28.2.07

COLLABORATEURS DU JIHAD SUR LES CAMPUS

Par Caroline B. Glick |
Jewish World Review -
Adaptation française de sentinelle 5767 ©
Le mercredi 28 février 2007 par Desinfos

La tendance générale des Occidentaux est de considérer le jihad mondial comme une question de politique étrangère. Mais aujourd’hui, il est clair que c’est aussi une question de politique intérieure.

A la fin de la semaine, le ‘Sunday Telegraph’ a rapporté qu’un rapport des services de renseignements britanniques récemment mis en circulation prévenait : « La menace terroriste à laquelle la Grande Bretagne est confrontée de la part d’agents d’al Qaïda ayant grandi sur place est plus élevée qu’à tout autre moment depuis les attaques du 11 septembre 2001 ».

Après avoir déjoué le complot jihadiste contre un avion de passagers britannique faisant la liaison avec les USA l’été dernier, la directrice du MI5 Eliza Manningham-Buller a déclaré qu’il y a environ 1600 Musulmans britanniques participant activement à la préparation d’attaques contre la Grande Bretagne. Selon le rapport des renseignements cité par le ‘Sunday Telegraph’, ce nombre dépasse aujourd’hui 2000.

Comme une source officielle de haut rang britannique l’a dit au journal « Les services de sécurité ont constamment prévenu que la tâche de contrer le terrorisme islamiste est décourageante. Il y aura davantage d’attaques en Grande Bretagne ».

Il n’est pas surprenant que la Grande Bretagne soit confrontée au spectre d’attaques massives réalisées par ses propres citoyens au nom d’Allah. Les exposés répétés des activités dans les mosquées britanniques et dans les organisations communautaires musulmanes britanniques supposées « modérées » ont démontré sans équivoque qu’elles sont utilisées comme centres d’endoctrinement pour le jihad.

Un sondage publié le mois dernier par un club britannique d’échange de réflexion politique a confirmé l’impact venimeux que cet endoctrinement a sur les jeunes Musulmans dans le pays. 37 % des Musulmans âgés de 16 à 24 ans préfèreraient vivre sous la sharia que sous la loi britannique commune ; 36 % pensent que les Musulmans qui se convertissent à une autre religion doivent être tués ; 13 % admirent al Qaïda et les groupes terroristes similaires ; et une proportion monstrueuse de 74 % des jeunes Musulmans britanniques considèrent que les femmes doivent porter le voile.

Mais alors qu’il est vrai qu’aux USA le danger, pour la sécurité nationale, des jihadistes grandis dans le pays, est plus faible qu’il ne l’est en Grande Bretagne, il est vrai aussi qu’il y a un phénomène croissant de violence jihadiste perpétrée par des hommes musulmans contre des civils américains au nom du jihad. Il y a dix jours, le journal ‘Investors Business Daily’ a publié un éditorial énumérant une liste partielle des actes de terrorisme réalisés par des hommes musulmans contre leurs concitoyens américains depuis les attaques du 11 septembre. Plus récemment, Sulejman Talovic est entré dans un grand centre commercial à Salt Lake City, assassinant cinq personnes avant d’être abattu par un officier de police en dehors de son service.

Comme ce fut le cas quand Derrick Shareef, autre homme musulman, a été arrêté au début décembre pour préparation d’une attaque de même nature dans un centre commercial de l’Illinois juste avant Noël, les médias et les autorités légales couvrant le massacre de Salt Lake City ont mis en lumière le fait que l’auteur était un Musulman.

Alors que Talovic est mort et ne peut donc expliquer ses motivations aux autorités, Shareef a été arrêté après avoir raconté à un informateur du FBI ses projets de tuer des Juifs spécifiquement et Américains en particulier au nom d’Allah. Comme Shareef le dit à l’informateur : « Je jure par Allah, mec, je suis engagé pour la cause. Je suis engagé à la vie à la mort pour la cause, mec ».

Les protestations d’ardeur jihadiste de Shareef ont fait peu d’impression sur les autorités fédérales ou les médias. En annonçant l’arrestation de Shareef, le Procureur fédéral des USA Patrick Fitzgerald a insisté sur le fait que celui-ci agissait de sa propre initiative, et qu’il n’avait pas d’inspiration extérieure dans sa décision de commettre des meurtres de masse au nom d’Allah. Comme c’était le cas avec Talovic et Naveed Afzal Haq, qui assassina une femme et en blessa cinq autres pendant sa fusillade déchaînée à la Fédération juive de Seattle l’été dernier, les médias et les autorités fédérales ont étouffé l’affaire, et échoué à mettre à jour les motivations jihadistes pour l’agresseur de l’Illinois, ou pour le lier à un phénomène plus large.

L’éditorial du journal ‘Investors Business Daily’ passait sous le titre : “Syndrome du jihad soudain”. Le terme, qui a été avancé par les autorités officielles aussi bien aux USA et en Grande Bretagne ces derniers mois, intègre l’avis que des Musulmans peuvent être incités à la violence, puis passer à l’acte de meurtre au nom d’Allah et du jihad, instantanément.

L’attractivité de l’explication par le “syndrome du jihad soudain » pour le crime islamique violent est claire. En avançant que les jihadistes agissent de leur propre initiative après n’avoir été mystérieusement inspirés par personne, les autorités officielles et les médias sont soulagés de la tâche ingrate d’enquêter dans les mosquées, dans les groupes de défense musulmans et les centres islamiques, où l’endoctrinement jihadiste est poursuivi chaque jour.

Il est difficile de savoir que faire de cette opinion. Peut-être quelque chose. Peut-être le message du jihad est-il si fort que les jeunes hommes musulmans peuvent être incités à tirer sur des femmes enceintes dans des immeubles de bureaux après que la notion de meurtre pour Allah pénètre la barrière de leurs esprits indépendamment de facteurs extérieurs - à travers des vapeurs, ou la génération spontanée peut-être.

Ce qui est assez clair, c’est que puisque ceci est l’opinion que se font les décideurs politiques, les autorités officielles et les médias pour prendre en main un courant très apparent de meurtre jihadiste, elle exige une étude empirique sérieuse. Le lieu évident où cette enquête doit être menée, ce sont les universités. Malheureusement, il y a peu d’espoir que les universités aux USA ou en Occident en généra vouent une considération sérieuse à ce courant sociologique et psychologique très important pour la sécurité nationale. Loin de vouloir étudier la question la plus centrale de notre époque, les universités conduisent l’instruction soit en l’ignorant, soit en l’excusant.

Le 15 février, l’ambassadeur d’Irak à l’ONU, Hamid Al Bayati, est intervenu à l’université Fordham de New York. Pendant son intervention, Bayati a mis en doute le fait que l’Holocauste soit survenu. Selon sa formule : « Je ne suis pas informé que quelque dictateur ait usé d’armes chimiques contre son propre peuple. Quelques universitaires ou diplomates diraient que Hitler a utilisé des armes chimiques, mais je suis sûr qu’il ne les a pas utilisées contre son propre peuple - le peuple allemand ».

Pressé par le Pr. Avi Bell sur le fait que plusieurs centaines de milliers de citoyens allemands furent tués par les gaz dans l’Allemagne nazie, Bayati continua de refuser de l’admettre.

L’université Fordham est loin d’être la seule à apporter une plateforme aux négationnistes de l’Holocauste. Jeudi dernier, le bureau du doyen de l’Institut de Technologie du Massachusetts [‘MIT’, l’un des plus prestigieux aux USA et dans le monde, Ndt] a coparrainé un événement sur le conflit israélo-arabe intitulé : « Politique étrangère et Justice sociale : une opinion juive, une opinion arabe ». L’homme invité pour porter l’opinion juive était David Weiss, membre de la secte des cinglés Neturei Karta. Weiss s’est élevé à la célébrité en voyageant à Téhéran en décembre dernier pour participer à la conférence sur la négation de l’Holocauste du président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Alors que le MIT et Fordham accueillaient des négationnistes de l’Holocauste au nom de la liberté intellectuelle, leurs universités associées accueillaient « la Semaine de l’Apartheid d’Israël ». Dans le cadre de leurs efforts pour criminaliser l’Etat juif, les orateurs arabes et juifs aux évènements de « la Semaine de l’Apartheid d’Israël » citaient Israël comme la « Palestine de 1948 », et montraient des films de propagande décrivant les soldats de Tsahal et les civils israéliens de Judée et de Samarie comme des meurtriers.

Les évènements sont généralement parrainés par le « Mouvement International de Solidarité » [ISM en anglais, Ndt]. L’ISM parraine les émeutes hebdomadaires contre la barrière de sécurité à Bil’in et à Hébron, où les protestataires jettent des pierres sur les soldats de Tsahal. Du fait du contenu violent de leurs actions en Israël, on ne doit pas être surpris que leurs manifestations sur les campus américains génèrent aussi de la violence.

Lors d’une « Semaine de l’Apartheid d’Israël » à l’Université de la ville de New York [CUNY en anglais, Ndt], après avoir regardé un film de propagande, un jeune de 19 ans, Binyamin Rister, s’est levé et a poliment demandé aux présentateurs de l’ISM s’ils soutenaient le terrorisme. Comme il ne recevait pas de réponse, il répéta poliment sa question. Plutôt que d’attendre une réponse, les gardes de sécurité de ‘CUNY’ traînèrent Rister hors de la pièce et frappèrent alors à plusieurs reprises sa tête contre le mur d’un ascenseur et le jetèrent la tête première dans les escaliers. Les blessures de Rister liées à l’agression par la sécurité du campus nécessitèrent son évacuation à l’hôpital en ambulance avec une minerve.

Dans un cas presque identique à Georgetown l’an passé, Bill Maniaci, un officier de police juif américain, retraité de 65 ans, fut brutalisé par les gardes de sécurité de l’université de Georgetown après qu’il ait demandé aux porte-parole de l’ISM s’ils soutenaient le terrorisme. Il poursuit actuellement en justice l’université de Georgetown pour un montant de 8 millions de $ de dommages pour l’agression. Selon le rapport de Lee Kaplan sur la manifestation à la ‘CUNY’ dans le ‘FrontPage Magazine’, il y a eu sept témoins de l’attaque non provoquée contre Rister. Il a également engagé une procédure judiciaire de plusieurs millions de dollars contre la ‘CUNY’.

Même ceux qui avancent l’avis que les meurtriers jihadistes aux USA et en Grande Bretagne reçoivent une inspiration au meurtre après avoir reçu l’appel du “syndrome du jihad soudain”, ne peuvent nier que la racine du jihad, ce sont les idées. De même, il va de soi que la clé pour vaincre le jihad mondial est la victoire sur le champ de bataille des idées. Malheureusement, comme le montrent le courant pro jihadiste aux USA et sur les campus occidentaux, et son impact sur les consommateurs d’idées dans les cercles de l’autorité légale, des médias et de la police à travers le monde libre, dans la mesure où ceux qui sont en charge de mener la bataille des idées s’y engagent, ils combattent du côté de l’ennemi.

http://www.jewishworldreview.com/0207/glick022707.php3

IRAN : ROLAND DUMAS A TEHERAN

Iran : Roland Dumas à la recherche d’une « résolution » à Téhéran
28.02.2007

Roland Dumas est à Téhéran. Il y serait allé sur l’invitation de son ami Velayati (conseiller de Khamenei), qui ne peut venir en France, car il est sous mandat d’arrêt international. Pourtant il ne s’agit pas d’une petite réunion entre justiciables notables mais d’une vraie mission diplomatique.

Le 17 janvier 2007, Le Monde avait révélé la décision de Chirac d’envoyer un émissaire en Iran, à plus d’un mois de la fin de l’ultimatum adressé aux mollahs par le Conseil de Sécurité. La publication détaillée des dessous de cette affaire avait fait reculer le chef de l’Etat et mis dans l’embarras l’Elysée. Cette idée de l’envoi d’un émissaire de haut rang plaisait beaucoup à Téhéran et les mollahs ont été fort déçus par le coup bas du Monde. On est en mesure de se demander s’il s’agissait alors d’un vrai coup bas anti-Chirac (pro Sarkozy) ou d’une simple manœuvre de rattrapage de l’Elysée pour faire capoter une décision qui déplaisait aux amis arabes de la France.

L’article a été publié à la veille de la Conférence de Paris qui devait redorer l’image du président Chirac comme l’ami du peuple libanais. Une fois la conférence terminée, Paris est revenue à sa politique sinueuse habituelle et envisagea à nouveau l’envoi d’un émissaire prestigieux à Téhéran afin d’être au cœur de la résolution de la crise iranienne. C’est sans doute la seule « résolution » qui convient au Quai d’Orsay !

L’idée avait été reprise et suggérée par Velayati au cours de son entretien au Monde (6e réponse). Paris avait un problème avec l’identité de cet émissaire qui ne devait pas être le ministre des Affaires étrangères mais un émissaire de haut rang. Roland Dumas est la personne idéale. Il est à la fois un homme de confiance de Jacques Chirac et l’ami du régime des mollahs, mais aussi de haut rang sans être un officiel (il sonde).

