Décapitation de Nick Berg : peut-être qu'on ne sait pas tout ?
Les médias français (et internationaux) ont annoncé la décapitation de Nick Berg le 11 mai 2004, sans jamais la diffuser. Il a juste été précisé que la vidéo de cet assassinat était visible sur internet et seules quelques images figées ont été montrées. Aucune analyse du contenu réel de cette vidéo à l’image extrêmement floue n’a été réalisée.
Or, la répulsion que provoque ce type d’image ne doit pas empêcher l’analyse.
En effet, des lecteurs nous ont alerté et nous ont amené à porter un regard critique sur cette vidéo.
La scène, disponible sur le net est extrêmement violente. Si vous avez le cœur bien accroché vous pouvez visualiser cette vidéo en cliquant ici : http://encoderx.co.uk/nickberg/
Dans cette séquence vidéo, on distingue un homme qu’on nous dit être Nick Berg assis devant cinq hommes cagoulés, tous face à la caméra. Après la lecture d’un texte en arabe, un des hommes cagoulés sort un couteau, allonge violemment l’homme et l’égorge.
Nous y avons repéré une accumulation d’incohérences qui nous permet de douter de la version et des explications qui ont été données de cette décapitation.
Voici donc ces éléments perturbants qui nous conduisent à mettre en doute la version officielle :
- Nick Berg porte une combinaison orange identique à celles que portent les détenus du camp de Guantanamo, identique donc à celles dont dispose la police militaire américaine.
- La chaise, les peintures murales, et dans une moindre mesure, la couleur du sol, correspondent à celles des photos prises récemment à Abou Ghraib.
- Les terroristes portent des gilets pare-balles, les mêmes que ceux portés par la police militaire américaine. Leurs chaussures ressemblent à des chaussures militaires. L’un d’entre eux porte une paire de baskets blanches.
- Les terroristes ont la peau blanche.
- L’ assassin égorgeur à été présenté par le site internet qui a diffusé cette vidéo pour la première fois comme étant Abou Moussab al Zarkaoui un jordano-palestinien considéré comme le membre le plus actif d'al-Qaïda en Irak. Al Zarkaoui a été grièvement blessé à une jambe en Afghanistan dont une partie a été amputée. Il porte une prothèse et boite de manière prononcée. Or l’ exécuteur de la vidéo est souple et ne boite pas.
- Les arabophones ayant visionné la bande vidéo affirment que celui qui est présenté comme al Zarkaoui parle l’arabe avec un accent étranger.
- Il apparaît assez clairement que le bourreau ne lit pas le document qu’il a entre les mains. Entre 2 min 45 et 2 min 53 après le début de la séquence il s’emmêle dans ses feuilles et la voix continue de narrer sans aucune hésitation.
- Lors du discours du personnage central (jusqu’à 2:44:34 en incrustation vidéo) la faible mobilité de Nick Berg, contraste avec les mouvements des terroristes en arrière-plan.
- Les cris liés à l’égorgement se font violemment entendre alors que l’ égorgeur n’a pas encore sorti son couteau. Notons que ce couteau n’est pas un modèle traditionnel arabe (lame droite et non courbe).
- 4 min 41 après le début de la séquence, au moment ou Nick Berg est jeté au sol et ou les terroristes s’apprêtent à lui trancher la tête, l’image est coupée. Y-a-t-il a deux caméras ? Y-a-t-il eu un montage de ce film ? Notons que le son n’est absolument pas coupé et que les cris et la voix se prolongent sans discontinuer.
- Entre 13:45:48 et 13:46:00 (heure incrustée dans l’image), la caméra bouge très vite, tremble énormément et zoome violemment. A ce moment ci, il n’y a plus d’images clairement visibles pendant une dizaine de secondes alors que les hommes cagoulés commencent à trancher la gorge de Berg.
- Nick Berg saigne peu lorsqu’il est décapité. Nous avons interrogé des bouchers pour avoir leur avis. Il en ressort que selon eux, l’ égorgement aurait dû provoquer plus de sang.
Selon le journaliste d’enquête Ritt Goldstein dans l’édition du 22 mai du quotidien Asia Times qui cite le docteur John Simpson, directeur des services de chirurgie au Royal Australasian College of Surgeons, et l’expert médico-légal Jon Nordby, chercheur associé au American Board of Medicolegal Death Investigators : Nick Berg n’est pas mort devant les cameras.
Ainsi, on peut penser que si Nick Berg avait été vivant au moment de sa décapitation, les terroristes qui l’entouraient auraient été éclaboussés par des giclées de sang.
Notons qu’il n’y pas non plus de sang sur les murs ni sur les mains des terroristes et que le corps de Nick Berg ne réagit pas à la décapitation.
Tout au long de la séquence vidéo (qui est floue), on ne voit à aucun moment distinctement les yeux de Nick Berg. On ne sait pas si ses yeux sont ouverts ou fermés : on ne voit donc pas s’il est vivant ou déjà mort pendant la séquence vidéo.
Cette énumération des incohérences entre nos observations et la version qui a été transmise par les médias n’est pas exhaustive.
Media Ratings ne peut apporter aucune explication crédible à ces incohérences, mais pose les questions suivantes :
- quelles sont les explications de ces incohérences ?
- pourquoi ces incohérences n’ont-elles pas été signalées par les autres médias ?
Nous espérons sincèrement que nous en saurons plus prochainement. Nous ne manquerons pas de vous informer des résultats de nos recherches.
N'hésitez pas à réagir à cet article
26.4.06
25.4.06
LES MOSQUEES SECRETES DE ROISSY
Roissy CDG infiltré
Posté le Mardi 25 avril 2006
Philippe de Villiers a enquêté sur l’infiltration des fondamentalistes musulmans qui travaillent à Roissy
21 avril 2006 / 17 h 41
POI vient tout juste de recevoir « Les Mosquées de Roissy », que Philippe de Villiers publie aux Éditions Albin Michel. Nous n’avons évidemment pas eu le temps de le lire et nous reviendrons dessus la semaine prochaine, au moment même de la parution du livre, pour en faire et commentaires et analyse. L’état des lieux qu’il a pu tracer - grâce au concours des Renseignements généraux, de la PAF et de la DST - de l’infiltration islamiste dans le plus grand aéroport de Paris est alarmant. Mais ce travail n’occupe que deux des douze chapitres de cet ouvrage, qui porte plus globalement sur l’islamisation de la France et de l’Europe. Cela dit, après que le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer ce samedi 22 avril que « La note des Renseignements généraux » que P. de Villiers publie en annexe de son livre est un faux, POI a mené une rapide enquête. Rappelons d’abord que Aéroport de Paris est obligé, de par la loi, de recruter dans le département de l’aéroport même, qui est situé dans le Val d’Oise, à forte implantation musulmane. Il s’avère également, ce que Villiers ne dit pas, que très récemment nombre de personnes en poste se sont vu retirer leur badge d’accréditation, ce qui leur interdit désormais tout accès aux lieux sensibles de Roissy. Enfin, dernièrement, des dizaines de lieux clandestins de prières dénoncés dans « Les Mosquées de Roissy » ont été fermés, ce qui démontre bien que le propos de P. de Villiers est au moins en partie exact. L’Intérieur se préoccupe depuis un certain temps de cette très lourde affaire sur laquelle les services de sécurité alertent depuis fort longtemps l’ensemble des ministères concernés. Le livre de Villiers, candidat déclaré et en pleine ascension selon les derniers sondages à la présidentielle, aurait-il ébranlé Nicolas Sarkozy ? Pour l’heure, POI présente quelques courts extraits du livre.
Dans la note confidentielle remise au directeur central de la PAF, qui fait la synthèse pour l’année 2005 des listes d’islamistes recensés à Roissy, le contrôleur général Topin écrit : « Une réelle concentration d’individus sur un site aussi sensible que l’aéroport est pour le moins préoccupante, d’autant plus que les individus cités n’ont pour leur majorité été « recensés » qu’à travers des entretiens avec les responsables de leur société ainsi que des recherches ne concernant qu’une quinzaine de sociétés, sur les sept cents que compte la plate-forme. Quand on effectue le calcul en rapportant ce chiffre au nombre total des activistes opérant sur la plate-forme et considérés par les services comme pouvant représenter un danger, on arrive à un chiffre potentiel de deux mille huit cents personnes ! À titre d’exemple, lors de l’enquête menée par la PAF sur la société Federal Express début 2004, « sur les mille six cent quatre-vingt-huit individus employés au sein de cette entreprise, trois cent cinquante-neuf étaient défavorablement connus des services de police, représentant un pourcentage de 21% » ! ; 21% d’activistes délinquants dans cette entreprise de fret, à l’insu de ses responsables.
(…) La direction de la PAF et celle de la GTA font remarquer que les militants identifiés ne représentent qu’une infime partie de ceux qui opèrent sur la plate-forme. (…) La recherche d’individus épousant ces thèses s’avère de plus en plus délicate du fait de la grande discrétion dont ils font preuve la majorité du temps au sein de leurs entreprises ».
Aucun service de l’État n’a jamais réussi à pénétrer au sein de ces salles qui sont gardées jour et nuit par des musulmans, dont beaucoup d’entre eux sont des Français de souche convertis à l’islam radical. Selon les Renseignements généraux, l’islam procède de manière progressive à une occupation systématique des sous-sols de la plate-forme.
Sur les neuf mille cinq cents personnes contrôlées en partance pour La Mecque, deux cent soixante-quatre personnes, qui travaillent à Roissy, faisaient l’objet d’une ou plusieurs fiches relevant de la sûreté de l’État. Le voyage bénéficie annuellement de promotions placardées dans les locaux des sociétés de Roissy, proposant une aide sous la forme d’un forfait, c’est-à-dire d’un important rabais.
Sittingbull @ 07:59 Catégorie(s): De la guerre et de la paix
Posté le Mardi 25 avril 2006
Philippe de Villiers a enquêté sur l’infiltration des fondamentalistes musulmans qui travaillent à Roissy
21 avril 2006 / 17 h 41
POI vient tout juste de recevoir « Les Mosquées de Roissy », que Philippe de Villiers publie aux Éditions Albin Michel. Nous n’avons évidemment pas eu le temps de le lire et nous reviendrons dessus la semaine prochaine, au moment même de la parution du livre, pour en faire et commentaires et analyse. L’état des lieux qu’il a pu tracer - grâce au concours des Renseignements généraux, de la PAF et de la DST - de l’infiltration islamiste dans le plus grand aéroport de Paris est alarmant. Mais ce travail n’occupe que deux des douze chapitres de cet ouvrage, qui porte plus globalement sur l’islamisation de la France et de l’Europe. Cela dit, après que le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer ce samedi 22 avril que « La note des Renseignements généraux » que P. de Villiers publie en annexe de son livre est un faux, POI a mené une rapide enquête. Rappelons d’abord que Aéroport de Paris est obligé, de par la loi, de recruter dans le département de l’aéroport même, qui est situé dans le Val d’Oise, à forte implantation musulmane. Il s’avère également, ce que Villiers ne dit pas, que très récemment nombre de personnes en poste se sont vu retirer leur badge d’accréditation, ce qui leur interdit désormais tout accès aux lieux sensibles de Roissy. Enfin, dernièrement, des dizaines de lieux clandestins de prières dénoncés dans « Les Mosquées de Roissy » ont été fermés, ce qui démontre bien que le propos de P. de Villiers est au moins en partie exact. L’Intérieur se préoccupe depuis un certain temps de cette très lourde affaire sur laquelle les services de sécurité alertent depuis fort longtemps l’ensemble des ministères concernés. Le livre de Villiers, candidat déclaré et en pleine ascension selon les derniers sondages à la présidentielle, aurait-il ébranlé Nicolas Sarkozy ? Pour l’heure, POI présente quelques courts extraits du livre.
Dans la note confidentielle remise au directeur central de la PAF, qui fait la synthèse pour l’année 2005 des listes d’islamistes recensés à Roissy, le contrôleur général Topin écrit : « Une réelle concentration d’individus sur un site aussi sensible que l’aéroport est pour le moins préoccupante, d’autant plus que les individus cités n’ont pour leur majorité été « recensés » qu’à travers des entretiens avec les responsables de leur société ainsi que des recherches ne concernant qu’une quinzaine de sociétés, sur les sept cents que compte la plate-forme. Quand on effectue le calcul en rapportant ce chiffre au nombre total des activistes opérant sur la plate-forme et considérés par les services comme pouvant représenter un danger, on arrive à un chiffre potentiel de deux mille huit cents personnes ! À titre d’exemple, lors de l’enquête menée par la PAF sur la société Federal Express début 2004, « sur les mille six cent quatre-vingt-huit individus employés au sein de cette entreprise, trois cent cinquante-neuf étaient défavorablement connus des services de police, représentant un pourcentage de 21% » ! ; 21% d’activistes délinquants dans cette entreprise de fret, à l’insu de ses responsables.
(…) La direction de la PAF et celle de la GTA font remarquer que les militants identifiés ne représentent qu’une infime partie de ceux qui opèrent sur la plate-forme. (…) La recherche d’individus épousant ces thèses s’avère de plus en plus délicate du fait de la grande discrétion dont ils font preuve la majorité du temps au sein de leurs entreprises ».
Aucun service de l’État n’a jamais réussi à pénétrer au sein de ces salles qui sont gardées jour et nuit par des musulmans, dont beaucoup d’entre eux sont des Français de souche convertis à l’islam radical. Selon les Renseignements généraux, l’islam procède de manière progressive à une occupation systématique des sous-sols de la plate-forme.
Sur les neuf mille cinq cents personnes contrôlées en partance pour La Mecque, deux cent soixante-quatre personnes, qui travaillent à Roissy, faisaient l’objet d’une ou plusieurs fiches relevant de la sûreté de l’État. Le voyage bénéficie annuellement de promotions placardées dans les locaux des sociétés de Roissy, proposant une aide sous la forme d’un forfait, c’est-à-dire d’un important rabais.
Sittingbull @ 07:59 Catégorie(s): De la guerre et de la paix
LES VICTIMES SUISSES DU TERRORISME
Les Suisses et le terrorisme
Les attentats commis hier dans la station égyptienne de Dahab, avec 3 bombes placées délibérément dans des lieux publics, ont fait apparemment au moins 23 morts et 62 blessés. Comme durant les années 90, où les attaques terroristes islamistes ont fait plus de 1000 morts, la majorité des victimes sont des citoyens égyptiens frappés en même temps que leur gouvernement, pour lesquels le tourisme reste une source majeure de revenus. Cependant, des ressortissants étrangers ont également été touchés, et le décès d’un citoyen suisse a notamment été annoncé. Ce qui ne peut bien entendu que susciter un intérêt particulier chez ceux qui ont le devoir de protéger la Suisse et sa population (entre 60 et 70 Suisses étaient sur place)…
Toutefois, les victimes suisses du terrorisme (j’entends ici les personnes tuées, et non blessées ou traumatisées, puisque de tels effets sont plus difficiles à mesurer précisément) ne sont pas exactement une priorité politique dans notre pays. Il est d’ailleurs difficile d’obtenir une liste complète, et mes recherches – certainement insuffisantes – pour les 20 dernières années m’ont amené aux chiffres suivants :
21.12.1988 : 1 ressortissant suisse tué lors de l’explosion en vol du Pan Am 103 et du crash à Lockerbie
19.9.1989 : 2 ressortissants tués lors de l’explosion en vol du DC10 d'UTA
17.9.1997 : 36 ressortissants tués lors du massacre de Louxor
11.9.2001 : 2 ressortissants lors des attaques sur le WTC à New York
12.10.2002 : 3 ressortissants tués lors de l’attentat de Bali
24.4.2006 : 1 ressortissant tué lors des attentats de Dahab
Je saurais gré aux lecteurs de ce site de bien vouloir communiquer les victimes helvétiques que cette liste a omises ou corriger ses erreurs. Malgré cela, on parvient au chiffre d’au moins 45 morts en 20 ans, qui du point de vue statistique est extrêmement bas et n’indique pas de recrudescence récente, mais qui du point de vue politique et stratégique reste significatif. Il pose en effet la question suivante : dans la mesure où ces citoyens suisses – en tout cas depuis Louxor – ont été délibérément tués sans que leur nationalité suscite la moindre retenue, bien au contraire, à partir de combien de morts un Etat doit-il considérer ceci comme une attaque contre lui ? En d’autres termes : puisque nous faisons partie de l’Occident chrétien, blanc, high tech et opulent, à partir de combien de morts devons-nous considérer que les menaces à notre endroit se sont concrétisées, et que nous sommes en guerre ?
Une telle interrogation peut difficilement être tranchée dans un sens ou dans l’autre, puisqu’une vie humaine peut être à la fois tout et rien (ou presque), suivant la perspective que l’on adopte. Pourtant, alors que par le passé des guerres ont été déclenchées pour une oreille coupée, un télégramme insultant ou un ultimatum implacable, il reste assez surprenant de constater que l’on peut aujourd’hui tuer des Suisses sans s’attirer les foudres de la Confédération. Je ne suis pas sûr que nos ancêtres belliqueux apprécieraient… ce d’autant plus qu’un large éventail de réponses diplomatiques, judiciaires, financières et sécuritaires existent. Peut-être faudra-t-il que des Suisses meurent en Suisse du terrorisme contemporain, c’est-à-dire avant tout islamiste, pour qu’une telle réaction se produise – tant il est vrai que seul le sang parvient à émouvoir, et donc mouvoir, les démocraties.
Publié par Ludovic Monnerat le 25 avril 2006 à 10:48
Les attentats commis hier dans la station égyptienne de Dahab, avec 3 bombes placées délibérément dans des lieux publics, ont fait apparemment au moins 23 morts et 62 blessés. Comme durant les années 90, où les attaques terroristes islamistes ont fait plus de 1000 morts, la majorité des victimes sont des citoyens égyptiens frappés en même temps que leur gouvernement, pour lesquels le tourisme reste une source majeure de revenus. Cependant, des ressortissants étrangers ont également été touchés, et le décès d’un citoyen suisse a notamment été annoncé. Ce qui ne peut bien entendu que susciter un intérêt particulier chez ceux qui ont le devoir de protéger la Suisse et sa population (entre 60 et 70 Suisses étaient sur place)…
Toutefois, les victimes suisses du terrorisme (j’entends ici les personnes tuées, et non blessées ou traumatisées, puisque de tels effets sont plus difficiles à mesurer précisément) ne sont pas exactement une priorité politique dans notre pays. Il est d’ailleurs difficile d’obtenir une liste complète, et mes recherches – certainement insuffisantes – pour les 20 dernières années m’ont amené aux chiffres suivants :
21.12.1988 : 1 ressortissant suisse tué lors de l’explosion en vol du Pan Am 103 et du crash à Lockerbie
19.9.1989 : 2 ressortissants tués lors de l’explosion en vol du DC10 d'UTA
17.9.1997 : 36 ressortissants tués lors du massacre de Louxor
11.9.2001 : 2 ressortissants lors des attaques sur le WTC à New York
12.10.2002 : 3 ressortissants tués lors de l’attentat de Bali
24.4.2006 : 1 ressortissant tué lors des attentats de Dahab
Je saurais gré aux lecteurs de ce site de bien vouloir communiquer les victimes helvétiques que cette liste a omises ou corriger ses erreurs. Malgré cela, on parvient au chiffre d’au moins 45 morts en 20 ans, qui du point de vue statistique est extrêmement bas et n’indique pas de recrudescence récente, mais qui du point de vue politique et stratégique reste significatif. Il pose en effet la question suivante : dans la mesure où ces citoyens suisses – en tout cas depuis Louxor – ont été délibérément tués sans que leur nationalité suscite la moindre retenue, bien au contraire, à partir de combien de morts un Etat doit-il considérer ceci comme une attaque contre lui ? En d’autres termes : puisque nous faisons partie de l’Occident chrétien, blanc, high tech et opulent, à partir de combien de morts devons-nous considérer que les menaces à notre endroit se sont concrétisées, et que nous sommes en guerre ?
Une telle interrogation peut difficilement être tranchée dans un sens ou dans l’autre, puisqu’une vie humaine peut être à la fois tout et rien (ou presque), suivant la perspective que l’on adopte. Pourtant, alors que par le passé des guerres ont été déclenchées pour une oreille coupée, un télégramme insultant ou un ultimatum implacable, il reste assez surprenant de constater que l’on peut aujourd’hui tuer des Suisses sans s’attirer les foudres de la Confédération. Je ne suis pas sûr que nos ancêtres belliqueux apprécieraient… ce d’autant plus qu’un large éventail de réponses diplomatiques, judiciaires, financières et sécuritaires existent. Peut-être faudra-t-il que des Suisses meurent en Suisse du terrorisme contemporain, c’est-à-dire avant tout islamiste, pour qu’une telle réaction se produise – tant il est vrai que seul le sang parvient à émouvoir, et donc mouvoir, les démocraties.
Publié par Ludovic Monnerat le 25 avril 2006 à 10:48
L'INTOLERANCE DE L'ISLAM
mardi 25 avril 2006
Vous avez dit tolérance islamique ?
Le gouvernement malaisien rase un temple hindou en plein Kuala-Lumpur malgré les pleurs et les suppliques des fidèles qui occupaient pacifiquement les lieux depuis des siècles.
C'est en pleine prière qu'environ 300 fidèles se sont fait éjecter de leur temple, pourtant vieux de plusieurs centenaires, par les bulldozers islamiques... Les autorités (ordures) du pays avaient à peine pris la peine de prévenir les victimes hindoues de ce nouvel acte, ignoblement islamique, en les prévenant que 24 heures à l'avance que l'édifice serait démoli...
Les Hindous représentant pourtant une minorité pacifique de la population malaisienne.
Encore un triste événement qui est pourtant est devenu normal / banal depuis la naissance de "la secte à Momo", mais oui vous savez bien, la secte du bédouin débile qui s'est pris pour un prophète et dont les disciples ne cessent depuis de terroriser ceux qui ne croient pas à ses délires sanguinaires et pédophiles.
Il est de notoriété publique que dans presque tous les pays musulmans les autorités ne se gênent ni d'interdire / géner les religions autre que la leur, ni de détruire les lieux de culte des autres religions pacifiques ! C'est malheureusement un comportement islamiquement cohérent et répandu, comme le fait de tuer / laisser tuer les apostats et autres non croyants en Allah-poubelle.
Encore un pays musulman à boycotter de toute urgence malgré les publicités vantant mensongèrement la Malaisie comme un pays asiatique tolérant ! N'oublions pas non plus que la rébellion meurtrière qui a lieu dans la très pacifique et bouddhiste Thaïlande est justement menée par la minorité musulmane qui vit, comme par hasard, justement à la frontière Thaïlande / Malaisie... Etrange...
Je suggère que les états non soumis à la secte malfaisante fassent une petite démonstration de tolérance réciproque et qu'ils en profitent pour faire un peu d'assainissement immobilier... En leur montrant que nous aussi nous avons des gros bulldozers capables de réduire en poussière leurs saletés de mosquées, si possible en pleine séance de "culs levés" !
Batavian.Warrior
Vous avez dit tolérance islamique ?
Le gouvernement malaisien rase un temple hindou en plein Kuala-Lumpur malgré les pleurs et les suppliques des fidèles qui occupaient pacifiquement les lieux depuis des siècles.
C'est en pleine prière qu'environ 300 fidèles se sont fait éjecter de leur temple, pourtant vieux de plusieurs centenaires, par les bulldozers islamiques... Les autorités (ordures) du pays avaient à peine pris la peine de prévenir les victimes hindoues de ce nouvel acte, ignoblement islamique, en les prévenant que 24 heures à l'avance que l'édifice serait démoli...
Les Hindous représentant pourtant une minorité pacifique de la population malaisienne.
