24.3.09

Affaire Fofana : la famille d'Ilan veut un procès public



Enlevé dans le but d'obtenir une rançon, Ilan Halimi avait été retrouvé agonisant près d'une voie ferrée le 13 février 2006. Crédits photo : AP


Stéphane Durand-Souffland

La mère de la victime souhaite que l'audience fasse oeuvre de pédagogie afin que son fils, enlevé et torturé par une bande en 2006, ne soit pas «mort pour rien».

Le procès de Youssouf Fofana et de ses complices présumés du «gang des barbares», qui répondent du meurtre d'Ilan Halimi, doit s'ouvrir le 29 avril prochain devant la cour d'assises des mineurs de Pa­ris. Bien que la mère de la victime souhaite que les débats soient publics, ils risquent de se tenir à huis clos. Et ce, en raison de la présence, parmi la trentaine d'accusés, de J. et E., mineurs à l'époque des faits. Récemment, en effet, E. a fait savoir à la partie civile qu'elle voulait comparaître sans observateurs.

«Pour Mme Halimi, un procès public aurait une vertu pédagogique. Il permettrait de mieux comprendre l'engrenage criminel, de faire réfléchir parents et adolescents. C'est la loi du silence qui a tué son fils, il serait intolérable qu'elle s'impose encore aux assises, en cas de huis clos», s'indigne son avocat, Me Francis Szpiner.

Or, un mineur devenu majeur peut obtenir la publicité des débats : «Je pensais, renchérit Me Szpiner, qu'E. répondrait favorablement à l'unique requête de Mme Halimi car, en février 2008, cette jeune femme avait écrit une lettre aux parents d'Ilan. Si elle est sincère, elle doit accepter la demande de ma cliente : la publicité des débats peut faire réfléchir ceux qui pourraient se laisser entraîner dans ce type d'entreprise criminelle, et si cela pouvait dissuader ne serait-ce qu'une personne, Mme Halimi aurait le sentiment que son fils n'est pas mort pour rien. Pour Ilan, on ne peut plus rien, hélas. Mais la médiatisation d'une audience aussi particulière pourrait sans doute éviter d'autres drames. E. a jusqu'au 29 avril pour changer d'avis.» Le Figaro n'a pas pu joindre, lundi, Me Dominique Attias, avocate de E.

Me Martine Scemama, conseil de J., explique qu'elle n'a pas encore abordé la question avec son client, à qui revient le dernier mot. Mais à titre personnel, elle est partisane de la publicité des débats, au motif que le «huis clos a aussi pour but de protéger la police, qui ne répondrait pas publiquement d'une enquête ratée». Pour autant, Me Scemama déplore la « perversité» de l'institution, qui cherche à faire porter la responsabilité de la décision finale à J., à E., et à leurs avocats.

Plusieurs semaines de détention

Ilan Halimi avait été attiré dans un guet-apens, le 20 janvier 2006. Ses ravisseurs, dirigés selon l'accusation par Fofana, réclamaient 450 000 euros à ses proches. Dé­tenu pendant plusieurs semaines sans que quiconque ne donne l'alerte, le jeune homme avait été retrouvé le 13 février, agonisant, près d'une voie ferrée.

La bande aurait choisi d'enlever un jeune Juif car, dans son esprit, les membres de cette communauté ont de l'argent, sont solidaires et donc susceptibles de réunir la rançon exigée. Cette motivation, nourrie des pires clichés antisémites, a été retenue à charge dans l'or­donnance de mise en accusation, de même que les actes de torture et de barbarie. Plusieurs mis en cause encourent la réclusion à perpétuité.


lefigaro.fr

Le rapporteur de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU: Israël a commis des crimes de guerre


Dans un texte qu'il [a présenté] lundi devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, le Rapporteur spécial onusien sur la situation dans les Territoires palestiniens, Richard Falk, appelle à une "enquête d'experts" pour déterminer si, étant donné le contexte, il était possible aux Israéliens de distinguer entre cibles militaires et population civile.

"Si ce n'était pas possible, alors l'offensive est par nature illégale et constitue un crime de guerre de la plus grande ampleur", écrit-il.

M. Falk souligne au passage que "sur la base des éléments de preuve actuellement disponible, il y a des raisons d'en arriver à cette conclusion".

Il estime que le "recours à la force" par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes sur son territoire - motif invoqué pour le déclenchement de l'offensive - n'était "pas justifié du point de vue légal étant donné (...) les alternatives diplomatiques disponibles".

(AFP - Source : Le Figaro.)

Comme le font remarquer de nombreux observateurs objectifs - et, bien entendu, les partisans du bon droit d’Israël (ce qui n’implique pas la "perfection") -, il est difficile de ne pas percevoir la détestation de l’Etat juif, qui anime ce Haut fonctionnaire onusien. Falk n’est pas n’importe qui : professeur de droit international à Princeton, il a la réputation d’être un expert en matière d’abus du droit international dans les conflits entre Etats et minorités nationales. Il est devenu célèbre dans les hautes sphères internationales des adversaires et des critiques irréductibles d’Israël en comparant les opérations militaires israéliennes aux exactions nazies et Gaza au Ghetto de Varsovie.

C’est d’ailleurs cette hostilité extrême qui lui avait valu d’être gardé à vue, dès son arrivée sur le territoire israélien au début de l’opération de Tsahal contre le Hamas en décembre dernier, puis d’être expulsé. http://www.reuters.com/article/worldNews/idUSTRE4BF5DZ20081216), où il tentait d’entrer illégalement, au tout début de l’affrontement entre Tsahal et le Hamas.

Il s’est déjà "vengé" en janvier 2009, lors d’une interview à Al Jazeera, en ligne sur Youtube (première partie; deuxième partie).

La presse écrite et télévisuelle française s’est faite l’écho de ses propos sévères à l’encontre d’Israël, lors d'une session de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, à Genève, qui a eu lieu hier.

Bref un homme dangereux et influent qui semble prêt à tout pour porter atteinte à l’honneur et à la crédibilité d’Israël.

Menahem Macina

© upjf.org

Mis en ligne le 24 mars 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

23.3.09

Tensions entre Téhéran et les pays arabes



Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.
Photo: AP , JPost

"La Ligue arabe met en garde l'Iran contre l'atteinte à la souveraineté ou l'indépendance de n'importe quelle nation arabe" (JPost).


Source: Jerusalem Post en français



Le vice-secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Bin Hali, a en effet accusé Téhéran d'énoncer des déclarations provocatrices à l'encontre d'Etats arabes. Il a déclaré que l'interférence iranienne dans les affaires palestiniennes n'était pas justifiée.

Les déclarations de Bin Ali font suite à une impasse diplomatique survenue le mois dernier entre l'Iran et le Bahreïn, quand un responsable iranien a remis en question la souveraineté de cet archipel du golfe Persique.

Ses commentaires ont provoqué des réactions furieuses dans le monde arabe. Suite à cet incident, le Maroc a rompu ses liens avec l'Iran.

Bin Hali a également nié que l'Iran était invité à participer au sommet de la Ligue arabe à Doha, la capitale du Qatar, le 30 mars prochain.

Ces déclarations, à la veille du sommet de la Ligue arabe, pourraient avoir été prononcées dans le but de rassembler les puissances arabes, récemment divisées lors de la récente opération de Tsahal à Gaza.

La Syrie, l'Iran et le Qatar ont soutenu le Hamas dans le conflit. L'Egypte et l'Arabie Saoudite ont, pour leur part, pris leurs distances face à l'opération, et sont considérées comme étant du côté de l'Autorité palestinienne, dirigée par le Fatah.

Ces querelles récentes soulignent les tensions entre les Sunnites et les Chiites dans le monde musulman, en particulier entre les pays sunnites et l'Iran.

Les Sunnites s'inquiètent de la perspective d'un Iran nucléaire, même si Téhéran jure que l'objectif de son programme controversé est pacifique et qu'il consiste à créer de l'énergie - et non pas la bombe atomique, comme l'affirment de nombreux pays occidentaux.


© Jerusalem Post en français

Iran : La Russie attend le bon moment pour livrer les S-300




Il y a peu Moscou a annoncé que la livraison des 5 batteries de missiles défensifs S-300 à l’Iran dépendrait de « l’évolution de la situation internationale ». Il a également insinué que ceci devait être interprété comme un report de la livraison en échange d’un abandon du projet de bouclier antimissile américain : fausse piste. La Russie attend le bon moment pour livrer les S-300. | Décodages |


En 2007, l’année faste des ventes d’armes russes, la Russie a vendu 5 batteries de missiles anti-missiles S300 à l’Iran pour 800 millions de dollars. Ce système très performant permettrait aux mollahs de repousser toute frappe aérienne ou balistique contre leurs installations nucléaires. Mais très vite, Moscou a renoncé à la livraison car il a compris que l’objectif de Téhéran était de neutraliser ces menaces, afin de tenir tête longuement aux Américains pour marchander son ralliement au camp américain. Ce ralliement est la hantise de la Russie car son enjeu est le libre accès américain à Asie Centrale, région qui est à l’origine d’une grande partie des revenus gaziers de la Russie.

Cette affaire des S300 est assez représentative de la situation : il y a un bras de fer irano-américain, mais aussi un composant russe. La Russie doit nécessairement faire échec à une entente irano-américaine. Pendant l’année 2008, elle ainsi refusé d’honorer son contrat pour la livraison des S-300 afin de ne pas donner aux mollahs les moyens de continuer les marchandages précédant les vraies négociations officielles. Cette situation est révolue avec l’arrivée d’Obama qui a trouvé l’ingénieuse idée de proposer un dialogue sans conditions préalables à l’Iran, une approche qui tue dans l’œuf le principe même des marchandages occultes et interminables. Les mollahs sont désormais devant un choix simple : accepter des compromis ou admettre leur mauvaise foi et s’attendre à un renforcement des sanctions et même à un soutien que l’Occident a jusque-là refusé à leurs opposants. Dans ces conditions, la Russie n’a d’autre choix que de se raviser et livrer les missiles si elle voit s’approcher le spectre des compromis, prélude à la capitulation des mollahs !

La Russie dispose même d’un argument choc pour se raviser : « l’évolution de la situation internationale » ! En effet, si Obama parlait aux mollahs, cela serait une sacrée « évolution de la situation internationale ». Très sagement, Moscou a même évoqué le sujet : « l’exécution du contrat dépendra pour beaucoup de l’évolution de la situation internationale et des décisions des dirigeants du pays »… Le dialogue d’Obama avec les mollahs (devenus fréquentables) sera un motif plausible pour la livraison des S-300.

La Russie estime que Téhéran n’a plus le choix de refuser le dialogue que lui propose tonton Obama. Elle a commencé à s’adapter à cette réalité : hier, elle nous faisait part de la nécessité de reconnaître le droit à l’enrichissement pour l’Iran, mais aussi la nécessité de lui accorder un rôle régional vaste. Si ces deux pistes ne réussissent pas à aider les mollahs à échapper aux Américains, dès que l’Amérique sera en position de soumettre les mollahs, Moscou livrera les S-300. Ceci boostera Téhéran et lui donnera les moyens de relancer la crise en espérant une capitulation américaine car la livraison des S-300 sera aussi la fin de l’option militaire.

En attendant cette sacrée « évolution de la situation internationale », Moscou occupe les médias en expliquant que sa décision de reporter la livraison doit être interprétée comme un geste de bonne foi pour obtenir un abandon du projet de bouclier antimissile américain. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

www.iran-resist.org

22.3.09

La jeunesse allemande et l'antisémitisme



Une inscription antisémite "Tous les Juifs doivent mourir", dans une rue londonienne, en février dernier.
Photo: AP , JPost
La jeunesse allemande et l'antisémitisme
Par JTA


Les leçons de l'Histoire ont-elles été apprises ? Apparemment non puisque un sondage montre une tendance inquiétante parmi la jeunesse allemande : plus de 14 % des adolescents de l'ancien foyer nazi estiment que les Juifs méritaient leur persécution durant la Seconde guerre mondiale.

Autre signal d'alarme : un jeune sur vingt préfère rejoindre un groupe d'extrême droite qu'un club étudiant. Dans certaines villes, la proportion monte même à 10 % des adolescents.

Des chiffres dignes d'un autre temps mis en lumière par l'Institut de recherche criminelle basé à Hanovre. L'organisme a interrogé 46,610 étudiants allemands. L'enquête a été publiée sous le titre évocateur " la jeunesse comme victime et comme auteur de violence".