Il ne faut pas voir en Dumas un vieux socialiste has been et malfamé, mais l’ex-président du Conseil Constitutionnel qui, le 22 janvier 1999, avait pris une décision favorable à Chirac sur la question de la Responsabilité Pénale du Chef de l’Etat en échange de la « neutralité présidentielle (de Chirac) dans les affaires judiciaires » le concernant. Il est sans doute l’un des hommes de confiance du président [1]. Et depuis qu’il boitille, il se prend pour Talleyrand. Il se veut un partisan de la raison d’état qu’il confond quand même assez souvent avec sa poche [2].

Par ailleurs, Dumas est un habitué de la branche internationale de la Télévision de la République des mollahs. Il leur accorde des entretiens exclusifs chaque fois que leurs provocations les mènent vers les no man’s lands médiatiques. Il a été récemment interviewé sur la mollah TV où il a répété des propos tenus plutôt à l’antenne de France Inter sur l’utilité de l’accession des mollahs à l’arme nucléaire. Il est à la fois 100% sûr pour Chirac et 100% bienvenu chez les mollahs. Ces relations avec Velayati remontent aux années de présidence de Rafsandjani. Dumas s’était rendu à Téhéran pour préparer un voyage officiel de Mitterrand à Téhéran en réponse à une visite officielle de Rafsandjani à Paris. Ainsi Rafsandjani, qui avait été le maître d’œuvre des attentats sanglants de Paris, pouvait enfin visiter la ville qui avait occupé ses pensées et fouler du pied la patrie des droits de l’homme !

À propos des droits de l’homme en Iran, rappelons les mots qu’avait alors prononcés notre Talleyrand tardif : « Le problème ne se pose jamais de la même façon ». Évoquant son séjour à Pékin, il avait pompeusement dit : « La porte de Tian an Men n’est pas à Téhéran. Il n’y aura pas de normalisation complète dans les relations bilatérales (avec la Chine) sans un respect scrupuleux des droits de l’homme. » [3] Ce qui voulait dire que les droits de l’homme et ceux de la femme sont respectés chez les mollahs.

Roland Dumas est sans doute l’homme de la circonstance et actuellement à Téhéran, il essaie d’obtenir « une résolution » en évoquant une réactualisation de l’accord de l’Eurodif. Cet accord (Eurodif 2) existe et ouvre un droit de prélèvement gratuit pour l’Iran mais le régime des mollahs n’en veut pas car il utilise cette crise pour obtenir une reconnaissance de son rôle régional. Paris refait la même erreur qu’avec la Troïka ou encore avec la proposition Européenne faite à l’Iran en juin 2006. Il n’y a pas de volet géopolitique dans cette dernière offre et en tout état de cause Paris n’est pas en mesure de leur accorder cette reconnaissance.

La décision de Paris s’inscrit dans une approche de cavalier seul qui dévalorise le processus engagé au Conseil de Sécurité. Mais on ne peut plus reprocher cette attitude à la France puisque les Américains s’y mettent à présent.

Cette ruée vers Téhéran va avoir des effets incontrôlables et poussera Téhéran vers un refus total car on ne répond pas à sa demande qui est la tenue d’une conférence internationale qui de facto sera synonyme d’un jackpot fait d’une reconnaissance de son rôle régional (au Liban) et peut-être même d’un visa pour le nucléaire de son choix. La Russie ne se laissera pas faire et ne renoncera pas à l’Iran. Nous sommes encore dans la phase de l’amplification de la crise mais cette fois, il y a 4 joueurs dans ce jeu de massacre.

WWW.IRAN-RESIST.ORG


[1] Jacques Chirac et Roland Dumas | Le 10 octobre 2000, dans un communiqué exceptionnel, le Conseil constitutionnel avait réagi aux déclarations qui mettaient en cause l’honneur de l’institution et de chacun de ses membres. Ces déclarations présentaient la décision du 22 janvier 1999 portant sur la responsabilité pénale du Chef de l’Etat comme résultant d’un « marché entre le Président du Conseil constitutionnel (Roland Dumas) et le Président de la République (Jacques Chirac) ».
- L’affaire Elf 1 (source www.denistouret.net)
- Roland Dumas (source www.denistouret.net) |

[2] La motivation de Roland Dumas | Le seul heureux dans cette affaire sera Roland Dumas : ce voyage confirmera ses talents d’intermédiaire commercial avec les infréquentables et relancera sa carrière de trouveur de marchés, carrière qui fût florissante dans les années où il fut également ministre. Il faut rappeler que Roland a aussi des amis Syriens et Libyens. Cependant, il est clair qu’il regrette encore son mot malheureux sur Tien an Men qui doit lui fermer les portes des marchés chinois. |

[3] Les déclarations de Roland Dumas à Téhéran en 1991 | « La porte de Tian an Men n’est pas à Téhéran » |
- (Source : les archives de l’Humanité
Les déclarations de Roland Dumas à Téhéran en 1991 - 160.6 ko
Les déclarations de Roland Dumas à Téhéran en 1991
(PDF, 160.6 ko)

IRAN : VIDEO

Film d'animation iranien sur la chaîne de Téhéran : construction d'usines nucléaires dans plusieurs villes d'ici à 2022

Un film d'animation diffusé sur la télévision de Téhéran le 21 février 2007 met en scène le couronnement des recherches nucléaires en Iran d'ici à l'an 2022-23. Les Etats-Unis, encouragés par Israël, mobilisent les nations pour arrêter l'Iran, sans succès.

Visionner les extraits vidéo sur http://www.memritv.org/search.asp?ACT=S9&P1=1390.

27.2.07

UN COMPLEXE MILITAIRE DU HEZBOLLAH EN CONSTRUCTION AU NORD DU FLEUVE LITANI

Un complexe militaire du Hezbollah en construction au nord du fleuve Litani, selon Joumblatt
27 février 2007 - Libnanews

Selon un journaliste du « The Time of London », le Hezbollah serait en train de construire une nouvelle ligne de défense au nord du fleuve Litani, à la limite de la zone dans laquelle la Finul est mandatée pour surveiller l’application de la résolution 1701 du conseil de sécurité de l’ONU.

Selon le député druze Walid Joumblatt, cette zone druze et chrétienne a été achetée par un homme d’affaire chiite liée au Hezbollah. Il déclare que l’État du Hezbollah existe déjà au sud Liban.

Selon le conseillé de la Finul, Milos Strugar, aucun trafic d’armes n’a été constaté dans la zone de surveillance onusienne. Cependant il confirme que des combattants du Hezbollah préparent un nouveau système de fortifications au nord du Litani, hors de la zone FINUL.

Le journaliste se serait alors rendu sur place pour constater que la zone où seraient entrepris ces travaux est interdite, des personnes semblant apparentées au Hezbollah en interdisant l’accès. Un vétéran du Hezbollah aurait également confirmé au journaliste que les roquettes à longue portée tirée vers Israël durant le conflit de juillet dernier auraient été lancées depuis des plates-formes souterraines.

L’homme d’affaires chiite liées au mouvement Hezbollah, dénommé Ali Tajiddine, aurait fait fortune dans le commerce et diamant en Afrique avant de se lancer dans le développement immobilier. Il aurait ainsi dernièrement acheté 2 millions de mètres carrés dans le village chrétien de Kotrani, et les deux tiers des villages druzes de Sraifeh, pour construire 30 maisons actuellement déjà vendues à des propriétaires chiites. Un proche d’Ali Tajiddine avait déjà été arrêté en mai 2003 à Antwerp, pour avoir été soupçonné de recycler de l’argent pour le compte de l’organisation chiite.

Selon le député druze Walid Joumblatt, cet achat aurait été financé par des fonds iraniens afin de transformer ces terrains en zone militaire dépendant du Hezbollah.

Interrogé par « The Times of London », le numéro deux du mouvement chiite, cheick Naïm Kassem, estime que les propos du député Walid Joumblatt sont complètement infondés, ajoutant que le député druze aime compliquer la situation. L’homme d’affaires mis en cause a également démenti que de telles actions seraient en cours, et déclare avoir acheté ces terrains pour une opération immobilière qui serait, toujours selon lui, prometteuse.

UNE DEFENSE A REINVENTER




Tel était le titre de ma conclusion, lors de l’exposé sur la guerre moderne que j’ai donné cet après-midi à l’Ecole d’Etat-major général, devant les 32 officiers ayant franchi les différents obstacles du second stage et appelés à être promus ce vendredi. L’un de mes anciens camarades de classe de l’école d’officiers (le 3e sur 12 à arborer tout bientôt les bandes noires et le 4e à devenir officier supérieur…) n’a manqué de m’interroger sur cette réinvention de la défense, et notamment sur sa dimension offensive. Je n’aborderai pas ici la question des bases juridiques, puisqu’une telle décision relève avant tout de la politique, mais plutôt le profil opérationnel d’une nouvelle compréhension de la défense nationale. Etant entendu que les effets recherchés doivent aboutir à défendre et à protéger le territoire, les esprits et les marchés.

La défense du territoire en conflit symétrique, avec le combat dès la zone frontière et la recherche de la décision militaire, voit son importance se réduire proportionnellement à l’amenuisement des capacités offensives au sein des armées européennes. En revanche, la défense du territoire en conflit asymétrique suppose la capacité à préserver et à restaurer le contrôle qu’exercent les autorités civiles sur des objets, des axes, des quartiers ou des secteurs. Dans la mesure où le renseignement ne permet que rarement d’effectuer au bon endroit et au bon moment des missions de protection, et comme les effectifs ne permettent pas d’assurer une protection généralisée (notamment en milieu urbain), cela signifie doit développer son aptitude à agir en milieu semi-permissif ou non permissif pour prendre le contrôle d’un périmètre donné, stabiliser la situation et assurer le retour de la normalité.

La défense des esprits ne peut cependant se satisfaire de telles actions contre-offensives : laisser volontairement l’initiative dans le domaine sémantique revient à abandonner par avance les éléments constitutifs des perceptions publiques, les points de repère et les références des jugements futurs. L’armée doit résolument prendre l’offensive dans ce domaine pour préserver le sentiment national, pour développer la volonté de servir, pour montrer les menaces contemporaines. Les représentations en matière de défense étant encore ancrées dans les conflits interétatiques, l’armée doit également rendre publiques les modalités belligérantes de notre ère, les méthodes de guerre susceptibles d’être utilisées contre nous – et celles qui l’ont déjà été. En plaçant la Suisse et ses intérêts au centre de sa perspective, l’armée doit lutter à son niveau contre la subversion du communautarisme et de l’incivisme.

La défense des marchés est la résultante des actions s’inscrivant dans le domaine matériel comme immatériel. En contribuant à la stabilité et à l’intégrité du pays, l’armée en préserve également l’attrait économique ; en contribuant à la protection des citoyens suisses et de nos intérêts hors des frontières, elle soutient aussi le dynamisme économique qui les caractérise. Enfin, l’armée doit rester en mesure d’appuyer l’approvisionnement économique du pays dans ses tâches régulières, en cas de crise menaçant ce dernier, pour éviter les pénuries dont nous aurions le plus à souffrir. Tout ceci suppose naturellement des intérêts communs avec d’autres nations européennes, et donc des engagements s’effectuant ponctuellement mais systématiquement en coopération multinationale.

Il reste à préciser que toutes les actions de l’armée, dans le cadre de cette défense rénovée du pays et de sa population, ne peuvent être limitées a priori par des frontières géographiques. Comme être suisse et vivre en Suisse sont de moins en moins synonymes, dans un sens comme dans l’autre, le critère déterminant pour un engagement de moyens militaires doit être l’intérêt national, et non l’emplacement géographique. Ce qui me paraît la condition pour qu’un Etat moderne conserve sa crédibilité et donc sa légitimité au cours des prochaines décennies.

Posté par Ludovic Monnerat à 19:06 | Commentaires (6) | Pisteur (0)

DES ARMES IRANIENNES DECOUVERTES EN IRAK OU PRESQUE !


27.02.2007

L’armée américaine a annoncé lundi avoir découvert près de Bagdad des projectiles capables de percer les blindés (photo ci-dessous), semblables à des armes que l’Iran fournit aux milices irakiennes, et des obus de mortier portant des inscriptions iraniennes.

Des soldats américains ont découvert samedi un atelier de fabrication de projectiles dans un village chiite à quelques 25 km au nord de Bagdad et saisi « 19 obus de mortier de 120 mm portant des inscriptions iraniennes et de quoi faire 150 projectiles explosifs de type EFP (charges capables de percer les blindés) », a indiqué le major Jeremy Siegrist lors d’un point de presse.

Engagés dans un processus de Dialogue, les Américains utilisent ces découvertes comme un moyen de pseudo-pression sur Téhéran en ne liant pas ouvertement leurs découvertes au régime des mollahs !