Encore un triste événement qui est pourtant est devenu normal / banal depuis la naissance de "la secte à Momo", mais oui vous savez bien, la secte du bédouin débile qui s'est pris pour un prophète et dont les disciples ne cessent depuis de terroriser ceux qui ne croient pas à ses délires sanguinaires et pédophiles.
Il est de notoriété publique que dans presque tous les pays musulmans les autorités ne se gênent ni d'interdire / géner les religions autre que la leur, ni de détruire les lieux de culte des autres religions pacifiques ! C'est malheureusement un comportement islamiquement cohérent et répandu, comme le fait de tuer / laisser tuer les apostats et autres non croyants en Allah-poubelle.
Encore un pays musulman à boycotter de toute urgence malgré les publicités vantant mensongèrement la Malaisie comme un pays asiatique tolérant ! N'oublions pas non plus que la rébellion meurtrière qui a lieu dans la très pacifique et bouddhiste Thaïlande est justement menée par la minorité musulmane qui vit, comme par hasard, justement à la frontière Thaïlande / Malaisie... Etrange...
Je suggère que les états non soumis à la secte malfaisante fassent une petite démonstration de tolérance réciproque et qu'ils en profitent pour faire un peu d'assainissement immobilier... En leur montrant que nous aussi nous avons des gros bulldozers capables de réduire en poussière leurs saletés de mosquées, si possible en pleine séance de "culs levés" !
Batavian.Warrior
LE PERIL ISLAMIQUE
D'autres pays du Moyen-Orient risquent d’imiter l’Iran
Yael Ancri
lundi 24 avril 2006 - 14:25
Le ministre sortant de la Défense, Shaul Mofaz, a entériné les conclusions de la commission Méridor, formée il y a deux ans. La radio de l’armée, Galei Tsahal, a cité, lundi 24 avril 2006, ses paroles à ce sujet : "pour la première fois depuis la création de l’Etat, les dirigeants israéliens disposent d’un document officiel expliquant leur conception globale de leur sécurité dans une vision à court et long terme".
Le rapport, de 250 pages, qui aborde des questions stratégiques pour les dix années à venir, est considéré comme top secret; seule une élite restreinte pourra le lire dans son intégralité. Il n’a pas encore été décidé si certaines parties du rapport seraient publiées, afin de familiariser le public avec l'approche sécuritaire et stratégique d'Israël. Le rapport recommande que les principes de la défense soient réexaminés tous les cinq ans et qu'un mécanisme soit établi pour surveiller l'exécution des recommandations.
Un chapitre substantiel aborde la menace nucléaire à l’égard d’Israël. L'Iran est capable d'allumer l'Orient entier et constitue une menace existentielle pour Israël. La commission estime que si l'Iran se dote d’armes nucléaires, d'autres pays musulmans du Moyen Orient essayeront d’en faire autant. Le rapport présente ses observations sur une éventuelle réponse israélienne face au projet nucléaire iranien. La commission, présidée par l'ancien ministre Dan Meridor et créée par l'ancien Premier ministre Ariel Sharon, a recommandé à Mofaz, dimanche 23 avril 2006, de maintenir la politique israélienne d'ambiguïté nucléaire, qui a une importance stratégique pour Israël.
Dans un chapitre sur les façons de prendre des décisions, la comission indique que le gouvernement ne fournit pas une planification adéquate et complète dans le domaine de la défense. Le rapport recommande de faire du Conseil national de sécurité la principale autorité gouvernementale, chargée de la planification des affaires militaires, le CNS devra également inclure une petite agence de services de renseignements nationaux. Il faudrait en outre procéder à des réductions mineures dans le budget de la défense, qui devrait être planifié sur cinq ans, en supposant que la croissance économique continue.
Le rapport affirme qu'Israël connait des changements stratégiques majeurs et rapides, y compris dans le domaine des technologiques. Israël fait face à de nouveaux risques : le terrorisme et la menace constituée par les armes non conventionnelles. La dissuasion du terrorisme est complexe et difficile, en particulier sur un territoire manquant de hiérarchie gouvernementale et contre des organismes sans terre, plutôt que des Etats. Le rapport aborde le problème de façon générale et recommande d’utiliser plus souvent la puissance de feu, en particulier à distance, de préférence aux mouvements de troupes, employés par le passé. Il conseille également d’utiliser davantage les services de renseignements et les opérations par satellites.
Formellement, la commission Meridor a été fondée par Mofaz. Cependant, Sharon fut celui qui approuva les nominations, repoussant catégoriquement, sans aucune explication, l'ancien ministre de la défense Moshé Arens et l'ancien chef du Shin Bet, Ami Ayalon. Le rapport a été soumis aux commentaires du chef d'Etat Major de Tsahal, Dan Haloutz, au chef du Shin Bet, Youval Diskin, au dirigeant du Mossad, Meir Dagan et au directeur de la Commission israélienne de l'énergie atomique, Gédéon Frank.
Yael Ancri
lundi 24 avril 2006 - 14:25
Le ministre sortant de la Défense, Shaul Mofaz, a entériné les conclusions de la commission Méridor, formée il y a deux ans. La radio de l’armée, Galei Tsahal, a cité, lundi 24 avril 2006, ses paroles à ce sujet : "pour la première fois depuis la création de l’Etat, les dirigeants israéliens disposent d’un document officiel expliquant leur conception globale de leur sécurité dans une vision à court et long terme".
Le rapport, de 250 pages, qui aborde des questions stratégiques pour les dix années à venir, est considéré comme top secret; seule une élite restreinte pourra le lire dans son intégralité. Il n’a pas encore été décidé si certaines parties du rapport seraient publiées, afin de familiariser le public avec l'approche sécuritaire et stratégique d'Israël. Le rapport recommande que les principes de la défense soient réexaminés tous les cinq ans et qu'un mécanisme soit établi pour surveiller l'exécution des recommandations.
Un chapitre substantiel aborde la menace nucléaire à l’égard d’Israël. L'Iran est capable d'allumer l'Orient entier et constitue une menace existentielle pour Israël. La commission estime que si l'Iran se dote d’armes nucléaires, d'autres pays musulmans du Moyen Orient essayeront d’en faire autant. Le rapport présente ses observations sur une éventuelle réponse israélienne face au projet nucléaire iranien. La commission, présidée par l'ancien ministre Dan Meridor et créée par l'ancien Premier ministre Ariel Sharon, a recommandé à Mofaz, dimanche 23 avril 2006, de maintenir la politique israélienne d'ambiguïté nucléaire, qui a une importance stratégique pour Israël.
Dans un chapitre sur les façons de prendre des décisions, la comission indique que le gouvernement ne fournit pas une planification adéquate et complète dans le domaine de la défense. Le rapport recommande de faire du Conseil national de sécurité la principale autorité gouvernementale, chargée de la planification des affaires militaires, le CNS devra également inclure une petite agence de services de renseignements nationaux. Il faudrait en outre procéder à des réductions mineures dans le budget de la défense, qui devrait être planifié sur cinq ans, en supposant que la croissance économique continue.
Le rapport affirme qu'Israël connait des changements stratégiques majeurs et rapides, y compris dans le domaine des technologiques. Israël fait face à de nouveaux risques : le terrorisme et la menace constituée par les armes non conventionnelles. La dissuasion du terrorisme est complexe et difficile, en particulier sur un territoire manquant de hiérarchie gouvernementale et contre des organismes sans terre, plutôt que des Etats. Le rapport aborde le problème de façon générale et recommande d’utiliser plus souvent la puissance de feu, en particulier à distance, de préférence aux mouvements de troupes, employés par le passé. Il conseille également d’utiliser davantage les services de renseignements et les opérations par satellites.
Formellement, la commission Meridor a été fondée par Mofaz. Cependant, Sharon fut celui qui approuva les nominations, repoussant catégoriquement, sans aucune explication, l'ancien ministre de la défense Moshé Arens et l'ancien chef du Shin Bet, Ami Ayalon. Le rapport a été soumis aux commentaires du chef d'Etat Major de Tsahal, Dan Haloutz, au chef du Shin Bet, Youval Diskin, au dirigeant du Mossad, Meir Dagan et au directeur de la Commission israélienne de l'énergie atomique, Gédéon Frank.
MOHAMED , UNE VICTIME DE LA BARBARIE
Pourquoi Mohammed Abou al Hawa est-il mort ? C. Glick
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Jerusalem Post, 18 avril 2006
Traduction française: Albert Soued.
Moh'amed Abou al Hawa, 42 ans, était père de 8 enfants lorsqu'il est mort mercredi dernier. Alors que les Juifs commençaient à fêter la Pâque, et racontaient l'histoire de l'exode d'Egypte ainsi que celle de la naissance d'une nation, Mohammed était torturé par des terroristes du Fatah. Pendant qu'on appréciait notre repas du Séder, il a été abattu par 7 rafales, et, alors que on clôturait notre soirée studieuse par "L'an prochain à Jérusalem!", le corps de ce pauvre homme flambait avec sa voiture.
Mohammed Abou al Hawa a été torturé et assassiné parce qu'on l'accusait d'un crime capital. Huit enfants sont devenus orphelins, mercredi dernier dans la nuit, parce que leur père avait, soit disant, vendu à des Juifs un bien immobilier situé à Jérusalem. L'immeuble est situé dans le quartier d'Al Tor, juste au-dessus du Mont du Temple, au Mont des Oliviers.
Mohammed Abou al Hawa a été enterré dans un cimetière improvisé, sur la route entre Jérusalem, où il vivait, et Jéricho, où il a été tué. Son corps a été enterré là, parce que le mufti de l'Autorité Palestinienne (AP), Ikrima Sabri, empêche tout musulman accusé d'avoir vendu un bien immobilier, ou un terrain, à un Juif, d'être enterré décemment dans un cimetière musulman.
Lorsque l'AP a été installée en 1994, le premier acte légal effectué par son président, Yasser Arafat, et son ministre de la justice, Freih Abou Madein, a été de déclarer nulle et non avenue toute loi en vigueur. Après avoir plongé la société palestinienne dans un chaos juridique, ces deux hommes ont remis en vigueur la loi jordanienne qu'Israël avait révoquée en 1967. Cette loi fait de la vente d'un terrain à un Juif un délit.
Depuis 1994, des dizaines d'Arabes israéliens et de résidents de l'AP, soupçonnés d'avoir vendu un terrain à des Juifs, ont été assassinés. Comme ceux qui l'ont précédé, le meurtre de Abou al Hawa nous donne un bon aperçu de la société palestinienne. Il nous dit que quelle que soit l'Autorité palestinienne, l'actuelle ou tout Etat qui lui succédera, sera raciste, ce sera un Etat pratiquant l'apartheid, où les lois seront promulguées sur base de la race et de la religion. On refusera aux Juifs tout droit de l'homme, et les Arabes qui voudront vivre en paix avec les Juifs seront accusés de trahison et seront des cibles de meurtre.
Samedi soir, le sheikh israélien, Raed Salah, ex-maire de Oum al Fah'm (Israël) et chef de la branche nord du Mouvement Islamique Israélien s'est adressé à 30 000 arabes israéliens dans le stade de Qafr Kana. Il a placé le meurtre de Abou al Hawa dans le contexte de la stratégie arabo-islamique de conquête de Jérusalem. Son discours, qui appelait à l'expulsion de tous les Juifs de Jérusalem, a été largement diffusé par Al Jezira. al Hawa a appelé ses frères arabes à sauver Jérusalem des mains des Juifs, leur promettant que, très bientôt, cette ville serait la capitale de la nation islamique et serait gouvernée par un calife ! Le discours de Salah le place au niveau de Sheikh Youssouf al Qaradawi, le chef religieux sunnite résidant au Qatar, autorité respectée tant par al Qaida que par le Hamas. Président de la Fondation al Quds (la Sainte, c-à-d. Jérusalem), en décembre dernier, à Sanaa (Yémen), Qaradaoui a donné l'ordre d'islamiser Jérusalem, de mettre fin à la coexistence avec Israël, et d'entamer un jihad civil, en parallèle avec la résistance armée.
Aujourd'hui, nul, dans le monde arabo-islamique, et encore moins dans l'AP, ne se lèvera pour défendre la mémoire de Abou al Hawa. Car pour, tout ces gens, ce meurtre servira de leçon et découragera toute velléité de relation pacifique ou commerciale avec les Israéliens. Aucune de ces victimes de l'apartheid contre les Juifs n'aura eu l'occasion de s'exprimer ou de se défendre. Selon les spécialistes de la vente de biens immobiliers palestiniens, dans la plupart des cas, ces Arabes punis pour avoir vendu un terrain à des Juifs ne l'avaient pas fait. Dans le pire des cas, ces gens, qui avaient simplement de bonnes relations avec des Juifs, ont été considérés, de ce fait, comme des "collaborateurs". Par ces méthodes, les dirigeants palestiniens sont assurés que les citoyens arabes auront trop peur d'entamer des relations de coexistence avec Israël.
Considéré comme un vendeur-traître, Abou al Hawa ne pouvait pas s'attendre à être protégé par les Palestiniens, mais en tant qu'habitant de Jérusalem, il aurait pu espérer une protection de la part des autorités israéliennes. Légalement, ce devoir incombe, en effet, à la Police d'Israël. Mais hélas, non seulement cette police ne l'a pas protégé, mais, à cause d'elle, il lui a été impossible d'échapper à la mort. Le mois dernier, le tribunal de Jérusalem a ordonné à la police de chasser des "squatters" arabes installés dans l'immeuble qui appartenait auparavant à Abou al Hawa. Selon nos sources, au lieu de mener cette opération délicate avec discrétion, dans un environnement arabe souvent hostile, la police en a informé la chaîne TV10 ! Celle-ci a diffusé l'opération à une heure de grande écoute, deux soirées de suite. Elle a montré la police en train de jeter les effets personnels des squatters. Le reporter, Assaf Zohar, a présenté ces squatters comme de pauvres victimes innocentes, et les nouveaux propriétaires juifs, comme des propriétaires arrogants, riches et fanatiques. Or, ils avaient acheté l'immeuble légalement, le faisaient garder légalement et voulaient y emménager légalement. Questionné par Zohar, Abou al Hawa a juré ses grands dieux qu'il avait refusé l'offre d'achat proposée par des Juifs, venus avec des sacs plein de billets et qui le le pressaient de vendre. Il a juré qu'il ne vendrait jamais à des Juifs. A aucun moment, Zohar n'a mentionné le fait que l'AP procédait régulièrement à l'assassinat extra-judiciaire de tous ceux qui sont accusés de vendre des biens à des Juifs.
On imagine mal al Jezira montrer des Juifs de manière plus ignominieuse que ne l'a fait la chaîne 10. Le fait que l'immeuble en question se trouvait à l'intérieur de la capitale d'Israël, à deux pas du Mont du Temple, n'a pas impressionné Zohar. Après l'émission de ce reporter, les clameurs d'incitation contre Abou al Hawa se sont amplifiées aux environs d'Al Tor et ailleurs dans l'Autorité Palestinienne. A en croire des sources fiables, avant l'émission, Abou al Hawa était harcelé mais pas condamné à mort. La diffusion des images de la chaîne 10 a mis sa vie en péril.
Cette affaire montre, d'une manière troublante, le niveau de compétence de nos élites, tant celles de la police que celles de l'information télévisée. A la police, on nous affirme que la protection de Abou al Hawa a été mal menée par l'équipe [qui en était responsable]. Si la police l'avait voulu, elle aurait pu dissuader les Arabes du coin et les intrus palestiniens de harceler cet homme, en tout cas elle aurait pu les persuader de le laisser tranquille, lui et sa famille. A cause de la diffusion des images de la chaîne 10, tuer Abou al Hawa était devenu une question d'honneur, les assassins devenaient des héros qui défendent la fierté palestinienne et la solidarité islamique contre les Juifs. Cette chaîne a non seulement transformé un citoyen arabe en cible de meurtre, mais elle a montré comment les élites de ce pays considèrent l'antisémitisme officiel palestinien. En diffusant la scène de l'éviction, soir après soir, pendant 7 longues minutes, en présentant les Juifs comme de riches exploiteurs et des intrus, la chaîne 10, ses reporters, ses producteurs, ses rédacteurs, acceptent de fait le fondement antisémite des griefs des Palestiniens contre Israël. C'est-à-dire que ces élites israéliennes pensent que l'objectif de la création d'un Etat palestinien annule le droit des Juifs de posséder des terrains dans les zones que les Palestiniens revendiquent.
Il ne fait pas de doute que l'action combinée de la police, de Tsahal et du Shin Bet, pourrait mettre un terme à ces assassinats qu'exécutent les Palestiniens pour empêcher des citoyens arabes de vendre des terrains à des Juifs. Cette action pourrait, en tout cas, faire comprendre aux Palestiniens et aux responsables arabes israéliens qu'ils n’ont d'autre choix que de s'en tenir à la loi israélienne dans la capitale israélienne, et que, dans cette lutte pour la survie, Israël a les moyens humains d'y parvenir.
Pour que cette bataille ne soit pas [l'équivalent d'un des] travaux d'Hercule, encore faut-il que nos élites reconnaissent notre droit de lutter et de nous défendre, sans adopter le point de vue raciste de l'adversaire, de surcroît en le présentant au public comme une vérité objective.
La torture et le meurtre de Abou al Hawa sont le résultat non seulement de la barbarie de société palestinienne, mais aussi celui du statut privilégié dont jouissent ces barbares au sein de notre pays.
Caroline Glick
© Jerusalem Post
Mis en ligne le 24 avril 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org
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Jerusalem Post, 18 avril 2006
Traduction française: Albert Soued.
Moh'amed Abou al Hawa, 42 ans, était père de 8 enfants lorsqu'il est mort mercredi dernier. Alors que les Juifs commençaient à fêter la Pâque, et racontaient l'histoire de l'exode d'Egypte ainsi que celle de la naissance d'une nation, Mohammed était torturé par des terroristes du Fatah. Pendant qu'on appréciait notre repas du Séder, il a été abattu par 7 rafales, et, alors que on clôturait notre soirée studieuse par "L'an prochain à Jérusalem!", le corps de ce pauvre homme flambait avec sa voiture.
Mohammed Abou al Hawa a été torturé et assassiné parce qu'on l'accusait d'un crime capital. Huit enfants sont devenus orphelins, mercredi dernier dans la nuit, parce que leur père avait, soit disant, vendu à des Juifs un bien immobilier situé à Jérusalem. L'immeuble est situé dans le quartier d'Al Tor, juste au-dessus du Mont du Temple, au Mont des Oliviers.
Mohammed Abou al Hawa a été enterré dans un cimetière improvisé, sur la route entre Jérusalem, où il vivait, et Jéricho, où il a été tué. Son corps a été enterré là, parce que le mufti de l'Autorité Palestinienne (AP), Ikrima Sabri, empêche tout musulman accusé d'avoir vendu un bien immobilier, ou un terrain, à un Juif, d'être enterré décemment dans un cimetière musulman.
Lorsque l'AP a été installée en 1994, le premier acte légal effectué par son président, Yasser Arafat, et son ministre de la justice, Freih Abou Madein, a été de déclarer nulle et non avenue toute loi en vigueur. Après avoir plongé la société palestinienne dans un chaos juridique, ces deux hommes ont remis en vigueur la loi jordanienne qu'Israël avait révoquée en 1967. Cette loi fait de la vente d'un terrain à un Juif un délit.
Depuis 1994, des dizaines d'Arabes israéliens et de résidents de l'AP, soupçonnés d'avoir vendu un terrain à des Juifs, ont été assassinés. Comme ceux qui l'ont précédé, le meurtre de Abou al Hawa nous donne un bon aperçu de la société palestinienne. Il nous dit que quelle que soit l'Autorité palestinienne, l'actuelle ou tout Etat qui lui succédera, sera raciste, ce sera un Etat pratiquant l'apartheid, où les lois seront promulguées sur base de la race et de la religion. On refusera aux Juifs tout droit de l'homme, et les Arabes qui voudront vivre en paix avec les Juifs seront accusés de trahison et seront des cibles de meurtre.
Samedi soir, le sheikh israélien, Raed Salah, ex-maire de Oum al Fah'm (Israël) et chef de la branche nord du Mouvement Islamique Israélien s'est adressé à 30 000 arabes israéliens dans le stade de Qafr Kana. Il a placé le meurtre de Abou al Hawa dans le contexte de la stratégie arabo-islamique de conquête de Jérusalem. Son discours, qui appelait à l'expulsion de tous les Juifs de Jérusalem, a été largement diffusé par Al Jezira. al Hawa a appelé ses frères arabes à sauver Jérusalem des mains des Juifs, leur promettant que, très bientôt, cette ville serait la capitale de la nation islamique et serait gouvernée par un calife ! Le discours de Salah le place au niveau de Sheikh Youssouf al Qaradawi, le chef religieux sunnite résidant au Qatar, autorité respectée tant par al Qaida que par le Hamas. Président de la Fondation al Quds (la Sainte, c-à-d. Jérusalem), en décembre dernier, à Sanaa (Yémen), Qaradaoui a donné l'ordre d'islamiser Jérusalem, de mettre fin à la coexistence avec Israël, et d'entamer un jihad civil, en parallèle avec la résistance armée.
Aujourd'hui, nul, dans le monde arabo-islamique, et encore moins dans l'AP, ne se lèvera pour défendre la mémoire de Abou al Hawa. Car pour, tout ces gens, ce meurtre servira de leçon et découragera toute velléité de relation pacifique ou commerciale avec les Israéliens. Aucune de ces victimes de l'apartheid contre les Juifs n'aura eu l'occasion de s'exprimer ou de se défendre. Selon les spécialistes de la vente de biens immobiliers palestiniens, dans la plupart des cas, ces Arabes punis pour avoir vendu un terrain à des Juifs ne l'avaient pas fait. Dans le pire des cas, ces gens, qui avaient simplement de bonnes relations avec des Juifs, ont été considérés, de ce fait, comme des "collaborateurs". Par ces méthodes, les dirigeants palestiniens sont assurés que les citoyens arabes auront trop peur d'entamer des relations de coexistence avec Israël.
Considéré comme un vendeur-traître, Abou al Hawa ne pouvait pas s'attendre à être protégé par les Palestiniens, mais en tant qu'habitant de Jérusalem, il aurait pu espérer une protection de la part des autorités israéliennes. Légalement, ce devoir incombe, en effet, à la Police d'Israël. Mais hélas, non seulement cette police ne l'a pas protégé, mais, à cause d'elle, il lui a été impossible d'échapper à la mort. Le mois dernier, le tribunal de Jérusalem a ordonné à la police de chasser des "squatters" arabes installés dans l'immeuble qui appartenait auparavant à Abou al Hawa. Selon nos sources, au lieu de mener cette opération délicate avec discrétion, dans un environnement arabe souvent hostile, la police en a informé la chaîne TV10 ! Celle-ci a diffusé l'opération à une heure de grande écoute, deux soirées de suite. Elle a montré la police en train de jeter les effets personnels des squatters. Le reporter, Assaf Zohar, a présenté ces squatters comme de pauvres victimes innocentes, et les nouveaux propriétaires juifs, comme des propriétaires arrogants, riches et fanatiques. Or, ils avaient acheté l'immeuble légalement, le faisaient garder légalement et voulaient y emménager légalement. Questionné par Zohar, Abou al Hawa a juré ses grands dieux qu'il avait refusé l'offre d'achat proposée par des Juifs, venus avec des sacs plein de billets et qui le le pressaient de vendre. Il a juré qu'il ne vendrait jamais à des Juifs. A aucun moment, Zohar n'a mentionné le fait que l'AP procédait régulièrement à l'assassinat extra-judiciaire de tous ceux qui sont accusés de vendre des biens à des Juifs.