Selon le sondage, l'antisémitisme secoue davantage les jeunes de l'ancienne Allemagne de l'Est : 7 % des jeunes originaires de l'ancien territoire du bloc soviétique montrent des signes très clairs d'antisémitisme et de xénophobie. La proportion tombe à 3 % pour les jeunes d'Allemagne de l'Ouest.

Selon le directeur de l'institut, Christian Pfeiffer, cet écart s'explique par des années de propagande anti-israélienne initiée par l'ancien régime communiste est-allemand.

Autre conclusion du sondage : la haine raciale semble toucher plus les garçons que les filles. Selon Pfeiffer, celles qui rejoignent les organisations extrémistes le font souvent pour rejoindre leur petit-ami.


Les résultats choquants de cette étude ont alerté la classe politique allemande. Pour le ministre de l'Intérieur, Wolfgang Schaeuble, un des remèdes à cette dangereuse escalade serait d'investir massivement dans les clubs de sport afin de détourner les jeunes des appels de mouvements extrémistes.

Même message du côté de Juliane Wetzel, la responsable éducative du centre de recherche contre l'antisémitisme à Berlin : " Il est important d'entrer en contact avec ces jeunes qui ne croient plus en leur avenir." Un impératif absolu pour ne pas retomber dans les années les plus noires de l'Allemagne.

Iran : La Russie s’adapte à un dialogue irano-américain


Lors d’un débat avec Javier Solana à Bruxelles, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve d’une volonté iranienne de fabrication d’arme nucléaire. Il s’est ainsi dressé clairement contre les positions américaines qui justifient le maintien des sanctions contre l’Iran. La levée des sanctions est une condition sine qua non posée par Téhéran pour accepter de dialoguer avec Washington. La Russie semble avoir choisi sa tactique pour influer sur ce dialogue qui semble inévitable et dont elle est exclue.


La Russie a besoin de l’Iran pour bloquer l’accès à l’Asie Centrale et les mollahs de la Russie pour bloquer les Américains (au Conseil de Sécurité). Mais leur alliance n’est pas amicale : pour profiter de cette protection russe, l’Iran a dû renoncer à servir de couloir d’accès vers l’Asie Centrale et par conséquent à renoncer à des milliards de dollars qui font la fortune de la Russie et de Gazprom.

Cependant, bien que liés par intérêts, leurs statuts diffèrent : la Russie n’a pas le choix alors que les mollahs si. Les Russes doivent garder l’Iran ou périr alors que Téhéran peut changer de bord et il est en plus courtisé par Washington pour faire ce choix. Ce choix offrirait l’Asie Centrale (fournisseur de gaz à la Chine et à la Russie) sur un plateau aux Américains.

D’ailleurs, pressé de réaliser cet exploit aux multiples retombées économiques et stratégiques, tous les jours depuis son élection, Obama fait des offres de dialogue sans conditions préalables aux mollahs. Téhéran refuse car Obama a renoncé aux conditions préalables imposées par son prédécesseur George Bush, mais d’aucune façon aux sanctions adoptées par le même homme. Si Téhéran acceptait l’offre de dialogue d’Obama, il lui faudrait faire des compromis, ce qui reviendrait à renoncer au Hamas et au Hezbollah, ses moyens de pression régionale, alors que dans le même temps les Etats-Unis conserveraient leurs moyens de pressions, c’est-à-dire leurs sanctions qui pénalisent lourdement Téhéran. Autant dire qu’accepter ce dialogue serait une capitulation. C’est d’ailleurs pourquoi Washington continue et que les mollahs refusent.

Récemment pour casser cette stratégie de fuite, Washington a invité les mollahs à participer à une conférence sur la stabilité de l’Afghanistan. Les mollahs ont refusé, forçant Washington à les poursuivre de leur assiduité dans une conférence organisée à Moscou sur le même thème afghan. Même si les mollahs se dérobent à cette rencontre, cela ne fait plus de doute qu’ils ne pourront plus renouveler cet exploit pour longtemps, ils devront bientôt entamer le dialogue avec les Américains. D’où cette récente intervention de la diplomatie russe : puisqu’elle ne peut empêcher cette rencontre, elle entend donner aux mollahs les moyens de résister à la capitulation face aux Etats-Unis.

Pour aller dans ce sens, il a parlé contre le maintien des sanctions américaines et aussi contre leur volonté de priver Téhéran de son rôle régional. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé samedi qu’il n’y avait aucune preuve que l’Iran soit en train de fabriquer une arme nucléaire car son programme est sous la surveillance des caméras de l’AIEA (le gendarme nucléaire de l’ONU). Il a appelé à renforcer cette surveillance qui détecterait toute manipulation suspecte des centrifugeuses pour augmenter leur capacité d’enrichissement. Moscou a ainsi plaidé, comme El Baradai, en faveur d’un droit à l’enrichissement à faible taux ce qui va à l’encontre des sanctions adoptées par le Conseil de Sécurité contre l’actuel programme iranien qui est justement un enrichissement à taux faible à usage civil.

L’approche russe est très intéressante car les Américains ont toujours légitimé leur train de sanctions en se référant aux résolutions du Conseil de sécurité. Incapable d’imposer une levée des sanctions américaines, Moscou cherche à priver ces sanctions de leur légitimité.

Il a également appelé la communauté internationale à négocier avec les mollahs « sur tous les problèmes du Proche-Orient », mais aussi à propos de l’Irak ou encore l’Afghanistan. Selon le chef de la diplomatie russe, « il faut dialoguer en considérant que l’Iran représente une partie constructive de la solution, pas une partie du problème ». C’est un soutien sans ambiguïté au rôle régional des mollahs. La Russie entend renforcer les mollahs sur tous les plans, car elle préfère un allié peu coopératif à un voisin stratégique totalement soumis à son ennemi américain.

La Russie n’est pas la seule à avoir fait ce choix dans le groupe des Six (Conseil de sécurité+Allemagne), un autre membre de ce groupe a fait ce même choix. Il s’agit de la Grande-Bretagne dont la suprématie sur le marché pétrolier sera menacée par la mainmise américaine sur l’Asie Centrale.

La semaine dernière dans un discours très commenté, Gordon Brown a apporté son soutien à un programme nucléaire iranien qui aurait le droit d’enrichir à faible taux « sous la surveillance de l’ONU » (c’est-à-dire par un accord du Conseil de Sécurité et via l’AIEA). Une semaine auparavant, il avait entamé un dialogue avec le Hezbollah, reconnaissant indirectement du rôle régionale des mollahs. Ce dialogue avait perturbé les Américains au point de protester publiquement contre leur allié, mais néanmoins concurrent pétrolier.

Ce positionnement anti-américain pourrait intéresser la Chine, mais aussi d’autres alliés, mais néanmoins concurrents des Etats-Unis au sein des Six. C’est pourquoi Lavrov a choisi une rencontre avec son homologue européen Javier Solana pour exposer ses propositions pour un compromis avec l’Iran. Rien n’est joué.


www.iran-resist.org

21.3.09

Israël/ Il faut prendre Solana au sérieux



par Michel Gurfinkiel




L'Europe n'existe pas en tant que puissance. Javier Solana n'existe pas en tant que ministre européen des Affaires étrangères. Ce n'est pas une raison pour qu'Israël ne réagisse pas à une nouvelle campagne labélisée UE

« L’Union européenne serait contrainte de réévaluer ses relations avec l’Etat d’Israël si ce dernier remettait en question la création d’un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza. » C’est la menace que Javier Solana, le responsable de la politique étrangère commune de l’Union, a cru devoir proférer dimanche dernier devant quelques journalistes, à l’issue d’une rencontre avec des personnalités palestiniennes et égyptiennes.

Pour l’instant, ces propos n’engagent que leur auteur, qui lui-même ne représente pas grand chose. Faut-il le rappeler ? L’Europe actuelle – celle qui n’a pas voulu ou pu ratifier le traité constitutionnel de 2005 - n’est ni une fédération, ni même une confédération, mais un club où chaque Etat membre veille jalousement sur sa souveraineté.

Elle n’a pas d’exécutif habilité à prendre des décisions communes vis à vis du monde extérieur. Certains de ses représentants bénéficient d’un statut diplomatique ; mais il n’y a pas de diplomates européens en tant que tels, et les quelques tentatives visant à regrouper plusieurs ambassades européennes dans telle ou telle capitale extérieure, afin de pratiquer des économies d’échelle, ont toutes échouées. Sur le plan stratégique, plusieurs Etats européens se situent en dehors de l’Otan (la France vient seulement de reintégrer cette organisation). Quatre Etats – l’Irlande, la Suède, la Finlande et l’Autriche – sont officiellement « neutres », c’est à dire qu’ils refusent de participer à une politique commune de défense. Un cinquième – Chypre – se déclare toujours « non-aligné », ce qui revient à peu près au même.

En 2003, la moitié de l’Europe soutenait l’intervention américaine en Irak, et l’autre s’y opposait catégoriquement. En 2007, le président français Nicolas Sarkozy a lancé son projet d’Union pour la Méditerranée sans concertation avec les autres Etats européens et en dépit des réserves de certains d’entre eux, à commencer par l’Allemagne. Il en va de même du Moyen-Orient, de l’Iran et d’Israël. Certains pays sont actuellement favorables à l’Etat juif : l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la République tchèque, la Pologne. D’autres y sont hostiles : l’Espagne, l’Irlande. D’autres enfin, comme la France, cherchent à combiner une attitude plus ouverte à l’égard d’Israël avec le maintien de « liens traditionnels » avec le monde arabe et islamique.

Dans ce contexte, Javier Solana ne joue qu’un rôle symbolique, ou au mieux consultatif. Il dispose d’un titre, d’un cabinet, de collaborateurs. Il peut préparer des dossiers, rencontrer des chefs d’Etat ou de gouvernement, prendre position. Il est même chargé, ex officio, de suivre ce qu’il est convenu d’appeler la « feuille de route » : le « processus de paix » mis en place en 2002 sous l’égide du président américain George W. Bush. Mais il n’a ni mandat ni autorité pour formuler une politique globale de l’Union. Ou à plus forte raison pour l’appliquer.

Israël aurait cependant tort de prendre les propos de Solana a la légère. Ceux-ci expriment bien les sentiments ou les calculs d’une partie des Etats membres et de leurs opinions publiques. Et il suffirait de peu, d’élections perdues dans un ou plusieurs Etats, voire d’un changement de personnalités au sein d’un ou de plusieurs gouvernements, pour qu’un consensus anti-israélien se substitue, chez les Vingt-Sept, aux divergences actuelles. Sans le devenir en droit, l’Europe deviendrait une fédération ou une confédération en fait. Et elle disposerait d’une réelle capacité de nuisance face à l’Etat juif.

Il est facile de contrer Solana. Israël a pris des engagements envers les organisations palestiniennes, y compris celui d’un partage de la Palestine historique entre deux Etats et deux peuples. Mais ces engagements avaient leur contre-partie : d’autres engagements, de la part de ces mêmes organisations, en vue de reconnaître formellement Israël en tant qu’Etat juif et de renoncer à toute violence à son égard, y compris sous la forme du terrorisme. On sait par ailleurs - c’est là un principe fondamental du droit – que si l’une des deux parties ne remplit ses obligations, le contrat est nul et non avenu, et la partie lésée est en droit d’exiger des compensations. L’Union européenne a-t-elle averti la partie palestinienne, au cours des dernières années, que faute de s’en tenir à ses propres obligations, elle perdait ce qu’elle avait acquis, et pourrait être pénalisée ? Est-elle intervenue auprès de l’Autorité palestinienne pour mettre fin au soi-disant « culte des martyrs », c’est à dire à l’apologie du terrorisme ? Et auprès du Hamas pour qu’il cesse ses tirs de missiles contre le territoire israélien ? La réponse est non, évidemment. Sur toute la ligne.

Encore faut-il qu’Israël veuille contrer Solana, se défendre et monter au créneau. Sous le gouvernement Kadima, avec Tsipi Livni aux Affaires étrangères, ce n’était pas le cas. Un gouvernement de droite conduit par le Likoud peut-il mieux faire ? Si j’étais Israélien, je dirais qu’il en va du salut de la patrie.


© Michel Gurfinkiel & Hamodia, 2009

COMMUNIQUE DU BNVCA

Le BNVCA dépose plainte contre les organisateurs,instigateurs,auteurs, complices et autres qui,dans des MAGASINS CARREFOUR appellent et incitent au boycott de produits en provenance d'Israel ou fabriques par des marques en rapport avec cet Etat.

Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme a été alerté par des internautes, et de très nombreux autres citoyens indignés et ulcérés par la présence, sur le net, de vidéos en ligne montrant des personnes qui, devant les magasins « CARREFOUR » de Saint-Denis, Gennevilliers et Aulnay - sous -Bois, ou devant les rayons, appellent au boycott des produits fabriqués, ou venant d’Israël, et incitent les clients à boycotter ces articles.

Ces appels à boycott , organisés, constituant des délits prévus et réprimés par la loi, le BNVCA a décidé de déposer plainte contre les organisateurs, instigateurs,auteurs,complices de ces appels à boycott.

Ce type de campagnes sont de nature à inciter à la haine d’Israël qui, à court ou moyen terme, poussent à l’acte antijuif sur notre territoire : exemple :
- « les israéliens vendent des lingettes bébé, alors qu’ils tuent des enfants palestiniens etc.… »

Les vidéos en question sont aussi proposées par le site EUROPALESTINE.COM de l’Association CAPJPO. Elles montrent des opérations commandos, organisées pour appeler au boycott. La première s’est déroulée le 14 février 2009 dans les magasins CARREFOUR de SAINT-DENIS ( 93) La seconde s’est déroulée le 21 février 2009 dans les magasins CARREFOUR de GENEVILLIERS (92) La troisième s’est déroulée le 07 mars 2009 dans le magasin CARREFOUR d’AULNAY (93).

L’Association du Secours Français Pour Israel, (SFSI) ainsi que le Conseil des Communautés Juives de Seine Saint Denis( CCJ 93) ont également déposé plainte auprès du Procureur de la République de Bobigny pour les même motifs.
Nous demandons aux dirigeants des magasins CARREFOUR de ne pas se laisser intimider par ces délinquants, et continuer de proposer à leur clientèle les nombreux articles en provenance d’Israel, sans discrimination.
.


Sammy GHOZLAN

20.3.09

Comment Israël pourrait frapper les sites nucléaires iraniens

C'est un rapport particulièrement instructif que vient de publier le prestigieux et (très) influent "Centre pour les Etudes Internationales et Stratégiques (CSIS en anglais) de Washington.

Son thème? "La possibilité d'une frappe israélienne sur les installations nucléaires iraniennes."

La conclusion de son rédacteur, Abdullah Toukan, après des mois de recherches?

Tsahal aurait intérêt à frapper non pas avec son aviation mais avec ses missiles balistiques Jéricho 3 d'une portée de 2600 à 3500 kilomètres.

Problèmes de ravitaillement en vol, d'autorisation de survol.... selon ce document, l'utilisation de bombardiers serait très risquée et aléatoire.

En revanche, il serait possible pour Israël de détruire une bonne partie des trois installations principales iraniennes (les connues, en tous cas) en utilisant une quarantaine de missiles Jéricho 3:

- 5 Jéricho sur le centre de retraitement de l'uranium d'Ispahan.

- 34 sur l'usine d'enrichissement de Natanz

- et 3 sur le réacteur au plutonium d'Arak.

La Russie n'ayant pas livré les batteries sol-air S300 pouvant intercepter des Jericho, ces derniers pourraient atteindre leurs cibles avec une précision de 12 mètres, selon le rapport.

Toujours selon ce rapport, frapper la centrale de Busher serait, en revanche, extrêmement risqué.

A cause des risques de "dégats collatéraux".

De telles frappes sur Busher pourraient en effet coûter la vie à des milliers de civils immédiatement et d'autres milliers de morts plus tard en Iran mais aussi dans les Etats du Golfe limitrophes (Bahrein, Qatar, EAU).

Sans parler, bien sûr, des immenses risques politiques que telles frappes sur Busher -et sur les autre sites- feraient courir à Israël et à ses amis.

« Crimes de guerre à Gaza » : des « témoins » se rétractent !



Une fois de plus, nous sommes en train d’assister à une tentative conjointe d’entacher l’image de Tsahal et de porter atteinte à l’éthique de nos soldats, qui doivent lutter non seulement contre les ennemis de l’extérieur, mais aussi contre ceux de l’intérieur qui cherchent à les faire passer pour des barbares.

Suite à la publication par le journal « Haaretz (tiens donc…) sur des « témoignages » soudains de soldats lors d’un congrès de l’Académie prémilitaire « Itshak Rabin » concernant des « cas graves de violation des lois de l’éthique militaire lors de l’Opération Plomb Durci », pas moins de dix organisations israéliennes de défense des Droits de l’Homme se sont adressées ce jeudi au Conseiller juridique du gouvernement, afin que ce dernier revienne sur sa décision « de ne pas créer de commission d’enquête sur le comportement des soldats de Tsahal durant l’opération militaire ».

De leur côté, les députés arabes israéliens, se souvenant soudain que les droits de l’Homme existent, montaient au créneau, exigeant la création immédiat d’une « commission d’enquête nationale sur les crimes de guerre israéliens ».

A Tsahal même, le Procureur général militaire Avihaï Mendelblitt annonçait l’ouverture d’une enquête interne sur « des comportements illégaux présumés de soldats israéliens durant l’Opération Plomb Durci ».

Et inutile de dire comment ces éléments d’information non vérifiés, mêmes s’ils étaient marginaux, se sont répandus comme feu de paille dans les médias internationaux.

Les témoins portaient effectivement des accusations très graves : l’un d’eux « avait vu un camarade tirer à vue sans sommation sur une femme et un enfant qui s’approchaient d’eux, les tuant tous les deux ». Un autre, affirmait avoir vu « un camarade tirer sur une femme âgée en connaissance de cause ».

Préoccupé par ce soudain phénomène, le commandant de la division dont font partie ces soldats, a tenu à les convoquer un à un pour entendre leur témoignage. Or il s’avère déjà que le témoignage de deux d’entre eux s’effrite, de leur propre aveu. Celui qui affirmait avoir « vu » un camarade viser et tuer la femme et son enfant, donnait à présent une autre version : « Je n’ai pas vraiment vu ça. Il y avait des bruits qui couraient. Je n’étais même pas à l’endroit où cela s’est passé. Ce sont des choses qui se sont dites lors d’une réunion à l’Académie Rabin, vous savez, des discussions entre copains ». Un deuxième soldat, celui qui prétendait avoir vu son camarade tirer sur un vieillard depuis un toit, déclare « qu’il ne connaît pas bien les détails de ce fait, mais je sais à peu près ».

Même Dany Zamir, le Directeur de l’Académie prémilitaire « Rabin », dans laquelle s’est déroulée ce congrès, qui est parfois très critique, pointe cette-fois du doigt ces soldats « qui tentent de donner l’impression vers l’extérieur que l’ambiance générale parmi les soldats durant cette opération militaire était que tout es permis sur le plan de l’éthique du combat »

Il ne faut pas se voiler les yeux. Dans la société israélienne, et dans l’armée qui en est le reflet, il peut y avoir ici ou là des éléments qui ont des comportements répréhensibles en temps de guerre. Et Tsahal est l’une des rares armées dans laquelle les instances judiciaires jouent un rôle permanent et sans compromis envers les contrevenants à la loi et à l’éthique.

Mais ici, il s’agit de tout autre chose. C’est se saisir, sans même chercher à authentifier, de bribes de paroles et d’on-dits, dans le but de présenter l’armée d’Israël comme commettant des crimes de guerre, et les soldats de Tsahal comme des pistoleros qui tirent sur tout ce qui bougent pour le plaisir de tuer.

Et une fois de plus, le journal « Haaretz » a été en première ligne pour lancer ce nouveau « scoop » en direction des rédactions et agences de presse étrangères.

par Shraga Blum
arouts sheva

19.3.09

Des chefs terroristes arrêtés pour faire pression sur le Hamas




Après avoir repoussé les exigences du Hamas concernant la libération de centaines de terroristes, Israël semble vouloir tenter de faire pression sur l’organisation terroriste pour parvenir enfin à un accord de libération du soldat Guilad Shalit.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, Tsahal a lancé une vaste opération d’arrestations en Judée Samarie. Les Palestiniens ont affirmé que l’armée avait encerclé les maisons de plusieurs chefs terroristes du Hamas. Tsahal a confirmé avoir appréhendé 20 terroristes palestiniens, dont dix chefs terroristes. Dans l’opération, menée en commun par Tsahal et le Shabak, quatre membres du “parlement” du Hamas et un universitaire ont été capturés.

D’après l’organisation terroriste, l’un des Palestiniens arrêtés est Nasser Sha’er, l’ancien “vice-Premier ministre” du cabinet Hamas.

D’après les forces de sécurité, les terroristes arrêtés dans la nuit représentaient le leadership du Hamas en Judée Samarie et oeuvraient ces derniers temps à réorganiser la “branche administrative” du Hamas dans la région.

Ces arrestations semblent s’inscrire dans le cadre d’une tentative de faire pression sur le Hamas pour qu’il libère le soldat Guilad Shalit. Le 29 juin 2006, peu après l’enlèvement du caporal israélien, Tsahal avait déjà lancé une large opération d’arrestations, dans le cadre de laquelle des dizaines de chefs terroristes du Hamas avaient été appréhendés, dont des responsables de bureaux et des “parlementaires”, parmi eux : Mahmoud Abou Tir, Mahmoud Atouan et Khaled Abu Arfa.

Nasser Sha’er faisait partie des détenus, mais il a ensuite été libéré. Il a occupé le poste de responsable du bureau de l’Education et de vice-Premier ministre dans le 1er “gouvernement” d’Ismaïl Haniyeh. Sha’er était également responsable des efforts de réconciliation entre le Hamas et l’AP. Il a récemment rencontré de hauts responsables américains et européens auxquels il a exposé les positions du Hamas.

Le Hamas, évidemment, n’a pas apprécié ces arrestations et l’un de ses porte-parole a affirmé qu’il s’agissait d’une forme de “chantage immoral de la part de l’occupant sioniste.”

De source palestinienne on prétend également que deux terroristes palestiniens ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans une attaque de l’armée dans le centre de la bande de Gaza. D’après les Palestiniens, il s’agirait de deux terroristes des brigades d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah. Tsahal a nié cette information.


par Yael Ancri
arouts sheva

Friedman : Les terroristes peuvent être sanctionnés


UN PRISONNIER : BARGHOUTI

par Yael Ancri | Arouts 7

La commission ministérielle chargée d’examiner l’éventualité de faire pression sur les terroristes du Hamas et du Djihad islamique s’est réunie ce mercredi après-midi pour la première fois depuis sa nomination. Les membres de la commission ont proposé entre autres de diminuer les sommes d’argent transmises aux “détenus sécuritaires” et destinées à leurs besoins personnelles, de limiter leur exposition aux médias tels que la télévision et la radio, de réduire le nombre de visites auxquelles ils ont droit, d’interdire les contacts physiques avec leurs visiteurs et de restreindre leurs possibilités d’étudier aux frais d’Israël.

La commission, dirigée par le ministre de la Justice Daniel Friedman, a également envisagé l’éventualité de limiter le transfert de marchandises par les points de passage avec la bande de Gaza, tout en respectant les besoins humanitaires des Palestiniens.

Au cours des débats, les membres de la commission ont reçu un briefing sur les divers droits dont jouissent les terroristes détenus dans les prisons israéliennes. Il a ensuite été décidé de former une équipe professionnelle, dirigée par un représentant du conseiller juridique du gouvernement, Menny Mazouz et de représentants des services pénitenciers, du Shabak et de Tsahal, pour étudier les différentes possibilités de limiter les privilèges des terroristes du Hamas et du Djihad islamique.

Au bout de deux semaines de travail, la commission conclura les débats et pourra prendre des mesures opératives immédiates.

La décision de créer cette commission ministérielle a été prise mardi au cours de la séance spéciale du conseil des ministres au sujet de Guilad Shalit. Mercredi matin, avant les débats, le ministre Daniel Friedman a affirmé : “Autant que je sache, les privilèges que nous leur accordons actuellement sont bien plus que le minimum.”

Friedman a déclaré ne pas craindre que la Cour suprême intervienne. “Ce qui doit compter maintenant ce sont nos intérêts. Nous devons faire les choses comme il se doit, sans penser aux requêtes qui seront présentées à la Cour suprême. Si après avoir pris nos décisions, la Cour suprême intervient ce sera une autre histoire.”

18.3.09

REVUE DE LA PRESSE ISRAELIENNE


A LA UNE

42 "Jericho" sur l'Iran

Un rapport publié par le Centre des études stratégiques et internationales de Washington, affirme que 42 missiles balistiques israéliens de type "Jericho", dotés de têtes conventionnelles, seraient à même de détruire ou de porter un coup fatal aux installations nucléaires iraniennes, et de «libérer» l’Etat hébreu des contraintes liées à une attaque aérienne.