Dans la même veine, le 17 février, lors d’une visite éclair à Bagdad, Condoleezza Rice avait suggéré que le « gouvernement iranien » (pas le régime – ndlr) [1] pouvait être tenu pour responsable de ces livraisons, même si aucun lien direct ne pouvait être prouvé.

« Je ne peux certainement pas, et je ne crois pas que le gouvernement américain peut vous donner de détails précis sur l’implication du gouvernement iranien », a ainsi déclaré Condoleezza Rice .

« Mais je pense que vous devez tenir le gouvernement iranien pour responsable des activités de ses organes et c’est pourquoi nous appellerons le gouvernement iranien à jouer un rôle de stabilisation plutôt que de déstabilisation en Irak », avait-elle ajouté.

Cependant les responsables américains, qui jouent à présent les amnésiques mal informés, avaient aussi indiqué que des armes avaient été acheminées en Irak par la brigade Qods, l’unité internationale des Pasdaran dont ils détiennent quelques hauts gradés depuis le 12 janvier. Ils reviendront à des dispositions de fermeté quand l’ultime plan de Dialogue aura échoué.

WWW.IRAN-RESIST.ORG




[1] Le « gouvernement iranien » (pas le régime – ndlr) | Un des fondateurs du régime des mollahs, Khalkhali l’étrangleur d’animaux domestiques avant la révolution et procureur général de Khomeiny au lendemain de la révolution islamo-gauchiste de 1979, avait dit : « nous l’appellerons une république et nous aurons un Parlement pour fermer le clapet aux Européens ! »

26.2.07

LA CHOSE EST ENTENDUE

France Inter, par la bouche de son correspondant à Varsovie, François Gault, s'est émue, sans doute à juste raison, de la publication par un député européen polonais d'un livre à caractère antisémite portant le label du Parlement européen.


Dans cet ouvrage, le parlementaire conservateur insistait sur l'impossibilité d'intégrer au sein de la société européenne le peuple juif, en raison du refus de celui-ci.

Le président polonais a condamné le député-écrivain. Fort bien.


Il y a quelques mois, un journaliste de Radio France, Alain Ménargue, parachuté directeur de RFI, pas forcément pour sa compétence, avait commis un méchant ouvrage principalement consacré à l'abominable "Mur" en Palestine. Dans ce livre, ou sur certaines antennes, et entre autres coquecigrues, l'auteur expliquait notamment qu'Israël était un état raciste, que les sionistes allemands avaient passé des alliances avec les nazis, et qu'il ne fallait pas s'étonner si les Juifs se construisaient un mur puisque c'était sur leur initiative qu'avait été érigé le ghetto de Venise...



Il se trouve que ce remarquable opuscule était un livre "Inter" et avait fait l'objet d'une promotion Radio France ...



Ménargue, qui ne s'était pas fait que des amis parmi les syndicats de RFI, a fini par être poussé dehors.



Cela étant, j'attends toujours un commentaire de Radio France ou un regret de son Président.


Libération, le 19 février 2007, éditorial de Laurent Joffrin : « Le Pen et Papon sur la même une. Amalgame ? Peut-être... Il y en effet, une grande différence entre Maurice Papon et Jean-Marie Le pen : Maurice Papon n'a jamais été antisémite ».



Quitte à être inutilement provocateur, je poserai une question autrement plus moderne et utile : sans être forcément antisémite, le président du FN, ne s'est-il pas engagé sur la pente fatale de la Collaboration en s'acoquinant avec Saddam Hussein et en faisant risette aux islamistes ?



Poursuite de l'éditorial de Joffrin : « C'est l'un des problèmes de la France. Vichy fut la honte que nous connaissons ; 60 ans plus tard, nous avons toujours le principal parti d'extrême droite en Europe... ».



À mon avis, l'autre honte, cohérente et symétrique, c'est d'avoir également l'extrême gauche la plus puissante et la plus influente.



D'autant plus puissante et influente que la gauche lui fout une paix royale quand elle ne la courtise pas.



Je rappellerai à Joffrin que Doriot était communiste, Laval et Déat socialistes, Bousquet et Papon radicaux-socialistes opportunistes.



Extrémistes haineux ou carriéristes dociles, tous collaborationnistes.



Papon hier à Bordeaux, Total aujourd'hui à Téhéran. C'est tellement différent ?



Dans un ordre voisin d'idées, extraits de l'interview du sympathique député PS Julien Dray dans « Israël Magazine » du mois de Mars :



« Vous avez une phobie d'une sorte de mouvement islamo-gauchiste qui serait en train de dominer le combat progressiste ! (...) Vous vous enfermez dans la vision tragique de l'Histoire... Mais j'y vois là une tentation très forte des Juifs – au regard de leur Histoire – à s'enfermer dans cette vision. Je ne pense pas que l'Histoire se répète de manière systématique. C'est vraiment une tentation tragique du peuple juif : penser que tout recommence ».

De la part du fondateur de SOS Racisme, concepteur principal de l'épouvantail Le Pen – la bête immonde au ventre encore fécond – etc.... c'est quand même un rien farce.



Effectivement, Julien, l'Histoire ne se répète pas de manière systématique, raison pourquoi il y a tout lieu de mettre une barbe au portrait-robot de la bête hier moustachue.



Interview croisée Douste-Blazy-Védrine dans le Paris-Match de cette semaine. Merveilleusement consensuelle.



Question de Paris-Match : « Est ce réellement un danger pour le monde que l'Iran dispose de l'arme nucléaire ? »



Réponse de Védrine : « Le principal danger dans cette affaire, ce sont les personnalités des dirigeants impliqués : Ahmadinejad pour l'Iran et Bush pour les États-Unis.



Je reste convaincu que s'il y avait une politique occidentale moins contre-productive par rapport à l'Iran – je pense aux États-Unis –, qui consisterait à parler avec eux de tous les sujets, on aurait déjà renforcé les courants politiques qui essaient en ce moment de s'opposer à Ahmadinejad. »



Bref, l'intelligence et la finesse européenne contre la balourdise et le manichéisme américains.



Bush et Aman et Djihad dos à dos.

En matière de fine diplomatie efficace, on rappellera quand même à nos éminences que la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne tentent depuis 2004 (c'est-à-dire avant l'élection du nazislamiste iranien) "de parler avec eux de tous les sujets". Avec le succès que l'on sait.





Toujours sur le manichéisme, j'ai du mal à comprendre le bien-fondé et l'efficacité du discours de la famille d'Ingrid Bettencourt renvoyant dos à dos (dans le meilleur des cas) les terroristes des FARC et le gouvernement colombien démocratiquement élu du président Urribe.



Celui-ci, allez savoir pourquoi, refuse de céder au chantage de l'une des plus cruelles organisations fanatiques d'Amérique latine.



J'ai un peu honte à l'écrire, mais je l'aime bien, Urribe.


publié par GOLDNADEL Gilles William dans: BLOG-NOTE
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RAPPORTS ENTRE UKRAINIENS ET JUIFS

Rapports entre Ukrainiens et Juifs: comment la mythologie remplace la réalité,
L. Finberg


Février 2007



Extrait de Ukraine, renaissance d’un mythe national, Actes publiés [en format pdf], sous la direction de Georges Nivat, Vilen Horsky et Miroslav Popovitch, par l’Institut européen de l’Université de Genève (pp. 145 à 156).



Traduction française par E. Solomarskaïa, avec la collaboration de Korine Amacher.

[Les astérisques qui affectent certains noms et/ou toponymes renvoient à l'Annexe I (pp. 225 à 247 du document référencé ci-dessus), intitulée "Glossaire: personnalités et lieux de mémoire d’Ukraine".]

Dans la hiérarchie des problèmes qui préoccupent la population ukrainienne, les rapports interethniques viennent à la neuvième place, après le niveau de vie, le chômage, le non-paiement des salaires et des pensions de retraite, l’accroissement du taux de criminalité, etc. De plus, les rapports ukraino-juifs ne figurent pas non plus en première place des problèmes des nationalités: viennent d’abord ceux des Tatars de Crimée, ensuite les rapports à l’intérieur de l’ethnie ukrainienne proprement dite, etc. Pourtant, le problème du rapport mutuel entre Ukrainiens et Juifs a une longue histoire : constamment présent dans les pages des médias, il ne cesse de retenir l’attention des hommes politiques, des historiens, des journalistes.



Hassan Husseinov, spécialiste de la culture russe, énonce les données de ce problème comme suit :


L’image d’autrui occupe une place importante dans la conscience collective. Aux moments critiques de l’histoire d’un peuple, lorsque ses propres traditions culturelles paraissent compromises, comme c’est le cas dans beaucoup de pays post-soviétiques, les images des cultures étrangères acquièrent, qu’on le veuille ou non, une valeur particulière quand il s’agit de réévaluer son identité nationale et culturelle.



Ce sont précisément ces raisons qui nous ont incité à traiter ce problème aujourd’hui : nous nous bornerons cependant à évoquer les rapports séculaires ukraino-juifs, tels qu’ils prévalaient sur le territoire de l’Ukraine-Rous*.



Si les rapports entre les diasporas et les contacts entre les Etats datent de l’histoire moderne, l’expérience de la vie commune sur le territoire de l’Ukraine est déjà presque millénaire. Toutefois, en raison d’une série de raisons objectives et subjectives, l’histoire des rapports ukraino-juifs n’a presque jamais fait l’objet d’une recherche sérieuse. Voilà comment le professeur ukrainien Iaroslav Dachkévitch, l’un des rares chercheurs dans ce domaine, décrit la situation: “L’historiographie soviétique a purement et simplement ignoré ce problème […]. La plupart des recherches réalisées dans ce domaine par les scientifiques de la diaspora produisent une impression pénible, sinon accablante” (pour ma part, j’ajouterai qu’il existe une exception à ce qui vient d’être dit: ce sont les travaux de Ivan L. Rudnytsky, historien canadien d’origine ukrainienne). Puis Dachkévitch ajoute:



L’historiographie juive soviétique en Ukraine orientale a pris fin au début des années trente, avec la liquidation (en partie par l’extermination physique) des membres de la Commission historico-archéographique juive de l’Académie des sciences de la République socialiste soviétique d’Ukraine. En Ukraine occidentale, la science historique juive disparaît dès 1939. Quant à l’historiographie moderne d’Israël et celle de la diaspora israélite, elles sont presque entièrement centrées sur le problème de la mort tragique, de l’extermination et des persécutions des Juifs (1).



Dachkévitch remarque que cette dernière période n’a duré que quatre ans, alors que pendant plus de trois cents cinquante ans, les rapports ont été plus ou moins “normaux”.



Depuis les travaux classiques de Symon Doubnov * et de Iouli Guessen *, qui datent du début de notre siècle, aucune recherche sérieuse concernant l’histoire des Juifs en Ukraine n’a été effectuée. En ce qui concerne l’histoire de l’Ukraine, la situation est légèrement meilleure: les années quatre-vingt-dix ont vu apparaître les premières monographies historiques neutres.



La nécessité d’une réflexion sur les rapports ukraino-juifs est toutefois si urgente qu’on ne peut pas la renvoyer aux décennies à venir. Des historiens et des philosophes, des sociologues et des journalistes donnent leurs interprétations. Un des modèles les plus pertinents a été proposé par le philosophe et publiciste ukrainien Miroslav Marinovitch: “Les peuples juif et ukrainien ont des modèles de survie différents”, écrit-il en 1991.



Les deux modèles ne sont pas comparables: les Juifs survivent dispersés parmi d’autres peuples, alors que les Ukrainiens vivent sur leur propre territoire […]. La vie parmi des substrats ethniques étrangers, souvent hostiles les uns envers les autres, a posé aux Juifs un impératif difficile: déterminer qui était le plus fort, une erreur d’appréciation pouvant mener à des conséquences tragiques. Les Juifs se sont tournés vers les intérêts de la partie la plus puissante, afin de garantir leur survie, dans les limites que le plus fort leur imposait. Dès lors, étant donné qu’au cours de leur histoire, les Ukrainiens se sont souvent trouvés du côté des plus faibles, on peut comprendre pourquoi la mentalité populaire a élaboré le stéréotype de l’animosité des Juifs envers les intérêts nationaux ukrainiens. Exiger des Juifs qu’ils se rangent du côté du plus faible était leur demander l’impossible et revenait à les priver de la principale condition de leur survie. […] Le meilleur moyen de ne pas avoir de mauvais rapports avec les Juifs est le suivant: devenir fort soi-même. Et lorsque l’Ukraine sera forte, les Juifs y trouveront naturellement leur place (2).