On imagine mal al Jezira montrer des Juifs de manière plus ignominieuse que ne l'a fait la chaîne 10. Le fait que l'immeuble en question se trouvait à l'intérieur de la capitale d'Israël, à deux pas du Mont du Temple, n'a pas impressionné Zohar. Après l'émission de ce reporter, les clameurs d'incitation contre Abou al Hawa se sont amplifiées aux environs d'Al Tor et ailleurs dans l'Autorité Palestinienne. A en croire des sources fiables, avant l'émission, Abou al Hawa était harcelé mais pas condamné à mort. La diffusion des images de la chaîne 10 a mis sa vie en péril.
Cette affaire montre, d'une manière troublante, le niveau de compétence de nos élites, tant celles de la police que celles de l'information télévisée. A la police, on nous affirme que la protection de Abou al Hawa a été mal menée par l'équipe [qui en était responsable]. Si la police l'avait voulu, elle aurait pu dissuader les Arabes du coin et les intrus palestiniens de harceler cet homme, en tout cas elle aurait pu les persuader de le laisser tranquille, lui et sa famille. A cause de la diffusion des images de la chaîne 10, tuer Abou al Hawa était devenu une question d'honneur, les assassins devenaient des héros qui défendent la fierté palestinienne et la solidarité islamique contre les Juifs. Cette chaîne a non seulement transformé un citoyen arabe en cible de meurtre, mais elle a montré comment les élites de ce pays considèrent l'antisémitisme officiel palestinien. En diffusant la scène de l'éviction, soir après soir, pendant 7 longues minutes, en présentant les Juifs comme de riches exploiteurs et des intrus, la chaîne 10, ses reporters, ses producteurs, ses rédacteurs, acceptent de fait le fondement antisémite des griefs des Palestiniens contre Israël. C'est-à-dire que ces élites israéliennes pensent que l'objectif de la création d'un Etat palestinien annule le droit des Juifs de posséder des terrains dans les zones que les Palestiniens revendiquent.
Il ne fait pas de doute que l'action combinée de la police, de Tsahal et du Shin Bet, pourrait mettre un terme à ces assassinats qu'exécutent les Palestiniens pour empêcher des citoyens arabes de vendre des terrains à des Juifs. Cette action pourrait, en tout cas, faire comprendre aux Palestiniens et aux responsables arabes israéliens qu'ils n’ont d'autre choix que de s'en tenir à la loi israélienne dans la capitale israélienne, et que, dans cette lutte pour la survie, Israël a les moyens humains d'y parvenir.
Pour que cette bataille ne soit pas [l'équivalent d'un des] travaux d'Hercule, encore faut-il que nos élites reconnaissent notre droit de lutter et de nous défendre, sans adopter le point de vue raciste de l'adversaire, de surcroît en le présentant au public comme une vérité objective.
La torture et le meurtre de Abou al Hawa sont le résultat non seulement de la barbarie de société palestinienne, mais aussi celui du statut privilégié dont jouissent ces barbares au sein de notre pays.
Caroline Glick
© Jerusalem Post
Mis en ligne le 24 avril 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org
24.4.06
DES EUROPEENS EN BARBARIE
Connaissez-vous le livre "Captifs en barbarie"?
Cet ouvrage raconte, sur le mode du roman historique à partir de témoignages d'époque, comment plus d'un million d'Européens capturés en mer ou sur les côtes lors de rezzous, ont connu l'esclavage dans les geôles du Maghreb jusqu'en 1830.
S'ils acceptaient de se convertir à l'islam, ils survivaient dans une sorte de servage en liberté très surveillée.
En cas de refus, on les amputait d'un pied pour leur oter toute velléité de fuite, et ils étaient victimes de mauvais traitements quotidiens. Une mort lente orchestrée par leurs tortionnaires.
S'ils se rebiffaient, ils étaient littéralement découpés vivants en petits morceaux, en commençant par les pieds et les mains.
Quant à la traite négrière, qui s'effectuait aussi par l'Afrique du Nord et la façade atlantique du Maroc, elle aurait été impossible sans le concours des roitelets locaux, grands fournisseurs de chair humaine qu'ils allaient chercher à l'intérieur des terres.
Ecrit par un journaliste anglais, Gilles Milton, mais sabordé parce que les dhimmis britanniques avaient trop peur de l'ire islamique, ce livre a fini par être publié à Lausanne. Traduit en français, cet ouvrage est diffusé en France par Le Seuil. Sans trop de pub'. Dans le silence assourdissant des média. Et en se cachant prudemment derrière une petite maison peu connue, les éditions Noir sur Blanc.
http://www.decitre.fr/livres/Captifs-en-Barbarie.aspx/9782882501707/0x000000018da30523
Personnellement cet ouvrage ne m'a pas appris grand chose, j'avais déjà fait il y a 15 ans une critique très favorable du bouquin de Benattar et Ben Sassar "Les chrétiens d'Allah" (Perrin) qui racontait, entre autres anecdotes, comment les marins européens capturés avaient un premier choix entre la conversion ou la castration.
Et comment ils pouvaient ensuite racheter leur liberté, ou tout au moins bénéficier d'un statut d'affranchi, en participant aux exactions et massacres perpétrés par les pirates barbaresques.
http://www.livre-rare-book.com/Matieres/gd/3037d.html
En cette période de repentance perpétuelle et d'auto-flagellation permanente, il me semble que ce genre de bouquins mériterait une large publicité. D'autant que le parcours des auteurs renforce la crédibilité de leur discours. L'un et l'autre ne sont pas manichéens et ils s'appuient sur des sources historiques indiscutables et indiscutées.
En outre, Giles Milton n'est pas vraiment un homme de droite, et il ne cache pas avoir longtemps éprouvé une réelle fascination pour le monde islamique.
Tandis que Ben Sassar a écrit une thèse sur l'esprit libéral de l'islam (sic) avant d'approfondir un peu plus son étude...
Meilleures salutations et surtout mes plus vives félicitations pour votre action et votre site.
F.D.
Cet ouvrage raconte, sur le mode du roman historique à partir de témoignages d'époque, comment plus d'un million d'Européens capturés en mer ou sur les côtes lors de rezzous, ont connu l'esclavage dans les geôles du Maghreb jusqu'en 1830.
S'ils acceptaient de se convertir à l'islam, ils survivaient dans une sorte de servage en liberté très surveillée.
En cas de refus, on les amputait d'un pied pour leur oter toute velléité de fuite, et ils étaient victimes de mauvais traitements quotidiens. Une mort lente orchestrée par leurs tortionnaires.
S'ils se rebiffaient, ils étaient littéralement découpés vivants en petits morceaux, en commençant par les pieds et les mains.
Quant à la traite négrière, qui s'effectuait aussi par l'Afrique du Nord et la façade atlantique du Maroc, elle aurait été impossible sans le concours des roitelets locaux, grands fournisseurs de chair humaine qu'ils allaient chercher à l'intérieur des terres.
Ecrit par un journaliste anglais, Gilles Milton, mais sabordé parce que les dhimmis britanniques avaient trop peur de l'ire islamique, ce livre a fini par être publié à Lausanne. Traduit en français, cet ouvrage est diffusé en France par Le Seuil. Sans trop de pub'. Dans le silence assourdissant des média. Et en se cachant prudemment derrière une petite maison peu connue, les éditions Noir sur Blanc.
http://www.decitre.fr/livres/Captifs-en-Barbarie.aspx/9782882501707/0x000000018da30523
Personnellement cet ouvrage ne m'a pas appris grand chose, j'avais déjà fait il y a 15 ans une critique très favorable du bouquin de Benattar et Ben Sassar "Les chrétiens d'Allah" (Perrin) qui racontait, entre autres anecdotes, comment les marins européens capturés avaient un premier choix entre la conversion ou la castration.
Et comment ils pouvaient ensuite racheter leur liberté, ou tout au moins bénéficier d'un statut d'affranchi, en participant aux exactions et massacres perpétrés par les pirates barbaresques.
http://www.livre-rare-book.com/Matieres/gd/3037d.html
En cette période de repentance perpétuelle et d'auto-flagellation permanente, il me semble que ce genre de bouquins mériterait une large publicité. D'autant que le parcours des auteurs renforce la crédibilité de leur discours. L'un et l'autre ne sont pas manichéens et ils s'appuient sur des sources historiques indiscutables et indiscutées.
En outre, Giles Milton n'est pas vraiment un homme de droite, et il ne cache pas avoir longtemps éprouvé une réelle fascination pour le monde islamique.
Tandis que Ben Sassar a écrit une thèse sur l'esprit libéral de l'islam (sic) avant d'approfondir un peu plus son étude...
Meilleures salutations et surtout mes plus vives félicitations pour votre action et votre site.
F.D.
L'ISLAM EN GUERRE CONTRE L'OCCIDENT ?
23 avril 2006
L'impasse du non alignement
Les dernières déclarations attribuées à Oussama ben Laden, diffusées ce jour sur Al-Jazira, constituent un nouvel exemple de la rhétorique belliciste et globale que martèlent les islamistes à chaque occasion. Au-delà de la justification du terrorisme, puisque chaque citoyen occidental respectueux des élections et votations de son pays est déclaré cible légitime, l’appel à combattre toute force de l’ONU déployée au Soudan et la dénonciation des suspensions des aides aux Palestiniens confirment l’interdépendance, au nom de l’islam, de nombreux conflits décentralisés, et la vocation planétaire des liens existant entre eux. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, loin de là, que la figure de proue historique de la mouvance islamiste sunnite s’en prend directement aux Nations Unies. Sans que les conséquences logiques de cette opposition ne soient vraiment tirées.
Le discours de ben Laden est en effet exclusif : même le gouvernement d’obédience islamiste de Khartoum ne trouve pas grâce à ses yeux, malgré des « intérêts communs », et ne saurait se substituer à l’autorité spirituelle et temporelle que revendique la mouvance Al-Qaïda. En d’autres termes, à plus ou moins brève échéance, tous ceux qui n’en sont pas membres deviennent ennemis. Malgré l’amalgame qui est souvent fait avec les positions très dures affichées par les Etats-Unis au lendemain du 11 septembre 2001, excluant toute neutralité dans le conflit en cours, on se trouve ici face à un ultimatum d’une autre ampleur : alors que l’administration Bush exerce des pressions tentaculaires pour inciter et/ou contraindre les Etats à coopérer, c’est l’existence même des Etats, et partant leurs actions, qui est combattue par la mouvance islamiste à travers son rêve d’un califat planétaire.
Que cet ultimatum soit difficile à pleinement intégrer ne doit pas étonner : il s’oppose si radicalement à tout le corpus des relations internationales qu’il n’offre aucune prise à la politique étrangère et se situe exclusivement dans le domaine sécuritaire (renseignement, défense, justice et police). Les réflexes que la diplomatie continue de pratiquer, à plus forte raison lorsque l’on tente un non alignement censé créer des conditions plus favorables pour le dialogue et la négociation, sont donc directement remis en question par les déclarations de ben Laden et consorts. Ceci devrait logiquement amener certaines interrogations, y compris pour le cas spécifique de la Suisse : est-ce que notre engagement militaire sous la bannière de l’ONU ou sous mandat onusien, en Afghanistan, au Proche-Orient ou ailleurs, constitue une implication volontaire dans un conflit ? Est-ce que nos programmes d’aide au développement ne sont pas, d’un certain point de vue, des actes de guerre ? Peut-on ignorer l’opinion de ceux qui nous déclarent la guerre ?
Bien entendu, la Suisse est un acteur mineur même sur le plan européen, et on peut s’imaginer pouvoir en quelque sorte passer entre les gouttes. A ceci près que la réalité de l’interpénétration des cultures et des identités nous a déjà rattrapés : ce samedi, en traversant la ville de Bienne, j’ai par exemple croisé deux hommes de haute taille, au physique arabe, portant une longue barbe impeccablement taillée, tout vêtus de blanc, et déambulant fièrement sur le trottoir. Qui sait exactement l’impact d’un discours de ben Laden sur ceux qui, dans mon pays, regardent chaque jour Al-Jazira, et non la TSR ? Le non alignement était intellectuellement concevable dans un monde bipolaire ; à une époque marquée par l’éclatement du sens et de l’espace, il ne constitue qu’une impasse.
Publié par Ludovic Monnerat le 23 avril 2006 à 21:13
L'impasse du non alignement
Les dernières déclarations attribuées à Oussama ben Laden, diffusées ce jour sur Al-Jazira, constituent un nouvel exemple de la rhétorique belliciste et globale que martèlent les islamistes à chaque occasion. Au-delà de la justification du terrorisme, puisque chaque citoyen occidental respectueux des élections et votations de son pays est déclaré cible légitime, l’appel à combattre toute force de l’ONU déployée au Soudan et la dénonciation des suspensions des aides aux Palestiniens confirment l’interdépendance, au nom de l’islam, de nombreux conflits décentralisés, et la vocation planétaire des liens existant entre eux. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, loin de là, que la figure de proue historique de la mouvance islamiste sunnite s’en prend directement aux Nations Unies. Sans que les conséquences logiques de cette opposition ne soient vraiment tirées.
Le discours de ben Laden est en effet exclusif : même le gouvernement d’obédience islamiste de Khartoum ne trouve pas grâce à ses yeux, malgré des « intérêts communs », et ne saurait se substituer à l’autorité spirituelle et temporelle que revendique la mouvance Al-Qaïda. En d’autres termes, à plus ou moins brève échéance, tous ceux qui n’en sont pas membres deviennent ennemis. Malgré l’amalgame qui est souvent fait avec les positions très dures affichées par les Etats-Unis au lendemain du 11 septembre 2001, excluant toute neutralité dans le conflit en cours, on se trouve ici face à un ultimatum d’une autre ampleur : alors que l’administration Bush exerce des pressions tentaculaires pour inciter et/ou contraindre les Etats à coopérer, c’est l’existence même des Etats, et partant leurs actions, qui est combattue par la mouvance islamiste à travers son rêve d’un califat planétaire.
Que cet ultimatum soit difficile à pleinement intégrer ne doit pas étonner : il s’oppose si radicalement à tout le corpus des relations internationales qu’il n’offre aucune prise à la politique étrangère et se situe exclusivement dans le domaine sécuritaire (renseignement, défense, justice et police). Les réflexes que la diplomatie continue de pratiquer, à plus forte raison lorsque l’on tente un non alignement censé créer des conditions plus favorables pour le dialogue et la négociation, sont donc directement remis en question par les déclarations de ben Laden et consorts. Ceci devrait logiquement amener certaines interrogations, y compris pour le cas spécifique de la Suisse : est-ce que notre engagement militaire sous la bannière de l’ONU ou sous mandat onusien, en Afghanistan, au Proche-Orient ou ailleurs, constitue une implication volontaire dans un conflit ? Est-ce que nos programmes d’aide au développement ne sont pas, d’un certain point de vue, des actes de guerre ? Peut-on ignorer l’opinion de ceux qui nous déclarent la guerre ?
Bien entendu, la Suisse est un acteur mineur même sur le plan européen, et on peut s’imaginer pouvoir en quelque sorte passer entre les gouttes. A ceci près que la réalité de l’interpénétration des cultures et des identités nous a déjà rattrapés : ce samedi, en traversant la ville de Bienne, j’ai par exemple croisé deux hommes de haute taille, au physique arabe, portant une longue barbe impeccablement taillée, tout vêtus de blanc, et déambulant fièrement sur le trottoir. Qui sait exactement l’impact d’un discours de ben Laden sur ceux qui, dans mon pays, regardent chaque jour Al-Jazira, et non la TSR ? Le non alignement était intellectuellement concevable dans un monde bipolaire ; à une époque marquée par l’éclatement du sens et de l’espace, il ne constitue qu’une impasse.
Publié par Ludovic Monnerat le 23 avril 2006 à 21:13
CAIR ?
Version aisément imprimable
Téléphoner à l'ennemi
par Daniel Pipes
New York Sun
18 avril 2006
Version originale anglaise: Telephoning the Enemy
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
La principale organisation islamiste d'Amérique du Nord, le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR), semblait encore bénéficier d'une large reconnaissance, la semaine passée, lorsqu'elle accueillait le FBI sur un plateau de télévision. Mais si l'organe suprême des forces de l'ordre américaines ainsi que de nombreux membres de l'establishment américain ignorent tout de la sympathie du CAIR pour nos ennemis, d'autres y voient plus clair – avec parmi eux le Service gouvernemental chargé de gérer les télécommunications d'urgence, le Government Emergency Telecommunications Service (GETS).
Quelques mots d'explication sur le GETS: en périodes de congestion extrême des télécommunications, comme lors de situations d'urgence nationale, il offre une carte d'appel permettant aux personnes «responsables du commandement et des fonctions de contrôle cruciales pour la gestion des événements et la prise de mesures en situations d'urgence et d'atteinte à la sécurité nationale», dont les membres du Congrès, des forces de l'ordre et de l'armée, de bénéficier d'un statut prioritaire sur le réseau téléphonique. Des organisations privées jouant un rôle dans les mesures d'urgence peuvent également recevoir de telles cartes.
Le CAIR, qui prétend jouir d'un «prestige enviable au sein des plus hauts échelons» de Washington, pensait mériter également ce privilège. Ce mois-ci, le groupe déposa une demande en ce sens auprès du GETS, affirmant constituer un important point de contact avec les Musulmans depuis le 11 septembre 2001.
La demande du CAIR a été rejetée en moins de trois heures.
Le GETS aurait repoussé la requête du CAIR parce qu'il ne correspondrait pas aux critères du statut. Mais il aurait fort bien pu le faire aussi sur la base des communications téléphoniques du CAIR avec des personnes suspectées d'avoir des liens avec des terroristes, comme le CAIR l'indique aimablement et de manière détaillée dans ses propres dossiers juridiques.
Un peu de contexte: en janvier 2006, le CAIR soumit divers documents dans le cadre d'une action en justice dont l'organisation est l'un des co-plaignants. Il y affirmait que ses appels internationaux avaient probablement été écoutés par la NSA (National Security Agency) sous couvert d'un programme prétendument anticonstitutionnel, autorisé par le président Bush en 2002 et qui permettait à la NSA de mettre sur écoute sans mandat les communications de l'ennemi en temps de guerre.
Dans cette action en justice, le CAIR documente certaines de ses communications électroniques avec des personnes accusées d'entretenir des liens avec des terroristes. Plus exactement, quatre noms sont mentionnés:
Tariq Ramadan. L'islamiste suisse, alors qu'il était sur le point d'entrer en fonction à l'université Notre Dame d'Indiana, en 2004, vit son visa américain annulé sous le coup de ce qu'un porte-parole du Département de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) désigna comme une loi interdisant l'entrée dans le pays aux ressortissants étrangers ayant approuvé ou adopté des activités terroristes. Bien que des documents plus récents contredisent l'affirmation initiale, un officiel haut placé du DHS déclara alors à l'un d'entre nous que «les preuves dont nous disposons [contre lui] sont accablantes». Ramadan s'est déjà vu interdire l'accès à une frontière internationale par le passé. Les autorités françaises l'interdirent de séjour dans leur pays en 1995, le suspectant de liens avec des terroristes algériens qui posaient alors des bombes dans Paris.
Yusuf Islam. En septembre 2004, ce Musulman converti connu autrefois sous le nom de Cat Stevens fut débarqué d'un vol à destination de l'Amérique et retourna en Grande-Bretagne lorsque les autorités américaines relevèrent son nom sur une liste de personnes interdites d'entrée. Selon un porte-parole du DHS, Brian Doyle, l'ex-chanteur folk avait été placé sur cette liste en raison d'«activités potentiellement liées au terrorisme». Avant cela, les autorités israéliennes interdirent à deux reprises à Yusuf Islam de pénétrer dans leur pays, l'accusant d'avoir fourni des fonds à une organisation islamiste qui avait perpétré de nombreux attentats terroristes contre Israël, le Hamas.
Rabih Haddad. Ce représentant du CAIR chargé de collecter des fonds est le cofondateur d'une organisation musulmane de bienfaisance, la Global Relief Foundation, que le gouvernement américain qualifia de sponsor d'Oussama Ben Laden et d'Al-Qaida avant de l'obliger à fermer ses portes en 2002.
Islam Almurabit. Selon les termes de la plainte du CAIR, cet ancien président de l'Assemblée islamique d'Amérique du Nord (Islamic Assembly of North America, IANA) vivant aujourd'hui en Arabie Saoudite tente d'échapper au «harcèlement continuel du FBI». Ce «harcèlement continuel» est probablement lié aux activités d'Almurabit au sein de l'IANA, soit ce que les procureurs fédéraux décrivirent comme le «recrutement de membres [de l'organisation] et l'instigation d'actes de violence et de terrorisme» au service de son «idéologie islamique radicale». Plus précisément, l'IANA reçut un des principaux recruteurs d'Al-Qaida, Abdelrahman Al-Dosari, et diffusa des publications plaidant en faveur du terrorisme suicidaire contre l'Amérique.
Ainsi, le CAIR, par ses propres actions en justice, permit d'établir de manière concluante la réalité de ses nombreuses communications avec des personnes suspectées de liens avec des terroristes. Le gouvernement américain ne devrait pas se contenter de rejeter la demande de privilège GETS du CAIR, il devrait envisager de couper toutes les lignes téléphoniques de l'organisation en cas de situation d'urgence nationale.
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Téléphoner à l'ennemi
par Daniel Pipes
New York Sun
18 avril 2006
Version originale anglaise: Telephoning the Enemy
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
La principale organisation islamiste d'Amérique du Nord, le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR), semblait encore bénéficier d'une large reconnaissance, la semaine passée, lorsqu'elle accueillait le FBI sur un plateau de télévision. Mais si l'organe suprême des forces de l'ordre américaines ainsi que de nombreux membres de l'establishment américain ignorent tout de la sympathie du CAIR pour nos ennemis, d'autres y voient plus clair – avec parmi eux le Service gouvernemental chargé de gérer les télécommunications d'urgence, le Government Emergency Telecommunications Service (GETS).
Quelques mots d'explication sur le GETS: en périodes de congestion extrême des télécommunications, comme lors de situations d'urgence nationale, il offre une carte d'appel permettant aux personnes «responsables du commandement et des fonctions de contrôle cruciales pour la gestion des événements et la prise de mesures en situations d'urgence et d'atteinte à la sécurité nationale», dont les membres du Congrès, des forces de l'ordre et de l'armée, de bénéficier d'un statut prioritaire sur le réseau téléphonique. Des organisations privées jouant un rôle dans les mesures d'urgence peuvent également recevoir de telles cartes.
Le CAIR, qui prétend jouir d'un «prestige enviable au sein des plus hauts échelons» de Washington, pensait mériter également ce privilège. Ce mois-ci, le groupe déposa une demande en ce sens auprès du GETS, affirmant constituer un important point de contact avec les Musulmans depuis le 11 septembre 2001.
La demande du CAIR a été rejetée en moins de trois heures.
Le GETS aurait repoussé la requête du CAIR parce qu'il ne correspondrait pas aux critères du statut. Mais il aurait fort bien pu le faire aussi sur la base des communications téléphoniques du CAIR avec des personnes suspectées d'avoir des liens avec des terroristes, comme le CAIR l'indique aimablement et de manière détaillée dans ses propres dossiers juridiques.
Un peu de contexte: en janvier 2006, le CAIR soumit divers documents dans le cadre d'une action en justice dont l'organisation est l'un des co-plaignants. Il y affirmait que ses appels internationaux avaient probablement été écoutés par la NSA (National Security Agency) sous couvert d'un programme prétendument anticonstitutionnel, autorisé par le président Bush en 2002 et qui permettait à la NSA de mettre sur écoute sans mandat les communications de l'ennemi en temps de guerre.