Selon Abdullah Toukan, le chercheur responsable de ce rapport de 114 pages, les missiles Jéricho III sont capables d’une précision suffisante pour atteindre les cibles visées, et leur efficacité est autrement plus redoutable que celle pouvant être obtenue par une attaque aérienne. 42 de ces fusées équipées de bombes de 750 kg «sont susceptibles de frapper durement voire de détruire totalement les installation d’Ispahan, Natanz et Arak».

Les experts israéliens estiment pour leur part que le risque d’une riposte effective à l’aide de la centaine de missiles Shihab déployés par l’Iran, est réduit, une grande majorité de ceux-ci pouvant être détruits en vol par l’antimissile H’ets.

Cette option israélienne pourrait toutefois être sérieusement compromise si l’Iran aboutissait dans ses efforts incessants de se doter des S-300 soviétiques, leur permettant de rendre leur espace aérien très difficile à percer.

Guilad Shalit

Entêtement du Hamas

Selon Al Hayat, le quotidien en langue arabe paraissant à Londres, c’est la détermination infaillible des islamistes à obtenir la libération de tous les 450 terroristes «lourds» figurant sur leur liste, qui a fait capoter les négociations, hier soir au Caire, entre Israël et le Hamas.

L’organisation terroriste qui détient l’otage israélien depuis 996 jours, a accusé Israël de l’échec des négociations, et précisé que les conditions posées par le Hamas pour le retour de Guilad Shalit parmi les siens, n’ont pas évolué tout au long des négociations, et que pour que celles-ci puissent se conclure, tous les prisonniers palestiniens exigés doivent être libérés et réintégrer leurs foyers d’origine en Cisjordanie et à Gaza.

Autorité palestinienne

Réconciliation Fatah-Hamas mal en point

Parallèlement à l’échec des négociations entre le Hamas et Israël pour la libération de Guilad Shalit, les pourparlers de réconciliation organisés sous l’égide de l’Egypte, entre les islamistes et le Fatah de Mahmoud Abbas semblent également fort compromis.

Le président palestinien exige notamment que tous les ministres du gouvernement d’union, qui serait formé conjointement, soient des technocrates indépendants et professionnels, et non des politiques, qui doivent de surcroît bénéficier de son approbation personnelle.
Pour le Fatah, tous ces ministres doivent également pouvoir se mouvoir librement de Gaza en Cisjordanie, cette exigence éliminant d’office tous ceux dont les déplacements sont limités par Israël.

Des différends existant également concernant la reconnaissance de l'Etat hébreu, l’organisation des services de sécurité palestiniens, ou encore la répartition des portefeuilles, Mahmoud Abbas a estimé que ces négociations allaient vers un échec.

Société

Manifestation des conducteurs de tracteurs

«A peine les pelles de nos bulldozers s’élèvent-elles, que des gens commencent à crier "terroriste, terroriste !". On nous prend tous pour des assassins» protestent les conducteurs de bulldozers qui ont manifesté hier avec leurs engins, devant le stade Teddy de la capitale.

Trois attentats ont été perpétrés avec des tracteurs, ces derniers mois à Jérusalem, et selon les conducteurs, leurs conditions de travail sont devenues «dangereuses», car ils s’estiment eux-mêmes menacés, alors que les auteurs de ces trois attaques ont tous été abattus.

Education

Irrégularités dans les Universités

Alors que les étudiants israéliens des universités poursuivent leur combat pour la baisse des frais de scolarité, le dernier rapport du contrôleur de l’Etat, le juge Micha Lindenstrauss, fait apparaître que des augmentations exceptionnelles ont été accordées au corps professoral, sans l’autorisation du ministère des Finances.

Dans plusieurs facultés, particulièrement pointées du doigt, où différentes primes ont été attribuées et autres irrégularités constatées, les déficits en hausse, sont supérieurs à ceux annoncés. «Si les universités continuent d’agir ainsi, une atteinte risque d’être portée à leur capacité d’exercer leur fonction comme il se doit, et à la confiance que leur accorde le public et les donateurs en Israël et à l’étranger» met notamment en garde Lindenstrauss.

Sport

Qualification de Peer, Ram et Levy

Malgré la défaite de Shahar Peer (21 ans, 49e joueuse mondiale) en huitièmes de finale des épreuves de simple-dames d’Indian Wells, contre la biélorusse Victoria Azarenka (19 ans, 11e au classement), les joueurs israéliens ont enregistré des bonnes performances aux épreuves de double du même tournoi, avec la qualification, pour les quarts de finale, de Shahar Peer et de sa partenaire argentine Gisela Dulko, ce qui assure déjà à l’Israélienne 250 points de classement et 22.000 dollars de prix.

Côté hommes, Andy Ram s’est également qualifié pour ce même stade de la compétition avec son partenaire biélorusse Max Mirnyi.
A Bangkok, c’est Harel Levy qui progresse à l’étape suivante, grâce à sa victoire sur l’argentin Guillermo Coria, ancien finaliste de Roland Garros en 2004, qu’il a battu en deux sets sur le score de 6:3, 6:2.

Etranger

Dieudonné ni à Belfort, ni à Besançon

Suite à l’annulation de deux «conférences» de l’humoriste par le groupe Novotel prévues dans les hôtels de Belfort et de Besançon, Dieudonné Mbala Mbala s’est produit lundi dans un bus en présence d’une cinquantaine de spectateurs.

Selon Novotel, la société de production de Dieudonné ne lui a pas fourni les autorisations nécessaires à l’organisation de ce qui, juridiquement, relève de spectacles, malgré la dénomination utilisée de «conférences».
Rappelons que l’artiste a invité récemment sur la scène du Zénith à Paris, le négationniste Robert Faurisson, auquel il a remis le «prix de l’infréquentabilité et de l’insolence».

Sciences et High Tech

Inauguration du Laboratoire européen associé de neurosciences (FILN)

Le Laboratoire Européen Associé (LEA) «France-Israel Laboratory of Neuroscience - FILN » sera inauguré à Jérusalem le 18 mars 2009 par les professeurs Catherine Brechignac, présidente du CNRS, Alain Blanchard, vice-président de l'Université Victor Segalen (Bordeaux) et Menahem Magidor, président de l'Université Hebraïque de Jerusalem.

Le LEA « FILN » est dédié aux études fondamentales et cliniques du cerveau afin d'en comprendre le fonctionnement et les disfonctionnements. Résolument interdisciplinaire, le LEA est solidement ancré sur une vingtaine de scientifiques, expérimentateurs et théoriciens, qui collaborent depuis de nombreuses années. Il implique 3 Unités mixtes de recherche françaises de l’Université Victor Segalen (Bordeaux 2), l’Université Paris Descartes (Paris 5) et relevant de l’Institut des sciences biologiques du CNRS et 5 équipes de l’HUJI. Les co-directeurs de FILN sont David Hansel, physicien, directeur de recherche (CNRS) au Laboratoire de Neurophysique et Physiologie de l'Université Paris Descartes et Israel Nelken, professeur de neurobiologie à l'Université Hebraïque de Jerusalem.

Les recherches conduites dans le cadre du LEA concerneront les neurosciences computationnelles, la neurophysiologie sensorimotrice, l’apprentissage et la mémoire, la prise de décision et la neuroéconomie.

Les thèmes spécifiques de recherches du LEA pour les deux prochaines années concernent la formation d'objets auditifs dans le cadre des processus pré-cognitifs du système auditif, et, sur un plan théorique, du traitement du signal ; la physiopathologie du motoneurone et de son unité motrice, avec la détermination de l'ordre des altérations fonctionnelles au cours de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), avec d’importantes implications cliniques ; la physiologie et la physiopathologie des ganglions de la base et leurs implications dans la maladie de Parkinson ; la neuroéconomie et les mécanismes cellulaires et de réseaux sous-jacents à la prise de décision.

Nouvelles brèves

Israël, le 17/03/09

DIPLOMATIE : Le Portugal a appelé les pays européens à faire fermement pression sur Israel pour l’empêcher d’étendre les implantations de Judée-Samarie.

EDUCATION : Les frais de scolarité des étudiants des universités sont susceptibles d’être augmentés de 300 shekels, suite à un différend entre le ministère des Finances et celui de l’Education.

POLITIQUE : Avigdor Lieberman a appelé «les amis des partis de droite à se dépêcher et à agir pour aboutir à la formation d’un gouvernement», appelant de ses vœux que celui-ci puisse être «bouclé» en début de semaine prochaine.

GUILAD SHALIT : Le bureau du Premier ministre a publié la liste de 10 prisonniers palestiniens qu’Israël est prêt à libérer et à expulser à l’étranger, ainsi qu’une liste de 10 autres prisonniers que l’Etat hébreu se refuse catégoriquement à relâcher.

JUSTICE : L’avocat de Roni Ron, accusé du meurtre de sa petite fille, Rose, âgée de 4 ans, a démissionné, n’ayant pas été payé par son client. Le tribunal de Petah Tikva va mandater un nouveau défenseur, de la fonction publique.

GUILAD SHALIT : Le leader du parti Shas, Elie Yishaï, a déclaré que le présent gouvernement n’arrivera apparemment pas à conclure l’affaire Shalit, mais que le suivant «aura la même obligation, aussi intense» de ramener Guilad.

EDUCATION : «Il est inconcevable qu’il n’y ait pas de budget pour subventionner les études mais qu’il y en ait pour des augmentations de salaires conséquentes pour les professeurs» a déclaré le président de l’Union des étudiants israéliens.

POLITIQUE : Le député Ofir Pinés a retiré sa candidature de la présidence du groupe parlementaire Travailliste à la Knesset, au profit de l’actuel ministre Itshak Herzog faisant figure de favori.

SECURITE : 16 Palestiniens recherchés par Israël, ont été arrêtés par Tsahal au cours de la nuit passée dans les régions de Ramallah et de Hébron.

CRIMINALITE : La police a arrêté, à Tel-Aviv, deux revendeurs de drogue qui avaient en leur possession 600 doses destinées à la revente immédiate.

ECONOMIE : Le nombre d'offres d’emploi a enregistré une baisse d’environ 8%, au cours des mois de janvier et de février, par rapport à la moyenne mensuelle de 2008.

Nouvelles brèves, International

Monde, le 17/03/09

ALLEMAGNE : Les parents de Tim Kretschmer, l’adolescent qui a assassiné, la semaine passée avec une arme à feu, 15 personnes, dont 12 dans le lycée où il étudiait, ont exprimé leur désolation devant cet acte que rien, selon eux, n’aurait pu laisser prévoir.

IRAN : Téhéran a nié que l’avion sans pilote abattu lundi dernier par les américains au nord est de Bagdad, après une surveillance de 70 minutes, lui appartienne.

DANEMARK : Le parlement a entériné une nouvelle loi permettant l’adoption d’enfants par des couples homosexuels, par 62 voix contre 53.

IRAK : Omar al-Bagdadi, un des chefs d’Al Queda, a déclaré que la décision américaine de retirer prochainement ses troupes du pays, est «un aveu de défaite», et précisé que le pouvoir en place en Irak est «illégitime».

AUTRICHE : Les 8 jurés du tribunal de Sankt-Pölten, à 60 km de Vienne, devrait annoncer le verdict ce jeudi, dans le procès de Josef Fritzl accusé d’homicide, esclavagisme, viol, séquestration, et inceste.

MADAGASCAR : L’armée malgache s’est rangée derrière maire de la capitale, Andry Rajoelina, contre l’actuel président au pouvoir, Marc Ravalomanana, et pris d’assaut le palais d'Ambohitsorohitra.

IRAN : Le PM britannique, Gordon Brown, a déclaré que les Iraniens devaient accepter la proposition de dialogue des Américains, sur leur programme nucléaire, faute de quoi ils s’exposaient à une aggravation des sanctions à leur encontre.

ONU : Selon l’Unesco « la demande croissante d’eau potable, nécessite plus que jamais une politique efficace de gestion des ressources ».

AFGHANISTAN : Un soldat des forces de l’Otan a été tué lors d’une attaque de rebelles islamistes armés. Dimanche, quatre autres militaires avaient trouvé la mort dans l’explosion d’une charge contre leur patrouille.

MYANMAR : La junte militaire au pouvoir au Myanmar (Birmanie) a arrêté cinq militants, appartenant au parti d’opposition au régime, dont le dirigeant, Aung San Suu Kyi, est lui-même assigné à domicile depuis plusieurs années.