Rappelons encore quelques caractéristiques des rapports ukraino-juifs. Dans les manuels d’histoire édités en URSS qui, destinés à l’école secondaire, ont été à la base de l’éducation de plusieurs générations de Soviétiques, aucune mention n’est faite de l’histoire millénaire des communautés juives, du rôle des Juifs dans l’histoire de la Rous-Russie-Ukraine. Le seul manuel d’histoire pour l’école supérieure où il soit question de la communauté juive est celui édité en 1939-40. Les manuels soviétiques passent même outre la tragédie de la communauté juive européenne. Aucune mention de l’histoire et de la culture des Juifs n’est faite dans l’Encyclopédie philosophique, ni dans l’encyclopédie L’art des pays et des peuples du monde entier, ni dans l’Histoire de Kiev en trois volumes, ni dans d’autres ouvrages prestigieux de l’époque soviétique. L’histoire de l’Ukraine n’est pas beaucoup mieux relatée. Les manuels soviétiques “canoniques” ont impudemment falsifié l’histoire: on peut mentionner ici, et la “théorie” entièrement fausse de l’existence antérieure d’une nation unie composée de Russes, d’Ukrainiens et de Biélorusses, et la totale omission de la famine des années 1932-33, ainsi que la falsification de l’histoire de la seconde guerre mondiale (pas un mot sur l’armée ukrainienne rebelle, ni sur les millions d’Ukrainiens en captivité)...



Allonger cette liste serait aisé. En ce qui concerne la communauté juive, l’anecdote suivante est éloquente : en 1926, un procès intenté à un groupe de personnalités publiques juives accusées de sionisme se conclut par le verdict suivant: “A déporter en Palestine”. Vingt ans plus tard, en 1946, il ne restait plus ni sionistes, ni autonomistes, ni professeurs d’écoles juives, ni même membres de la police politique pour les exterminer, tandis que l’Académie ukrainienne des sciences eut à répondre à la question posée par la nouvelle équipe de la police politique (MVD)*: “Qu’est ce que le sionisme?”.



De tout cela, on peut conclure que, pendant plusieurs générations, les rapports ukraino-juifs ont été évacués des sciences humaines, en particulier des sciences sociales, et n’ont fait l’objet d’aucune interprétation sérieuse. N’est-ce pas là un sol fertile pour la création et la propagation de mythes?



Au cours de la Conférence ukraino-juive tenue en 1991 à Kiev, Evgueni Sverstiouk, célèbre défenseur des droits de l’homme et président actuel du Pen Club ukrainien, a dit:



C’est peut-être la première fois dans l’histoire que les fils de l’Ukraine et les fils d’Israël se rencontrent pour nettoyer les écuries d’Augias, ce qui n’a pas été fait durant des siècles. C’est ainsi que se sont accumulés des récits sur ce qui a été et n’a pas été, des légendes sur une animosité et une cruauté sans nom, sur le Juif tenant les clés de l’église et sur le Cosaque amateur de gibets. En guise de fer à cheval cloué sur la porte de cette écurie figure le stéréotype du Juif exploiteur et de l’Ukrainien instigateur de pogroms. L’essentiel est que, dans cette écurie, on ne trouve aucun des milliers de témoignages réels d’une coopération normale entre Ukrainiens et Juifs... […] A l’époque soviétique, une “plébéisation” presque totale de la culture s’est produite: qui connaît maintenant les paraboles de Salomon et les commandements de Moïse? Mais tout le monde connaît des anecdotes concernant Abraham et Mosché...



Que reste-t-il donc à nettoyer dans ces écuries, quels stéréotypes s’y sont accumulés au cours des siècles ? Peut-on changer les stéréotypes ? Nous allons parler, de manière plus détaillée, de la mythologie de la perception du peuple juif, en mettant l’accent sur les perceptions négatives.



Voici les stéréotypes de la perception du peuple juif (souvent, ces stéréotypes ne sont pas spécifiquement ukrainiens, et la plupart se retrouvent dans toute l’Europe de l’Est):



· la trahison et la crucifixion de Jésus Christ;

· l’idée d’un peuple élu – la première doctrine dans l’histoire de l’humanité concernant la supériorité d’un peuple sur d’autres peuples;

· la complicité des Juifs avec tous les ennemis du peuple ukrainien (Polonais, Russes, etc.);

· l’hégémonie juive dans le monde (capitaux, médias, etc.);

· l’exploitation économique des non-Juifs par les Juifs;

· la responsabilité des Juifs quant à la création de l’idéologie communiste et aux innombrables victimes des régimes communistes;

· l’holocauste, simple ruse des sionistes, mythe sioniste implanté dans l’histoire;

· la responsabilité des Juifs dans le pillage économique du pays;

· les Etats-Unis, colonie israélienne dirigée par le Congrès juif mondial.



Chacun de ces stéréotypes connaît de nombreuses variantes dans des dizaines et des centaines de publications des médias extrémistes (en général de droite, mais souvent de gauche aussi), dans des livres à gros tirages (pour la plupart édités en Russie, mais diffusés également en Ukraine)... Je citerai les plus typiques:



Dans le journal Pour une Ukraine libre, le commentateur politique judéophobe, Pavlo Tchéméris, effectue, en avril 1996, dans l’article "Rajouter : à fusiller", une sélection de citations qui commence ainsi (3) :



Chaïm Sroulevitch Goldmann – Vladimir Ilitch Lénine – éprouvait une haine zoologique envers les goyim. Devenu dictateur absolu au “pays des imbéciles”, ce conspirateur judéo-sioniste sanguinaire déploya le plus grand zèle à exterminer les gens, par la terreur de classe, la guerre civile, l’organisation de famines...



Ou encore ceci :



en parlant d’Oulianov-Lénine et de ses "personnages de l’ombre" [les bolcheviks], Hitler-Schicklgruber (4) écrivait dans Mein Kampf, pour mieux gagner la confiance des "masses" allemandes, que l’exemple le plus terrifiant de tout cela, c’était la Russie, où les Youpins, dans leur fanatisme sauvage, avaient exterminé trente millions de personnes [c’était en 1923], égorgeant sans pitié les uns, et faisant subir aux autres la torture inhumaine de la famine. Et tout cela pour assurer la dictature d’une petite bande de youpins littérateurs et de bandits spéculateurs.



Dans la revue L’Idéaliste, d’août 1996, l’article de Mykhaïlo Khrystovy intitulé "Pourquoi y eut-il, en Ukraine, une extermination par famine organisée ?", propose à ses lecteurs une série de questions, auxquelles il demande de répondre, promettant de publier ces réponses dans la revue (5). Voici quelques-unes de ces questions:



· Pourquoi dans les mondes musulman et bouddhiste, les youpins ne sont-ils pas admis au pouvoir, alors que dans le monde chrétien, où que l’on tourne son regard, on voit des youpins partout ?

· Pourquoi la Constitution adoptée en Ukraine est-elle ukrainienne dans sa forme, mais judéo-maçonnique dans son esprit, ne mentionnant jamais que l’Ukraine est un Etat chrétien ? […]

· Pourquoi n’y a-t-il en Israël que la seule synagogue [confession juive], alors que dans la seule région de Lviv, plus de cinquante confessions sont enregistrées ?

· Pourquoi n’y a-t-il pas de banquiers ukrainiens en Israël, ni en Ukraine non plus ? […]

· Pourquoi se méfie-t-on des youpins ukrainiens et leur envoie-t-on des rabbins de l’étranger ?

· Pourquoi certains youpins d’Ukraine occidentale ont-ils été déportés massivement avant la seconde guerre mondiale dans l’Est de la Russie, alors que d’autres sont restés sur place?



Le mythe anti-ukrainien du peuple ukrainien instigateur de pogroms s’appuie tant sur des faits authentiques que sur des faits falsifiés de l’histoire de la lutte pour la libération nationale : la Seconde Guerre mondiale, avec ses Polizai (policiers ukrainiens), les pogroms de l’époque de Bohdan Khmelnytsky *, en particulier en 1648, tout comme ceux de la koliïvchtchina * ("révolte des pieux") sur la Rive droite, en 1768. La mythologie anti-ukrainienne y inscrit aussi les pogroms du début du XXe siècle, les pogroms staliniens des années quarante et cinquante, "le pourcentage juif" de Khrouchtchev et la politique antisémite de Brejnev. Toutefois, « derrière tous les mythes modernes, se cache le traumatisme national fondamental de l’égorgement qui eut lieu à l’époque de Bohdan Khmelnytsky », écrit Leonid Pliouchtch * (6) :



C’est après cela qu’apparut l’hérésie des Juifs d’Europe orientale – le sabbataïsme –, qui faillit provoquer la scission du judaïsme. C’est cela qui marqua l’époque de Khmelnytsky d’un signe mystique, d’un mal apocalyptique... L’époque de Khmelnytsky est entrée dans l’inconscient du judaïsme moderne. La koliïvchtchina s’est superposée à ce traumatisme collectif et a provoqué une autre réponse religieuse, le hassidisme. Tous les événements ultérieurs sont venus s’ajouter à ce traumatisme profond.



Ainsi, le Juif tueur du Christ et l’Ukrainien instigateur de pogroms se sont-ils ancrés dans les mentalités, dans la conscience religieuse, dans le folklore, dans le langage parlé, tout comme dans les métalangues des cultures ukrainienne et juive.



Les textes anti-ukrainiens qui multiplient les stéréotypes correspondants ont franchi les limites de l’Ukraine. Leur nombre, leur influence sur les communautés juives des autres pays auraient pu constituer un objet de recherche en Israël, aux Etats-Unis, au Canada ; jusqu’à présent, à notre connaissance, rien de tel n’a été entrepris.



Quant aux intellectuels juifs et ukrainiens, ils ont tenté, et tentent encore de faire évoluer ces stéréotypes de la méfiance historiquement enracinés chez ces deux peuples.



Vladimir Jabotinsky *, l’un des rares dirigeants israélites à avoir bien connu les problèmes ukrainiens nationaux, a publié une série d’articles brillants consacrés aux leaders spirituels ukrainiens, sur l’inégalité et l’oppression du peuple ukrainien.



Symon Petlioura *, le dirigeant ukrainien du temps de la République * populaire d’Ukraine, a entrepris la publication de plusieurs textes judéophiles. Il a tenté, en tant que commandant de l’armée ukrainienne, de mettre fin aux pogroms des Juifs.



Le métropolite Andreï Cheptytsky *, un des esprits les plus éminents de la première moitié du XXe siècle, est l’un des rares dignitaires de l’Eglise à avoir lancé un appel en faveur des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Lui et ses compagnons ont caché dans les monastères galiciens des centaines d’enfants juifs; c’est lui qui a sauvé de la mort Kahan, rabbin de Lviv.



De son côté, Solomon Mikhoëls *, grand acteur de théâtre juif et homme public connu, a invité le célèbre metteur en scène ukrainien Les Kourbas* à travailler dans son théâtre, après que ce dernier eut été chassé d’Ukraine.



Des hommes de lettres bien connus, comme Ivan Dziouba * et Viktor Nekrassov * se sont publiquement prononcés contre le silence qui a recouvert la tragédie de Babyn* Yar, ainsi que contre l’antisémitisme qui régnait à l’époque soviétique.



Les actions de solidarité de l’opinion publique ukrainienne et juive des années quatre-vingts et quatre-vingt-dix sont autant de tentatives pour dissiper les mythes de l’antisémitisme et de l’ukrainophobie. Je pense aussi à l’appel du mouvement politique Roukh* contre les bruits répandus par le KGB sur d’éventuels pogroms, ainsi qu’à la Conférence de la solidarité ukraino-juive de 1991.



Quelle influence ont ces actes individuels, et bien d’autres actions encore, qui toutes visent à surmonter la méfiance, l’hostilité et l’intolérance? Les sondages de sociologues révèlent que l’intolérance envers les Juifs et le judaïsme s’alimente de stéréotypes et de mythologèmes. Je me fais l’écho de mes collègues Natalia Panina et Evguen Holovakha, sociologues ukrainiens de renom (7).



Des sondages analogues effectués depuis 1993 permettent de tirer la conclusion suivante: on remarque une augmentation de l’intolérance envers les Juifs et, à l’inverse, une plus grande tolérance envers les Polonais. D’autres données, recueillies par les mêmes sociologues, en disent encore plus long sur le thème qui nous intéresse ici: 7% des habitants de l’Ukraine interrogés sont d’accord avec l’idée du "complot sioniste mondial visant à instituer l’hégémonie des Juifs sur d’autres peuples" (25% ne partagent pas cette idée, 68% ont eu du mal à répondre); 10% considèrent que “les Juifs sont coupables envers d’autres peuples” (47% contre); 18% reportent sur les Juifs la responsabilité principale des malheurs entraînés par la Révolution et les répressions massives (47% contre); 20% trouvent que le physique des Juifs est désagréable et plus d’un tiers (38%) pensent que les Juifs apprécient plus l’argent et le profit que les relations humaines.