Dans cette action en justice, le CAIR documente certaines de ses communications électroniques avec des personnes accusées d'entretenir des liens avec des terroristes. Plus exactement, quatre noms sont mentionnés:
Tariq Ramadan. L'islamiste suisse, alors qu'il était sur le point d'entrer en fonction à l'université Notre Dame d'Indiana, en 2004, vit son visa américain annulé sous le coup de ce qu'un porte-parole du Département de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) désigna comme une loi interdisant l'entrée dans le pays aux ressortissants étrangers ayant approuvé ou adopté des activités terroristes. Bien que des documents plus récents contredisent l'affirmation initiale, un officiel haut placé du DHS déclara alors à l'un d'entre nous que «les preuves dont nous disposons [contre lui] sont accablantes». Ramadan s'est déjà vu interdire l'accès à une frontière internationale par le passé. Les autorités françaises l'interdirent de séjour dans leur pays en 1995, le suspectant de liens avec des terroristes algériens qui posaient alors des bombes dans Paris.
Yusuf Islam. En septembre 2004, ce Musulman converti connu autrefois sous le nom de Cat Stevens fut débarqué d'un vol à destination de l'Amérique et retourna en Grande-Bretagne lorsque les autorités américaines relevèrent son nom sur une liste de personnes interdites d'entrée. Selon un porte-parole du DHS, Brian Doyle, l'ex-chanteur folk avait été placé sur cette liste en raison d'«activités potentiellement liées au terrorisme». Avant cela, les autorités israéliennes interdirent à deux reprises à Yusuf Islam de pénétrer dans leur pays, l'accusant d'avoir fourni des fonds à une organisation islamiste qui avait perpétré de nombreux attentats terroristes contre Israël, le Hamas.
Rabih Haddad. Ce représentant du CAIR chargé de collecter des fonds est le cofondateur d'une organisation musulmane de bienfaisance, la Global Relief Foundation, que le gouvernement américain qualifia de sponsor d'Oussama Ben Laden et d'Al-Qaida avant de l'obliger à fermer ses portes en 2002.
Islam Almurabit. Selon les termes de la plainte du CAIR, cet ancien président de l'Assemblée islamique d'Amérique du Nord (Islamic Assembly of North America, IANA) vivant aujourd'hui en Arabie Saoudite tente d'échapper au «harcèlement continuel du FBI». Ce «harcèlement continuel» est probablement lié aux activités d'Almurabit au sein de l'IANA, soit ce que les procureurs fédéraux décrivirent comme le «recrutement de membres [de l'organisation] et l'instigation d'actes de violence et de terrorisme» au service de son «idéologie islamique radicale». Plus précisément, l'IANA reçut un des principaux recruteurs d'Al-Qaida, Abdelrahman Al-Dosari, et diffusa des publications plaidant en faveur du terrorisme suicidaire contre l'Amérique.
Ainsi, le CAIR, par ses propres actions en justice, permit d'établir de manière concluante la réalité de ses nombreuses communications avec des personnes suspectées de liens avec des terroristes. Le gouvernement américain ne devrait pas se contenter de rejeter la demande de privilège GETS du CAIR, il devrait envisager de couper toutes les lignes téléphoniques de l'organisation en cas de situation d'urgence nationale.
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23.4.06
UNE PHILOSOPHIE DE LACHE
23 avril 2006
Philosophie de mort – un article percutant de Nazir Majali
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Nazir Majali est un journaliste musulman, commentateur des affaires israéliennes sur des chaînes de télévision arabes et dans le journal international publié à Londres, "Ashark Al Awsat" ("le Moyen Orient"). Il vient de publier un article courageux dans le quotidien "Haaretz" en date du 23 avril, condamnant dans les termes les plus nets le dernier attentat de Tel Aviv. Très courageux, parce qu’il va à rebours d’une opinion publique chauffée à blanc par les islamistes et des chaînes satellitaires, qui - hélas - donnent régulièrement la parole à des prédicateurs haineux et racistes comme Youssef Al Qaradawi sur "Al Jazeera", qui a émis une "fatwa" justifiant les attentats suicides. J’ai fait la traduction du début de son article, aller sur le lien pour lire sur le Haaretz l’article complet, en langue anglaise. Soyons clair et honnête : Nazir Majali n’est pas tendre, non plus, vis-à-vis d’Israël et de sa réponse militaire au terrorisme ; mais sa condamnation claire et nette du terrorisme doit être saluée, tellement elle contraste avec la "compréhension" de la plupart des supporters de la cause palestinienne - français en particulier - pour les kamikazes islamistes.
-----------------------------------------------------------------------------------------
« Il n’y a pas de mots pour condamner convenablement la détestable attaque de Tel Aviv. Pas seulement parce qu’elle est contraire aux intérêts du peuple palestinien et pas seulement parce qu’elle sert les intérêts des nombreux bellicistes de la région. Mais plutôt, et de façon plus importante, en raison de la philosophie qui est derrière ; une philosophie qui détruit le peuple palestinien.
C’est une philosophie de mort, qui préfère la mort à la vie. Une philosophie mensongère, qui prétend agir au nom de Dieu et de l’islam. Une philosophie raciste, qui est basé sur le principe cruel de tuer les Juifs parce qu’ils sont Juifs, philosophie qui a caractérisé des mouvements dans l’histoire parmi lesquels il n’est pas très honorable de figurer. C’est une philosophie de criminels de guerre, dont le but est de tuer des innocents marchant dans la rue ; des gens qui ont faim, et qui vont au restaurant profiter du fruit de leur dur labeur ; des femmes étrangères (1) qui sont venus travailler à des milliers de kilomètres de chez elles pour soutenir leur famille ; des vieilles personnes qui avaient décidé de quitter leur maison pour marcher un peu. Des gens que les tueurs ne connaissaient pas du tout, mais dont ils ont décidé de raccourcir la vie, alors qu’ils n’avaient rien fait de mal.
Et c’est une philosophie de lâche. Si quelqu’un veut combattre l’occupation, qu’il aille et attaque l’armée d’occupation, et pas des personnes innocentes dans la rue.
Du point de vue de la société palestinienne, c’est une philosophie d’auto-destruction. Ceux qui envoient des jeunes gens se faire sauter frappent leur propre peuple de plusieurs façons : ils tuent le jeune Palestinien lui-même et apportent le deuil à une famille dont l’univers a été dévasté. Et ce qui est dit à propos des mères palestiniennes - qu’elles glorifient les actes de leurs enfants suicidaires - est faux. Aucune mère ne veut que son fils meure (...) Ceux-là inculquent aux jeunes Palestiniens une culture de mort au lieu d’une culture de vie. Le résultat de cette éducation est moins d’espoir, moins d’investissement dans l’éducation, les activités culturelles et scientifiques ; plus de haine et moins d’amour.
C’est pourquoi chaque Palestinien patriote doit condamner cette attaque, et la voir comme une terreur anti-palestinienne (...). »
Nazir Majali
traduction : Jean Corcos
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------
(1) Note du traducteur : deux Roumaines ont péri dans l’attentat. Elles étaient venues en Israël gagner de quoi payer les frais de santé de leurs familles. Des dizaines de travailleurs immigrés de toutes origines ont été assassinés lors des attentats terroristes palestiniens.
// posted by Jean Corcos @ 3:15 PM
Philosophie de mort – un article percutant de Nazir Majali
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Nazir Majali est un journaliste musulman, commentateur des affaires israéliennes sur des chaînes de télévision arabes et dans le journal international publié à Londres, "Ashark Al Awsat" ("le Moyen Orient"). Il vient de publier un article courageux dans le quotidien "Haaretz" en date du 23 avril, condamnant dans les termes les plus nets le dernier attentat de Tel Aviv. Très courageux, parce qu’il va à rebours d’une opinion publique chauffée à blanc par les islamistes et des chaînes satellitaires, qui - hélas - donnent régulièrement la parole à des prédicateurs haineux et racistes comme Youssef Al Qaradawi sur "Al Jazeera", qui a émis une "fatwa" justifiant les attentats suicides. J’ai fait la traduction du début de son article, aller sur le lien pour lire sur le Haaretz l’article complet, en langue anglaise. Soyons clair et honnête : Nazir Majali n’est pas tendre, non plus, vis-à-vis d’Israël et de sa réponse militaire au terrorisme ; mais sa condamnation claire et nette du terrorisme doit être saluée, tellement elle contraste avec la "compréhension" de la plupart des supporters de la cause palestinienne - français en particulier - pour les kamikazes islamistes.
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« Il n’y a pas de mots pour condamner convenablement la détestable attaque de Tel Aviv. Pas seulement parce qu’elle est contraire aux intérêts du peuple palestinien et pas seulement parce qu’elle sert les intérêts des nombreux bellicistes de la région. Mais plutôt, et de façon plus importante, en raison de la philosophie qui est derrière ; une philosophie qui détruit le peuple palestinien.
C’est une philosophie de mort, qui préfère la mort à la vie. Une philosophie mensongère, qui prétend agir au nom de Dieu et de l’islam. Une philosophie raciste, qui est basé sur le principe cruel de tuer les Juifs parce qu’ils sont Juifs, philosophie qui a caractérisé des mouvements dans l’histoire parmi lesquels il n’est pas très honorable de figurer. C’est une philosophie de criminels de guerre, dont le but est de tuer des innocents marchant dans la rue ; des gens qui ont faim, et qui vont au restaurant profiter du fruit de leur dur labeur ; des femmes étrangères (1) qui sont venus travailler à des milliers de kilomètres de chez elles pour soutenir leur famille ; des vieilles personnes qui avaient décidé de quitter leur maison pour marcher un peu. Des gens que les tueurs ne connaissaient pas du tout, mais dont ils ont décidé de raccourcir la vie, alors qu’ils n’avaient rien fait de mal.
Et c’est une philosophie de lâche. Si quelqu’un veut combattre l’occupation, qu’il aille et attaque l’armée d’occupation, et pas des personnes innocentes dans la rue.
Du point de vue de la société palestinienne, c’est une philosophie d’auto-destruction. Ceux qui envoient des jeunes gens se faire sauter frappent leur propre peuple de plusieurs façons : ils tuent le jeune Palestinien lui-même et apportent le deuil à une famille dont l’univers a été dévasté. Et ce qui est dit à propos des mères palestiniennes - qu’elles glorifient les actes de leurs enfants suicidaires - est faux. Aucune mère ne veut que son fils meure (...) Ceux-là inculquent aux jeunes Palestiniens une culture de mort au lieu d’une culture de vie. Le résultat de cette éducation est moins d’espoir, moins d’investissement dans l’éducation, les activités culturelles et scientifiques ; plus de haine et moins d’amour.
C’est pourquoi chaque Palestinien patriote doit condamner cette attaque, et la voir comme une terreur anti-palestinienne (...). »
Nazir Majali
traduction : Jean Corcos
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(1) Note du traducteur : deux Roumaines ont péri dans l’attentat. Elles étaient venues en Israël gagner de quoi payer les frais de santé de leurs familles. Des dizaines de travailleurs immigrés de toutes origines ont été assassinés lors des attentats terroristes palestiniens.
// posted by Jean Corcos @ 3:15 PM
LE DOSSIER IRANIEN
Les drames du vingtième siècle et la crise nucléaire iranienne,
Joël Fishman
Je ne rééditerai pas ici les éloges (mérités) que j'ai plusieurs fois adressés à Joël Fishman. L'article qui suit s'inscrit dans une liste déjà longue de contributions que ce spécialiste consacre depuis des années aux grandes crises qui agitent le monde. Il fait ici un usage prudent mais très convaincant des enseignements de l'histoire appliqués à une situation contemporaine. On ne saurait trop recommander la lecture de cette remarquable analyse dont la version française est due au responsable de l'excellent site Objectif.info. (Menahem Macina).
Imprimer Envoyer à un ami
Makor Rishon, vendredi 21 Avril 2006
Titre original : "Twentieth-Century Turmoil and the Iran Nuclear Crisis".
Traduction : Objectif-Info.
De temps à autre, on s’est demandé si l'étude du passé est pertinente et si l’on peut tirer des leçons pratiques de précédents historiques spécifiques. Il y a une certaine cohérence dans le comportement humain et dans celui des sociétés pour ce qui relève de la tradition, des relations avec les voisins et des réalités géographiques. Par conséquent, dans certains cas, l'étude du passé peut donner des indications précieuses à ceux qui élaborent la politique. De même, un analyste de systèmes qui entreprend d'identifier ce qui ne va pas dans une configuration économique ou industrielle donnée, suggère un éventail de résultats et fournit des moyens pour tenir compte de l'incertitude et de ses conséquences. Un historien fait la même chose, en utilisant la méthode historique. Cependant, il est nécessaire de se souvenir que "l'étude du passé ne fournit aucune réponse si des questions ne sont pas d'abord formulées." (1)
Notre question est la suivante : en quoi l'examen de précédents historiques peut-il nous permettre de comprendre la crise nucléaire iranienne actuelle ? Il y a deux types de réponses : 1) la première a trait au mécanisme des réarmements illégaux, dans la ligne du précédent de l'Allemagne nazie, au début des années 30 ; 2) la seconde a trait aux risques potentiels, au cas où l'Iran réussirait dans son entreprise. Qui tirerait le plus de profit d'un succès iranien et quel en serait le coût pour les autres ?
Leopold Schwarzschild, un journaliste juif de nationalité allemande, qui avait fui l’Allemagne en 1933, au moment où Hitler arrivait au pouvoir, a vécu à Paris jusqu'à l'été de 1940, avant d’émigrer en Angleterre. En 1943, il publiait un livre intitulé "Un monde en transes", qui décrivait la période de l’entre-deux guerres, en particulier les préparatifs de guerre de l'Allemagne sous la République de Weimar et durant l’ère nazie (2). L’un des jugements les plus perspicaces de Schwarzschild était que pendant le processus de réarmement, l'Allemagne a connu un état de vulnérabilité aiguë qui donnait une occasion, brève mais sans précédent, à ceux qui souhaitaient la stopper, pour peu qu’ils en aient eu la volonté. Il décrivait comme suit la situation, juste après la prise de pouvoir de Hitler :
Il ne fallait pas être prophète pour la voir [la politique va-t-en-guerre officielle], ni être un génie pour en comprendre les implications. L'Allemagne allait maintenant s’armer aussi vite que possible, parce que les premières étapes du réarmement allaient être une phase dangereuse. Il fallait un certain temps pour donner à l’armée de masse qui était en train de naître, la capacité de s’engager dans un combat sérieux. Ce délai représentait en même temps une période de sursis pour les adversaires de l'Allemagne, leur dernière occasion de l'arrêter. Ce n’était possible que par la force, certainement pas avec des paroles ou des morceaux de papier, et encore sans véritable effusion de sang…
Pour les deux parties, l’enjeu était simple. Pour l'Allemagne, comme pour les autres puissances, il n’y avait qu’une question : laisserait-on l'Allemagne traverser sans encombres sa phase de faiblesse militaire ? Ou allait-on la forcer à abandonner son entreprise fatale (3) ?
En dépit de l’horreur que ressentait alors l’Occident pour le fascisme et la guerre, il faut se souvenir que certains dirigeants voyaient l'Allemagne nazie comme un modèle d’émulation, et le recours à la guerre comme un instrument légitime d’une politique d'État. Nous pouvons noter que l'Allemagne nazie peut servir de modèle classique à tout État qui désire se réarmer illégalement. Il est plus que probable que l’Iran soit en train de suivre le modèle de l'Allemagne nazie, ce qui donne d’autant plus de valeur à ce précédent historique. À la lumière de ce qui précède, il est tout à fait possible que les bruyantes menaces de représailles de l'Iran en cas d'intervention extérieure soient un bluff calculé, dont le but est de gagner du temps et de détourner l'attention de sa faiblesse actuelle. En outre, à la lumière des objectifs de l’Iran et de sa détermination à les réaliser, tout "round diplomatique" ou "grand marchandage" américain, comme dans le cas de la Corée du Nord, ne peut pas être efficace. Les "paroles et les morceaux de papier" ne résoudront pas ce problème.
Si nous nous attachons à la signification historique plus large de la question, ce n’est pas tout à fait une coïncidence si la Russie et la Chine, qui ont vendu à l'Iran la technologie et le matériel nucléaires, soient des parties intéressées aux résultats de ce conflit. Toutes deux sont membres du Conseil de sécurité : elles possèdent un droit de veto et elles ont soutenu le défi posé par l'Iran au mécanisme de la non-prolifération. Bien que des changements majeurs soient intervenus dans l'ancienne Union Soviétique depuis 1988 et que l'empire soviétique ait cessé d'exister sous sa forme traditionnelle, la politique de la Russie a fait preuve d’une continuité remarquable pendant des décennies. Le KGB, son élite politique dirigeante, a maintenu son emprise sur les leviers du pouvoir, un peu comme le général allemand, Staff, à l’époque de Weimar.
Un objectif de longue date de la politique russe – qui coïncide avec celle de l'Iran – a été de mettre un terme à la présence politique, militaire, et économique de l’Amérique en Iran et de peser de tout son poids sur l’ensemble de la région (4). Ainsi, la vente à l'Iran du savoir-faire nucléaire et d’armes conventionnelles est l’un des moyens les plus efficaces et les plus productifs d’atteindre cet objectif. Un second, mais très important objectif, qui remonte à Lénine, est le désir russe de déstabiliser et de saper l’influence européenne et occidentale dans le concert des nations, qui, de 1815 à la Première Guerre mondiale, a globalement réussi à maintenir une situation d'ordre et d'équilibre. Selon le soviétologue de Princeton, Robert C. Tucker, "Le fait essentiel de l'histoire contemporaine, auquel correspondait la nouvelle 'orientation vers l’Est' dans l'esprit du communisme russe et de la nouvelle théorie post-marxiste, reposait sur l’effondrement de l’ordre international centré sur l’Europe, après la Première Guerre mondiale. Comme le montre cette théorie, dès le début, la sortie de la Russie soviétique du système européen [pendant la Première Guerre mondiale] a matérialisé, de la façon la plus nette et la plus conséquente, l'effondrement de l’ordre ancien." (5).
Il faut se souvenir que l'Union soviétique, qui était relativement plus faible que les États-unis, avait adopté une stratégie indirecte consistant à s'engager dans un "conflit prolongé" contre l'Occident, bien connu sous le nom de Guerre froide. Une guerre asymétrique de ce type conduisait à faire des guerres et à s’engager dans des confrontations simultanément dans différentes régions du monde, et à s’efforcer d’affaiblir ses adversaires de l’intérieur.
Une des principales tactiques soviétiques consistait à utiliser des intermédiaires qui leur permettaient de démentir toute responsabilité directe dans leurs propres initiatives et dans leurs implications. Il est remarquable que, selon certaines sources, le chef suprême de l'Iran, l'Ayatollah Ali Khamenei, aurait fait des études à l'université Patrice Lumumba de Moscou, l'école du parti communiste dédiée à l’élite révolutionnaire (6). Dans le cas présent, l'appui des Russes à l'Iran a été minimisé et occulté, parce que l'Iran est un Etat et que, à la différence d’un mouvement révolutionnaire, sa marge de démenti est limitée. C'est l'un des risques que la Russie doit réduire au minimum et qui la met dans une situation de grande vulnérabilité.
À la lumière du précédent historique le plus évident et dans une perspective internationale plus large, il est clair que de nombreuses questions importantes sont posées : 1) L'Iran réussira-t-il à s’armer illégalement ? 2) Le monde lui permettra-t-il de le faire au moment même où il sera dans une phase de vulnérabilité maximum ? 3) Quels seront les effets ultimes de la sortie de l'Iran du système international ? Les conséquences des deux premières interrogations sont assez limpides, mais les effets de la troisième sont moins évidents. Si la communauté internationale ne peut pas imposer les accords existants de non-prolifération nucléaire, et si deux de ses membres les plus puissants sapent les efforts pour les faire respecter, il est plus que probable que les Nations Unies, qui ne se sont pas particulièrement distinguées, prendront le chemin de la Société des Nations. La peur et le terrorisme seront les principes dominants du nouvel ordre, au lieu d’un tissu de relations internationales fondées sur la loi et la confiance. Comme Lénine l’avait espéré au début du vingtième siècle, le centre de gravité des relations internationales sous leur nouvelle forme se déplacera de l'Occident vers l'Orient. Si des dirigeants éclairés jugent cette perspective inacceptable, ils devront agir avec efficacité et au plus vite.
Joël Fishman *
© Makor Rishon
* Le Dr Joël S. Fishman est membre du Jerusalem Center for Public Affairs
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Notes
1) Alfred F. Havighurst, "Introduction" à The Pirenne Thesis (Lexington, MA: D. C. Heath, rev. ed. 1969), p. X.
2) Leopold Schawrzschild, World in Trance, tr. Norbert Guterman, préface de D. W. Brogan (London: Hamish Hamilton, 1943).
3) Ibid., pp. 220, 221.
4) Turgut Tuluman, "The Causes and Consequences of the Revolution in Iran: A Turkish View" (1998), in Bernard Lewis, A Middle East Mosaic (New York: Random House, 2000), pp. 265-266.
5) Robert C. Tucker, The Soviet Political Mind (New York: Norton, rev. ed. 1972), p. 268.
6) Ilan Berman, Tehran Rising; Iran's Challenge to the United States (Lanham, Maryland: Rowman & Littlefield, 2005), p. 12.
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Mis en ligne le 22 avril 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org
Joël Fishman
Je ne rééditerai pas ici les éloges (mérités) que j'ai plusieurs fois adressés à Joël Fishman. L'article qui suit s'inscrit dans une liste déjà longue de contributions que ce spécialiste consacre depuis des années aux grandes crises qui agitent le monde. Il fait ici un usage prudent mais très convaincant des enseignements de l'histoire appliqués à une situation contemporaine. On ne saurait trop recommander la lecture de cette remarquable analyse dont la version française est due au responsable de l'excellent site Objectif.info. (Menahem Macina).
Imprimer Envoyer à un ami
Makor Rishon, vendredi 21 Avril 2006
Titre original : "Twentieth-Century Turmoil and the Iran Nuclear Crisis".
Traduction : Objectif-Info.
De temps à autre, on s’est demandé si l'étude du passé est pertinente et si l’on peut tirer des leçons pratiques de précédents historiques spécifiques. Il y a une certaine cohérence dans le comportement humain et dans celui des sociétés pour ce qui relève de la tradition, des relations avec les voisins et des réalités géographiques. Par conséquent, dans certains cas, l'étude du passé peut donner des indications précieuses à ceux qui élaborent la politique. De même, un analyste de systèmes qui entreprend d'identifier ce qui ne va pas dans une configuration économique ou industrielle donnée, suggère un éventail de résultats et fournit des moyens pour tenir compte de l'incertitude et de ses conséquences. Un historien fait la même chose, en utilisant la méthode historique. Cependant, il est nécessaire de se souvenir que "l'étude du passé ne fournit aucune réponse si des questions ne sont pas d'abord formulées." (1)
Notre question est la suivante : en quoi l'examen de précédents historiques peut-il nous permettre de comprendre la crise nucléaire iranienne actuelle ? Il y a deux types de réponses : 1) la première a trait au mécanisme des réarmements illégaux, dans la ligne du précédent de l'Allemagne nazie, au début des années 30 ; 2) la seconde a trait aux risques potentiels, au cas où l'Iran réussirait dans son entreprise. Qui tirerait le plus de profit d'un succès iranien et quel en serait le coût pour les autres ?