Médias et Internet

«Une autre voix contre l’islam que celle de l’UDC»

© Yves Petignat - LE TEMPS
Iranienne vivant en Allemagne, Mina Ahadi a fondé un «comité des ex-musulmans», qui naît à présent en Suisse. Elle lutte contre l’islam politique qu’elle juge contraire aux droits humains
En plein débat sur les minarets, Mina Ahadi, une Iranienne d’origine qui a fui le régime islamique, militante de la séparation Eglises-Etat, menacée de mort, a présidé vendredi à Berne au lancement du premier «Comité central des ex-musulmans de Suisse», une organisation similaire à celle qu’elle a lancée en Allemagne où elle réside.

Le Temps: «Nous avons abjuré!», dit votre slogan. Comment justifier la campagne que vous venez de lancer? La religion n’est-elle pas une question personnelle?

Mina Ahadi: Nous constatons depuis quelques années une montée de l’islam politique en Europe. Je viens d’Iran où l’islam politique est apparu après la révolution. Pour moi, la religion est d’abord une affaire privée. Mais en Allemagne, les organisations musulmanes sont très actives et pas uniquement pour des questions de foi. Toutes ces organisations prétendument religieuses ont des contacts avec l’Arabie saoudite, le gouvernement turc ou le régime islamiste en Iran. Elles cherchent encore une fois à s’immiscer dans notre mode de vie, notre intégration, notre avenir. J’ai fui un régime islamique en Iran et je constate qu’ici l’islamisme est aussi actif. Les gouvernements occidentaux, sous le couvert de la liberté religieuse ou de l’intégration, collaborent avec ces organisations islamiques, donnent de l’argent, construisent des mosquées. Mais ils se taisent au sujet des «crimes d’honneur», des violences faites aux femmes et aux enfants. Nous nous sentons dans l’obligation de parler, de nous occuper de ces problèmes.


– Mais ne peut-il y avoir un islam moderne et tolérant?

– A mon avis non. On ne peut pas le réformer; je ne sais pas s’il y a vraiment quelqu’un qui veut moderniser l’islam. On peut lire les «hadiths», qui sont la transmission de la parole du prophète. Ils sont hostiles à la femme, aux droits humains. Je ne vois pas comment on pourrait moderniser l’islam, car il faudrait abandonner au moins 90% des citations et versets des «hadiths».

– Il y a pourtant des musulmans très tolérants, très ouverts.

– Oui, c’est pourquoi on doit faire la différence entre les gens qui professent leur foi et l’islam comme idéologie, comme religion. Nous venons de pays musulmans, comme la Turquie, le Soudan, le Pakistan, etc. Nous avons tous des familles musulmanes et nous défendons des musulmans. Car en Afghanistan ou ailleurs, ce sont des musulmans qui sont tués, des femmes musulmanes qui sont lapidées, des musulmans qui sont terrorisés. Nous parlons des droits des êtres humains, indépendamment de leur religion. Voilà pourquoi notre mouvement des ex-musulmans est important, car nous voulons faire une différence entre l’islam politique et les simples croyants.

– Le problème en Europe, ce n’est pas l’intégration d’anciens musulmans, mais de permettre aux gens qui vont à la mosquée de concilier leur foi et le monde occidental.

– Une association comme la nôtre peut expliquer aux musulmans pratiquants que nous sommes dans un autre pays avec d’autres règles, une autre culture et d’autres traditions. Nous avons fui des pays islamiques car nous avons pensé qu’ici nous pouvions vivre plus librement, que les hommes et les femmes y sont égaux, qu’on ne peut pas battre les enfants à la maison. Nous devons donc donner les moyens aux musulmans de s’intégrer. Il faut être clair: quand on dit qu’ici homme et femme sont égaux, ce n’est pas dirigé contre eux. Ce sont des principes qui valent pour tous ici. Ce n’est pas uniquement la culture occidentale, mais ce sont des droits de l’homme universels. Les gouvernements suisse ou allemand doivent être conséquents avec eux-mêmes. On ne peut pas admettre que sous prétexte que des musulmans viennent d’autres cultures, ils puissent battre leurs femmes ou leurs enfants, s’exclure des règles communes.

– Vous débouchez dans une campagne contre les minarets menée par l’UDC, ne craignez-vous pas d’être manipulés?

– Je connais l’UDC et je connais les propos racistes qui sont tenus. Et à l’époque j’ai aussi été très fâchée des campagnes xénophobes de ce parti. Je ne crains pas la manipulation. Nous voulons apporter une autre voix contre l’islam que celle des xénophobes. On ne peut pas nous accuser d’être racistes, puisque nous venons d’autres horizons. Nous ne pouvons pas laisser l’UDC mener seule la campagne en faisant un amalgame entre xénophobie et hostilité aux mosquées. Nous voulons apporter une voix de la raison. Nous devons dire qu’il y a assez de mosquées et de minarets en Suisse, que nous craignons une radicalisation du climat, que les islamistes viendront un jour exiger des femmes qu’elles portent le voile ici en Suisse. Ne rien dire c’est laisser le débat sur le terrain de la xénophobie. Car toutes ces fausses politiques qui se taisent sur l’islam politique aident les racistes et les xénophobes.

LE TEMPS

17.3.09

ONG et Terrorisme arabe



Professeur Gerald M. Steinberg
Par le professeur Gerald M. Steinberg *



La campagne de terreur palestinienne est accompagnée d’une stratégie politique parallèle destinée à qualifier les actions défensives d’Israël de «crimes de guerre», «usage de force abusif» et «violations du droit international». Dans cette campagne massive visant l’opinion publique, les principaux acteurs sont membres de groupes affirmant œuvrer pour la défense des droits de l’homme ou pour l’aide humanitaire; ils se présentent en général comme des associations sociales et sont plus connus par le terme ONG (organisations non gouvernementales). Leurs armes se composent de rapports étalés sur des brochures luxueuses, de conférences de presse et de e-mails diffusés à grande échelle; partout, Israël est diabolisé et la terreur palestinienne simplement ignorée. Cet «arsenal» est acquis grâce à des fonds gouvernementaux européens, grâce à des organismes caritatifs fortunés, dont Christian Aid, la Fondation Ford et parfois même le New Israel Fund.
Le dernier assaut politique date de juin 2006: Israël a été accusé de la mort de huit Palestiniens, tués dans une mystérieuse explosion sur une plage de la Bande de Gaza. La version palestinienne des événements, avec film vidéo truqué à l’appui et maintes contradictions, a été soutenue par des représentants de Human Rights Watch (HRW), venus à Gaza examiner les faits sur place; organisant une grande conférence de presse, ces derniers ont déclaré qu’Israël était responsable de l’incident. Stimulée par la formidable machine de relations publiques du HRW, cette version a été reprise par les médias à travers le monde, sans aucun effort de confirmation par des experts indépendants.
Suivant le schéma habituel, d’autres ONG puissantes se joignent au chœur, Amnesty International (AI) inclus, ainsi que de nombreux groupes palestiniens qui se livrent de façon routinière à la propagande anti-israélienne. Pas un seul de ces organismes, qui se targuent de promouvoir les droits de l’homme, a fait état du barrage de missiles lancés contre Sderot et d’autres villes israéliennes depuis le retrait de Gaza pendant l’été 2005. Selon la logique du double standard pratiqué par les ONG, les attaques terroristes contre Israël ne constituent pas des violations des droits de l’homme tandis que les actes d’autodéfense d’Israël sont automatiquement qualifiés de «crimes de guerre», «violations du droit international», etc.
Le rôle éminent des ONG dans la démonisation d’Israël a connu ses débuts à l’occasion de la Conférence de l’ONU sur le racisme à Durban, en Afrique du Sud. Lors de ce rassemblement tenu début septembre 2001, 1’500 ONG adoptèrent une stratégie destinée à priver Israël de sa légitimité, à qualifier l’État juif de «régime d’apartheid», en imposant un isolement international fondé sur le modèle de l’Afrique du Sud. Ces mesures furent entreprises avec la participation active du HRW et d’Amnesty (qui ont tenté ultérieurement de la dissimuler).
Travaillant en coopération étroite avec les dirigeants palestiniens, avec les gouvernements arabes et islamiques et des sympathisants d’Europe et d’ailleurs, les ONG se chargèrent de fournir la plate-forme, les fonds et les slogans politiques pour engager le processus. En 2002, suite aux attaques terroristes de Pâque et à la réaction militaire israélienne, des responsables d’Amnesty International et d’autres ONG, s’empressèrent de réitérer les déclarations palestiniennes faisant état d’un «massacre» à Jénine. Ces dirigeants des ONG, pour la plupart obsédés par Israël, continuent à évoquer les soi-disant «crimes de guerre» israéliens et mènent également une lutte acharnée contre la barrière de sécurité qu’ils qualifient de «mur de l’apartheid». Organismes prétendument voués à la défense universelle des droits de l’homme, ils se consacrent presque exclusivement à la condamnation d’Israël, accordant relativement peu d’attention aux abus commis dans ce domaine en Libye, en Arabie Saoudite, en Syrie, en Iran et au Soudan.
Le réseau international des ONG se montre également fort actif dans le boycott universitaire anti-israélien et dans les campagnes de désinvestissement des églises, en particulier en Grande-Bretagne et en Europe. Les ONG internationales et palestiniennes produisent le langage de ces résolutions et discours. En Grande-Bretagne, par exemple, des membres de Christian Aid tels Lord Gladwin et le révérend Stephen Sizer s’alignent sur les positions d’une ONG connue sous le nom de Sabeel; dirigée par un Palestinien radical (Naïm Ateek), cette ONG se sert d’un langage antisémite flagrant dans ses attaques contre Israël. Pour se revêtir d’une légitimité, Ateek apparaît souvent flanqué de Jeff Halper, un Israélien extrémiste, dont l’ONG, connue sous le nom de Israel Committee Against House Demolition (ICAHD), est financée par l’Union européenne.
En Grande-Bretagne, Christian Aid organise des collectes de fonds à la période de Noël; en 2003 comme en 2004, l’organisme a centré sa campagne sur la propagande anti-israélienne. A l’affiche du programme de 2004, intitulé «L’enfant de Bethléem», on pouvait voir la photo d’un enfant palestinien blessé; dépourvu de toute mention aux opérations terroristes menées contre Israël, le texte se servait sans vergogne de thèmes et motifs anti-juifs. De telles campagnes ont évidemment créé un climat favorable pour le boycott universitaire dans les diverses facultés et pour le désinvestissement des églises; difficile de résister face à la rhétorique présentant Israël comme un État raciste, pratiquant l’apartheid et coupable de crimes de guerre. Les deux tactiques forment les éléments-clés du processus de Durban et de la lutte politique destinée à détruire Israël comme État souverain juif.
Il existe des douzaines d’ONG anti-israéliennes opérant de façon très militante à travers toute l’Europe, perpétuant le mythe d’une «association civile neutre». En Belgique, la branche locale d’Oxfam, dirigée pendant de longues années par un socialiste radical du nom de Pierre Galand, a trouvé une façon originale de lancer sa campagne pour le boycott des produits israéliens et des Israéliens eux-mêmes: elle diffuse une affiche exploitant l’accusation de meurtre rituel, thème antisémite séculaire. Devenu membre du Sénat belge, Galand se sert de son influence et de sa position pour promouvoir les activités du Comité européen pour la coordination des ONG pour la Palestine (ECCP), siégeant à Bruxelles. Galand prend fréquemment la parole dans les conférences de Nations Unies dirigées contre Israël, sous les auspices du Comité de l’ONU pour les «droits inaliénables du peuple palestinien». Président du Forum des peuples et figure de proue de l’Association belgo-palestinienne, Galand joue un rôle prépondérant dans de nombreuses autres ONG radicales, belges et européennes.
Toute cette activité radicale et cette campagne de démonisation n’auraient pu se faire sans un apport financier important et il se trouve des gouvernements qui n’hésitent pas à accorder des fonds généreux à ces ONG (en particulier l’Europe et le Canada). De nombreuses ONG palestiniennes réussissent à imposer leur agenda dans le cadre du soutien au développement, aux droits de l’homme (par le biais du EIDHR et du Euro-Mediterranean Human Rights Network (EMHRN) et à la promotion de la paix. Le financement d’organismes tels que MIFTAH (dirigé par la porte-parole de l’OLP Hanan Ashrawi), Hamoked, l’Association arabe pour les droits de l’homme (HRA), B’tselem, PHR-I et bien d’autres encore favorisent l’accès de ces groupes aux médias, aux diplomates (y compris des interventions directes dans des débats à l’ONU) et à d’autres filières de relations publiques. Reliées entre elles par des associations comme le PNGO (le réseau des ONG palestiniennes) et étroitement associées à la direction politique de l’OLP, des centaines d’ONG pro-palestiniennes ont ainsi formé des alliances avec les ONG globales.
Par ailleurs, l’argent procuré par les organismes caritatifs et philanthropiques renforce encore la guerre contre Israël menée par les ONG. Dotée d’un budget annuel d’un demi-milliard de dollars, la fondation Ford des États-Unis a financé le voyage à une série de représentants des ONG, lorsque ces derniers se sont rendus à la conférence de Durban de 2001. A l’issue d’une enquête du Congrès américain concernant cet usage abusif de fonds caritatifs ayant pour seule cause le dénigrement d’Israël, le président de la fondation Ford s’est engagé à mettre un terme à ce financement. Mais il y a des lenteurs dans l’application de ces directives, qui ne se fait pas toujours dans la transparence; sur le terrain, la plupart de ces ONG continuent à recevoir de l’argent. Ford a de surcroît transféré une partie de ces fonds (20 millions de dollars) au New Israel Fund; or cet organisme a lui-même soutenu certaines des ONG anti-israéliennes les plus virulentes, sous le faux couvert de la défense des droits civils en Israël. Le NIF offre des bourses à des universitaires aigris qui incitent au boycott et entretiennent le mythe de l’apartheid; il continue à faciliter les dons à des groupes comme le ICAHD, par le biais de son statut privilégié.
Jusqu’à récemment, ces activités ont été menées dans le secret, sans aucune analyse, et le rôle des bailleurs de fonds a été dissimulé. Succombant à l’effet de halo, journalistes et experts mettent rarement en cause les intérêts et les partis pris des ONG et de leurs dirigeants; tous affirment évidemment œuvrer pour la promotion des droits de l’homme, de la paix et du développement. Mais les choses commencent à changer et le projet du NGO Monitor (Moniteur des ONG) a fait apparaître ces activités au grand jour. A l’issue d’une enquête du Monitor portant sur plus d’une centaine d’ONG (les résultats peuvent être consultés sur Internet), plusieurs sponsors du NIF réclament désormais une modification dans les critères de financement et souhaitent arrêter le soutien au dénigrement d’Israël. Au Parlement européen, le député Paul van Buitenen a demandé à la Commission européenne de justifier le financement des ONG politiques, à large échelle et non seulement au sujet des groupes palestiniens.
Pour contrer cette guerre politique et la démonisation d’Israël, il faut continuer à démasquer le rôle déterminant des ONG et des groupes civils opérant selon la stratégie établie à Durban. Il faut pousser les médias et les experts à examiner les affirmations des ONG, à dénoncer leur partialité et à faire cesser l’incitation à la haine faite au nom des droits de l’homme. Il faut mettre un terme à l’ère marquée par l’effet de halo; on s’efforcera en revanche d’encourager les activités visant légitimement et authentiquement la promotion des droits universels de l’homme, y compris dans des pays comme la Libye, le Soudan et l’Arabie Saoudite.