Tableau I

Attitude des habitants de l’Ukraine envers différentes nationalités




Consentiraient à admettre les représentants de cette nationalité en tant que... (% des personnes interrogées, N=1752)




membres de la famille


amis proches


voisins


collègues de travail


habitants de l’Ukraine


touristes


interdiraient le séjour en Ukraine


index de l’intolérance 1 à 7

Ukrainiens


79


9


3


1


7


2


0


1.55

Russes


43


24


10


3


11


7


2


2.46

Biélorusses


29


27


14


4


13


12


1


2.85

Ukrainiens de la diaspora


24


22


7


4


18


23


2


3.48

Polonais


15


22


14


4


12


28


5


3.77

Juifs


10


14


15


11


23


18


10


4.18

Hongrois


9


14


17


5


15


35


4


4.24

Américains


11


13


9


15


10


38


4


4.31

Allemands


8


13


9


16


12


37


5


4.43

Français


9


13


8


13


11


41


4


4.45

Roumains


8


12


13


6


14


38


8


4.56

Japonais


4


11


9


19


9


43


4


4.66

Tatars de Crimée


3


6


9


5


31


29


17


5.09

Géorgiens


3


8


9


5


16


34


26


5.26

Vietnamiens


2


7


6


9


10


52


14


5.29

Arabes


3


6


5


7


11


51


17


5.37

Noirs


2


6


5


6


11


50


20


5.49

Tziganes


3


4


7


3


22


26


35


5.55



Il nous semble aussi représentatif de citer les données du sondage effectué auprès des citoyens et des autorités locales par rapport au renouveau national des Russes, des Juifs et de Tatars de Crimée (voir la page suivante) (9).



Ce tableau permet de juger du niveau de tolérance de la société ukrainienne par rapport aux Juifs. Les événements liés à la personne de l’ancien Premier ministre, Efim Zviaguilsky (1995-96) sont typiques. Il a été accusé de corruption avec d’autres personnalités politiques qui prônaient l’indépendance ukrainienne. Laissant aux organes de la justice le soin de vérifier le bien-fondé de l’accusation, nous attirons l’attention des lecteurs sur un détail qui nous a frappé, notamment l’empressement de la société à accepter le stéréotype selon lequel Efim Zviaguilsky ne peut être un patriote ukrainien, car "il aspire au profit et agit à l’encontre des intérêts du peuple ukrainien". Tel était le sens de la plupart des publications à ce sujet. Et si la presse libérale était peu teintée d’antisémitisme, les journaux nationalistes, quant à eux, ont mené une large campagne antisémite (10).



Tableau II

Attitude des autorités locales par rapport au développement
de la gestion nationale des Russes, des Juifs et des Tatars de Crimée

Doivent-ils avoir leur(s) propre(s)


Russes


Juifs





Tatars de Crimée




oui


non


oui





non


oui


non




église, synagogue, mosquée?


92.1


7.9


91.2





8.8


91.4


7.6




écoles?


95.1


4.9


89.2





10.9


90.9


9.1




presse en langue nationale?


94.6


5.4


89.8





10.2


91.4


8.6




représentants dans les organes d’administration?


95.5


4.5


93.5





6.5


91.3


8.7




langue reconnue officiellement?


67.0


33.0


46.3





53.7


50.4


49.6




culture?


84.7


15.3


81.8





18.2


81.8


18.2




partis politiques?


67.4


32.6


66.4





33.6


66.4


33.6









Tableau III

Attitude des habitants de l’Ukraine envers les organisations juives



Quelle est votre attitude envers ces phénomènes en Ukraine?


positive


négative


sans avis

ouverture d’écoles en hébreu


63.5


15.2


21.3

ouverture d’une synagogue


51.3


19.0


29.7

existence d’organisations politiques et sociales juives


34.1


29.1


36.8

fonctionnement d’entreprises mixtes fondées par des Juifs émigrés


50.8


16.0


33.2





Quelle conclusion peut-on en tirer ? "Abandonnez tout espoir, vous qui entrez" ? Il paraît que toute la logique sociale, toutes les dimensions de la conscience publique prouvent la suprématie du mythe sur la réalité. Cela signifie-t-il, pour autant, que rien ne peut être fait dans ce domaine ? Absolument pas. On peut faire quelque chose, il faut faire quelque chose. Cependant, soyons réalistes, il faut bien admettre la puissance du mythe, qui a derrière lui une très longue histoire, qui est devenu un stéréotype des comportements, qui est entré dans les structures langagières, dans les dogmes des religions, dans les concepts. Et seuls les intellectuels peuvent faire contrepoids, bien qu’ils constituent une structure fragile de la civilisation humaine. Toutefois, les données des sociologues qui démontrent un accroissement de la tolérance ukraino-polonaise laissent entrevoir l’espoir d’une atténuation, à terme, des stéréotypes ukraino-juifs.



Leonid Finberg



© Institut Européen de Genève





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Notes



1. Jaroslav Romanovic´DAS´KEVIC´, "Problematika vyvc´ennja jevrejsko-ukrajins’kyh vidnosyn (XVI–poc´atok XX st.) ", Svit, N° 3-4, 1992, p. 25.

2. Miroslav MARINOVIC´, "Yevreji ta ukrajinci: sproba tolerantnoji proekciji vzaiemnyh interesiv", Svit, N° 3-4, 1992, p. 21.

(3) Pavlo CEMERIS, "Dobavyty rozstril", Za vil’nu Ukrajinu, N° 49 du 23 avril 1996.

(4) Nom d’origine du père d’Adolf Hitler : Alois Schicklgruber (1837-1903), douanier autrichien incertain au sujet de sa propre filiation, il changea de patronyme en 1876, treize ans avant la naissance du futur chef national-socialiste. (Note des éditeurs.)

(5) Myhajlo HRYSTOVY, Idealist, N° 1 du 16 août 1996.

(6) Leonid PLJUS´C´, "Rol’ s´ovinistycn ´noji mitologiji v miznacional’nyh stosukah", Svit, N° 3-4, 1992, p. 4.

(7) Evgen HOLOVAHA, Natalija PANINA, "Nacional’naja tolerantnost’ i problemy razvitija nacional’no-kul’turnyh avtonomij v Ukraine", dans Politic´eskaja kul’tura naselenija Ukrainy, Kiev, 1993, pp. 87-97.

(8) Ibid.

(9) Ibid.
(10) V. MINDLIN, "Delo Zvjagil’skogo", Egupec (Kyiv) N° 3, 1997.

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[Ouvrage aimablement signé par Michel Lévy.]



Mis en ligne le 26 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

NEWS DE L'ESISC

FLASH/Grande-Bretagne/Terrorisme : 2000 terroristes à l’œuvre ?

The Sunday Telegraph fait état dans son édition de ce dimanche, d’un rapport confidentiel circulant « entre Witehall, le MI5, le commandement du contre-terrorisme à Scotland Yard, le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Défense » et intitulé « Le Terrorisme international au Royaume Uni » fait froid ans le dos.

D’après ses rédacteurs : « L'échelle des ambitions d'Al-Qaïda en vue d'attaquer la Grande-Bretagne et le nombre d'extrémistes britanniques prêts à participer à des attaques sont encore plus importants que ce nous jugions précédemment ». Ainsi, « plus de 2000 » terroristes seraient impliqués dans des complots et « « les attaques programmées contre l’Angleterre augmenteront en 2007 » : « Nous continuons à penser qu’al-Qaïda continuera à rechercher des opportunités d’attaques causant des pertes massives contre des soft targets et des infrastructures clés. Ces attaques devraient impliquer l’usage d’opérations suicides ».

Une « importante source politique » non identifiée citée par l’hebdomadaire estime que « la réalité décrite par ce document est particulièrement consternante et a peu de chance de s’améliorer pour plusieurs années ».






17:20


Iran/Complots : si le prix de la tomate augmente, c’est la faute à l’Occident

Dans le monde en noir et blanc du président Ahmadinejad, les choses sont claires et nettes. Ainsi, il a découvert une nouvelle et terrifiante attaque occidentale visant à saper les fondements de la République islamique : « Afin de nous nuire, ils (nos ennemis) trament des complots, par exemple ils viennent et font monter les prix des tomates sur le marché. Ils pensent qu'ils peuvent ainsi nous faire renoncer à nos idéaux ».

Mais rassurons-nous, cette infâme manœuvre de sabotage est vouée à l’échec car «si Dieu le veut, le problème de la viande, du poulet et des tomates sera réglé. On doit avoir conscience que notre révolution est comme un bulldozer (...) Nos ennemis pensent qu'en jetant des petits cailloux et du sable, ils peuvent arrêter ce bulldozer ». Bref, le programme nucléaire continuera a-t-il conclu….






17:19


Somalie/Piraterie : un cargo de l’ONU arraisonné au large des côtes somaliennes

Un cargo d'aide humanitaire affrété par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l’ONU a été attaqué ce matin par des pirates qui en ont pris le contrôle. Le navire, qui compte 12 hommes d’équipage, est actuellement retenu près de l’île de Ras Afun, au large du Puntland et l’on attend que les pirates fassent connaître leurs exigences. Les captures de bateaux par des pirates sont fréquents en Somalie et l’affaire généralement en quelques semaines par le paiement d’une rançon.

LA BANDE DE GAZA PLUS A CRAINDRE QUE LA SYRIE !

Tour d’horizon sécuritaire : La Bande de Gaza plus à craindre que la Syrie !
Alexandre Yudkewicz
dimanche 25 février 2007 - 21:40


yadlin.jpgAlors que la Syrie concentre de plus en plus de troupes à sa frontière avec Israël, les spécialistes du renseignement estiment peu probable un conflit de grande envergure avec Damas en 2007. Par contre, le rapport annuel des services de renseignement remis dimanche soir – 25 février 2007- aux membres du gouvernement, souligne les risques de confrontation armée avec les arabes de la Bande de Gaza et de la reprise des hostilités de la part du Hezbollah.

La Syrie, financée en cela par l’Iran, se réarme à un rythme sans précédent au cours des dernières années. L’armée de Damas se redéploie en masse le long de la frontière avec Israël, sur le Plateau du Golan, et les syriens viennent de procéder à un nouvel essai du Scud D, un missile sol-sol de 400 kilomètres de portée.

«Les syriens accroissent leur préparation militaire à la guerre», a estimé le général Amos Yadlin (photo), responsable des renseignements de Tsahal, pour qui les risques de conflit avec la Syrie sont élevés.

Malgré tout, les spécialistes du renseignement israéliens craignent plutôt au cours de l’année 2007, plus qu’un conflit de grande ampleur avec la Syrie, une reprise des violences du Hezbollah ou une intensification des attaques en provenance de la Bande de Gaza.

Les responsables de l’Aman, le bureau des renseignements militaires, du Mossad, du Shin Bet, du département de renseignement du ministère des Affaires étrangères ainsi que du Conseil de Sécurité Nationale, présentaient ce dimanche (25/02/07) leur rapport annuel de prévision sur la sécurité du pays. D’ordinaire ce tour d’horizon sécuritaire n’est donné qu’aux membres du cabinet restreint de sécurité, mais cette année, du fait de la guerre du Liban de l’été dernier et de l’implication du gouvernement dans les décisions prises, c’est l’ensemble du Conseil des ministres qui assistait à la réunion. Fait sans précédent, c’est la première fois qu’un ministre arabe, le nouveau venu du gouvernement Raleb Madjalé, participait à ce genre de réunion top secrète.

Selon le général Yadlin, l’environnement stratégique d’Israël est moins stable qu’auparavant. «Le Djihad islamique mondial voit en l’Etat d’Israël une cible à atteindre», a déclaré le général Yadlin, «et Israël passe de plus en plus d’une menace militaire ‘symétrique’ à une menace terroriste ‘asymétrique’, étant menacé d’attaques terroristes, de tirs de missiles sol-sol ou d’attaques à l’aide d’armes non-conventionnelles.

Ainsi, plus qu’une guerre ouverte avec la Syrie ou qu’un renouveau du conflit avec le Hezbollah, c’est le danger en provenance de la Bande de Gaza qui constitue la menace la plus directe et la plus tangible pour l’immédiat. Selon les responsables du renseignement, les palestiniens risquent de mettre en œuvre de plus en plus de tentatives d’assauts meurtriers contre les soldats et les civils israéliens, soit via le creusement de tunnels, soit par des tirs de roquettes. Or si ces menaces se concrétisent, soulignent les responsables de la sécurité nationale, Israël ne pourra conserver sa réserve et devra lancer une vaste opération terrestre dans la Bande de Gaza.

texte repris du site arouts sheva

LES MAITRES CHANTEURS


Rouget de Lisle chantant la Marseillaise (Par Isidore Pils 1813-1875)

A-t-il, comme il le dit avec humour, “une vision réactionnaire des choses” ? Voici “les Maîtres Chanteurs”, le dernier bloc-notes d’André Dufour.