Leopold Schwarzschild, un journaliste juif de nationalité allemande, qui avait fui l’Allemagne en 1933, au moment où Hitler arrivait au pouvoir, a vécu à Paris jusqu'à l'été de 1940, avant d’émigrer en Angleterre. En 1943, il publiait un livre intitulé "Un monde en transes", qui décrivait la période de l’entre-deux guerres, en particulier les préparatifs de guerre de l'Allemagne sous la République de Weimar et durant l’ère nazie (2). L’un des jugements les plus perspicaces de Schwarzschild était que pendant le processus de réarmement, l'Allemagne a connu un état de vulnérabilité aiguë qui donnait une occasion, brève mais sans précédent, à ceux qui souhaitaient la stopper, pour peu qu’ils en aient eu la volonté. Il décrivait comme suit la situation, juste après la prise de pouvoir de Hitler :
Il ne fallait pas être prophète pour la voir [la politique va-t-en-guerre officielle], ni être un génie pour en comprendre les implications. L'Allemagne allait maintenant s’armer aussi vite que possible, parce que les premières étapes du réarmement allaient être une phase dangereuse. Il fallait un certain temps pour donner à l’armée de masse qui était en train de naître, la capacité de s’engager dans un combat sérieux. Ce délai représentait en même temps une période de sursis pour les adversaires de l'Allemagne, leur dernière occasion de l'arrêter. Ce n’était possible que par la force, certainement pas avec des paroles ou des morceaux de papier, et encore sans véritable effusion de sang…
Pour les deux parties, l’enjeu était simple. Pour l'Allemagne, comme pour les autres puissances, il n’y avait qu’une question : laisserait-on l'Allemagne traverser sans encombres sa phase de faiblesse militaire ? Ou allait-on la forcer à abandonner son entreprise fatale (3) ?
En dépit de l’horreur que ressentait alors l’Occident pour le fascisme et la guerre, il faut se souvenir que certains dirigeants voyaient l'Allemagne nazie comme un modèle d’émulation, et le recours à la guerre comme un instrument légitime d’une politique d'État. Nous pouvons noter que l'Allemagne nazie peut servir de modèle classique à tout État qui désire se réarmer illégalement. Il est plus que probable que l’Iran soit en train de suivre le modèle de l'Allemagne nazie, ce qui donne d’autant plus de valeur à ce précédent historique. À la lumière de ce qui précède, il est tout à fait possible que les bruyantes menaces de représailles de l'Iran en cas d'intervention extérieure soient un bluff calculé, dont le but est de gagner du temps et de détourner l'attention de sa faiblesse actuelle. En outre, à la lumière des objectifs de l’Iran et de sa détermination à les réaliser, tout "round diplomatique" ou "grand marchandage" américain, comme dans le cas de la Corée du Nord, ne peut pas être efficace. Les "paroles et les morceaux de papier" ne résoudront pas ce problème.
Si nous nous attachons à la signification historique plus large de la question, ce n’est pas tout à fait une coïncidence si la Russie et la Chine, qui ont vendu à l'Iran la technologie et le matériel nucléaires, soient des parties intéressées aux résultats de ce conflit. Toutes deux sont membres du Conseil de sécurité : elles possèdent un droit de veto et elles ont soutenu le défi posé par l'Iran au mécanisme de la non-prolifération. Bien que des changements majeurs soient intervenus dans l'ancienne Union Soviétique depuis 1988 et que l'empire soviétique ait cessé d'exister sous sa forme traditionnelle, la politique de la Russie a fait preuve d’une continuité remarquable pendant des décennies. Le KGB, son élite politique dirigeante, a maintenu son emprise sur les leviers du pouvoir, un peu comme le général allemand, Staff, à l’époque de Weimar.
Un objectif de longue date de la politique russe – qui coïncide avec celle de l'Iran – a été de mettre un terme à la présence politique, militaire, et économique de l’Amérique en Iran et de peser de tout son poids sur l’ensemble de la région (4). Ainsi, la vente à l'Iran du savoir-faire nucléaire et d’armes conventionnelles est l’un des moyens les plus efficaces et les plus productifs d’atteindre cet objectif. Un second, mais très important objectif, qui remonte à Lénine, est le désir russe de déstabiliser et de saper l’influence européenne et occidentale dans le concert des nations, qui, de 1815 à la Première Guerre mondiale, a globalement réussi à maintenir une situation d'ordre et d'équilibre. Selon le soviétologue de Princeton, Robert C. Tucker, "Le fait essentiel de l'histoire contemporaine, auquel correspondait la nouvelle 'orientation vers l’Est' dans l'esprit du communisme russe et de la nouvelle théorie post-marxiste, reposait sur l’effondrement de l’ordre international centré sur l’Europe, après la Première Guerre mondiale. Comme le montre cette théorie, dès le début, la sortie de la Russie soviétique du système européen [pendant la Première Guerre mondiale] a matérialisé, de la façon la plus nette et la plus conséquente, l'effondrement de l’ordre ancien." (5).
Il faut se souvenir que l'Union soviétique, qui était relativement plus faible que les États-unis, avait adopté une stratégie indirecte consistant à s'engager dans un "conflit prolongé" contre l'Occident, bien connu sous le nom de Guerre froide. Une guerre asymétrique de ce type conduisait à faire des guerres et à s’engager dans des confrontations simultanément dans différentes régions du monde, et à s’efforcer d’affaiblir ses adversaires de l’intérieur.
Une des principales tactiques soviétiques consistait à utiliser des intermédiaires qui leur permettaient de démentir toute responsabilité directe dans leurs propres initiatives et dans leurs implications. Il est remarquable que, selon certaines sources, le chef suprême de l'Iran, l'Ayatollah Ali Khamenei, aurait fait des études à l'université Patrice Lumumba de Moscou, l'école du parti communiste dédiée à l’élite révolutionnaire (6). Dans le cas présent, l'appui des Russes à l'Iran a été minimisé et occulté, parce que l'Iran est un Etat et que, à la différence d’un mouvement révolutionnaire, sa marge de démenti est limitée. C'est l'un des risques que la Russie doit réduire au minimum et qui la met dans une situation de grande vulnérabilité.
À la lumière du précédent historique le plus évident et dans une perspective internationale plus large, il est clair que de nombreuses questions importantes sont posées : 1) L'Iran réussira-t-il à s’armer illégalement ? 2) Le monde lui permettra-t-il de le faire au moment même où il sera dans une phase de vulnérabilité maximum ? 3) Quels seront les effets ultimes de la sortie de l'Iran du système international ? Les conséquences des deux premières interrogations sont assez limpides, mais les effets de la troisième sont moins évidents. Si la communauté internationale ne peut pas imposer les accords existants de non-prolifération nucléaire, et si deux de ses membres les plus puissants sapent les efforts pour les faire respecter, il est plus que probable que les Nations Unies, qui ne se sont pas particulièrement distinguées, prendront le chemin de la Société des Nations. La peur et le terrorisme seront les principes dominants du nouvel ordre, au lieu d’un tissu de relations internationales fondées sur la loi et la confiance. Comme Lénine l’avait espéré au début du vingtième siècle, le centre de gravité des relations internationales sous leur nouvelle forme se déplacera de l'Occident vers l'Orient. Si des dirigeants éclairés jugent cette perspective inacceptable, ils devront agir avec efficacité et au plus vite.
Joël Fishman *
© Makor Rishon
* Le Dr Joël S. Fishman est membre du Jerusalem Center for Public Affairs
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Notes
1) Alfred F. Havighurst, "Introduction" à The Pirenne Thesis (Lexington, MA: D. C. Heath, rev. ed. 1969), p. X.
2) Leopold Schawrzschild, World in Trance, tr. Norbert Guterman, préface de D. W. Brogan (London: Hamish Hamilton, 1943).
3) Ibid., pp. 220, 221.
4) Turgut Tuluman, "The Causes and Consequences of the Revolution in Iran: A Turkish View" (1998), in Bernard Lewis, A Middle East Mosaic (New York: Random House, 2000), pp. 265-266.
5) Robert C. Tucker, The Soviet Political Mind (New York: Norton, rev. ed. 1972), p. 268.
6) Ilan Berman, Tehran Rising; Iran's Challenge to the United States (Lanham, Maryland: Rowman & Littlefield, 2005), p. 12.
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Mis en ligne le 22 avril 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org
22.4.06
UN NAZI SAOUDIEN
Avril 21, 2006 No.56
Le dignitaire religieux saoudien Saad Al-Breik déplore que quiconque dise du bien d'Hitler soit accusé d'antisémitisme
Voici des extraits d'une interview du dignitaire religieux saoudien Saad Al-Breik, diffusée sur Iqraa le 9 mars 2006:
VOIR L'EXTRAIT VIDEO N°1110 SUR www.memritv.org.
Le dignitaire saoudien Saad Al-Breik: Concernant l'appel à la liberté d'opinion, que devient cette liberté quand on évoque l'Holocauste ? Où est cette liberté, quand on incrimine toux ceux qui parlent de sémitisme ? Où est celle liberté quand le fait d'évoquer les dirigeants d'Israël, depuis toujours et jusqu'à nos jours - par des caricatures présentant leur caractère nazi ou la nature sanguinaire de leurs actions, ou les présentant comme des criminels de guerre - quand tout cela est considéré comme une provocation antisémite sanguinaire ?
La vérité est que si la liberté est véritablement une porte ouverte, pourquoi la jeune fille marocaine ou algérienne a-t-elle été empêchée de porter son voile dans une école française ? La liberté a été suffisamment large pour maudire le Prophète Mahomet, mais trop étroite pour autoriser un morceau de tissu sur les cheveux d'une enfant. La liberté a été suffisamment large pour maudire le prophète Mahomet, mais quand le député britannique Jenny Tonge a sympathisé avec les opérations martyre en Palestine, le Parti libéral démocratique l'a dénoncé et punie. La liberté a été suffisamment large pour maudire les prophètes et les messagers d'Allah, mais quand Roger Garaudy a écrit son livre sur les mythes d'Israël, qui répand le doute sur [la véracité de] l'Holocauste, cela a été considéré comme de l'antisémitisme. La liberté n'est pas pour ceux qui disent la moindre bonne chose d'Hitler. Ceux-là sont immédiatement accusés de racisme. Le président de l'Union des journalistes Ibrahim Nafie a été accusé d'antisémitisme dans un tribunal français, après la rédaction d'un article intitulé "Une matza juive faite de sang arabe".
Le dignitaire religieux saoudien Saad Al-Breik déplore que quiconque dise du bien d'Hitler soit accusé d'antisémitisme
Voici des extraits d'une interview du dignitaire religieux saoudien Saad Al-Breik, diffusée sur Iqraa le 9 mars 2006:
VOIR L'EXTRAIT VIDEO N°1110 SUR www.memritv.org.
Le dignitaire saoudien Saad Al-Breik: Concernant l'appel à la liberté d'opinion, que devient cette liberté quand on évoque l'Holocauste ? Où est cette liberté, quand on incrimine toux ceux qui parlent de sémitisme ? Où est celle liberté quand le fait d'évoquer les dirigeants d'Israël, depuis toujours et jusqu'à nos jours - par des caricatures présentant leur caractère nazi ou la nature sanguinaire de leurs actions, ou les présentant comme des criminels de guerre - quand tout cela est considéré comme une provocation antisémite sanguinaire ?
La vérité est que si la liberté est véritablement une porte ouverte, pourquoi la jeune fille marocaine ou algérienne a-t-elle été empêchée de porter son voile dans une école française ? La liberté a été suffisamment large pour maudire le Prophète Mahomet, mais trop étroite pour autoriser un morceau de tissu sur les cheveux d'une enfant. La liberté a été suffisamment large pour maudire le prophète Mahomet, mais quand le député britannique Jenny Tonge a sympathisé avec les opérations martyre en Palestine, le Parti libéral démocratique l'a dénoncé et punie. La liberté a été suffisamment large pour maudire les prophètes et les messagers d'Allah, mais quand Roger Garaudy a écrit son livre sur les mythes d'Israël, qui répand le doute sur [la véracité de] l'Holocauste, cela a été considéré comme de l'antisémitisme. La liberté n'est pas pour ceux qui disent la moindre bonne chose d'Hitler. Ceux-là sont immédiatement accusés de racisme. Le président de l'Union des journalistes Ibrahim Nafie a été accusé d'antisémitisme dans un tribunal français, après la rédaction d'un article intitulé "Une matza juive faite de sang arabe".
LA STRATEGIE DUHAMAS
Les sionistes d’eXc vous livrent la stratégie du Hamas
Posté le Vendredi 21 avril 2006
La victoire par la participation politique : la nouvelle stratégie du Hamas et ses limites. Evaluation et recommandations politiques
Par Yigal Carmon*
Dans un briefing donné le 17 mars 2006 au Congrès américain sur la stratégie du Hamas après les élections palestiniennes, Yigal Carmon, président du MEMRI, a présenté la stratégie du Hamas et ses limites et a fait quelques recommandations politiques.
Le briefing a été sponsorisé par le sous-comité des relations internationales pour le terrorisme international et la non prolifération, dépendant de la Chambre des députés, et co-sponsorisé par les dirigeants du Comité : le président Ed Royce (Républicain, Californie), l’éminent membre Brad Sherman (Démocrate, Californie) et le représentant Steven Rothman (Démocrate, New Jersey). Ileana Ros-Lehtinin, présidente du sous-comité du Moyen-Orient et d’Asie centrale, et le membre éminent Gary Ackerman, ont aussi co-sponsorisé l’événement.
Voici un résumé de l’évaluation :
Estimation
Des trois menaces islamistes qui pèsent aujourd’hui sur les Etats-Unis – Al-Qaïda, l’Iran et les Frères musulmans -, Al-Qaïda et l’Iran ont choisi d’atteindre leurs objectifs par la confrontation tandis que les Frères musulmans ont opté pour la participation politique. Ce choix a été essentiellement motivé par la guerre mondiale contre le terrorisme, qui a poussé le Hamas (composante de l’organisation mère que sont les Frères musulmans) à comprendre que dans le monde de l’après 11 septembre, les organisations terroristes n’ont pas d’avenir, tandis que par la participation au jeu politique, elles pourraient toutefois atteindre certains de leurs grands objectifs.
La participation au jeu politique implique l’acceptation de certaines contraintes politiques, contraintes dont le Hamas n’avait pas eu à se préoccuper avant les élections législatives de janvier 2006, pas plus que les Frères musulmans avant les élections législatives d’Egypte de novembre-décembre 2005. Ce n’est qu’après la victoire du Hamas que des conditions ont été formulées à la participation du Hamas au jeu politique.
Les trois exigences actuelles posées au Hamas concernent Israël : la renonciation à la violence, la reconnaissance d’Israël et le respect des accords antérieurs.
Ces conditions sont inefficaces:
1) Elles ne peuvent être respectées que pour un temps limité et pour des raisons tactiques et en effet, le Hamas a entrepris de les respecter, puis a fait marche arrière.
2) En se focalisant sur Israël, on ignore le problème plus large de la participation au jeu politique des Frères musulmans, et des mouvements nationalistes laïques, dans l’ensemble des pays arabes et musulmans.
Le succès du Hamas, bien que limité aux territoires palestiniens, pose une menace aux intérêts américains dans la région. Si l’Occident se résigne à la victoire du Hamas, les Frères musulmans pourraient fort bien répéter ce succès en Egypte et en Jordanie. Abou Mazen et l’OLP se retrouveraient encore plus mis de côté, tandis que les régimes actuels en Jordanie et en Egypte pourraient se trouver sérieusement menacés. Voilà qui mettrait en danger la stabilité de tout le Moyen-Orient.
Le moment critique sera celui où le Hamas prendra le commandement des forces de sécurité palestiniennes. A ce stade, la crise sera beaucoup plus difficile à gérer et risquera de devenir incontrôlable. En effet, la stratégie déclarée du Hamas est de combiner participation politique et résistance, comme l’ont affirmé Mashaal, Haniya et Al-Zahar (”le fusil dans une main, la politique et l’autorité dans l’autre”). (1)
Le scénario souhaité est que, plutôt que de combiner participation au jeu politique et résistance, le Hamas poursuive sur la voie de la modération, à l’instar de l’OLP. Les actuelles avancées tactiques/temporaires du Hamas en ce sens, dans le but d’obtenir une reconnaissance mondiale de sa victoire, laissent espérer que cela est possible.
Cet espoir reste toutefois timide. Contrairement à l’OLP, organisation nationale distincte limitée à un peuple et à une terre, le Hamas est lié au mouvement régional, et même mondial, des Frères musulmans, qui bénéficient d’une structure islamique globale. En tant que tel, il est vraisemblable qu’il demeure fidèle à ses positions.
Recommandations
Les exigences américaines doivent donc se focaliser sur la transformation interne et idéologique du mouvement. Elles ne doivent pas se focaliser sur le Hamas, mais en priorité sur l’organisation mère : les Frères musulmans. (Les conditions qui suivent devraient également s’appliquer aux mouvements nationalistes laïques.)
Présenter les exigences suivantes comme des critères internationaux universels garantira le soutien de l’Union européenne et des Nations unies.
Afin d’encourager les Frères musulmans et ses ramifications à entreprendre des mesures pour se conformer aux critères politiques internationaux, la reconnaissance politique ne devrait être accordée qu’après que les conditions suivantes auront été remplies par le Hamas et les Frères musulmans et incluses à leurs programmes politiques officiels en vue des élections :
1) L’adhésion à la politique par l’exclusion de la violence et du recours à la force. De mouvement de résistance armé, le Hamas doit devenir un parti politique non armé. Cette exigence s’applique également au Fatah, censé suivre la même transformation avec le processus d’Oslo mais qui, jusqu’à ce jour, ne l’a pas fait. Une fois que le Fatah aura pris des mesures en ce sens, la pression sur le Hamas et les autres factions pour faire de même sera plus forte. Et si le Hamas n’obtempère pas, il ne bénéficiera pas de la reconnaissance internationale.
2) L’Adoption des valeurs démocratiques. Celle-ci se fait longuement attendre. Une telle adoption contrera l’érosion de la notion de démocratie qui, ces dernières années, en est arrivée à n’englober que l’idée d’élections libres.
L’ensemble des valeurs démocratiques devraient inclure : l’égalité de tous devant la loi, sans considérations de religion, d’appartenance ethnique ou de genre, et l’adoption officielle dans le programme politique des organisations concernées de toutes les libertés constitutionnelles, incarnées par les conventions internationalement acceptées, telles que la Déclaration des Droits de l’Homme, la charte des Nations Unies, les conventions des Nations Unies et les autres critères internationaux.
* Yigal Carmon est président du MEMRI
[1] Pour des déclarations d’Al-Zahar, voir Al-Qods (Jérusalem), le 15 février 2006 ; pour des déclarations de Haniya ; pour des déclarations de Mash’al ;
Pour d’autres extraits-vidéo de leaders du Hamas.
Hat tip: RM
Posté le Vendredi 21 avril 2006
La victoire par la participation politique : la nouvelle stratégie du Hamas et ses limites. Evaluation et recommandations politiques
Par Yigal Carmon*
Dans un briefing donné le 17 mars 2006 au Congrès américain sur la stratégie du Hamas après les élections palestiniennes, Yigal Carmon, président du MEMRI, a présenté la stratégie du Hamas et ses limites et a fait quelques recommandations politiques.
Le briefing a été sponsorisé par le sous-comité des relations internationales pour le terrorisme international et la non prolifération, dépendant de la Chambre des députés, et co-sponsorisé par les dirigeants du Comité : le président Ed Royce (Républicain, Californie), l’éminent membre Brad Sherman (Démocrate, Californie) et le représentant Steven Rothman (Démocrate, New Jersey). Ileana Ros-Lehtinin, présidente du sous-comité du Moyen-Orient et d’Asie centrale, et le membre éminent Gary Ackerman, ont aussi co-sponsorisé l’événement.
Voici un résumé de l’évaluation :
Estimation
Des trois menaces islamistes qui pèsent aujourd’hui sur les Etats-Unis – Al-Qaïda, l’Iran et les Frères musulmans -, Al-Qaïda et l’Iran ont choisi d’atteindre leurs objectifs par la confrontation tandis que les Frères musulmans ont opté pour la participation politique. Ce choix a été essentiellement motivé par la guerre mondiale contre le terrorisme, qui a poussé le Hamas (composante de l’organisation mère que sont les Frères musulmans) à comprendre que dans le monde de l’après 11 septembre, les organisations terroristes n’ont pas d’avenir, tandis que par la participation au jeu politique, elles pourraient toutefois atteindre certains de leurs grands objectifs.
La participation au jeu politique implique l’acceptation de certaines contraintes politiques, contraintes dont le Hamas n’avait pas eu à se préoccuper avant les élections législatives de janvier 2006, pas plus que les Frères musulmans avant les élections législatives d’Egypte de novembre-décembre 2005. Ce n’est qu’après la victoire du Hamas que des conditions ont été formulées à la participation du Hamas au jeu politique.
Les trois exigences actuelles posées au Hamas concernent Israël : la renonciation à la violence, la reconnaissance d’Israël et le respect des accords antérieurs.
Ces conditions sont inefficaces:
1) Elles ne peuvent être respectées que pour un temps limité et pour des raisons tactiques et en effet, le Hamas a entrepris de les respecter, puis a fait marche arrière.
2) En se focalisant sur Israël, on ignore le problème plus large de la participation au jeu politique des Frères musulmans, et des mouvements nationalistes laïques, dans l’ensemble des pays arabes et musulmans.
Le succès du Hamas, bien que limité aux territoires palestiniens, pose une menace aux intérêts américains dans la région. Si l’Occident se résigne à la victoire du Hamas, les Frères musulmans pourraient fort bien répéter ce succès en Egypte et en Jordanie. Abou Mazen et l’OLP se retrouveraient encore plus mis de côté, tandis que les régimes actuels en Jordanie et en Egypte pourraient se trouver sérieusement menacés. Voilà qui mettrait en danger la stabilité de tout le Moyen-Orient.
Le moment critique sera celui où le Hamas prendra le commandement des forces de sécurité palestiniennes. A ce stade, la crise sera beaucoup plus difficile à gérer et risquera de devenir incontrôlable. En effet, la stratégie déclarée du Hamas est de combiner participation politique et résistance, comme l’ont affirmé Mashaal, Haniya et Al-Zahar (”le fusil dans une main, la politique et l’autorité dans l’autre”). (1)
Le scénario souhaité est que, plutôt que de combiner participation au jeu politique et résistance, le Hamas poursuive sur la voie de la modération, à l’instar de l’OLP. Les actuelles avancées tactiques/temporaires du Hamas en ce sens, dans le but d’obtenir une reconnaissance mondiale de sa victoire, laissent espérer que cela est possible.
Cet espoir reste toutefois timide. Contrairement à l’OLP, organisation nationale distincte limitée à un peuple et à une terre, le Hamas est lié au mouvement régional, et même mondial, des Frères musulmans, qui bénéficient d’une structure islamique globale. En tant que tel, il est vraisemblable qu’il demeure fidèle à ses positions.
Recommandations
Les exigences américaines doivent donc se focaliser sur la transformation interne et idéologique du mouvement. Elles ne doivent pas se focaliser sur le Hamas, mais en priorité sur l’organisation mère : les Frères musulmans. (Les conditions qui suivent devraient également s’appliquer aux mouvements nationalistes laïques.)
Présenter les exigences suivantes comme des critères internationaux universels garantira le soutien de l’Union européenne et des Nations unies.
Afin d’encourager les Frères musulmans et ses ramifications à entreprendre des mesures pour se conformer aux critères politiques internationaux, la reconnaissance politique ne devrait être accordée qu’après que les conditions suivantes auront été remplies par le Hamas et les Frères musulmans et incluses à leurs programmes politiques officiels en vue des élections :
1) L’adhésion à la politique par l’exclusion de la violence et du recours à la force. De mouvement de résistance armé, le Hamas doit devenir un parti politique non armé. Cette exigence s’applique également au Fatah, censé suivre la même transformation avec le processus d’Oslo mais qui, jusqu’à ce jour, ne l’a pas fait. Une fois que le Fatah aura pris des mesures en ce sens, la pression sur le Hamas et les autres factions pour faire de même sera plus forte. Et si le Hamas n’obtempère pas, il ne bénéficiera pas de la reconnaissance internationale.
2) L’Adoption des valeurs démocratiques. Celle-ci se fait longuement attendre. Une telle adoption contrera l’érosion de la notion de démocratie qui, ces dernières années, en est arrivée à n’englober que l’idée d’élections libres.