* Le professeur Gerald M. Steinberg est Rédacteur du «NGO Monitor» et Directeur du programme de Gestion de conflit, Université de Bar Ilan.
http://www.shalom-magazine.com/Article.php?id=460113

L'Antisémitisme musulman : un danger clair et actuel



par Professeur Robert S. Wistrich

May 23, 2002 - Dans l'extrait qui va suivre, Robert S. Wistrich, professeur à l'Université Hébraïque de Jérusalem, où il enseigne l'histoire moderne européenne et juive, démontre, documents à l'appui, le courant antisémite qui s'est « enraciné dans le corps même de la vie politique de l'Islam avec une virulence encore jamais atteinte à ce jour. » Travestis dans une rhétorique islamiste, les symboles de l'antisémitisme européen sont revenus à la surface avec, dans son sillage, les clichés qui ont caractérisé le fascisme des années 30 et 40:

* Théories du complot international pour une hégémonie juive
* Accusations relatives à la consommation de sang humain dans le rituel religieux et autres fantaisies concernant des actes d'empoisonnement
* Diabolisation des Juifs en les comparant aux Nazis
* Rhétorique à propos du génocide et autres incitations à la violence

Le but poursuivi ne vise pas simplement la délégitimation de l'état d'Israël, mais encore la déshumanisation des Juifs et du Judaïsme.

Ce rapport a été commandité et diffusé par le Comité Juif Américain afin d'alerter et de sensibiliser le public aux dangers que représente l'antisémitisme musulman. Le rapport complet avec notes d'accompagnement et illustrations est disponible auprès de l'American Jewish Committee, 165 E. 56th Street, New York, NY 10022, ou téléchargé du site www.ajc.org.

L'argument défendu dans certains milieux est le suivant : les Arabes étant des sémites, ils ne peuvent donc pas être accusés d'antisémitisme. Cet argument est aussi absurde, fallacieux que désarmant, et cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord le concept de " sémite " fait référence à une classification linguistique et non pas à une classification raciale ou nationale. Etre sémite c'est appartenir à la famille des langues sémitiques qui englobe l'hébreu, l'arabe et l'araméen. En second lieu, le terme « antisémitisme » a été imaginé en Allemagne en 1879 par Wilhem Marr et n'a jamais concerné les Arabes. Il visait clairement et exclusivement les Juifs afin de lutter contre leur émancipation. Sa coloration manifestement raciste était en fait un substitut pseudo-scientifique pour désigner la haine traditionnellement réservée aux Juifs religieux.

Troisièmement, Hitler et les Nazis étaient plus que ravis d'inviter à Berlin en guerre, comme hôte d'honneur et allié, le grand mufti de Jérusalem et leader du mouvement nationaliste arabe palestinien, Haj Amin al-Husseini, alors même qu'ils mettaient en œuvre leur programme d'extermination massive de la population juive d'Europe. Le fait que Al-Husseini appartenait à la branche arabophone de la famille des langues " sémites " n'a pas empêché Heinrich Himmler, le cruel chef des SS, de souhaiter au grand mufti tout le succès possible dans son combat "contre le Juif étranger".

Il n'est pas nécessaire de rappeler ici la part active prise par le monde arabo-musulman ou palestinien dans l'entreprise de judéophobie menée par les nazis et qui va aboutir au génocide. Les attitudes profondément hostiles à l'égard des Juifs restent des actions antisémites même si elles sont exprimées en arabe, par des Arabes. Ainsi par exemple, Les Protocoles des Sages de Sion est un produit fin de siècle, typique de l'antisémitisme russe et européen, ayant pour origine une tradition historique et culturelle à l'évidence distincte de celle des Musulmans arabes. Mais lorsque cet ouvrage est publié, édition après édition, à travers le monde Arabe, il perd son caractère original européen pour devenir partie prenante de la pensée arabe. Son attrait séduit d'autant plus de nombreux Musulmans et Arabes que pour beaucoup d'entre eux, le Juif est perçu comme appartenant à une force occulte et omnipotente tel qu'il est décrit dans « Les Protocoles » et qu'ils perçoivent encore comme « un pamphlet sioniste pour la conquête du monde. » Dans le même temps, le spectre d'une conspiration aussi satanique que puissante, participe au soulagement du traumatisme psychologique subi par les Arabes et de l'humiliation ressentie après les défaites successives infligées par Israël et par les pays de l'Ouest. Il y a quelque mois seulement, les Protocoles a fait l'objet d'une série de 30 épisodes pour la radio et télévision Arabe, réalisée en Egypte, avec un budget de plusieurs millions de dollars et une distribution de 400 interprètes. Selon un important hebdomadaire égyptien, les téléspectateurs arabes ont pu enfin être exposés à la stratégie centrale "qui à ce jour domine la politique, les aspirations politiques et raciste d'Israël."

Les intellectuels arabes et les antisionistes occidentaux, malgré les réfutations et les preuves apportées, continuent à nier l'existence d'un antisémitisme « sémite ». Ils prétendent que la littérature spécialisée fait souvent une distinction nette entre Juifs et Sionistes. En réalité cela a été rarement le cas même par le passé. Et quand bien m& ecirc;me une telle différentiation a pu, à un certain moment exister, elle a été pratiquement effacée entièrement. Depuis plus de cinquante ans, le terme de "Juifs" (Yahûd) a en fait été confondu ou utilisé de manière interchangeable avec celui de "sionistes" (Sahyûniyyûn), "Israéliens" ou encore d'"enfants d'Israël" (Banû Isrâîl). Cette littérature et les réflexions véhémentement antisémites qu'elle véhicule, est toujours présente dans les media et dans la presse écrite ou audiovisuelle. Elle a complètement envahi la pensée de ceux qui, parmi la minorité Arabe, ont essayé de faire une différence entre Juifs et sionistes.

Ce flot continu d'images virulentes, sonores et visuelles s'étend du Maroc jusqu'aux pays du Golfe et à l'Iran. Il est aussi puissant dans un pays qui se prétend "modéré" comme l'Égypte que dans des nations arabes ouvertement hostiles comme l'Irak, la Libye et la Syrie. Les Juifs sont présentés dans les bandes dessinées arabes comme des démons et des assassins ; ils sont dépeints comme un peuple odieux, haïssable, qu'il faut craindre et éviter. Ils sont perçus comme étant à l'origine de tout mal et de toute corruption, comme les auteurs d'une sombre et implacable conspiration pour infiltrer et anéantir la société musulmane afin de prendre un jour le contrôle du monde.

La distorsion visuelle la plus courante du Juif consiste à le représenter comme un homme courbé, basané, barbu, revêtu d'une robe noire, avec un long nez crochu et un aspect diabolique - le type de stéréotype hideux vulgarisé par la propagande diffusée dans le torchon nazi Der Stürmer. Le judaïsme lui même est présenté comme une religion sinistre et immorale, fondée sur des cabales et des rites sanglants, tandis que les Sionistes sont assimilés systématiquement à des racistes criminels ou à des Nazis. Le but recherché n'est pas simplement de délégitimer moralement Israël en tant qu'état Juif et comme entité nationale au Moyen-Orient, mais de déshumaniser le Judaïsme et le peuple juif en tant que tels. Aucun observateur objectif, même modérément familier avec cette cascade de haine qui atteint ces derniers temps des sommets dans la diffamation, ne peut mettre en doute son caractère profondément antisémite.

Le piètre prétexte "antisioniste" de cette presse de caniveau est franchement une insulte à l'intelligence de tout individu décent. La thèse centrale qui affirme qu'Israël doit être effacé de la carte du monde ne représente pas seulement un axiome du fondamentalisme musulman : elle est largement partagée par la plupart des nationalistes arabes et palestiniens, ainsi que par la majorité des Arabes de la rue. L'antisémitisme est devenu en fait une partie intégrante et organique de cette culture arabo-musulmane de la haine - un instrument puissant d'incitation à la violence, à la terreur et à la manipulation politique.

La persistance, le caractère monolithique et la profondeur de cette haine ne doivent pas nous faire oublier pour autant que, historiquement parlant, l'antisémitisme reste un phénomène relativement récent dans la culture arabe, et de l'univers musulman en particulier. Ce sentiment de haine n'a jamais occupé une place centrale dans le monde islamique traditionnel. Mais, comme nous le verrons plus loin, les prémisses de ces attitudes anti-juives qui ont fleuri à notre époque ont pour origine certains textes du Coran et plus près de nous, toute une littérature Islamique.

Les relations judéo-musulmanes à travers l'histoire : pas toujours « dorées »

Les Juifs et les Musulmans ont coexisté sans discontinuité depuis l'émergence de l'Islam au septième siècle de l'ère chrétienne. Il y a eu des périodes de tolérance relative durant lesquelles les juifs ont pu prospérer intellectuellement et économiquement de façon significative et exercer une influence politique certaine au sein des gouvernements islamiques. En réalité, et plus souvent qu'on ne le croit, le sort des Juifs n'a pas été toujours enviable. Du Maroc jusqu'en Perse, ils ont subi misères et humiliations, insécurité et violences populaires. Cette période d'adversité, aux onzième et douzième siècles, a amené un des plus célèbres philosophes Juifs du Moyen Age, Maimonide, à s'adresser non sans amertume à la « nation d'Ismaël» qui nous persécute cruellement et qui met en place tous les moyens de nous nuire et de nous avilir. » En fait, l'« Age d'Or » des Juifs sépharades qui a coïncidé avec l'apogée de la civilisation de l'Islam au Moyen Age n'a pas été sans provoquer envie et hostilité parmi les Musulmans face à l'influence croissante des Juifs et à leurs succès socio-économiques notables.