Humour

L’affaire Charlie Hebdo est loin d’être close. Alors, malgré les soutiens de tous bords apportés à cet hebdomadaire, parfois contestable mais qu’il faut défendre au nom de la liberté d’expression, méfions nous du pouvoir de nuisance que détient encore Chirac qui, redevable de je ne sais quoi à la cause islamo arabe, entend museler toute expression qui n’aurait pas l’heur de plaire aux wahhabites via la ligue islamique mondiale. Alors parlons d’humour, puisque c’est là le corps du délit. Parlons de l’humour arabe et musulman. Nul n’en a jamais entendu parler mais «ça eut existé».

Électron libre dans une famille islamiste, Khalil Abou Arafeh est un caricaturiste qui fait grincer les dents des leaders politiques palestiniens, tant de l’OLP dont il dénonce la corruption, que du Hamas qui détourne au profit de son appareil politique et militaire toutes les aides étrangères au détriment du peuple qui croupit dans sa misère. Dans l’univers islamique, il faut un sacré courage pour faire de l’humour, du véritable humour, celui qui consiste à ridiculiser ses propres travers, non pas à semer la haine des autres. Il faut d’autant plus de courage que son prédécesseur, Naji Salim Ali fut assassiné en 1988 pour s’être moqué de Yasser Arafat et des régimes en place dans les pays arabes. Défenseur de la cause du peuple palestinien, il serait mort depuis longtemps s’il vivait à Ramallah, à Naplouse ou à Gaza ; or il vit à Jérusalem dans le quartier arabe «occupé» par Israël, ce qui prolonge sa survie. Les «naïvistes», subjugués par Malek Chebel et mystifiés par Tarik Ramadan, nous objecteront que l’Islam, religion d’amour, de tolérance et de paix, ça n’a jamais été ça, qu’il y eut un âge d’or à Bagdad et en Andalousie, conforme au message d’amour de l’islam initial. Mais il faut croire qu’il s’agit d’amour vache puisque Mahomet soi-même ne se gênait pas de faire occire les poètes, poétesses et «chansonniers» qui le brocardaient. Vous qui appréciez l’humour anglais, les bonnes histoires juives et l’humour en général, comment voulez-vous qu’un humour musulman puisse voir le jour dans de telles conditions ?

Nouvelles de la R.A.T.P

Encore un parlementaire néerlandais qui s’est récemment illustré en disant que les musulmans installés au Pays Bas devraient, pour être fréquentables, déchirer la moitié du Coran et que si Mahomet vivait aujourd’hui en Hollande, il serait passible de prison pour incitation au crime. De tels propos ne peuvent que heurter la sensibilité à fleur de peau des représentants officiels de l’Arabie saoudite, wahhabite et pétrolier, pays bien connu pour sa tolérance envers toutes les croyances et pour son humanisme. Nous pouvons d’autant plus facilement comprendre ces âmes délicates, qu’au même moment, les musulmans des régions méridionales de la Thaïlande, région où ils sont majoritaires, ardents échantillons de cette religion d’amour, de tolérance et de paix décapitent à tour de sabre les bonzes bouddhistes, détruisent statues de Bouddha et pagodes, massacrent les ouvriers des plantations d’hévéas et terrorisent les non musulmans. Aux dernières nouvelles, aucune protestation ne se fait entendre du côté de Riyad et de la Mecque. Pas plus que de la très modérée et républicaine mosquée de Paris.

La Marseillaise de l’intégration

On se demande parfois pourquoi les immigrés d’avant 1960, et surtout leurs enfants, se sont si bien intégrés dans la République française et pourquoi les nouvelles vagues d’immigrés non seulement ne s’intègrent pas mais s’y opposent farouchement. La réponse me paraît simple. Pour intégrer une population venue d’une autre culture, il faut que nous soyons nous-mêmes attachés à notre pays, à notre culture, à nos valeurs, à notre Histoire.

Dans mon enfance des années 30, le chant, qui comprenait La Marseillaise, était une des épreuves du Certificat d’Etudes Primaires, au même titre que l’Histoire de France. Bon nombre de mes camarades de classe venaient de Pologne, d’Espagne, d’Italie. Tout le monde connaissait la Marseillaise par cœur. En 1939, les parents des enfants étrangers s’engageaient dans l’armée française. Ils savaient qu’en défendant la France, ils se battaient contre le fascisme et l’hitlérisme. Devant les pelotons d’exécution de l’Occupation, nombre de Résistants français «de souche» ou immigrés mouraient en chantant la Marseillaise. Et en Pologne ou en Yougoslavie, les opposants aux régimes fascisants chantaient eux aussi la Marseillaise en version vernaculaire. C’était considéré par les flics comme un chant séditieux. Or, que vois-je en triant mes vieux journaux avant de les envoyer au recyclage ?

Dans le Figaro daté du 6 novembre 2002, un petit activiste vert (de gris ?) abusant de sa fonction de maire du 2ème arrondissement de Paris, s’oppose à ce que les enfants des écoles viennent chanter la Marseillaise à l’occasion de la commémoration du 11 Novembre «Moi maire, on ne chantera pas la Marseillaise dans cette mairie» déclarait-il. Alors, que peut-on attendre de nos «jeunes issus de l’immigration» ? Comment leur faire aimer ou au moins respecter cette France qu’un édile résidu de la chienlit déteste ? N’y a-t-il donc personne dans cet arrondissement au cœur de Paris pour remettre ce malotru à sa place ? Il s’appelle, sauf erreur, Jacques Boutault. La relève des Collabos de papa est assurée. Chassez la Marseillaise et vous aurez «Nique ta mère» et autres «Diamsitudes» et «grosssiéritudes». C’est ça la culture à la «Jack Langue». Il est vrai que l’évocation de ces féroces soldats (qui) viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils nos compagnes est une offensante allusion à la barbarie islamiste.

Troisième lieu saint contre premier et seul lieu saint.

Ça faisait quelques semaines que nos grands médias, devenus forts «mesurés» devant les Palestiniens qui s’entretuent, ne trouvaient plus grand-chose à raconter contre Israël. Fort heureusement, ils ont trouvé du grain à moudre dans l’affaire de «l’Esplanade des Mosquées», «troisième lieu saint de l’islam» profané par les juifs. Mais lieu saint pour qui ? Et qu’y a t il sous l’Esplanade des Mosquées ? N’y avait-il pas le Mont du Temple, premier et unique lieu saint des Juifs ? Alors les journalistes dhimmisés et tenus en laisse ayant le choix entre Mont du Temple et Esplanade des mosquées ont fait le choix le mieux payant et le moins risqué.

Voter, c’est choisir entre plusieurs inconvénients.

On ne vote jamais pour celui que l’on aime mais pour le «moins pire». Chaque candidat à la présidence promet mieux que son rival mais aucun ne s’attaque aux problèmes de fond qui ne peuvent être résolus qu’à l’échelle planétaire.

Alors, sachant que la politique étrangère et la défense relèvent du domaine réservé du Président, et qu’aucun des candidats ne le remet en cause, la discrétion dont ils font preuve face aux problèmes majeurs à l’échelle planétaire, tels que la menace islamiste tant chiite que sunnite, le dumping et le protectionnisme chinois, la croissance démographique exponentielle, les mouvements migratoires, sans oublier, conformisme oblige, le «réchauffement climatique», même si ce phénomène, alternant sur des périodes longues avec le refroidissement, est aussi vieux que notre planète bleue. Raisonner à l’échelle de la France, c’est bien, mais aucun plan, aucune promesse même sincère, mais déconnectée de la réalité mondiale, n’a d’avenir. Sans doute nos candidats pensent-ils que les Français sont incapables de comprendre des problèmes qui ne sont pas à leur échelle de perception. Les électeurs montrent pourtant que, raisonnant plus loin que leur budget personnel, ils comprennent bien la nécessité de tenir compte de la dette publique dans tous les programmes. Mais ne soyons pas trop sévères : il sera déjà difficile de traduire les promesses électorales dans les faits, alors comment prendre des engagements à l’échelle planétaire alors que le peuple français ne pèse que pour 1% à peine dans la population mondiale et à peine plus dans le concert cacophonique et discordant des nations.

Nous avons encore des cartes à jouer dans le monde mais, pour ce faire, restons nous mêmes et commençons par sauver ce qui reste exemplaire dans notre pays. La laïcité par exemple.

Voilà un mot qui recouvre une notion sans équivalent dans d’autres pays. Les Anglo-saxons comme les Allemands le traduisent par «temporal», temporel, ce qui n’est pas exactement la même chose.

Laïcité, combats avec tes défenseurs.

Or, quand on touche à la laïcité qui est l’un des fondements de l’identité française, nous nous heurtons au «plus pire». C’est ce que nous pouvons à bon droit reprocher à Sarkozy. Il est clair que sous couvert d’une discutable et inquiétante «discrimination positive» propre, à l’en croire, à acheter la paix et quelques voix dans les quartiers «sensibles» et réduire le nombre de voitures calcinées, il ne cache pas son intention de contourner en faveur de l’islam le plus rétrograde les dispositions pourtant sans équivoque de la Loi de 1905 qui interdit tout financement public en faveur de quelque religion que ce soit.

Et quelle valeur accorde-t-il à la citoyenneté lorsqu’il propose, comme sa Royal rivale, le droit de vote aux étrangers ? Est-ce faire preuve de xénophobie que de soutenir que le vote, à quelque échelon que ce soit, est un acte citoyen justement réservé aux citoyens ? Les «politicouillards» de droite et de gauche croient nous rassurer en soutenant qu’il ne s’agit que d’élections locales. Mais une élection locale est-elle un acte politiquement neutre au regard de l’échelon national ? Regardons la quête de signatures auprès des maires à laquelle se livrent les candidats à la présidence de la République ? On est en train de dépouiller les citoyens de toute leur spécificité. Que reste-t-il au citoyen déjà dépouillé de toute priorité en matière d’emploi et de logement social ? Deviendrait-il plus avantageux en France d’être étranger que français ? Au point que maints jeunes actifs et créatifs préfèrent être étrangers chez les Canadiens, les Anglais, les Américains que Français en France.

Les maîtres chanteurs

C’est parce qu’elle est une femme que non seulement la droite mais une partie de la gauche et du PS la rejette. C’est du moins ce que Royal nous couine.

Autrement dit, nous sommes sommés de voter Ségolène pour échapper à l’enfer du machisme. La prochaine fois, on aura le même numéro avec un «indigène de la République». Qui ne votera pas pour lui sera catalogué raciste et, pire, islamophobe. De ce côté-là, nos «ennemis» américains, qu’il est politiquement correct de dénigrer quoi qu’ils fassent, font preuve de moins de complexes et surtout d’aucune tendance à l’auto flagellation. Ce qui n’empêche pas les «afro-américains» d’accéder aux postes les plus élevés dans l’état major et dans la diplomatie et un homme «de couleur» de briguer la présidence des États-Unis. Non pas parce qu’il est issu d’une «minorité raciale visible» mais tout simplement en tant que membre du parti démocrate et parce qu’il prouve sa valeur.

Entraînons-nous à prononcer Gourbangouly Berdymoughammedov.

C’est le nom du nouveau maître du Turkménistan, élu «démocratiquement» après la mort de l’irremplaçable, génial et immortel Saparmourat Niazou, Saparmourat Turkmenbachi le Grand. Vous savez (moi je l’ignorais) qu’il était l’ auteur du Roukhnama, recueil politico spiritualiste que tous les écoliers du cru doivent apprendre par cœur. Ces monstres surréalistes que le stalinisme a engendrés appartiennent à la famille de la gauche. La gauche, c’est bon, c’est beau, la droite, c’est bien vilain, du moins dans la philosophie dichotomique de la Royal Ségolène.

L’ordre juste du PS

Tout le monde en est convaincu, du moins dans la pensée hémiplégique de gauche, que le capitalisme avec son libéralisme, c’est l’inégalité tandis que le socialisme, c’est la réduction des écarts entre les nantis et les travailleurs, entre riches et pauvres. L’ordritude juste en somme. Mais «un dictionnaire sans exemples étant un squelette», voyons un peu comment cette égalité se concrétise dans la plus grande société égalitaire et d’ordre juste du monde dont Ségolène admire le fonctionnement de la justice : la Chine avec ses 1,3 milliards d’heureux bénéficiaires du «socialisme». Dans ce paradis du prolétariat, les 20 % de Chinois les plus pauvres se «partagent» 4,7 % du revenu national, ne laissant que 51% aux 20% de leurs concitoyens les plus riches. Mais les supporters de la Royal préfèrent dénoncer les bénéfices conjoncturels «scandaleux» du groupe pétrolier Total. Vous avez certainement constaté que, pour boycotter Total, tous les socialistes, à commencer par Ségolène et tous les éléphants du Parti qui donnent l’exemple, ne se déplacent désormais qu’à bicyclette ou en rollers pour boycotter avions et bagnoles qui non seulement polluent, mais enrichissent les milliardaires du pétrole. L’argent ainsi économisé alimentera l’ordre juste. On peut toujours rêver

Les campeurs de Don Quichotte

Nul homme sensé et sensible ne peut rester indifférent aux sans-abri, ce scandale qui conduit à traiter avec plus d’égards des délinquants, des escrocs et des criminels emprisonnés que des hommes et des femmes dont la pauvreté est le seul «crime». Faut-il donc commettre un assassinat ou un hold-up pour avoir droit à un abri même derrière les barreaux ? Mais faut-il aussi que les sans-abri servent de figurants d’un spectacle permanent mis en scène par Augustin Legrand, un pro de la scène ?