L’ensemble des valeurs démocratiques devraient inclure : l’égalité de tous devant la loi, sans considérations de religion, d’appartenance ethnique ou de genre, et l’adoption officielle dans le programme politique des organisations concernées de toutes les libertés constitutionnelles, incarnées par les conventions internationalement acceptées, telles que la Déclaration des Droits de l’Homme, la charte des Nations Unies, les conventions des Nations Unies et les autres critères internationaux.
* Yigal Carmon est président du MEMRI
[1] Pour des déclarations d’Al-Zahar, voir Al-Qods (Jérusalem), le 15 février 2006 ; pour des déclarations de Haniya ; pour des déclarations de Mash’al ;
Pour d’autres extraits-vidéo de leaders du Hamas.
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21.4.06
LE DECLIN EUROPEEN
“Le déclin européen, en perspective longue”
Posté le Vendredi 21 avril 2006
“Un habitant de l’empire romain disposait de 540 dollars de revenu annuel, en moyenne. Par comparaison, le revenu d’un Français en 1688 était de 900 dollars et en 2003 de 22 000 dollars. Nous sommes donc, aujourd’hui, quarante fois plus riches qu’il y a deux millénaires. Vous saviez ça ?
C’est Angus Maddison qui l’a calculé. Economiste britannique, 80 ans, vivant près de Compiègne, il nous a reçu avec du bon thé. Il est « la » référence mondiale des statistiques économiques historiques. Son travail, sa passion, est de mesurer, de recompter, de comparer, d’évaluer le PIB et le PIB par tête depuis la nuit des temps, pour offrir aux économistes des séries fiables sur des perspectives très longues. Angus Maddison a longtemps travaillé à l’OCDE sur la période d’après guerre jusqu’en 1979. Puis il a poussé ses recherches plus loin en arrière, au début de la révolution industrielle en 1820, puis jusqu’au Christ. Son prochain ouvrage s’intitule : Une interprétation quantitative de l’économie mondiale de l’an 1 à 2030.
On y prend mille leçons. Par exemple, sur la construction des empires. Comment les Romains ont-ils vaincu les barbares alors que leur niveau technologique était pas tellement différent (le fer, le cheval) et « leur alimentation sans doute d’inférieure qualité », si on se réfère à la taille des os ? Réponse : l’organisation. Le pouvoir à Rome était détenu par « une oligarchie compétitive » très peu coûteuse en bureaucratie et très efficace. L’armée était nombreuse et de qualité. Rome avait une politique pragmatique avec ses ennemis, mêlant brutalité et coexistence pacifique.
On apprend surtout que la romanisation n’a pas amélioré le sort des populations à l’est (en Grèce ou en Egypte, déjà développées), mais qu’elle a été très utile à l’ouest, en Espagne, en Gaule et au Maghreb. L’apport d’esclaves a permis d’« investir » à bon compte dans des villes, des routes, une monnaie, une littérature. Quant à l’Italie, ses conquêtes lui ont facilité l’importation des denrées agricoles usuelles, et autorisé l’élévation en gamme vers la vigne et l’olive. La comparaison est fructueuse avec l’Empire napoléonien, qui, lui aussi, construit routes, ponts…, et apporte des lois. Ou avec la Chine, où la bureaucratie élitaire impose les innovations agricoles.
La plongée dans l’histoire apporte-t-elle, in fine, des éclaircissements sur les causes de l’émergence des empires, sur les décadences et les déclins ? « Cela dépend », nous explique Angus Maddison. L’essentiel du développement mondial s’opère « par rattrapage ». « Ajouter du marché ouvert et une politique économique de stabilité, et la technologie arrive qui fait décoller. Il faut en plus de l’éducation et de l’investisse ment. C’est le Japon qui demeure le meilleur exemple. Chine et Inde ont copié ce processus. »
Justement, le rattrapage de l’Asie amène-t-il le déclin de l’Europe ? « Pas de catastrophisme. » On ne peut parler de « déclin » que si le PIB par tête diminue comme en Russie après la chute de l’URSS. Mais c’est loin d’être le cas en Europe de l’Ouest, rassure le professeur. Il est normal que la Chine et l’Inde, plus peuplées et en retard, aillent plus vite et reprennent leur place. Pour l’Europe, « je ne suis pas pessimiste », ajoute-il, en insistant sur deux points : la politique monétaire européenne, qu’il trouve déflationniste - « c’est celle que combattait Keynes dans les années 1930 » -, et le besoin de réformes pour « faire travailler plus », même si « c’est difficile à faire passer ».
Le pire serait le nationalisme : la Chine a été éclipsée du monde économique pendant plusieurs siècles « parce qu’elle avait fermé ses frontières ».
Le professeur Maddison ajoute une autre remarque précieuse au regard de la situation française. Ses calculs permettent de réhabiliter le « capitalisme marchand » entre 1500 et 1820, pour montrer que la croissance y fut meilleure qu’on ne l’avait dit, sous l’influence du pessimisme malthusien. « Les progrès de la science, de la technologie maritime, de l’organisation des affaires et des institutions n’eurent pas d’équivalent dans le monde. » Il s’élève contre l’école de pensée qui attribue la croissance moderne à « une révolution industrielle née à Manche ster ». « Le progrès de 1500 à 1820 a été sous estimé, poursuit le professeur. Cette école veut faire croire qu’avant, les hommes vivaient encore dans des cavernes. En fait, les racines de la croissance remontent à la période du capitalisme marchand. »
Nous retenons ceci de notre voyage chez les Romains avec détour par Compiègne : 1. - la désindustrialisation n’est pas la fin de l’histoire ; 2. - il faut repousser, à toute force, ce retour dans l’idéologie actuelle des idées mercantilistes anticommerce qui veulent qu’au fond les ressources soient limitées et qu’un pays ne puisse s’enrichir qu’aux dépens d’un autre. Bref, que si Chine et Inde se développent, nous y perdrons forcément. L’avenir est noir, négatif, moins de richesse, moins de social, moins de tout. Nos enfants vivront plus mal que nous, etc. Tout cela est faux !
L’avenir sera meilleur pour peu que nous nous éduquions et travaillions. Pour le reste, Polybe (200-118 av-J.-C.), général grec, ami des Romains, a expliqué comment les phalanges grecques - irrésistibles « de face à face » - avaient été défaites par les armées de Rome : la flexibilité.”
Eric Le Boucher, Le Monde, 16-17 avril
Posté le Vendredi 21 avril 2006
“Un habitant de l’empire romain disposait de 540 dollars de revenu annuel, en moyenne. Par comparaison, le revenu d’un Français en 1688 était de 900 dollars et en 2003 de 22 000 dollars. Nous sommes donc, aujourd’hui, quarante fois plus riches qu’il y a deux millénaires. Vous saviez ça ?
C’est Angus Maddison qui l’a calculé. Economiste britannique, 80 ans, vivant près de Compiègne, il nous a reçu avec du bon thé. Il est « la » référence mondiale des statistiques économiques historiques. Son travail, sa passion, est de mesurer, de recompter, de comparer, d’évaluer le PIB et le PIB par tête depuis la nuit des temps, pour offrir aux économistes des séries fiables sur des perspectives très longues. Angus Maddison a longtemps travaillé à l’OCDE sur la période d’après guerre jusqu’en 1979. Puis il a poussé ses recherches plus loin en arrière, au début de la révolution industrielle en 1820, puis jusqu’au Christ. Son prochain ouvrage s’intitule : Une interprétation quantitative de l’économie mondiale de l’an 1 à 2030.
On y prend mille leçons. Par exemple, sur la construction des empires. Comment les Romains ont-ils vaincu les barbares alors que leur niveau technologique était pas tellement différent (le fer, le cheval) et « leur alimentation sans doute d’inférieure qualité », si on se réfère à la taille des os ? Réponse : l’organisation. Le pouvoir à Rome était détenu par « une oligarchie compétitive » très peu coûteuse en bureaucratie et très efficace. L’armée était nombreuse et de qualité. Rome avait une politique pragmatique avec ses ennemis, mêlant brutalité et coexistence pacifique.
On apprend surtout que la romanisation n’a pas amélioré le sort des populations à l’est (en Grèce ou en Egypte, déjà développées), mais qu’elle a été très utile à l’ouest, en Espagne, en Gaule et au Maghreb. L’apport d’esclaves a permis d’« investir » à bon compte dans des villes, des routes, une monnaie, une littérature. Quant à l’Italie, ses conquêtes lui ont facilité l’importation des denrées agricoles usuelles, et autorisé l’élévation en gamme vers la vigne et l’olive. La comparaison est fructueuse avec l’Empire napoléonien, qui, lui aussi, construit routes, ponts…, et apporte des lois. Ou avec la Chine, où la bureaucratie élitaire impose les innovations agricoles.
La plongée dans l’histoire apporte-t-elle, in fine, des éclaircissements sur les causes de l’émergence des empires, sur les décadences et les déclins ? « Cela dépend », nous explique Angus Maddison. L’essentiel du développement mondial s’opère « par rattrapage ». « Ajouter du marché ouvert et une politique économique de stabilité, et la technologie arrive qui fait décoller. Il faut en plus de l’éducation et de l’investisse ment. C’est le Japon qui demeure le meilleur exemple. Chine et Inde ont copié ce processus. »
Justement, le rattrapage de l’Asie amène-t-il le déclin de l’Europe ? « Pas de catastrophisme. » On ne peut parler de « déclin » que si le PIB par tête diminue comme en Russie après la chute de l’URSS. Mais c’est loin d’être le cas en Europe de l’Ouest, rassure le professeur. Il est normal que la Chine et l’Inde, plus peuplées et en retard, aillent plus vite et reprennent leur place. Pour l’Europe, « je ne suis pas pessimiste », ajoute-il, en insistant sur deux points : la politique monétaire européenne, qu’il trouve déflationniste - « c’est celle que combattait Keynes dans les années 1930 » -, et le besoin de réformes pour « faire travailler plus », même si « c’est difficile à faire passer ».
Le pire serait le nationalisme : la Chine a été éclipsée du monde économique pendant plusieurs siècles « parce qu’elle avait fermé ses frontières ».
Le professeur Maddison ajoute une autre remarque précieuse au regard de la situation française. Ses calculs permettent de réhabiliter le « capitalisme marchand » entre 1500 et 1820, pour montrer que la croissance y fut meilleure qu’on ne l’avait dit, sous l’influence du pessimisme malthusien. « Les progrès de la science, de la technologie maritime, de l’organisation des affaires et des institutions n’eurent pas d’équivalent dans le monde. » Il s’élève contre l’école de pensée qui attribue la croissance moderne à « une révolution industrielle née à Manche ster ». « Le progrès de 1500 à 1820 a été sous estimé, poursuit le professeur. Cette école veut faire croire qu’avant, les hommes vivaient encore dans des cavernes. En fait, les racines de la croissance remontent à la période du capitalisme marchand. »
Nous retenons ceci de notre voyage chez les Romains avec détour par Compiègne : 1. - la désindustrialisation n’est pas la fin de l’histoire ; 2. - il faut repousser, à toute force, ce retour dans l’idéologie actuelle des idées mercantilistes anticommerce qui veulent qu’au fond les ressources soient limitées et qu’un pays ne puisse s’enrichir qu’aux dépens d’un autre. Bref, que si Chine et Inde se développent, nous y perdrons forcément. L’avenir est noir, négatif, moins de richesse, moins de social, moins de tout. Nos enfants vivront plus mal que nous, etc. Tout cela est faux !
L’avenir sera meilleur pour peu que nous nous éduquions et travaillions. Pour le reste, Polybe (200-118 av-J.-C.), général grec, ami des Romains, a expliqué comment les phalanges grecques - irrésistibles « de face à face » - avaient été défaites par les armées de Rome : la flexibilité.”
Eric Le Boucher, Le Monde, 16-17 avril
LES ECOLES DE LA HAINE
De futurs imams dénoncent les textes extrémistes de leur école
21 avril 2006, (Rubrique International)
Des étudiants à l'imamat ont révélé au Times que leur école, l'Hawza Ilmiyya de Londres, liée à l'Iran et située dans le même bâtiment que l'Islamic College for Advanced Studies (ICAS), enseignait des textes fondamentalistes décrivant les non-musulmans comme des «saletés». Ils souhaitent que leur programme soit réexaminé.
Tenant à conserver l'anonymat, les étudiants ont expliqué que le texte le plus étudié, un livre écrit par Muhaqqiq al-Hilli, lettré du XIIIe siècle, était «déroutant». Des passages du livre donnent lieu «à des interprétations très littérales du Coran qui ne seraient pas reconnues par 80 ou 90% des musulmans. Pourtant ces livres sont étudiés à l'école. On a un besoin urgent de réexaminer les textes qu'on nous enseigne ici ainsi que dans d'autres collèges en Grande-Bretagne», affirme le porte-parole des étudiants.
Mohammed Saeed Bahmanpour, un enseignant, a confirmé que le texte était effectivement étudié à Hawza et à l'Icas, mais qu'il n'était pas érigé en doctrine. «On se contente de traduire le texte et on laisse le choix au professeur de l'enseigner ou pas», a-t-il précisé. «L'idée est que les élèves soient capables de lire des textes classiques, et c'est tout. La plupart des fatwas de Muhaqqiq al-Hilli ne sont en fait pas conformes avec la fatwa de nos juristes modernes», explique l'enseignant. Dans les passages qui inquiètent les élèves, les non-musulmans sont associés à des cochons et à des chiens et un chapitre consacré au djihad somme les musulmans de combattre les chrétiens et les juifs.
J. R. (avec AFP)
21 avril 2006, (Rubrique International)
Des étudiants à l'imamat ont révélé au Times que leur école, l'Hawza Ilmiyya de Londres, liée à l'Iran et située dans le même bâtiment que l'Islamic College for Advanced Studies (ICAS), enseignait des textes fondamentalistes décrivant les non-musulmans comme des «saletés». Ils souhaitent que leur programme soit réexaminé.
Tenant à conserver l'anonymat, les étudiants ont expliqué que le texte le plus étudié, un livre écrit par Muhaqqiq al-Hilli, lettré du XIIIe siècle, était «déroutant». Des passages du livre donnent lieu «à des interprétations très littérales du Coran qui ne seraient pas reconnues par 80 ou 90% des musulmans. Pourtant ces livres sont étudiés à l'école. On a un besoin urgent de réexaminer les textes qu'on nous enseigne ici ainsi que dans d'autres collèges en Grande-Bretagne», affirme le porte-parole des étudiants.
Mohammed Saeed Bahmanpour, un enseignant, a confirmé que le texte était effectivement étudié à Hawza et à l'Icas, mais qu'il n'était pas érigé en doctrine. «On se contente de traduire le texte et on laisse le choix au professeur de l'enseigner ou pas», a-t-il précisé. «L'idée est que les élèves soient capables de lire des textes classiques, et c'est tout. La plupart des fatwas de Muhaqqiq al-Hilli ne sont en fait pas conformes avec la fatwa de nos juristes modernes», explique l'enseignant. Dans les passages qui inquiètent les élèves, les non-musulmans sont associés à des cochons et à des chiens et un chapitre consacré au djihad somme les musulmans de combattre les chrétiens et les juifs.
J. R. (avec AFP)
L'IMAM DE FINSBURY PARK
Le jihad obtient un laissez-passer
Par Diana West
Abu Hamza al-Masri, imam à la main en crochet de la fameuse mosquée de Finsbury Park – foyer spirituel de Richard Reid « aux chaussures explosives » et du « 20ème pirate de l’air » Zacarias Moussaoui – est en procès ce mois ci à la cour d’Old Bailey. Les accusations comprennent neuf chefs d’inculpation pour incitation au meurtre, quatre chefs d’excitation à la haine raciale, et deux inculpations pour possession de matériel lié aux autres accusations, dont les 10 volumes de l’Encyclopédie du jihad afghan – un guide sur la pratique du terrorisme désormais immortalisé dans les tabloïds de Londres sous le nom de « Livre du Crochet de la ‘bombe Big Ben’ ».
Les jurés de ce procès écouteront très attentivement neuf enregistrements audio et vidéo de sermons de Abu Hamza saisis par la police à la mosquée, qui, pas du tout par hasard, a aussi trouvé une profusion d’armes, des centaines de faux passeports suspects ou volés, et même quelques costumes de hazmat. Une boite assez gentiment étiquetée « jihad » a également été trouvée.
D’un côté, ces jurés s’en sortent facilement. La police a transporté près de 3.000 sermons enregistrés par Abu Hamza ; aussi ne potasser que sur neuf d’entre eux n’est pas trop mal. D’un autre côté, ces sermons ne sont pas exactement toniques - à moins que ce « tonique » ne signifie des exhortations à donner la chaire de poule pour tuer des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans « apostats », et des appels déments pour un califat mondial fondé sur la sharia islamique.
Mais même après avoir maîtrisé l’évidence abominable, la tâche des jurés sera encore plus difficile. Ils devront alors donner un sens aux arguments légaux illogiquement tordus du politiquement correct, organisés à la fois pour et contre le prévenu de façon à disculper le rôle de l’Islam dans le jihad moderne, ou guerre sainte.
Pour le Ministère public, David Perry déclare : « il s’agit de rien d’autre plus ou moins que de prêcher la haine ou le meurtre », ce qui, il l’a dit clairement, n’a rien à voir avec l’Islam.
Pour la Défense, Edward Fitzgerald déclare : « il est dit qu’il prêchait le meurtre. Mais il prêchait vraiment à partir du Coran lui-même ».
Bien, de quoi s’agit-il, messieurs ? Il prêche le meurtre qui n’a rien à voir avec l’Islam ; ou bien il prêche le Coran qui n’a rien à voir avec le meurtre. Pour des gens essayant d’écarter le jihad parmi eux, la question devient une énigme gênante.
Au début du procès, le Procureur Perry a prédit que la défense avancerait sûrement que Abu Hamza « parlait en tant qu’adepte de l’Islam et qu’il prononçait les mots du saint Coran ». Cela, expliquait M. Perry, n’était pas l’assertion du Ministère public. « Ces poursuites ne sont pas diligentées pour critiquer l’Islam ou pour critiquer les enseignements du Coran. Elles sont produites contre ce que le prévenu dit ».
Il n’y a aucun moyen pour dénouer ce bretzel, mais essayons. (A) le Procureur suspecte légitimement qu’Abu Hamza va se défendre contre les accusations d’incitation au meurtre et à la haine en proclamant qu’il prêchait le Coran. (B) le Procureur ne critique pas le Coran, à partir duquel Abu Hamza prêchait. (C) Il critique seulement ce que Abu Hamza disait.
Si un argument circulaire est celui qui ne mène nulle part, ce Procureur chasse sa queue. Mais il ne peut pas encore s’écarter du Coran, pas quand le conseiller de la Défense en donne vraiment des copies aux jurés. L’idée de M. Fitzgerald est que, avec leurs propres Corans, des jurés seront plus à même de suivre les justifications coraniques pour, comme le ‘London Times Online’ le formule : « les mots qui ont conduit (Abu Hamza) à être mis en accusation ».
Si ces machinations – maintenant vous voyez le Coran, maintenant non – vous donnent la migraine, c’est une bonne chose, la preuve que des fonctions mentales essentielles fonctionnent encore indépendamment du Politiquement Correct. Cela ne rend pas plus facile à suivre cependant, le mode de pensée tortueuse des avocats britanniques. Essentiellement, le Ministère public déclare : « Cela prêche le meurtre, alors ce n’est pas le Coran. En résumé, la Défense déclare : « C’est le Coran, alors cela ne prêche pas le meurtre. De quoi parlent-ils ? ».
Dans un sens, de rien. Et c’est de cette manière qu’ils l’aiment. Aussi bien le Ministère public et la Défense ont décidé que l’islam ne joue aucun rôle d’animation dans le mouvement jihadiste moderne dont Abu Hamza fait partie. Quand le Procureur décrit les prêches d’Abu Hamza – « La guerre sainte pour la cause d’Allah » comme une « obligation religieuse », cela inclut le meurtre des incroyants – il décrit l’idéologie du jihad classique qui a mené toute l’histoire islamique ; Mais l’attribue à la version idiosyncrasique de l’Islam d’Abu Hamza. La Défense pendant ce temps, se saisit des mêmes prêches – « le langage du sang et de la récompense » dit M. Fitzgerald – et il le déclare non différent du langage de toute autre religion.
En d’autres termes, qu’Abu Hamza ait ou non la vie dure, le jihad a obtenu un laissez-passer.
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Source: Jewish World Review 30 janvier 2006
www.jewishworldreview.com/0106/west013006.php3
Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC
Edited by IHC Staff, www.infoisrael.net.
Par Diana West
Abu Hamza al-Masri, imam à la main en crochet de la fameuse mosquée de Finsbury Park – foyer spirituel de Richard Reid « aux chaussures explosives » et du « 20ème pirate de l’air » Zacarias Moussaoui – est en procès ce mois ci à la cour d’Old Bailey. Les accusations comprennent neuf chefs d’inculpation pour incitation au meurtre, quatre chefs d’excitation à la haine raciale, et deux inculpations pour possession de matériel lié aux autres accusations, dont les 10 volumes de l’Encyclopédie du jihad afghan – un guide sur la pratique du terrorisme désormais immortalisé dans les tabloïds de Londres sous le nom de « Livre du Crochet de la ‘bombe Big Ben’ ».
Les jurés de ce procès écouteront très attentivement neuf enregistrements audio et vidéo de sermons de Abu Hamza saisis par la police à la mosquée, qui, pas du tout par hasard, a aussi trouvé une profusion d’armes, des centaines de faux passeports suspects ou volés, et même quelques costumes de hazmat. Une boite assez gentiment étiquetée « jihad » a également été trouvée.
D’un côté, ces jurés s’en sortent facilement. La police a transporté près de 3.000 sermons enregistrés par Abu Hamza ; aussi ne potasser que sur neuf d’entre eux n’est pas trop mal. D’un autre côté, ces sermons ne sont pas exactement toniques - à moins que ce « tonique » ne signifie des exhortations à donner la chaire de poule pour tuer des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans « apostats », et des appels déments pour un califat mondial fondé sur la sharia islamique.
Mais même après avoir maîtrisé l’évidence abominable, la tâche des jurés sera encore plus difficile. Ils devront alors donner un sens aux arguments légaux illogiquement tordus du politiquement correct, organisés à la fois pour et contre le prévenu de façon à disculper le rôle de l’Islam dans le jihad moderne, ou guerre sainte.
Pour le Ministère public, David Perry déclare : « il s’agit de rien d’autre plus ou moins que de prêcher la haine ou le meurtre », ce qui, il l’a dit clairement, n’a rien à voir avec l’Islam.
Pour la Défense, Edward Fitzgerald déclare : « il est dit qu’il prêchait le meurtre. Mais il prêchait vraiment à partir du Coran lui-même ».
Bien, de quoi s’agit-il, messieurs ? Il prêche le meurtre qui n’a rien à voir avec l’Islam ; ou bien il prêche le Coran qui n’a rien à voir avec le meurtre. Pour des gens essayant d’écarter le jihad parmi eux, la question devient une énigme gênante.
Au début du procès, le Procureur Perry a prédit que la défense avancerait sûrement que Abu Hamza « parlait en tant qu’adepte de l’Islam et qu’il prononçait les mots du saint Coran ». Cela, expliquait M. Perry, n’était pas l’assertion du Ministère public. « Ces poursuites ne sont pas diligentées pour critiquer l’Islam ou pour critiquer les enseignements du Coran. Elles sont produites contre ce que le prévenu dit ».