Le statut légal des Juifs et des Chrétiens sous domination Islamique dans l'ère prémoderne, était essentiellement celui de dhimmi ("peuple protégé"), dont les religions étaient officiellement reconnues par les autorités (en place). En s'acquittant d'une taxe (jîzya), il pouvaient exercer librement leur religion, jouir d'un certain degré de sécurité personnelle, et fonder leurs propres organisations communautaires. Mais la protection accordée aux "peuples du Livre" (ahl al-kitab) était accompagnée d'une forme d'assujettissement. La "tolérance" dont ils bénéficiaient était limitée à l'intérieur d'un cadre social étroit qu'ils ne pouvaient transgresser ; discriminations et interdits soulignaient constamment la supériorité et la préséance des Musulmans sur les Juifs et les Chrétiens.

Il était interdit aux Juifs de porter des armes, par exemple, ou de monter à cheval. Ils étaient en outre, astreints au port d'un vêtement distinctif (la rouelle jaune a été inventée à Bagdad et non pas dans l'Europe du Moyen Age). De plus, ils ne pouvaient pas construire de nouveaux lieux de culte.

Dans des pays plus éloignés comme le Maroc, l'Iran et le Yémen, les Juifs avaient subi des humiliations, été maltraités physiquement et méprisés. Les restrictions liées au statut de dhimmi ont été renforcées et appliquées avec plus de rigueur encore. Les émeutes accompagnées de pillage et de meurtres dirigées contre la population juive étaient plus fréquents dans ces contrées périphériques et cela jusqu'à l'aube du vingtième siècle. D'autres régions d'Afrique du Nord connurent des épisodes tragiques durant le dix-neuvième siècle et à des intervalles assez réguliers. A la même époque est apparu le pamphlet diffamatoire accusant les Juifs d'utiliser le sang d'enfants pour leurs rituels. Cette monstrueuse calomnie qui avait fleuri parmi les communautés grecques orthodoxes sous l'empire Ottoman, a eu pour conséquence le déferlement de pogroms à Smyrne (1872) puis à Constantinople deux ans plus tard. D'autres accusations de meurtre rituel commis par les Juifs avaient été déjà enregistrées à Beyrouth en 1824, à Antioche (1826), à Hama (1829) a Damas en 1840 (la sordide affaire de Damas).

Il faut dire toutefois que le sort des Juifs soumis au statut de dhimmi, malgré toutes ses conséquences douloureuses, était, somme toute, plus enviable que celui de leurs coreligionnaires vivant en terres chrétiennes. Plus sûrs et plus confiants en eux-mêmes les Musulmans de l'époque médiévale n'éprouvaient pas la même obsession qui habitait leurs homologues chrétiens qui refusaient de reconnaître le Judaïsme en tant que religion.

Néanmoins l'image du Juif véhiculée par le Coran, si radicalisée et exacerbée dans la littérature islamique contemporaine, est loin d'être inoffensive. Le Coran contient des passages très durs dans lesquels Mahomet stigmatise les Juifs comme étant les ennemis de l'Islam et les dépeint comme possédant un esprit rebelle et malveillant. Les Juifs devaient être humiliés "parce qu'ils n'ont pas cru aux signes de Dieu, qu'ils avaient mis à mort, à tort, les Prophètes" (Sourate 2:61/58).

Le Coran met l'accent tout particulièrement sur le fait que les Juifs ont rejeté Mahomet alors même (selon des sources musulmanes) qu'ils reconnaissaient sa qualité de Prophète, par jalousie et par dépit, sous prétexte qu'il n'était pas Juif. Ce comportement est présent encore aujourd'hui, comme la preuve du caractère fourbe, perfide et intrigant du Juif tel qu'il est décrit dans le Coran.

La notion selon laquelle les Juifs sont, par exemple, des "falsificateurs arrogants", ourdant sans cesse de nouveaux complots intrigant pour semer la discorde, créer des conflits et des divisions au sein de la communauté musulmane est considérée comme une évidence en parfaite conformité avec l'enseignement coranique. Seule une adhésion sans faille aux vraies valeurs Islamiques pourra préserver les Musulmans de la terrible menace que représente l'infiltration impérialiste, judéo-sioniste et occidentale, péril prétendument anticipé et répété dans les textes sacrés du Coran. C'est le message central du pamphlet de Sayyid Qutb "Notre combat contre les Juifs", écrit au milieu des années 1950 par un des leaders Egyptien de l'idéologie musulmane et qui a grandement influencé la doctrine fondamentaliste contemporaine.

Selon Qutb, les Juifs et le Sionisme sont l'incarnation du point névralgique de la crise que traverse la civilisation islamique, encore amplifiée par les craintes et les faiblesses ressenties, face aux dangers de la modernité laïque, le laxisme sexuel et la puissance envahissante de la culture de masse américaine.

Théories du complot : Les Protocoles et les calomnies de crimes rituels dans l'affabulation islamique

La judéophobie islamique de Qutb, comme celle de ses adeptes fondamentalistes, s'est amalgamée tout naturellement à bien de thèmes propres au vingtième siècle, prônant un antisémitisme raciste et politique issu de sources occidentales. Au premier plan de ces emprunts européens figure Les Protocoles des Sages de Sion, qui veut démontrer la responsabilité historique des Juifs dans leur conspiration satanique destinée à dominer le monde. Le communisme, la franc-maçonnerie, le sionisme et l'État d'Israël ne sont que les instruments de ce complot diabolique ourdi par les Juifs. L'attrait des « Protocoles » auprès des Musulmans crédules n'a fait que croître et embellir après chaque défaite des armées arabes contre Israël. La théorie du complot antisémite constitue, par ailleurs, un des traits dominants de la Charte du Hamas Palestinien de 1988 dont l'article 32 stipule:

Pour les sionistes, les intrigues n'ont pas de fin, et après la Palestine, ils viseront l'expansion des territoires s'étendant du Nil à l'Euphrate. Lorsqu'ils auront complètement absorbé les régions dont ils se sont emparés, ils prépareront de nouvelles annexions, etc. Leur projet est clairement exposé dans Les Protocoles des Sages de Sion et leurs agissements actuels en sont la meilleure des preuves.

Les Juifs sont ouvertement accusés par le Hamas (Mouvement de résistance islamique) d'avoir la main-mise sur la richesse du monde, les mass-médias, d'avoir fomenté les Révolutions française et russe ainsi que les deux guerres mondiales, afin de promouvoir avec cynisme les objectifs sionistes. Ils sont accusés également d'avoir fondé des organisations clandestines (telles que le Rotary, le Lions Clubs, la franc-maçonnerie, etc.) à des fins d'espionnage et de subversion. Les Juifs, affirme encore la charte du Hamas, ont éliminé délibérément le califat islamique pour créer ensuite, la Ligue des Nations autour des années 1920 "afin de régner sur le monde par son intermédiaire".

Le Hamas, une branche de l'Autorité palestinienne, était à l'origine une organisation égyptienne liée aux Frères Musulmans. Il ne fait pratiquement aucune distinction entre Sionistes et Juifs dans ses tracts odieusement agressifs. De manière très caractéristique les publications du Hamas évoquent la conquête par Mahomet, en l'an 628, de Khaïbar -- une oasis de la péninsule arabique -- où les "perfides" Juifs furent éliminés par le Prophète. Le Hamas utilise ce fait historique comme une action inspirée et une invitation à mener une guerre pour la destruction d'Israël.

Une idéologie tout aussi radicale anime le mouvement Shiite libanais, le Hezbollah (« le Parti de Dieu »), dont le rôle s'est affirmé lors de sa résistance à l'invasion israélienne du Liban en 1982. Sa négation totale de l'existence d'Israël et sa perception du Judaïsme comme l'ennemi le plus ancien et le plus implacable de l'Islam, s'inspirent en grande partie des prédications « antisionistes » de l'ayatollah Khomeini ainsi que des rapports symbiotiques du Hezbollah avec la République Islamique d'Iran. En conformité avec cette source doctrinale d'inspiration, le Hezbollah s'oppose au nationalisme, à l'impérialisme et à « l'arrogance occidentale », tout en mettant l'accent sur la libération de la Palestine et de Jérusalem comme objectif stratégique majeur.

Les médias occidentaux, comme à l'accoutumée, ont été extrêmement réticents à relier la guerre terroriste menée actuellement contre Israël et l'Occident à ses racines idéologiques ancrées dans l'Islam ou aux sources et à la signification du djihad. Ils sont tout aussi peu disposés à faire le lien entre le terrorisme et les obsessions anti-juives qui animent aujourd'hui des millions de Musulmans. Le peu d'attention accordée à l'abondance, à l'énergie et à la virulence même de l'antisémitisme musulman contemporain, qui se manifeste depuis le Caire et Gaza, jusqu'à Damas, Bagdad, Téhéran et Lahore, est stupéfiant. Au mieux, le considère-t-on comme un détail subordonné à la violente tempête d'anti-américanisme ou comme une forme d'« opposition politique » aux actions d'Israël. Les véhémentes affirmations arabes selon lesquelles la Shoah aurait été inventée de toutes pièces par les Sionistes et les Juifs (et qui attirent beaucoup d'attention dans les médias européens lorsqu'elles émanent de néo-nazis ou d'extrémistes de droite), n'ont pas même provoqué de tièdes réactions en Occident.

On ne s'est pas davantage ému des divagations antisémites de l'actuel ministre syrien de la défense, Mustafa Tlas (en poste depuis 1972 !) qui, depuis des années, relance avec une détermination zélée, l'accusation moyenâgeuse selon laquelle les Juifs consomment le sang d'enfants non-juifs. Dans la préface de son livre devenu désormais un « classique », Le pain azyme de Sion, publié pour la première fois en 1983, Tlas écrit :

Le Juif peut vous tuer et prendre votre sang pour fabriquer son pain sioniste. Ici s'ouvre devant nous une page plus horrible encore que le crime lui-même : les croyances religieuses des Juifs et les perversions qui y sont contenues, qui tirent leur orientation d'une sombre haine envers tout le genre humain et toutes les religions.

Cette rhétorique déshumanisante et délirante, qui s'exprime aujourd'hui dans d'innombrables variations à travers une bonne partie de la culture arabo-musulmane, est en train de contaminer lentement mais sûrement d'autres parties du monde. La mal nommée « conférence contre le racisme » de Durban en Afrique du Sud (qui s'est achevée seulement quarante-huit heures avant l'attaque terroriste du World Trade Center à New York), en offre un exemple notoire. Les organisations non gouvernementales (ONG) réunies à Durban ont produit le document probablement le plus ouvertement antisémite jamais émis par aucune assemblée internationale depuis 1945. Menées par des organisations arabes, palestiniennes et musulmanes, elles accusèrent à plusieurs reprises Israël de génocide envers le peuple palestinien, de pratiquer la purification ethnique et d'être un pur « Etat raciste d'apartheid ». Ce qui est appelé la « Catastrophe » palestinienne perpétrée par Israël, fut qualifiée de « troisième holocauste » par le forum des ONG réunies à Durban. Un paragraphe clé condamnant l'antisémitisme fut délibérément supprimé des débats, mais dans un artifice de pur double sens orwellien, « les pratiques sionistes contre le sémitisme » furent élevées au rang d'expression majeure du racisme contemporain.

L'exemple peut-être le plus éloquent de cette orgie de haine, fut un tract affiché au Palais des expositions de Durban, présentant un portrait d'Adolf Hitler avec la légende « Si j'avais gagné la guerre, il n'y aurait pas eu ... de sang palestinien versé ».

Le « fascisme islamique » : d'inquiétants parallèles à la lumière du 11 septembre

La référence à Hitler nous ramène aux parallèles indéniables qui existent entre le nazisme et ce que j'ai appelé ailleurs le « fascisme islamique » - des similitudes qui se sont révélées particulièrement évidentes suite à l'attaque des Tours Jumelles du 11 septembre 2001.

Les terroristes islamiques qui ont perpétré les attaques de septembre, usent, à l'instar des nazis et des fascistes d'il y a soixante ans, d'un langage de haine inextinguible, non seulement envers l'Amérique et l'Occident, mais également envers Israël et le peuple juif. Ces radicaux musulmans ont consciemment opté pour un culte de la mort, transformant le motif du sacrifice et du martyre en quelque chose d'urgent, d'élémentaire, de pseudo-religieux, voire de mystique. Si leur bible est le Coran et non Mein Kampf, la structure mentale et la vision du monde qui sous-tendent leurs actions, présentent des analogies saisissantes avec le National socialisme allemand.