Le problème des naufragés de la vie ne résulte pas forcément d’un ordre injuste. Autrement ce serait simple à résoudre. J’entends ce comédien talentueux nous déclamer que ces malheureux, que la société a marginalisés, n’ont d’autres dérivatifs que l’alcool et la drogue (dont le coût suffirait pourtant à payer un loyer). Et si, pour nombre d’entre eux, on inversait les données ? C'est-à-dire que c’est l’alcool et la drogue qui les a jetés dans la rue et non la rue qui les a fait sombrer dans l’alcool et la drogue? Pour ceux-là leur problème ne relève pas du logement mais de l’hôpital ou de l’asile psychiatrique. Constatons aussi qu’au fur et à mesure que des «campeurs» sont logés, leurs tentes sont aussitôt occupées par des nouveaux venus. Nul ne prétend qu’il ne faut pas les aider, mais en ajoutant l’immigration effrénée qui se poursuit avec au bas mot plus de 300 000 entrées par an, majoritairement sans qualification professionnelle, le réservoir de sans abri devient intarissable.

Dans l’état actuel des choses, ce problème reste sans issue, la seule chose que les Donquichottistes aient réussi, c’est de faire peser sur nos consciences une culpabilité de plus. Au point où nous en sommes… De sorte qu’être à la rue donne désormais un droit «opposable» au logement, logements que nombre d’ayants droit insolvables ne paieront jamais, laissant ce soin aux impôts et charges sociales versés par des jeunes couples ou individus à revenus modestes, logés fort mal et sans intimité chez des parents et qui, n’ayant aucun droit à «opposer», attendent vainement sur une interminable liste d’attente l’attribution d’un logement social normalement prévu pour eux qui leur permettra de vivre leur vie de couple et de fonder une famille. Dans la ségolénitude, ça s’appelle un ordre juste. Alors je demande humblement pardon d’avoir une vision réactionnaire des choses.


André Dufour pour LibertyVox


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© André Dufour pour LibertyVox - Article paru le 25/02/2007 Imprimer cet article
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25.2.07

OPERATION MILITAIRE A SHEHEM

Vaste opération militaire à Shehem: deux soldats blessés
Claire Dana Picard
dimanche 25 février 2007 - 14:03


soldats21.jpgLes forces de sécurité ont entamé dimanche matin, à l’aube, une vaste opération dans la ville de Shehem, en Samarie, en vue de localiser des terroristes recherchés depuis un certain temps par les autorités. D’après le témoignage de Palestiniens sur place, des dizaines de jeeps militaires, de véhicules blindés et de bulldozers ont pénétré dans la ville où Tsahal a imposé immédiatement le couvre-feu.

Au cours de cette intervention, deux soldats ont été légèrement blessés par une charge explosive lancée sur leur unité. Toujours d’après les Palestiniens, les forces israéliennes ont notamment encerclé un hôpital de la ville et ont installé des barrages routiers dans le centre de la cité arabe.

Tsahal a confirmé ces informations en soulignant que cette action avait été réalisée pour permettre l’arrestation de terroristes et la découverte d’armes clandestines.

L’agence de presse palestinienne Maan a ajouté que les soldats avaient cerné un immeuble d’habitations situé dans l’ouest de la ville et avaient arrêté sur place six Palestiniens suspects. Des échanges de tirs ont eu lieu pendant l’action de Tsahal mais on ne déplore fort heureusement aucune victime dans le camp israélien.

Il s’agit en fait de la poursuite de l’opération, entamée dans la journée de samedi (Shabbat). Une patrouille avait alors découvert, en début de matinée, un atelier de fabrication d’armes servant notamment à la préparation d’explosifs. Des artificiers de Tsahal avaient alors réussi à neutraliser les charges à temps.

Les hauts responsables sécuritaires ont tenu à préciser, à cette occasion, que depuis le début de l’année 2006, les forces de l’armée israélienne opérant en Judée-Samarie avaient découvert ainsi sept ateliers de ce type dans la région.

TEXTE REPRIS DU SITE AROUTS SHEVA

LES PREDICATEURS MUSULMANS POURSUIVENT LEURS PROVOCATIONS



LES NAZISLAMISTES
Claire Dana Picard
dimanche 25 février 2007 - 09:00


Sous le nez des autorités, les prédicateurs musulmans poursuivent impunément leurs provocations dans les discours qu’ils prononcent devant leurs fidèles. C’est ce qu’a fait, une fois de plus, le Cheikh Ikrima Sabri, mufti de Jérusalem. Ce dernier, qui rappelons-le a été nommé à ce poste par l’Autorité palestinienne, a incité le public musulman à "ne pas se décourager et à s’opposer aux démarches de l’occupant en défendant Jérusalem".

Dans le prêche qu’il a prononcé vendredi dernier, 23 février, à la Mosquée d’Al Aksa, Sabri a expliqué notamment que "ce qui se passait actuellement s’inscrivait dans le cadre de la guerre cruelle que menaient les opposants à l’occupation". Il a poursuivi en ces termes : "Cette guerre se poursuivra jusqu’au jour du jugement".

Sabri a poursuivi son discours en dénonçant avec virulence les mesures prises par les forces de sécurité israéliennes qui ont limité l’entrée des fidèles sur le Har Habayit afin d’éviter de nouvelles émeutes sur le site. Il a prétendu qu’Israël, en continuant pour le 17e jour consécutif ses travaux sur le Mont du Temple, cherchait à "porter atteinte aux biens du Waqf et aux vestiges archéologiques musulmans trouvés sur les lieux".

S’adressant ensuite aux autorités israéliennes, Sabri a réclamé l’arrêt des travaux de réfection réalisés sur le site en prétendant qu’il s’agissait d’un "acte d’agression contre la Mosquée Al Aksa et le Waqf musulman". Il a en outre exigé que la direction du chantier soit confiée au Waqf, "seul responsable attitré du site" selon lui.

Ces travaux suscitent également des réactions à l’étranger. Après l’ingérence de la Turquie, qui a annoncé au Premier ministre Ehoud Olmert, lors de sa visite, qu’elle enverrait des observateurs, c’est le tour de l’Unesco de s’immiscer dans cette affaire. Quatre experts de cette organisation de l’Onu devraient être expédiés prochainement à Jérusalem pour "superviser les fouilles réalisées près de la porte des Maghrébins". A l’issue de leur mission, ils devraient présenter leur rapport au directeur général de l’Unesco Koïchiro Matsuura.

RAPPORTS SUR LES PROGRES NUCLEAIRES DE L'IRAN

Récemment, les médias iraniens ont cité des sources occidentales sur l'accélération des activités nucléaires iraniennes. Il convient de noter que jusqu'à présent, le régime syrien n'a ni confirmé, ni nié ces rapports.

Les neuf tonnes de gaz UF6 amenées à Natanz pourraient être utilisées pour une bombe atomique

Le 20 février 2007, l'Agence de presse conservatrice iranienne Aftab a déclaré, dans un rapport attribué à des sources occidentales, que l'Iran avait "au début du mois, transféré un container de neuf tonnes de gaz UF6 aux installations nucléaires de Natanz. S'ils le souhaitent, les Iraniens peuvent [à présent], en se servant de ce gaz, faire fonctionner plusieurs centrifugeuses… Si les neuf tonnes d'UF6 dans ce container sont soumises à l'enrichissement, il sera possible de produire un seule bombe atomique." (1)

Le 20 février 2007, l'agence de presse ISNA rapporte que selon des sources diplomatiques à Vienne, "début février 2007, l'Iran aurait transféré neuf tonnes d'UF6 des installations nucléaires d'Ispahan aux installations nucléaires souterraines de Natanz, où l'installation des centrifugeuses a débuté, le mois dernier." (2)

Le 22 février 2007, le quotidien réformiste en ligne Rooz a écrit que c'était là la bonne nouvelle que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait eu l'intention d'annoncer lors de célébrations consécutives aux "10 jours de Fajr", début février.

Kayhan : Avec "un pas de plus dans son programme nucléaire", l'Iran "forcera le monde à le traiter comme il veut."

Depuis début février, plusieurs rapports parus dans les médias iraniens évoquent une accélération des activités nucléaires. Dans un éditorial du 4 février 2007, le quotidien iranien Kayhan, proche du Guide suprême Ali Khamenei, a affirmé que la nucléarisation de l'Iran était un fait accompli et que l'Occident devait accepter l'idée d'un Iran nucléaire : "Après une période de calme relatif, le dossier nucléaire iranien va connaître des modifications importantes qui ne tarderont pas à influer sur le destin de plusieurs problèmes, avec des résultats déterminants, différents de ceux obtenus dans le passé. L'Iran est sur le point de franchir une nouvelle étape dans son programme nucléaire… [ce qui] obligera le monde à voir l'Iran d'un tout autre œil et à traiter [l'Iran] comme il le souhaite…

Le Conseil de sécurité [de l'ONU] a demandé à l'Iran de suspendre toutes ses activités liées à l'enrichissement, mais les ingénieurs iraniens des [installations nucléaires] souterraines de Natanz s'apprêtent à installer 3 000 centrifuges. Quelle que soit la réaction occidentale, dans quelques mois [le programme nucléaire iranien] sera finalement couronné de succès…

L'Iran va imposer ses aspirations nucléaires aux Occidentaux [qui veulent avoir l'exclusivité des programmes nucléaires]. Avec un tant soit peu de logique, les Occidentaux s'apercevront qu'au bout du compte, ils ne peuvent rien et que l'Iran nucléaire est déjà né… Pas un seul commentateur occidental ne croit qu'une attaque militaire pourra complètement stopper le programme nucléaire iranien… [Une telle attaque] ne pourrait qu'encourager Téhéran à poursuivre son programme [nucléaire], avec plus de détermination… L'Occident n'a d'autre choix que d'envisager la vie aux côtés d'un Iran nucléaire…" (3)

"Un Iran nucléaire… est un fait… que les autres doivent accepter afin de sauvegarder leurs intérêts légitimes"

Dans un article du 5 février 2007 paru dans l'hebdomadaire Sobh-e Sadeq, porte-parole du Guide suprême d'Iran Ali Khamenei lu dans le milieu des Gardiens de la Révolution, Yadollah Javani, directeur général du Bureau politique des Gardiens de la Révolution, a évoqué les progrès nucléaires de l'Iran : "…Malgré le succès imaginaire des Américains, remporté avec le renvoi du dossier [nucléaire de l'Iran] au Conseil de sécurité et l'adoption des Résolutions 1696 et 1737, l'inutilité de cette résolution devient plus évidente jour après jour, face à l'opposition de l'Iran et à la poursuite de ses activités nucléaires […] Ainsi, l'Iran nucléaire, puissant et influent parmi les pays de la région […] est un fait et une vérité vivante qui les autres doivent accepter s'ils veulent protéger leurs intérêts légitimes." (4)


(1) Aftab, Iran, le 20 février 2007
(2) ISNA, Iran, le 20 février 2007
(3) Kayhan, Iran, 4 Février 20007
(4) Sobh-e Sadeq, Iran, le 5 février 2007


TEXTE REPRIS DU SITE MEMRI

24.2.07

CES FRANCAIS SOLDATS D'ISRAEL

23/02/07



- - Thème: Israël




Le Point consacre cette semaine un reportage sur les jeunes juifs français qui quittent leur pays pour vivre en Israël et rejoignent l’armée israélienne, posant la question de leurs motivations et parfois de leur malaise.
Entre autres témoignages, celui de Michel 20 ans, né à Marseille, parti à peine majeur pour Israël : « Je pense à la France tout le temps. J’adore ce pays, mais ce n’est plus le mien. Je sens que la France ne veut plus de moi. C’est elle qui m’a demandé le divorce ! » dit-il sur le ton de la plaisanterie. Pour Michel, le calvaire d’Ilan Halimi est venu renforcer sa détermination et conforter la conviction qu’il n’avait plus rien à faire en France, poursuit l’hebdomadaire.
Autre témoignage, celui d’Eran 30 ans qui s’appelait Grégoire en France. Ce sont Albert Londres, Joseph Kessel et Jacques Derogy qui lui ont donné l’envie de s’installer en Israël et de porter l’uniforme israélien. « Je suis originaire de Montbéliard. J’aime ce coin de France de toutes mes forces et j’y serais attaché jusqu’à mon dernier instant, même si je ne peux plus imaginer d’y vivre. La France, c’est l’endroit où je me sens chez moi. Israël, c’est le pays qui donne un sens à ma vie. En étudiant le sionisme, je me suis rendu compte que le retour des juifs sur leur terre était une des rares belles choses sorties de l’histoire du XXème siècle. La France je ne sais plus où elle va, j’ai un amour désespéré pour la France et un amour plein d’espérance pour Israël. ».
« Ces jeunes Français qui s’engagent dans Tsahal sont-il réellement représentatifs d’un malaise de fond des Juifs ? » « Nul ne le sait » conclut Le Point.