Il n’y a aucun moyen pour dénouer ce bretzel, mais essayons. (A) le Procureur suspecte légitimement qu’Abu Hamza va se défendre contre les accusations d’incitation au meurtre et à la haine en proclamant qu’il prêchait le Coran. (B) le Procureur ne critique pas le Coran, à partir duquel Abu Hamza prêchait. (C) Il critique seulement ce que Abu Hamza disait.
Si un argument circulaire est celui qui ne mène nulle part, ce Procureur chasse sa queue. Mais il ne peut pas encore s’écarter du Coran, pas quand le conseiller de la Défense en donne vraiment des copies aux jurés. L’idée de M. Fitzgerald est que, avec leurs propres Corans, des jurés seront plus à même de suivre les justifications coraniques pour, comme le ‘London Times Online’ le formule : « les mots qui ont conduit (Abu Hamza) à être mis en accusation ».
Si ces machinations – maintenant vous voyez le Coran, maintenant non – vous donnent la migraine, c’est une bonne chose, la preuve que des fonctions mentales essentielles fonctionnent encore indépendamment du Politiquement Correct. Cela ne rend pas plus facile à suivre cependant, le mode de pensée tortueuse des avocats britanniques. Essentiellement, le Ministère public déclare : « Cela prêche le meurtre, alors ce n’est pas le Coran. En résumé, la Défense déclare : « C’est le Coran, alors cela ne prêche pas le meurtre. De quoi parlent-ils ? ».
Dans un sens, de rien. Et c’est de cette manière qu’ils l’aiment. Aussi bien le Ministère public et la Défense ont décidé que l’islam ne joue aucun rôle d’animation dans le mouvement jihadiste moderne dont Abu Hamza fait partie. Quand le Procureur décrit les prêches d’Abu Hamza – « La guerre sainte pour la cause d’Allah » comme une « obligation religieuse », cela inclut le meurtre des incroyants – il décrit l’idéologie du jihad classique qui a mené toute l’histoire islamique ; Mais l’attribue à la version idiosyncrasique de l’Islam d’Abu Hamza. La Défense pendant ce temps, se saisit des mêmes prêches – « le langage du sang et de la récompense » dit M. Fitzgerald – et il le déclare non différent du langage de toute autre religion.
En d’autres termes, qu’Abu Hamza ait ou non la vie dure, le jihad a obtenu un laissez-passer.
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Source: Jewish World Review 30 janvier 2006
www.jewishworldreview.com/0106/west013006.php3
Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC
Edited by IHC Staff, www.infoisrael.net.
LE COMBAT DE LA DEMOCRATIE ?
21 avril 2006
La vague islamiste : triomphe ou défaite de la démocratie ? Une tribune libre de Pierre Vermeren
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Les succès électoraux, récents ou à venir, des islamistes en Palestine et ailleurs dans le Monde arabe, ont créé une onde de choc que les experts n’ont pas fini d’analyser. Mon ami l’historien Pierre Vermeren, dont vous avez déjà pu lire un article (cliquer ici), me fait l’honneur de compter parmi les plumes s’exprimant sur ce blog. Je publie aujourd’hui une tribune libre sous sa signature, où on trouvera un utile analyse des causes du succès de cette « vague verte ». Faut-il partager son optimisme quant à la « marge de manoeuvre » de l’Europe vis-à-vis de ces « nouveaux partenaires », et sur sa capacité de les influencer ? Peut-on prendre la Turquie comme heureux précédent ? A vous de juger !
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Tribune Libre
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La victoire du Hamas dans les territoires palestiniens illustre la puissance de l’islamisme politique outre-Méditerranée. Les conservateurs islamistes ont remporté les élections irakiennes. Le raïs égyptien a empêché avec difficulté la victoire des Frères musulmans, mais leur puissance est établie. En Arabie saoudite, le pouvoir théocratique est contesté par des « islamistes »... Au Maroc, le pouvoir se prépare à l’accession d’une majorité de députés du Parti de la justice et de développement (PJD). Il y a fort à parier que la dictature baasiste syrienne, pas plus que l’autoritarisme tunisien ou les militaires algériens, n’ont endigué l’islamisme.
Gilles Kepel a dit l’échec de l’islamisme révolutionnaire dans le monde sunnite. Effrayée par la violence en Algérie ou en Égypte, la bourgeoisie du bazar et les classes moyennes auraient rompu leur alliance avec les théoriciens de l’islamisme révolutionnaire et la jeunesse déshéritée. Pourtant, la démocratisation « au forceps » engagée par les Etats-Unis met à jour la puissance des partis islamistes. Est-ce à dire que la révolution avortée de l’islamisme s’est convertie sine die en participation électorale, et que les urnes sont devenues le fourrier de ce même islamisme ? Telle est la crainte des opinions et des dirigeants occidentaux.
On dit les Américains stupéfaits. Les États arabes et leurs amis européens y voient la confirmation de leurs appréhensions : seul l’autoritarisme écarte les islamistes du pouvoir. Les démocrates européens sont consternés. Les minorités chrétiennes, berbères et kurdes du monde arabe cherchent à sauver leurs libertés. Que dire du Cheikh Yassine, leader historique des islamistes marocains, qui prône depuis des décennies la non-violence, persuadé que le pouvoir tombera comme un fruit mûr dans les mains islamistes ? Faut-il dénoncer « l’horreur démocratique » ?
La vague électorale récente ou à venir dévoile la scène politique arabe. Pour qui a vécu et s’intéresse à la rive sud de la Méditerranée, les évènements en cours sont un aggiornamento de la scène politique arabe. « Le tremblement de terre » était annoncé de longue date. La puissance de l’idéologie salafiste est telle, dans l’opinion publique, que sa libre expression porte au pouvoir des formations islamistes.
Trop longtemps, les Européens de l’Ouest ont regardé la scène politique arabe avec des lunettes roses. Les élites arabes formées sous la colonisation parlaient le langage du colonisateur. Parvenues au pouvoir d’État dans les années cinquante, elles ont éduqué leurs fils à leur image. Nasser et ses officiers libres placent leurs enfants dans les écoles catholiques du Caire ! Des élites acculturées ont pris le pouvoir des nouveaux États. Le nationalisme arabe, dans sa version baasiste élaborée par des chrétiens syro-libanais, habille l’autoritarisme de la langue de l’Occident. Dans la grande famille nationaliste arabe, on trouve alors des socialistes, des syndicalistes, des communistes, une jeunesse en lutte à la mode de 68, des libéraux, des « laïcs », des républicains. Dans les années quatre-vingt, on veut voir dans les islamistes des « démocrates-musulmans », puis dans les années 1990 se créent des « partis écologistes » !
Que reste-t-il de cette foire aux idéologies occidentales, qui, en dehors de grandes villes industrielles comme Casablanca, Alger ou Alexandrie, ont rarement dépassé le cercle des bourgeoisies dirigeantes ? Peu de choses. Plusieurs décennies d’exode rural, de faillite économique et de frustrations contenues aidant, la « rue arabe », longtemps contrainte au silence, s’exprime. Les élections générales, libres comme en Palestine, ou semi - libres comme en Égypte ou au Maroc, dévoilent une nouvelle scène politique. Que dit ce dévoilement ?
D’abord l’importance de l’islamisme, nébuleuse de partis, d’organisations politico-religieuses et caritatives dans lesquelles se retrouvent classes moyennes et populaires urbaines, assez proches au demeurant. Cette mouvance représente-t-elle le quart ou la moitié des électeurs ? Qu’importe, puisqu’elle est la première force politique. Nationaliste et religieuse, elle prône le respect de la charia (« Dieu est le chemin »), mais aussi des valeurs religieuses d’honnêteté, de respect de la justice et de solidarité. Au plan national, elle pourfend la corruption, la misère et l’ostentation des richesses. Au plan international, elle pourfend « l’Occident impie », Israël et l’Amérique.
Une seule force lui fait face, le nationalisme arabo-musulman, dans la version militaire algérienne, militante palestinienne, monarchiste marocaine, nassérienne en Égypte, baasiste en Syrie, saddamiste à Bagdad. Les appareils d’États arabes ont de longue date perçu la menace islamiste. Après avoir détruit les organisations socialistes durant les années 1960-70, ils se sont convertis à une vision musulmane de la société. La place croissante de la jeunesse populaire, urbaine et étudiante, de formation musulmane conservatrice, a déplacé le centre de gravité politique de ces sociétés. Pour gagner les faveurs de ces clientèles, les États se sont mis à réprimer les déviances, à assurer le respect des interdits alimentaires, à tolérer le hijab, à instrumentaliser le sionisme, voire à appliquer la charia. Cette surenchère a conforté les islamistes sans permettre de les réduire, conduisant à l’isolement et au discrédit des démocrates, des intellectuels, des non-conformistes et autres républicains.
Le malheur économique arabe a fait le reste. L’humiliation face à l’opulence de l’Europe, les carences du développement, la corruption et la violence des États, l’insouciance des bourgeoisies, l’impuissance face au sort des Palestiniens, la trahison des promesses de l’indépendance, la déprise des valeurs communautaires de l’Islam, l’émancipation des femmes, la réception par satellite des images de l’Occident, des décennies d’État de siège en Syrie, en Égypte, en Algérie, en Irak, en Palestine, ont désintégré la scène politique arabe. Le pluralisme politique égyptien ou marocain a été vidé de sa substance. Islamistes et nationalistes - conservateurs sont devenus les deux grandes forces politiques de la région. Les démocrates existent, mais leurs relais politiques sont étroits.
Dans ces conditions, faut-il continuer de faire semblant ? Faut-il refuser les élections et attendre que les électeurs soient convertis à la social-démocratie ? Ou faut-il innover ? Islamistes turcs et communistes polonais se sont convertis à l’alternance démocratique. Le Fatah de Y. Arafat, qui voulait éradiquer Israël, est devenu une force de négociation. Est-ce à dire que l’accession inexorable de gouvernements islamistes au Sud de la Méditerranée sera une promenade démocratique ? Il est à craindre que non. Les tensions au sein des sociétés musulmanes (avec les femmes ou les minorités) et avec les partenaires européens, risquent de croître. Les armées, maintenues d’une main de fer à l’écart de la « contamination islamiste », seront-elles un pôle de stabilité ? L’enjeu réside dans le respect des échéances électorales et le maintien des alternances, car ce qu’un gouvernement a fait, le suivant peut le défaire.
La puissance financière, économique et contributive de l’Europe est telle, dans cette région, que sa marge de manoeuvre est considérable. À charge pour elle de négocier et d’influer ces nouveaux partenaires, qui ne sont plus à notre image, mais à la leur. Il faut compter sur l’irrépressible désir de liberté et d’émancipation de la jeunesse méditerranéenne, notamment des femmes, pour que l’avenir réserve des surprises.
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Pierre Vermeren
Docteur et agrégé d’histoire,
auteur de « Maghreb, la démocratie impossible ? » Fayard, Paris, 2004.
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// posted by Jean Corcos @ 6:49 AM in rencontre judaique fm
La vague islamiste : triomphe ou défaite de la démocratie ? Une tribune libre de Pierre Vermeren
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Les succès électoraux, récents ou à venir, des islamistes en Palestine et ailleurs dans le Monde arabe, ont créé une onde de choc que les experts n’ont pas fini d’analyser. Mon ami l’historien Pierre Vermeren, dont vous avez déjà pu lire un article (cliquer ici), me fait l’honneur de compter parmi les plumes s’exprimant sur ce blog. Je publie aujourd’hui une tribune libre sous sa signature, où on trouvera un utile analyse des causes du succès de cette « vague verte ». Faut-il partager son optimisme quant à la « marge de manoeuvre » de l’Europe vis-à-vis de ces « nouveaux partenaires », et sur sa capacité de les influencer ? Peut-on prendre la Turquie comme heureux précédent ? A vous de juger !
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Tribune Libre
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La victoire du Hamas dans les territoires palestiniens illustre la puissance de l’islamisme politique outre-Méditerranée. Les conservateurs islamistes ont remporté les élections irakiennes. Le raïs égyptien a empêché avec difficulté la victoire des Frères musulmans, mais leur puissance est établie. En Arabie saoudite, le pouvoir théocratique est contesté par des « islamistes »... Au Maroc, le pouvoir se prépare à l’accession d’une majorité de députés du Parti de la justice et de développement (PJD). Il y a fort à parier que la dictature baasiste syrienne, pas plus que l’autoritarisme tunisien ou les militaires algériens, n’ont endigué l’islamisme.
Gilles Kepel a dit l’échec de l’islamisme révolutionnaire dans le monde sunnite. Effrayée par la violence en Algérie ou en Égypte, la bourgeoisie du bazar et les classes moyennes auraient rompu leur alliance avec les théoriciens de l’islamisme révolutionnaire et la jeunesse déshéritée. Pourtant, la démocratisation « au forceps » engagée par les Etats-Unis met à jour la puissance des partis islamistes. Est-ce à dire que la révolution avortée de l’islamisme s’est convertie sine die en participation électorale, et que les urnes sont devenues le fourrier de ce même islamisme ? Telle est la crainte des opinions et des dirigeants occidentaux.
On dit les Américains stupéfaits. Les États arabes et leurs amis européens y voient la confirmation de leurs appréhensions : seul l’autoritarisme écarte les islamistes du pouvoir. Les démocrates européens sont consternés. Les minorités chrétiennes, berbères et kurdes du monde arabe cherchent à sauver leurs libertés. Que dire du Cheikh Yassine, leader historique des islamistes marocains, qui prône depuis des décennies la non-violence, persuadé que le pouvoir tombera comme un fruit mûr dans les mains islamistes ? Faut-il dénoncer « l’horreur démocratique » ?
La vague électorale récente ou à venir dévoile la scène politique arabe. Pour qui a vécu et s’intéresse à la rive sud de la Méditerranée, les évènements en cours sont un aggiornamento de la scène politique arabe. « Le tremblement de terre » était annoncé de longue date. La puissance de l’idéologie salafiste est telle, dans l’opinion publique, que sa libre expression porte au pouvoir des formations islamistes.
Trop longtemps, les Européens de l’Ouest ont regardé la scène politique arabe avec des lunettes roses. Les élites arabes formées sous la colonisation parlaient le langage du colonisateur. Parvenues au pouvoir d’État dans les années cinquante, elles ont éduqué leurs fils à leur image. Nasser et ses officiers libres placent leurs enfants dans les écoles catholiques du Caire ! Des élites acculturées ont pris le pouvoir des nouveaux États. Le nationalisme arabe, dans sa version baasiste élaborée par des chrétiens syro-libanais, habille l’autoritarisme de la langue de l’Occident. Dans la grande famille nationaliste arabe, on trouve alors des socialistes, des syndicalistes, des communistes, une jeunesse en lutte à la mode de 68, des libéraux, des « laïcs », des républicains. Dans les années quatre-vingt, on veut voir dans les islamistes des « démocrates-musulmans », puis dans les années 1990 se créent des « partis écologistes » !
Que reste-t-il de cette foire aux idéologies occidentales, qui, en dehors de grandes villes industrielles comme Casablanca, Alger ou Alexandrie, ont rarement dépassé le cercle des bourgeoisies dirigeantes ? Peu de choses. Plusieurs décennies d’exode rural, de faillite économique et de frustrations contenues aidant, la « rue arabe », longtemps contrainte au silence, s’exprime. Les élections générales, libres comme en Palestine, ou semi - libres comme en Égypte ou au Maroc, dévoilent une nouvelle scène politique. Que dit ce dévoilement ?
D’abord l’importance de l’islamisme, nébuleuse de partis, d’organisations politico-religieuses et caritatives dans lesquelles se retrouvent classes moyennes et populaires urbaines, assez proches au demeurant. Cette mouvance représente-t-elle le quart ou la moitié des électeurs ? Qu’importe, puisqu’elle est la première force politique. Nationaliste et religieuse, elle prône le respect de la charia (« Dieu est le chemin »), mais aussi des valeurs religieuses d’honnêteté, de respect de la justice et de solidarité. Au plan national, elle pourfend la corruption, la misère et l’ostentation des richesses. Au plan international, elle pourfend « l’Occident impie », Israël et l’Amérique.
Une seule force lui fait face, le nationalisme arabo-musulman, dans la version militaire algérienne, militante palestinienne, monarchiste marocaine, nassérienne en Égypte, baasiste en Syrie, saddamiste à Bagdad. Les appareils d’États arabes ont de longue date perçu la menace islamiste. Après avoir détruit les organisations socialistes durant les années 1960-70, ils se sont convertis à une vision musulmane de la société. La place croissante de la jeunesse populaire, urbaine et étudiante, de formation musulmane conservatrice, a déplacé le centre de gravité politique de ces sociétés. Pour gagner les faveurs de ces clientèles, les États se sont mis à réprimer les déviances, à assurer le respect des interdits alimentaires, à tolérer le hijab, à instrumentaliser le sionisme, voire à appliquer la charia. Cette surenchère a conforté les islamistes sans permettre de les réduire, conduisant à l’isolement et au discrédit des démocrates, des intellectuels, des non-conformistes et autres républicains.
Le malheur économique arabe a fait le reste. L’humiliation face à l’opulence de l’Europe, les carences du développement, la corruption et la violence des États, l’insouciance des bourgeoisies, l’impuissance face au sort des Palestiniens, la trahison des promesses de l’indépendance, la déprise des valeurs communautaires de l’Islam, l’émancipation des femmes, la réception par satellite des images de l’Occident, des décennies d’État de siège en Syrie, en Égypte, en Algérie, en Irak, en Palestine, ont désintégré la scène politique arabe. Le pluralisme politique égyptien ou marocain a été vidé de sa substance. Islamistes et nationalistes - conservateurs sont devenus les deux grandes forces politiques de la région. Les démocrates existent, mais leurs relais politiques sont étroits.
Dans ces conditions, faut-il continuer de faire semblant ? Faut-il refuser les élections et attendre que les électeurs soient convertis à la social-démocratie ? Ou faut-il innover ? Islamistes turcs et communistes polonais se sont convertis à l’alternance démocratique. Le Fatah de Y. Arafat, qui voulait éradiquer Israël, est devenu une force de négociation. Est-ce à dire que l’accession inexorable de gouvernements islamistes au Sud de la Méditerranée sera une promenade démocratique ? Il est à craindre que non. Les tensions au sein des sociétés musulmanes (avec les femmes ou les minorités) et avec les partenaires européens, risquent de croître. Les armées, maintenues d’une main de fer à l’écart de la « contamination islamiste », seront-elles un pôle de stabilité ? L’enjeu réside dans le respect des échéances électorales et le maintien des alternances, car ce qu’un gouvernement a fait, le suivant peut le défaire.
La puissance financière, économique et contributive de l’Europe est telle, dans cette région, que sa marge de manoeuvre est considérable. À charge pour elle de négocier et d’influer ces nouveaux partenaires, qui ne sont plus à notre image, mais à la leur. Il faut compter sur l’irrépressible désir de liberté et d’émancipation de la jeunesse méditerranéenne, notamment des femmes, pour que l’avenir réserve des surprises.
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Pierre Vermeren
Docteur et agrégé d’histoire,
auteur de « Maghreb, la démocratie impossible ? » Fayard, Paris, 2004.
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// posted by Jean Corcos @ 6:49 AM in rencontre judaique fm
LE PRIX DE LA NEUTRALITE RUSSE
La définition de la Neutralité selon les Russes
21.04.2006
Hier les Russes, par la voix du Général Youri Balouievski, affirmaient que la Russie observerait une totale neutralité en cas de conflit avec l’Iran [1] . Dans nos commentaires, nous avions distingué la neutralité militaire des ex-Soviétiques et leur volonté à isoler le régime de mollahs.
Nous avions des doutes quant à l’acceptation par les Russes des sanctions économiques contre leur partenaire iranien : un bombardement signifie destruction et contrats de reconstruction alors que les sanctions signifient la fin de la suprématie économique de la Russie pour les ventes d’armes et de technologie nucléaire.
Les responsables Russes viennent encore de nous donner raison ! En effet on apprend que la Russie a rejeté la demande des USA de cesser sa coopération nucléaire (civile) avec le régime de Téhéran et spécialement la construction d’une centrale à Bouchehr. Le ministère Russe des Affaires Étrangères a publié un communiqué selon lequel chaque pays est libre de coopérer avec le pays de son choix, chaque pays doit avoir le droit de décider de la façon et des conditions de sa coopération avec un autre pays.
Comme nous l’avions écrit le 02 Février 2006, l’application des sanctions économiques contre Téhéran reste la véritable inquiétude des Russes. Ils n’ont aucun intérêt à voir cesser le pourrissement de la situation ! [2]
Ils savent que leur neutralité ainsi que leur coopération militaire (codes des missiles & emplacements) sont requises en cas de frappes américaines et qu’ils pourront monnayer leurs services en échange de compensations de toutes sortes (en Iran et en Irak). Le voyage de Hu Jintao aura des incidences sur la position de la Russie qui veut impérativement préserver son rôle d’intermédiaire privilégié des mollahs et ne pas en être dépossédé par d’autres états (Chine ou l’UE).
Comme nous l’avions affirmé dans un autre article, classé au mot-clef «textes essentiels» : « L’ennui est que chacun sait qu’on peut encore aller plus loin et que nous sommes dans les phases médianes de cette affaire ». [3]
Les choses évoluent très lentement entre les Américains, les Russes et les Chinois : on peut d’ores et déjà conclure à un accord de principe entre ces grands sur le caractère « indésirable » du régime des mollahs et ce pour de multiples raisons comme le besoin de renforcer la stabilité du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, la nécessité de sécuriser l’approvisionnement du pétrole, la guerre contre le terrorisme et la lutte contre le terrorisme nucléaire… Russes et Chinois doivent arriver à accepter que les Etats-Unis se chargent du « boulot » mais ils aimeraient être sûrs que leurs intérêts en Iran n’en souffriront pas trop.
L’implication de la Russie dans le programme nucléaire militaire des mollahs affaiblit la position des Russes dans ces négociations et chaque jour qui passe de nouvelles révélations comme celle de l’usine de Neyshapour fragilisent d’avantage les arguments Russes quant à leur implication pour empêcher les mollahs d’avoir la bombe.
Tout montre que les Russes ont énergiquement aidé les mollahs dans leur entreprise d’enrichissement industriel de l’uranium à usage militaire. La déclaration concernant la liberté de coopération industrielle entre l’Iran et la Russie est à classer dans la catégorie contre-attaque, mais la Russie n’a d’autre choix que de céder : les Russes choisiront la neutralité.
Le 28 Avril, El Baradei doit remettre un rapport sur les activités nucléaires de l’Iran. Il peut prendre son temps et tergiverser, mais au final, il ne peut pas conclure que le programme des mollahs est pacifique ou dénué de zones d’ombres. Dans de brefs délais, les uns et les autres, Russie et Europe, devront finalement accepter de sanctionner les mollahs. La Russie pourrait rompre sa coopération nucléaire civile avec les mollahs [4]. D’ici là, ils tenteront toutes les déculottées pour convaincre les mollahs de céder, et même passé la date limite, ils continueront d’essayer de négocier avec ce diable... Mais sanctions ou frappes, l’issue est sombre pour les mollahs et leurs partenaires.
« L’ennui est que chacun sait qu’on peut encore aller plus loin et que nous sommes dans les phases médianes de cette affaire… Le régime des mollahs sait qu’il peut éviter de «céder» et quand même multiplier les provocations car il se dit qu’il pourra de toutes les manières signer in extremis (avec l’UE ou avec la Russie) pour «empêcher l’escalade» ou pour «sauver la paix». En revanche, les occidentaux savent qu’ils peuvent laisser la crise s’amplifier car à tout moment ils ont les moyens bombarder l’Iran et détruire ses installations.
Texte repris du site iran-resist
21.04.2006
Hier les Russes, par la voix du Général Youri Balouievski, affirmaient que la Russie observerait une totale neutralité en cas de conflit avec l’Iran [1] . Dans nos commentaires, nous avions distingué la neutralité militaire des ex-Soviétiques et leur volonté à isoler le régime de mollahs.