Les fondamentalistes musulmans - comme les nazis avant et pendant la Shoah - vocifèrent contre les « pouvoirs anonymes » de la globalisation et de l'Occident ploutocratique (symbolisé par le World Trade Center et la ville de New York). Comme leurs prédécesseurs totalitaires, ils prétendent (de manière mensongère) parler au nom des masses laissées pour compte, frustrées et appauvries, trahies par les élites traditionnelles dirigeantes arabo-musulmanes et durement exploitées par le capitalisme international. Pour les Musulmans radicaux, la ville « juive » de New York est, tout autant que l'Etat sioniste d'Israël, l'incarnation d'un mal satanique, tout comme Wall Street représentait, pour les nazis et autres fascistes convaincus d'avant-guerre, le siège de la perversité organisée et du Judaïsme cosmopolite.

Les théories antisémites du complot se trouvent au cœur même de la vision actuelle du monde des fondamentalistes musulmans et des nationalistes arabes. Elles associent la finance ploutocratique, la franc-maçonnerie internationale, la laïcité, le sionisme et le communisme, comme autant de forces obscures et occultes, conduites par la pieuvre géante du Judaïsme international, et dont le soi-disant dessein serait de détruire l'Islam et de corrompre l'identité culturelle des croyants musulmans.

Cette structure mythique de pensée est à de nombreux égards, de fait, identique à l'antisémitisme nazi, en dépit du processus d'« islamisation » qu'elle a subi et à ses références à des versets du Coran pour justifier les monstrueux actes terroristes. L'Islam fondamentaliste comprend la même aspiration totalitaire et pseudo-messianique à l'hégémonie mondiale que le nazisme allemand ou que le communisme soviétique. Il utilise aussi un discours latent et parfois explicitement génocidaire dans ses assauts contre la civilisation des " Croisés juifs ", qui éveille des échos alarmants du passé. Les terroristes du djihad sont voués à la violence, résolument déterminés à une confrontation totale avec les infidèles dans les politiques jusqu'auboutistes de la victoire ou de la mort, et adoptent une vision enracinée dans une polarisation manichéenne entre les forces de la lumière et de l'obscurité.

La joie avec laquelle les attaques terroristes du 11 septembre contre les Etats-Unis furent accueillies dans de nombreuses régions du monde arabe, y compris dans les territoires sous l'Autorité palestinienne, témoigne de cette vision du monde. C'est ainsi que le mufti de Jérusalem, dans son sermon du vendredi à la mosquée Al-Aqsa, appela ouvertement à la destruction d'Israël, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis :

Ô Allah, détruis l'Amérique, car elle est dirigée par les Juifs sionistes... Allah peindra la Maison Blanche en noir!

L'actuelle vague d'attentats suicides musulmans, d'israélophobie et de terrorisme, semble jouir d'un écho massif auprès de la plupart des Palestiniens et d'un grand nombre d'Arabes et de Musulmans. L'antisémitisme islamique s'est également répandu avec une rapidité effrayante parmi les immigrés musulmans et arabes dans les démocraties occidentales. Ces immigrés sont déjà porteurs du bagage antisémite de leurs pays et de leur culture d'origine, exacerbé par la couverture médiatique intensive du conflit au Moyen Orient. En septembre et octobre 2000, cela s'est traduit par une augmentation alarmante des attaques antisémites commises par des Arabes ou des Musulmans contre des communautés juives de la Diaspora, en particulier en Europe - notamment des incendies de synagogues, des profanations de cimetières, des agressions physiques, des lettres piégées et des attaques verbales particulièrement intimidantes.

Mais tout aussi rapidement, à travers la société arabo-musulmane, la responsabilité des attaques terroristes et des attaques à l'anthrax, fut fermement imputée aux sionistes, au gouvernement israélien et au Mossad. L'ambassadeur de Syrie à Téhéran déclarait que, de source sûre, les « Israéliens ont été impliqués dans ces incidents puisque aucun employé Juif n'était présent dans le bâtiment du World Trade Center ce jour-là ». Selon le quotidien gouvernemental syrien Al Thawra, le Premier Ministre israélien, Ariel Sharon, cherchait ainsi à détourner l'attention de ses plans d'agressions contre les Palestiniens.

Les théories anti-israéliennes et antisémites du complot qui se sont répandues dans le monde arabo-musulman depuis le 11 septembre, ne sont pas nouvelles en soi. Mais elles révèlent un mélange explosif d'anti-occidentalisme, de fanatisme idéologique, de haine brute et d'irrationalité qui sous-tend un courant significatif de la pensée musulmane contemporaine. L'attitude à l'égard des Juifs, de par son langage virulent et l'accent mis sur des « solutions radicales », évoquent de façon troublante les années 1930 et 1940. Comme nous l'avons vu, les stéréotypes antisémites, sont aussi courants en Jordanie et en Egypte qui ont signé des traités de paix avec Israël, qu'en Syrie, dans les territoires de l'Autorité palestinienne, en Arabie Saoudite ou dans les autres Etats du Golf.

Israël comme « abstraction diabolique »

Selon le schéma défendu actuellement dans le monde arabe, Israël représente non seulement une autre facette du racisme européen ou du nazisme, mais également un " double nazisme ". Pour citer cet autre moraliste politique notoire, le président Assad de Syrie, Israël est « plus raciste que les nazis ». Fiamma Nirenstein a clairement résumé cet état de faits :

Israël a été transformé en un concept qui relève à peine de l'ordre d 'une abstraction diabolique, et certainement pas d'un pays, mais d'une force maligne rassemblant tous les attributs négatifs possibles - agresseur, usurpateur, pécheur, occupant, corrupteur, infidèle, meurtrier, barbare.

Ce tableau effrayant de l'Etat juif, présenté comme incarnation d'un mal envahissant, encourage naturellement la thèse selon laquelle il y a lieu d'éliminer tous les Juifs d'Israël. Sur un terrain si bien fécondé par la démonologie, le culte du martyre prospère facilement et perd ses dernières inhibitions morales.

Un élément central de l'antisémitisme antisioniste arabe a été, et reste, le refus catégorique d'accepter le droit à l'existence et la légitimité morale d'Israël. Ce parti pris fondamental a été exacerbé par une éducation inlassablement dirigée vers la haine d'Israël et des Juifs. Dans cette propagande, Israël est le bouc émissaire pour l'incapacité continue des Arabes à réaliser une unité politique, un développement économique ou d'autres objectifs nationaux. La frustration de ne pas parvenir à une modernisation réussie, s'est transformée en rage contre les Juifs et l'Etat juif, en tant qu'" agent de l'impérialisme occidental, de la globalisation et d'une culture moderniste envahissante dans la région ".

Mais certains dirigeants arabes, tels que Saddam Hussein, sont allés beaucoup plus loin dans leur rhétorique et leurs actions. Ils parlent de l'« entité sioniste » non seulement comme d'un « implant » étranger et artificiel, mais aussi comme d'une « pieuvre » multitentaculaire, d'un " cancer mortel " ou d'un " virus du sida " qu'il s'agit d'éradiquer totalement. Durant l'année écoulée, de telles déclarations appelant à la destruction d'Israël, ont été maintes fois prononcées, aussi bien par les nationalistes laïques panarabes du Parti baasiste au pouvoir en Irak, que par les ayatollahs en Iran. Pour Saddam Hussein, comme pour les fondamentalistes musulmans, « la Palestine est arabe et doit être libérée du fleuve jusqu'à la mer, et tous les sionistes qui ont émigré vers la terre de Palestine doivent partir ».

L'antisémitisme arabo-musulman comporte, certes, un aspect politique virulent qui découle de l'intensité du conflit israélo-arabe. Mais la dimension territoriale palestinienne ne doit pas nous faire oublier que l'antisémitisme possède une dynamique autonome qui lui est propre. Il existe une structure distincte et sous-jacente à l'idéologie antisémite arabo-musulmane, au-delà des circonstances politiques du moment, de la propagande gouvernementale, du conflit territorial avec Israël et de l'instrumentalisation de stéréotypes et symboles anti-juifs importés de l'Occident.

La négation de la Shoah

Même s'ils en ont « islamisé » le langage, les antisémites arabo-musulmans ont repris ces dernières décennies les symboles et les expressions de l'antisémitisme européen. Un exemple particulièrement significatif est celui de la négation de la Shoah. On relève une tendance croissante dans le monde arabe, à croire que les Juifs ont consciemment inventé le " mensonge d'Auschwitz ", le " canular " de leur propre extermination, dans le cadre d'un véritable plan diabolique visant à accéder à la domination du monde. Dans ce scénario supermachiavélique, l'archétype satanique du Juif conspirateur - auteur et bénéficiaire du plus grand " mythe " du vingtième siècle - atteint une apothéose macabre et singulière.

Pour les Arabes, l'un des attraits de la négation de la Shoah réside visiblement dans le fait qu'elle ébranle radicalement les fondements moraux de l'Etat d'Israël. Les premiers signes du « révisionnisme » moyen-oriental s'étaient en fait déjà manifestés dans les années 1980. En 1983, Mahmoud Abbas (plus connu aujourd'hui sous le nom de Abu Mazen), qui se révéla par la suite être, au sein de l'OLP, le principal architecte des accords d'Oslo, est l'auteur d'un livre négationniste intitulé : L'autre face : les rapports secrets entre le nazisme et le mouvement sioniste. Il y prétend que le nombre de victimes juives de la Shoah « fut même inférieur a un million ».

En Iran également, une forme embryonnaire de négationnisme existait déjà au début des années 1980, avec des caricatures s'apparentant au Stürmer du « Juif talmudique », la promotion obsessionnelle du mythe des Protocoles et des appels répétés à l'éradication du cancer sioniste de la face de la terre. Sur une telle toile de fond, il n'est pas surprenant d'entendre l'actuel dirigeant de l'Iran, l'ayatollah Ali Khameini, déclarer récemment :

Il existe des preuves qui démontrent que les sionistes avaient des liens étroits avec les nazis d'Allemagne et qu'ils ont exagéré les statistiques relatives au nombre de Juifs tués. Il existe même des preuves qu'un grand nombre de hooligans et de voyous non-juifs d'Europe de l'Est furent forcés d'émigrer vers la Palestine en se faisant passer pour des Juifs.... afin d'établir, sous l'apparence d'un soutien aux victimes du racisme, un Etat anti-islamique au cœur du monde islamique.

Pour ne pas être en reste, le mufti de Jérusalem, Cheikh Ikrima Sabri, déclarait en mars 2000 au New York Times :

Nous pensons que le chiffre de six millions est exagéré. Les Juifs exploitent cette question de plusieurs manières, en faisant notamment un chantage financier aux Allemands... L'Holocauste protège Israël.

Les antisémites arabes assimilent invariablement l'histoire de la Shoah à un « complot sioniste destiné à égarer le monde ». Selon le quotidien égyptien Al-Akhbar, « ceci fut conçu dans le but de motiver les Juifs à émigrer vers Israël, d'exercer un chantage sur les Allemands pour obtenir de l'argent et de gagner le soutien du monde en faveur des Juifs ».

Dans ces milieux, l'Etat juif est considéré comme existant et prospérant avant tout grâce au « mensonge de l'Holocauste », lequel, selon l'écrivain et politicien libanais Isaam Naaman, constitue « la colle qui maintient les Juifs ensemble ».

D'autres, comme Mahmoud Al-Khatib, qui écrit dans le journal jordanien Al-Arab Al Yom, s'inspirent davantage des révisionnistes occidentaux lorsqu'ils prétendent, de manière mensongère, qu'il n'existe « pas de preuve » de la Shoah au-delà des « témoignages contradictoires de quelques 'survivants' juifs ». Selon Al-Khatib, Hitler aurait tout au plus assassiné quelque 300'000 Juifs, et il les aurait tués non pas parce qu'ils étaient juifs, « mais plutôt parce qu'ils avaient trahi l'Allemagne ».

Cependant, le révisionniste européen le plus fréquemment cité comme source par les négationnistes arabes, est l'intellectuel de gauche français (et converti à l'Islam) Roger Garaudy. De fait, le procès et la condamnation pour négationnisme de cet auteur, en 1998 en France, sont de nature à en faire un héros dans une grande partie du Moyen-Orient.