 105/215, p. 23 ; 00004 à Tene, "Les Arabes érigent des postes militaires à Lifta," 14 déc. 1947, IDFA 1949/5253/104 ; "La Vieille Ville," 26 déc. 1947, ibid. ; "Des familles quittent Lifta," 1 janv. 1948, ibid. ; Hashmona'i, "Transformations démographiques à Jérusalem," 25 janv.1948, IDFA 1948/500/60 ; "Dans le camp arabe," 25 janv. 1948, ibid. ; "Colère à Beit Safafa à cause de l'utilisation du village par les forces armées pour attaquer Mekor Haim," 28 janv. 1948, ibid. ; "Beit Safafa" et "L'évacuation de Beit Safafa," 15 et 18 fév. 1948, ibid. ; Yavne à Tene, "Deir Abou Tour," 21 fév. 1948, HA 105/215, p. 81 ; Hashmona'i, "Annexe au numéro 114 de News Concentration," 16 mars 1948, IDFA 1949/2605/2 ; 01204 (Hatzil) à Tene, 21 janv. 1948, ha 105/72, p. 52 ; Yavne à Tene, "Plainte du chef du village de Beit Safafa au NC," 16 fév. 1948, ibid., p. 105 ; "Dans le camp arabe : nouvelles, " 14 mars 1948, p. 2, IDFA 2004/535/479 ; "Dans le camp arabe : nouvelles," 29 mars 1948, p. 2, ibid. ; Yavne à Tene, 15 fév. 1948, HA 105/215, p. 41.
41 - "Tene News," 19 janv. 1948, HA 105/61a, p. 85 ; 02117 à Tene, "A Wadi Hunein," 5 janv. 1948, HA 105/148, p. 195 ; Tiroshi à Tene, "Dannaba," 17 fév. 1948, ibid., p. 219 ; 01132 à Tene, "Vacances de Mir," 8 fév. 1948 et "L'évacuation de Jamala," 8 fév. 1948, HA 105/215, p. 44 ; Tiroshi à Tene, "Hawarith arabe," 18 fév. 1948, ibid., p. 14 ; Avram à Tene, "Renforts de Syrie," 11 fév. 1948, HA 105/21ä, p. 83 ; "Nouvelles arabes," 17 Avr. 1948, IDFA 1948/500/55 ; 02112 à Tene, "Al-Fuqara arabe," 9 fév. 1948, IDFA 1949/6400/66 ; 02122 à Tene, "En provenance de Salim Abdel Rahman," 12 déc. 1947, ibid. ; 01122 à Tene, "Nouvelles classées," 2 déc. 1947, ibid. ; "Annexe au numéro 114 du Bulletin d'informations," 16 mars 1948, IDFA 1949/2605/2 ; "Annexe au numéro 122 de Bulletin d'informations," 23 mars 1948, ibid. ; "Annexe au numéro 126 de bulletin d'informations," 30 mars 1948, ibid. ; "Informations sur les questions arabes urgentes," 29 mars 1948, IDFA 1948/550/55 ; Tzefa à Tene, "Évacuation de Khisas," 26 mars 1948, HA 105/257, p. 106 ; Tzefa à Tene, "Ulmaniya et Waddi Luz," 5 mars 1948, ibid., p. 33 ; Tiroshi à Tene, "Bureika," 6 mars 1948, ibid., p. 33 ; Yavne à Tene, "Isawiya," 30 mars 1948, ibid. ; Tzefa à Tene, "Évacuation des femmes et des enfants des villages arabes de Haute Galilée," fév. 25, 1948, HA 105/215, p. 20 ; Tiroshi à Tene, "Sarkas," 19 fév. 1948, ibid. ; p. 14 ; Tiroshi à Tene, "Al-Nufeiat arabe," 30 mars 1948 et "Sarkas," 20 avr. et "Évacuation de Sarkas," 22 avr. IDFA 1949/6400/66 ; Alexandroni "Sarkas," 11 mars 1948, ibid. ; Yosef Weitz, Yomanai Ve'igroti Labanim (Tel Aviv : Masada, 1965), vol. 3, pp 257, 277 ; Yavne à Tene, "Évacuation des habitants et arrivée des étrangers," 18 avr. 1948, HA 105/257 ; Hiram à Tene, "Propagande arabe sur les évacuations," 30 avr. 1948, ibid. ; Tene, "Migrations