Nous avions des doutes quant à l’acceptation par les Russes des sanctions économiques contre leur partenaire iranien : un bombardement signifie destruction et contrats de reconstruction alors que les sanctions signifient la fin de la suprématie économique de la Russie pour les ventes d’armes et de technologie nucléaire.
Les responsables Russes viennent encore de nous donner raison ! En effet on apprend que la Russie a rejeté la demande des USA de cesser sa coopération nucléaire (civile) avec le régime de Téhéran et spécialement la construction d’une centrale à Bouchehr. Le ministère Russe des Affaires Étrangères a publié un communiqué selon lequel chaque pays est libre de coopérer avec le pays de son choix, chaque pays doit avoir le droit de décider de la façon et des conditions de sa coopération avec un autre pays.
Comme nous l’avions écrit le 02 Février 2006, l’application des sanctions économiques contre Téhéran reste la véritable inquiétude des Russes. Ils n’ont aucun intérêt à voir cesser le pourrissement de la situation ! [2]
Ils savent que leur neutralité ainsi que leur coopération militaire (codes des missiles & emplacements) sont requises en cas de frappes américaines et qu’ils pourront monnayer leurs services en échange de compensations de toutes sortes (en Iran et en Irak). Le voyage de Hu Jintao aura des incidences sur la position de la Russie qui veut impérativement préserver son rôle d’intermédiaire privilégié des mollahs et ne pas en être dépossédé par d’autres états (Chine ou l’UE).
Comme nous l’avions affirmé dans un autre article, classé au mot-clef «textes essentiels» : « L’ennui est que chacun sait qu’on peut encore aller plus loin et que nous sommes dans les phases médianes de cette affaire ». [3]
Les choses évoluent très lentement entre les Américains, les Russes et les Chinois : on peut d’ores et déjà conclure à un accord de principe entre ces grands sur le caractère « indésirable » du régime des mollahs et ce pour de multiples raisons comme le besoin de renforcer la stabilité du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, la nécessité de sécuriser l’approvisionnement du pétrole, la guerre contre le terrorisme et la lutte contre le terrorisme nucléaire… Russes et Chinois doivent arriver à accepter que les Etats-Unis se chargent du « boulot » mais ils aimeraient être sûrs que leurs intérêts en Iran n’en souffriront pas trop.
L’implication de la Russie dans le programme nucléaire militaire des mollahs affaiblit la position des Russes dans ces négociations et chaque jour qui passe de nouvelles révélations comme celle de l’usine de Neyshapour fragilisent d’avantage les arguments Russes quant à leur implication pour empêcher les mollahs d’avoir la bombe.
Tout montre que les Russes ont énergiquement aidé les mollahs dans leur entreprise d’enrichissement industriel de l’uranium à usage militaire. La déclaration concernant la liberté de coopération industrielle entre l’Iran et la Russie est à classer dans la catégorie contre-attaque, mais la Russie n’a d’autre choix que de céder : les Russes choisiront la neutralité.
Le 28 Avril, El Baradei doit remettre un rapport sur les activités nucléaires de l’Iran. Il peut prendre son temps et tergiverser, mais au final, il ne peut pas conclure que le programme des mollahs est pacifique ou dénué de zones d’ombres. Dans de brefs délais, les uns et les autres, Russie et Europe, devront finalement accepter de sanctionner les mollahs. La Russie pourrait rompre sa coopération nucléaire civile avec les mollahs [4]. D’ici là, ils tenteront toutes les déculottées pour convaincre les mollahs de céder, et même passé la date limite, ils continueront d’essayer de négocier avec ce diable... Mais sanctions ou frappes, l’issue est sombre pour les mollahs et leurs partenaires.
« L’ennui est que chacun sait qu’on peut encore aller plus loin et que nous sommes dans les phases médianes de cette affaire… Le régime des mollahs sait qu’il peut éviter de «céder» et quand même multiplier les provocations car il se dit qu’il pourra de toutes les manières signer in extremis (avec l’UE ou avec la Russie) pour «empêcher l’escalade» ou pour «sauver la paix». En revanche, les occidentaux savent qu’ils peuvent laisser la crise s’amplifier car à tout moment ils ont les moyens bombarder l’Iran et détruire ses installations.
Texte repris du site iran-resist
20.4.06
LA POLITIQUE DES MOLLAHS ....
L’ONU se penche sur le cas des « intérêts iraniens au Liban »
20.04.2006
Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a appelé l'Iran et la Syrie à participer pleinement au retour de l'indépendance politique au Liban et au désarmement des milices (comme le Hezbollah) qui contrôlent certaines parties du pays.
C’est la première fois que Kofi Annan associe le régime de Téhéran à l’instabilité au Liban. Toutefois, il n’aborde pas la question du financement des mouvements terroristes par le régime des mollahs.
Dans un rapport sur l’application de la résolution 1559 de septembre 2004 sur la souveraineté du Liban, Annan se limite à souligner les liens étroits entre le Hezbollah, la Syrie et le Liban.
Vendredi, Annan doit rencontrer le Premier ministre libanais Fouad Saniora. Ils aborderont l’épineux sujet des intérêts iraniens au Liban en s’attaquant au désarmement des milices.
Le régime des mollahs finance le Hezbollah, le Jihad Islamique, les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, le Hamas et de nombreuses ONG caritatives. Ces dernières servent à embrigader les plus jeunes en multipliant les ouvertures d’écoles coraniques. Le régime des mollahs finance également des chaînes audiovisuelles au contenu jihadiste comme Sahar ou al Alam (mise en place par Larijani en 2003) . L’ONU et l’UE évitent d’exposer clairement la situation afin de ne pas heurter les « intérêts iraniens ».
L’Union Européenne élabore actuellement un lexique interne destiné à la communication publique de ses politiciens et fonctionnaires. Elle y précise quels mots utiliser en matière de terrorisme afin de souligner que l’islam ne justifie pas les attentats terroristes. Seront bannis de ce lexique les termes « islamiste », « fondamentaliste » et « jihad ». Cette complaisance ne profite qu’aux terroristes qui ont pris en otage un milliard de coreligionnaires musulmans.
Mais il y a un bénéficiaire occulte : la république islamique d’Iran qui a phagocité, infiltré et exacerbé la guerre civile libanaise et l’instabilité de ce pays afin d’y créer des relais pour sa politique étrangère anti-israélienne. Cette politique n’a pas des motivations racistes (même si elle s’appuie sur des ressorts racistes), mais est nécessaire pour la sécurité du régime des mollahs.
Jusque-là les mollahs ont toujours eu une assurance-vie extraordinaire qui était le terrorisme palestinien : ils utilisaient ces groupes terroristes contre Israël pour faire indirectement pression sur la communauté internationale.
En cherchant à désarmer les milices, la résolution 1559 s’attaque aux tentacules du régime des mollahs. Cependant son application traîne et ne peut réussir si la communauté internationale refuse de sanctionner les mollahs. Les sanctions priveront les mollahs de leurs ressources et ils ne pourront plus financer ces nombreux groupes terrorsites. En l’absence de sanctions, les mollahs peuvent impunément continuer leurs activités terroristes.
L’initiative de Kofi Annan est plutôt sans conséquence et politiquement correcte.
WWW.IRAN-RESIST.ORG
20.04.2006
Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a appelé l'Iran et la Syrie à participer pleinement au retour de l'indépendance politique au Liban et au désarmement des milices (comme le Hezbollah) qui contrôlent certaines parties du pays.
C’est la première fois que Kofi Annan associe le régime de Téhéran à l’instabilité au Liban. Toutefois, il n’aborde pas la question du financement des mouvements terroristes par le régime des mollahs.
Dans un rapport sur l’application de la résolution 1559 de septembre 2004 sur la souveraineté du Liban, Annan se limite à souligner les liens étroits entre le Hezbollah, la Syrie et le Liban.
Vendredi, Annan doit rencontrer le Premier ministre libanais Fouad Saniora. Ils aborderont l’épineux sujet des intérêts iraniens au Liban en s’attaquant au désarmement des milices.
Le régime des mollahs finance le Hezbollah, le Jihad Islamique, les Brigades des Martyrs d’al-Aqsa, le Hamas et de nombreuses ONG caritatives. Ces dernières servent à embrigader les plus jeunes en multipliant les ouvertures d’écoles coraniques. Le régime des mollahs finance également des chaînes audiovisuelles au contenu jihadiste comme Sahar ou al Alam (mise en place par Larijani en 2003) . L’ONU et l’UE évitent d’exposer clairement la situation afin de ne pas heurter les « intérêts iraniens ».
L’Union Européenne élabore actuellement un lexique interne destiné à la communication publique de ses politiciens et fonctionnaires. Elle y précise quels mots utiliser en matière de terrorisme afin de souligner que l’islam ne justifie pas les attentats terroristes. Seront bannis de ce lexique les termes « islamiste », « fondamentaliste » et « jihad ». Cette complaisance ne profite qu’aux terroristes qui ont pris en otage un milliard de coreligionnaires musulmans.
Mais il y a un bénéficiaire occulte : la république islamique d’Iran qui a phagocité, infiltré et exacerbé la guerre civile libanaise et l’instabilité de ce pays afin d’y créer des relais pour sa politique étrangère anti-israélienne. Cette politique n’a pas des motivations racistes (même si elle s’appuie sur des ressorts racistes), mais est nécessaire pour la sécurité du régime des mollahs.
Jusque-là les mollahs ont toujours eu une assurance-vie extraordinaire qui était le terrorisme palestinien : ils utilisaient ces groupes terroristes contre Israël pour faire indirectement pression sur la communauté internationale.
En cherchant à désarmer les milices, la résolution 1559 s’attaque aux tentacules du régime des mollahs. Cependant son application traîne et ne peut réussir si la communauté internationale refuse de sanctionner les mollahs. Les sanctions priveront les mollahs de leurs ressources et ils ne pourront plus financer ces nombreux groupes terrorsites. En l’absence de sanctions, les mollahs peuvent impunément continuer leurs activités terroristes.
L’initiative de Kofi Annan est plutôt sans conséquence et politiquement correcte.
WWW.IRAN-RESIST.ORG
QUELLE POLITIQUE FACE A L'IRAN ?
Politique d'apaisement 101
Par Victor Davis Hanson
Il est facile de condamner ceux qui tentèrent d'apaiser Hitler dans les années 1930 - comme Stanley Baldwin et Neville Chamberlain en Angleterre et Dalaldier en France - sachant ce que les nazis finirent par faire une fois déchaînés. Mais l'histoire exige non seulement de reconnaître la vérité post facto, mais aussi de reconstituer la motivation d'un fait qui aujourd'hui avec le recul, paraît inexplicable.
La politique d'apaisement dans les années 1930 était très populaire au sein du public européen pour toute une série de raisons. Et toutes sont instructives en regard de nos hésitations pour arrêter l'accès à l'arme nucléaire de l'Iran, ou pour défendre le droit des journaux occidentaux d'imprimerce qu'ils souhaitent - ou encore de combattre le radicalisme islamiste en général.
D'abord, l'Europe avait presque été détruite pendant la Grande Guerre, seulement 20 ans auparavant. Aucun dirigeant politique responsable de l'après-guerre ne souhaitait risquer un second bain de sang continental.
Malheureusement, Hitler comprit tout cela trop bien. Dans un jeu de terreur diplomatique, il se représenta que beaucoup d'hommes d'Etat démocrates et responsables avaient plus à perdre que lui, en tant qu'ennemi plus faible, auparavant vaincu.
Des intellectuels britanniques, comme les idéalistes de l'Union Européenne d'aujourd'hui, ont écrit des livres et dess traités sur l'obsolescence de la guerre. Les conflits étaient présumés provoqués par la rapacité des marchands d'armes et de profiteurs de l'intérieur, et non par des dictateurs anti-démocrates qui prenaient l'indulgence pour de la faiblesse. Winston Churchill était une voix dans le désert - et il était diabolisé comme va-t-en guerre et même pire.
Aujourd'hui, la guerre froide ayant duré 50 ans est terminée, et l'Europe est enfin libérée du poids des dépenses miliitaires et de la menace d'une annihilation globale. Comme Oussama ben Laden, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad perçoit une certaine lassistude dans une grande partie de l'Occident, qui escompte une paix perpétuelle.
Il assume que la plupart des occidentaux sérieux feront pratiquement tout leur possible pour éviter une confrontation militaire pour arrêter une menace potentielle - même si, contrairement à Hitler, Ahmadinejad n'a pas seulement promis d'anéantir les Juifs, mais révèle aussi par avance sa méthode par l'obtention d'armes nucléaires.
Quelques conservateurs naïfs de l'Europe d'avant-guerre pensaient que l'Allemagne et les fascistes italiens se révèleraient un rempart efficace contre le commuisme, et pourraient être ainsi manipulés politiquement. Ainsi, il en a été de même parfois avec l'islamo-fascisme. Armer les moudjahidin en Afghanistan, au Pakistan, ou en Arabie saoudite, a été pour un temps considéré comme une bonne manière de contrer l'impérialisme communiste soviétique.
A l'époque de la fatwa de l'ayatollah Khomeiny condamnant à mort Salman Rushdie, des commentateurs conservateurs religieux depuis Patrick Buchanan jusqu'au cardinal O'Connor de New York ont attaqué Rushdie, plutôt que de défendre le droit de libre expression de l'Occident. Apparemment, ils percevaient que de telles menaces islamiques contre de présumés blasphémateurs pourraient avoir des répercussions positives en décourageant aussi les attaques de la gauche anti-chrétienne.
Dans les années 1930, la doctrine de l'apaisement rejeta la responsabilité de la charge de se confronter au fascisme sur la Société des Nations. Aussi bien la France et l'Angleterre restèrent silencieuses sur l'invasion de l'Ethiopie par l'italie en 1936, et sur la remilitarisation de la Rhénanie en Allemagne. Elles comptaient sur l'action multilatérale de la SDN, qui émettait des quantités de décrets, mais rassemblait peu de troupes.
De même aujourd'hui, le fondement moral supposait le recours aux Nations Unies aussi bien pour la question irakienne et iranienne. Mais en observant les scandales "Pétrole contre nourriture" et les vilations permanentes des résolutions des Nations Unies par Saddam Hussein, il est peu probable que la théocratie iranienne ait grand peur que le Conseil de Sécurité puisse empêcher l'enrichissement de l'Uranium.
Alors que le fascisme s'étendait, la France travaillait à renforcer sa frontière avec l'Allemagne sur la Ligne Maginot, les étudiants débutant à Oxford votaient le refus "de combattre en quelques circonstances pour le Roi et la Patrie", et les journaux britanniques blâmaient le traité de Versailles pour avoir puni indûmment l'Allemagne. Cela se situait bien avant le slogan "Pas de sang pour du pétrole" et les excuses d'Al Gore en Arabie saoudite à ses hôtes wahhabites pour les soi-disant mauvais traitements des Américains envers les Arabes.
Mais le "déjà-vu" ne dépend pas que de nous, mais aussi de nos ennemis. Comme l'histoire d'amour nazie d'un peuple antique exalté, les islamistes prêtent l'oreilles à un passé de pureté mythique, non entaché de la décadence apportée par le libéralisme occidental. De même, ils se nourrissent de victimisation - pas seulement pour les défaites récentes, mais pour l'amertume séculaire suivant l'ascension de l'Occident. Leur version du Traité de Versailles "coup de poignard dans le dos" est toujours la création d'Israël.
De même que Hitler concocta des incidents comme l'incendie du Reichstag pour provoquer l'indignation, des chefs islamistes incitent de façon délirante leurs fidèles pour un présumé Coran jeté aux toilettes à Guantanamo, et plusieurs caricatures incendiaires, dont certaines jamais publiées du tout par des journaux danois.
L'antisémitisme bien sûr, est le lait maternel du fascisme. C'est toujours disent-ils, un petit groupe de Juifs - qu'il s'agisse de conseillers d'un cabinet de l'ombre et de banquiers internationaux dans les années 1930, ou de néoconservateurs manipulateurs et de la direction israélienne actuelle - qui sont seuls à l'origine des troubles.
Le point de comparaison n'est pas de suggérer que l'histoire se répète simplement, mais de comprendre comment des gens intelligents s'illusionnent eux-mêmes en adhérant à une politique naïve. Après l'expulsion des Talibans et de Saddam Hussein, la réplique furieuse du monde islamiste radical a été de censurer les journaux occidentaux, avec des efforts accélérés de l'Iran pour obtenir la bombe.
En réponse, soit l'Occident continue de se dresser à présent contre ces menaces survenant de nouveau après le 11 septembre, ou bien il verra les petites brutes augmenter leurs exigences alors que sa propre résistance faiblira. Comme la politique d'apaisement des années 1930, opter pour le choix le plus facile en garantira seulement un plus coûteux plus tard.
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Source: Jewish World Review, 16 février 2006
www.jewishworldreview.com/0206/hanson021606.php3
Adaptation française de Simon Pilczer
Edited by IHC Staff, www.infoisrael.net.
Par Victor Davis Hanson
Il est facile de condamner ceux qui tentèrent d'apaiser Hitler dans les années 1930 - comme Stanley Baldwin et Neville Chamberlain en Angleterre et Dalaldier en France - sachant ce que les nazis finirent par faire une fois déchaînés. Mais l'histoire exige non seulement de reconnaître la vérité post facto, mais aussi de reconstituer la motivation d'un fait qui aujourd'hui avec le recul, paraît inexplicable.
La politique d'apaisement dans les années 1930 était très populaire au sein du public européen pour toute une série de raisons. Et toutes sont instructives en regard de nos hésitations pour arrêter l'accès à l'arme nucléaire de l'Iran, ou pour défendre le droit des journaux occidentaux d'imprimerce qu'ils souhaitent - ou encore de combattre le radicalisme islamiste en général.
D'abord, l'Europe avait presque été détruite pendant la Grande Guerre, seulement 20 ans auparavant. Aucun dirigeant politique responsable de l'après-guerre ne souhaitait risquer un second bain de sang continental.
Malheureusement, Hitler comprit tout cela trop bien. Dans un jeu de terreur diplomatique, il se représenta que beaucoup d'hommes d'Etat démocrates et responsables avaient plus à perdre que lui, en tant qu'ennemi plus faible, auparavant vaincu.
Des intellectuels britanniques, comme les idéalistes de l'Union Européenne d'aujourd'hui, ont écrit des livres et dess traités sur l'obsolescence de la guerre. Les conflits étaient présumés provoqués par la rapacité des marchands d'armes et de profiteurs de l'intérieur, et non par des dictateurs anti-démocrates qui prenaient l'indulgence pour de la faiblesse. Winston Churchill était une voix dans le désert - et il était diabolisé comme va-t-en guerre et même pire.
Aujourd'hui, la guerre froide ayant duré 50 ans est terminée, et l'Europe est enfin libérée du poids des dépenses miliitaires et de la menace d'une annihilation globale. Comme Oussama ben Laden, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad perçoit une certaine lassistude dans une grande partie de l'Occident, qui escompte une paix perpétuelle.
Il assume que la plupart des occidentaux sérieux feront pratiquement tout leur possible pour éviter une confrontation militaire pour arrêter une menace potentielle - même si, contrairement à Hitler, Ahmadinejad n'a pas seulement promis d'anéantir les Juifs, mais révèle aussi par avance sa méthode par l'obtention d'armes nucléaires.
Quelques conservateurs naïfs de l'Europe d'avant-guerre pensaient que l'Allemagne et les fascistes italiens se révèleraient un rempart efficace contre le commuisme, et pourraient être ainsi manipulés politiquement. Ainsi, il en a été de même parfois avec l'islamo-fascisme. Armer les moudjahidin en Afghanistan, au Pakistan, ou en Arabie saoudite, a été pour un temps considéré comme une bonne manière de contrer l'impérialisme communiste soviétique.
A l'époque de la fatwa de l'ayatollah Khomeiny condamnant à mort Salman Rushdie, des commentateurs conservateurs religieux depuis Patrick Buchanan jusqu'au cardinal O'Connor de New York ont attaqué Rushdie, plutôt que de défendre le droit de libre expression de l'Occident. Apparemment, ils percevaient que de telles menaces islamiques contre de présumés blasphémateurs pourraient avoir des répercussions positives en décourageant aussi les attaques de la gauche anti-chrétienne.
Dans les années 1930, la doctrine de l'apaisement rejeta la responsabilité de la charge de se confronter au fascisme sur la Société des Nations. Aussi bien la France et l'Angleterre restèrent silencieuses sur l'invasion de l'Ethiopie par l'italie en 1936, et sur la remilitarisation de la Rhénanie en Allemagne. Elles comptaient sur l'action multilatérale de la SDN, qui émettait des quantités de décrets, mais rassemblait peu de troupes.
De même aujourd'hui, le fondement moral supposait le recours aux Nations Unies aussi bien pour la question irakienne et iranienne. Mais en observant les scandales "Pétrole contre nourriture" et les vilations permanentes des résolutions des Nations Unies par Saddam Hussein, il est peu probable que la théocratie iranienne ait grand peur que le Conseil de Sécurité puisse empêcher l'enrichissement de l'Uranium.
Alors que le fascisme s'étendait, la France travaillait à renforcer sa frontière avec l'Allemagne sur la Ligne Maginot, les étudiants débutant à Oxford votaient le refus "de combattre en quelques circonstances pour le Roi et la Patrie", et les journaux britanniques blâmaient le traité de Versailles pour avoir puni indûmment l'Allemagne. Cela se situait bien avant le slogan "Pas de sang pour du pétrole" et les excuses d'Al Gore en Arabie saoudite à ses hôtes wahhabites pour les soi-disant mauvais traitements des Américains envers les Arabes.
Mais le "déjà-vu" ne dépend pas que de nous, mais aussi de nos ennemis. Comme l'histoire d'amour nazie d'un peuple antique exalté, les islamistes prêtent l'oreilles à un passé de pureté mythique, non entaché de la décadence apportée par le libéralisme occidental. De même, ils se nourrissent de victimisation - pas seulement pour les défaites récentes, mais pour l'amertume séculaire suivant l'ascension de l'Occident. Leur version du Traité de Versailles "coup de poignard dans le dos" est toujours la création d'Israël.
De même que Hitler concocta des incidents comme l'incendie du Reichstag pour provoquer l'indignation, des chefs islamistes incitent de façon délirante leurs fidèles pour un présumé Coran jeté aux toilettes à Guantanamo, et plusieurs caricatures incendiaires, dont certaines jamais publiées du tout par des journaux danois.
L'antisémitisme bien sûr, est le lait maternel du fascisme. C'est toujours disent-ils, un petit groupe de Juifs - qu'il s'agisse de conseillers d'un cabinet de l'ombre et de banquiers internationaux dans les années 1930, ou de néoconservateurs manipulateurs et de la direction israélienne actuelle - qui sont seuls à l'origine des troubles.
Le point de comparaison n'est pas de suggérer que l'histoire se répète simplement, mais de comprendre comment des gens intelligents s'illusionnent eux-mêmes en adhérant à une politique naïve. Après l'expulsion des Talibans et de Saddam Hussein, la réplique furieuse du monde islamiste radical a été de censurer les journaux occidentaux, avec des efforts accélérés de l'Iran pour obtenir la bombe.
En réponse, soit l'Occident continue de se dresser à présent contre ces menaces survenant de nouveau après le 11 septembre, ou bien il verra les petites brutes augmenter leurs exigences alors que sa propre résistance faiblira. Comme la politique d'apaisement des années 1930, opter pour le choix le plus facile en garantira seulement un plus coûteux plus tard.
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Source: Jewish World Review, 16 février 2006
www.jewishworldreview.com/0206/hanson021606.php3
Adaptation française de Simon Pilczer
Edited by IHC Staff, www.infoisrael.net.
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