des Arabes palestiniens dans la période du 1 dec.47 au 1 juin 48. Annexe 1 : Les villages arabes évacués, " 30 juin 1948, IDFA, 1957/100001/781, p. 4 ; Naim à Tene, "Évacuation des Arabes," 8 avr. 1948, HA 105/143, pp 171, 185 ; Yavne, "Nouvelles arabes," 27 et 30 avr. 1948, ibid., pp 309, 319 ; Tzuri à Tene, "Informations classées," 6 mai 1948, ibid., p. 343 ; Naim à Tene, "Évacuation de Sarafand Kharab," 8 avr. 1948, HA 105/257, p. 290 ; Tzefa à Tene, "Évacuation des villages arabes," 6 avr. 1948, ibid., pp 24, 53 ; Tiroshi à Tene, "Fajja évacué de ses habitants," 14 avr. 1948, ibid., p. 8 ; Tiroshi à Tene, "Évacuation partielle de Qannir," 29 avr. 1948 et "Les habitants de Qannir déplacés à Arara," 29 avr. et "Qanir," 3 mai 1948, IDFA 1949/7249/129 ; Journal intime de Yosef Weitz, 4 mai 1948, CZA, A246/13, pp 2373-74 ; Hiram à Tene, "Évacuation de la tribu arabe de Zubeidat," 16 avr. 1948, HA 105/5â, p. 67 ; rapport d'une source arabe sur l'ordre de la légion arabe d'évacuer les villages, 12 mai 1948, IDFA 1949/5545/114, p. 11.
42 - Cunningham au Secrétaire d'État aux colonies, 26 avr. 1948, Cunningham Papers ; " Fortnightly Intelligence Newsletter n°67," publié par l'état major des troupes britanniques en Palestine (pour la période 2359 hrs 19 avr.-2359 hrs 3 mai 48), PRO, WO 275/64, p. 1. Voir également : Général Sir A. Cunningham au Secrétaire d'État aux colonies, " Weekly Intelligence Appreciation," 1 mai 1948, PRO, CO 537/3869.
43 - Arif, al-Nakba, p. 179.
44 - Muhammad Nimr Khatib, Min Athar al-Nakba (Damas : al-Matba’a al-Amumiya, 1951), p. 287.
45 - Radio Beyrouth, 4 mai 1948, FBIS, Section Européenne : émetteur du Proche-Orient, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, 5 mai 1948, II2 ; "Nouvelles de la brigade Alexandroni," 9 avr. 1948, HA 105/143, p. 174 ; de Philip Ernst (consul des États-unis à Port Saïd) au Département d'État, "Arrivée de réfugiés arabes de Palestine," 29 avr. 1948 (expédié le 11 mai), RG 84, 800 -- Réfugiés ; Radio Beyrouth, 25 avr. 1948, SWB, numéro 48, 29 avr. 1948, p. 60 ; de Campbell (le Caire) au Haut commissaire pour la Palestine,1 mai 1948, Cunningham Papers.
46 - Radio Beyrouth, 7 mai 1948, in BBC Summary of World Broadcasts: Western Europe, Middle East, Far East, and Americas (SWB), numéro 50, 13 mai 1948, partie III, p. 57.
47 - Sir J. Troutbeck, "Synthèse d'impressions générales recueillies pendant un week-end de visite dans la zone de Gaza," 16 juin 1949, PRO, FO 371/75342/E7816, p. 123.
Au sujet de l'auteur
Efraim Karsh est chef des Études méditerranéennes au King College de l'Université de Londres. Son ouvrage le plus récent est Une histoire de l'impérialisme islamique : (Yale). M. Karsh remercie avec reconnaissance Roger et Susan Hertog de leur soutien généreux de la recherche sur laquelle s'appuie le présent article.
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