LE PRINCIPAL PROJET ISLAMIQUE CONTEMPORAIN


February 23, 2007


Excessif? Lire l’éditorial de Guy Senbel pour Guysen Israël News:

Mercredi 21 février, répondant à l’appel lancé quelques jours plus tôt par un responsable islamique palestinien, le cheikh Raëd Salah, [menaça] de provoquer une troisième Intifada, imitant ainsi le président iranien, un terroriste palestinien était arrêté dans la ville de Bat Yam et la charge explosive était retrouvée à Rishon Letzion …

Samedi 18 février, le président syrien Bashar Al-Assad se déplaçait en visite officielle à Téhéran pour resserrer les liens d’amitié avec le président iranien Ahmadinejad. Quelques jours plus tard, mercredi 21 février, les effectifs militaires syriens postés à la frontière entre les deux pays étaient renforcés. […]

Au coin de la rue, c’est l’attentat suicide au célèbre “Shouk A-Carmel” que l’on redoute, tandis qu’à Sdérot et dans les kibboutzim du Néguev occidental, ce sont les tirs de Qassam auxquels on ne s’habitue guère. Plus loin, au-delà des frontières d’Israël, c’est le réarmement du Hezbollah que l’on observe, le renforcement des commandements militaires syriens et leur rapprochement aux frontières israéliennes que l’on rapporte, la course à l’influence iranienne que l’on combat, parfois aux portes d’Israël. Rappelons que c’est à l’Université islamique de Gaza que sept experts militaires iraniens ont été arrêtés il y a deux semaines. […]

Faut-il attendre que le programme nucléaire iranien soit beaucoup plus avancé pour qu’une action militaire devienne crédible? Faut-il attendre que le Hezbollah soit plus menaçant encore, faut-il que le Djihad islamique prépare d’autres attentats, faut-il que l’Irak s’embrase pour comprendre que Téhéran joue une carte stratégique de premier ordre. Par son soutien au terrorisme et à son financement, l’Iran multiplie les fronts, et provoque les conflits. […]

Le Proche Orient a changé. Si des pays arabes ont choisi la voie de la terreur et du totalitarisme, d’autres sont engagés dans la voie du dialogue et de la modération: l’Egypte, la Jordanie, le Qatar, la Tunisie, la Mauritanie, et puis le Maroc, qu’une équipe de reporters de Guysen TV a visité cette semaine, dans le cadre de la rencontre et de la découverte des deux mille derniers juifs marocains. Ils nous ont réservé un accueil exceptionnel. Grâce leur soit rendue.

Consulter les éléments qui corroborent la thèse de la menace iranienne actuelle sur Israël dans ce communiqué de presse de The Israel Project.

Et surtout reconsidérer les liens unissant l’islamisme, le nazisme et le palestinianisme.
February 23rd 2007 Posted to Islam

TEXTE REPRIS DU SITE AJ MAIRET
VOICI LES LIENS VERS DEUX VIDEOS A VOIR ET A DIFFUSER :

http://www.terrorismawareness.org/islamic-mein-kampf/

http://www.terrorismawareness.org/know-about-jihad/

IRAN-USA : UNE NOUVELLE ETAPE DANS LA GUERRE D'USURE

24.02.2007

A la veille de la publication du rapport d’El Baradei, l’émissaire du Guide Suprême avait adressé un message doucereux aux décideurs français dans le quotidien Le Monde. Dans notre analyse de ses propos nous avions signalé qu’il y avait là des menaces précises et une volonté de gagner du temps, contrairement à de nombreux journalistes français qui pensent que les mollahs gagnent du temps pour mettre au point une bombe nucléaire ; nous pensons que ces délais leur permettent d’intensifier leurs actions terroristes en Irak (Notes n°1).

L’objectif est de contraindre Bush à reconnaître le rôle régional des mollahs. Il y a une guerre d’usure qui se déroule actuellement en Irak entre les mollahs et les Etats-Unis. Cette intensification s’est concrétisée par deux modifications techniques : une plus grande utilisation de lance-roquettes pour abattre des hélicoptères et l’utilisation de gaz chlorés pour augmenter le pouvoir létal des bombes dans les attentats contre les civils.

Adrien Jaulmes, ex-correspondant du Figaro à Beyrouth, a consacré un article à ces bombes chimiques en prenant le soin de n’établir aucun lien entre les terroristes irakiens et les mollahs qui les financent.

Le Figaro : Le terrorisme chimique fait son apparition en Irak

Une nouvelle arme de terreur est entrée dans l’arsenal de l’insurrection sunnite. Mercredi, les survivants de l’explosion d’un camion piégé sur un marché de Bayaa, quartier du sud-ouest de Bagdad, ont vu se répandre une fumée jaune quelques instants après la déflagration, avant d’être pris de nausées. Vraisemblablement empoisonnées par des vapeurs toxiques de chlore, entre trente-cinq et soixante-dix personnes ont été hospitalisées, victimes qui s’ajoutent aux blessés et aux six morts dus à l’explosion.

C’est la troisième fois que l’insurrection sunnite a recours à ces nouvelles bombes chimiques artisanales, conçues pour multiplier les victimes des attentats aux véhicules piégés. Des bombonnes de chlore sont placées dans des camions et répandent leur contenu au moment de l’explosion.

Cette arme chimique improvisée avait déjà été utilisée mardi, quand un autre camion piégé avait explosé près d’un restaurant, à Taji, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bagdad. Victimes de l’explosion ou des mêmes vapeurs jaunâtres, cinq personnes avaient été tuées, et 140 autres hospitalisées, dont de nombreux enfants.

La première utilisation de cette nouvelle arme remonterait au mois dernier. Un camion-citerne avait explosé dans la ville de Ramadi, l’un des bastions des insurgés sunnites, dégageant des émanations de chlore. Facile à se procurer en Irak, où l’eau courante n’est pas potable et où il est utilisé comme désinfectant, le chlore a été l’un des premiers gaz de combat utilisés pendant la Première Guerre mondiale, avant que d’autres toxiques ne soient mis au point.

Corps mutilés

C’est une nouvelle escalade dans la campagne de terreur contre des cibles civiles irakiennes menée par l’insurrection sunnite, qui puise dans un réservoir semblant inépuisable de candidats anonymes au suicide, pour perpétrer des attentats contre leurs propres compatriotes.

Ces nouveaux attentats interviennent malgré le déploiement de milliers de soldats irakiens et américains dans les rues de Bagdad, dans le cadre d’un plan de sécurité destiné à enrayer la terreur interconfessionnelle qui déchire la capitale. Après une diminution au cours des derniers jours, le nombre de corps mutilés et torturés retrouvés chaque matin dans les rues de Bagdad, victimes des insurgés radicaux sunnites ou des escadrons de la mort chiites, a de nouveau augmenté. Une vingtaine de cadavres méconnaissables, ligotés et torturés avant d’être achevés d’une balle dans la nuque, ont été encore retrouvés hier. Mais les voitures piégées restent plus difficiles à déjouer, sauf à interdire totalement la circulation des véhicules dans une ville de près de 6 millions d’habitants.

WWW.IRAN-RESIST.ORG

23.2.07

LA PRESSE PALESTINIENNE REVENDIQUE LA SOUVERAINETE SUR JERUSALEM

23 février 2007 - Bertrand Ramas-Muhlbach

« Al Ooufok » se présente comme le site du « mouvement démocratique arabe dédié à l’intifada », dans la mesure où les nobles valeurs défendues par le support, en l’occurrence la lutte contre l’ennemi sioniste, s’expriment à travers des messages qui respectent la règle démocratique. En réalité, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un instrument de propagande anti israélienne.

Ainsi, vendredi 9 février 2007, le site a publié un article au titre évocateur sur les travaux entrepris à Jérusalem : « Occupation : fouilles archéologiques au mépris de la souveraineté des lieux ». Ce document qui martèle sans plus finir que Jérusalem fait l’objet d’une « occupation » (I) ne manque pas de déplorer l’impuissance du légitime propriétaire des lieux (II).

I L’INCESSANT RECOURS A LA NOTION D’ « AUTORITE D’OCCUPATION »

L’article, relativement court, traite des travaux entrepris à Jérusalem à l’origine des émeutes du mois de février 2007 mais, en dépit de sa taille, l’expression « autorité d’occupation » est reprise dans le texte de façon ininterrompue.

Tout d’abord, le titre lui-même comprend le terme « occupation » et pour ne pas oublier qu’il s’agit du thème central exposé par le propos, l’auteur reprend l’expression de manière systématique. Ainsi, la décision de construire une passerelle menant à la porte des Maghrébins a été prise par « l’autorité d’occupation », les restrictions tenant aux modalités de circulation sur le Mont du Temple ont été imposées par « l’autorité d’occupation » et ce, en dépit de la vague de protestation résultant du renforcement de la présence policière de « l’autorité d’occupation ».

Le document rappelle les propos de Adnan Husseini, directeur du Waqf, selon lequel cette rampe appartient aux lieux saints, et fait état de ses plaintes contre les fouilles permanentes effectuées par « l’autorité d’occupation » même si Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères de « l’autorité d’occupation », a tenté de rassurer sur l’absence de dangerosité de ces travaux pour la mosquée Al Aqsa.

Pour leur part, les israéliens n’ont tiré aucune leçon de l’histoire car déjà, en 1996, le creusement d’un tunnel archéologique avait entraîné des affrontements violents entre les palestiniens et « les forces de l’occupation », soldés par 76 morts. De même, la visite d’Ariel Sharon sur l’esplanade avait conduit au déclenchement de la seconde intifada.

La deuxième partie de l’article intitulée « Heurts entre policiers de « l’autorité d’occupation » et les manifestants palestiniens à Jérusalem-Est », liste les dégâts tels qu’ils ont été rapportés par la « police de l’autorité d’occupation » à la suite des grenades lancées par « Les forces de l’ordre de l’autorité d’occupation » pour disperser les fidèles musulmans qui lançaient des pierres en signe de protestation.

Bien évidemment, malgré l’absence de dangerosité des fouilles, avancée par « l’autorité d’occupation », la Malaisie, Présidente en exercice de l’Organisation de la Conférence islamique, a, une nouvelle fois, appelé « l’autorité d’occupation » à mettre fin à ces travaux.

« Le porte parole de l’autorité d’occupation » communiquera le bilan des incidents (15 policiers et 9 manifestants légèrement blessés) même si, selon les estimations de « la police de l’autorité d’occupation », 9000 fidèles sont venus prier dans l’édifice religieux alors que les policiers tentaient, selon Micky Rosenfeld, porte-parole de « la police de l’autorité d’occupation », de disperser avec prudence les manifestants.

Notons enfin que pour éviter de laisser entendre que l’occupation ne concernerait que Jérusalem, le texte rappelle que les unités de police « de l’autorité d’occupation » ont été déployées dans le nord du pays pour faire face à d’éventuels débordements à l’occasion de la manifestation prévue à Nazareth. De plus, à Hébron, « en Cisjordanie occupée », des témoins ont rapporté que « l’armée d’occupation » avait bouclé le centre de la ville...

La technique rédactionnelle employée est intéressante à plusieurs égards :

Tout d’abord, la répétition incessante du terme « autorité d’occupation » permet de convaincre les palestiniens qu’ils sont bien victimes d’une occupation pour ceux qui n’en aurait pas la certitude.

En outre, le caractère autoritaire de la répétition, assimilable à un matraquage intellectuel, évite d’avoir à préciser ce qui est occupé et par qui.

Enfin, le caractère tout à fait singulier de la communication a pour effet de priver les palestiniens de discernement puisque la finalité est peut être de les amener « à se faire exploser » pour la cause palestinienne, sans fournir trop de précisions.

En tout état de cause, les palestiniens ne sont pas isolés même si le véritable propriétaire est impuissant face à l’occupant.

II L’IMPUISSANCE DU PROPRIETAIRE LEGITIME

Le second message de l’article concerne l’impuissance du propriétaire légitime des lieux face à l’autoritarisme insensé de l’occupant. Pour ce faire, l’auteur a parsemé son texte d’anecdotes tout à fait subtiles.

Tout d’abord, les palestiniens subissent la décision autoritaire de « l’autorité d’occupation » qui a décidé de remplacer une passerelle pour des motifs tout fait mineurs puisque celle-ci « aurait » été fragilisée par une tempête survenue il y a trois ans, d’une part, et un « léger » tremblement de terre d’autre part.

Par ailleurs, la violence de la méthode résulte de l’absence de consultation du Waqf, office des biens religieux chargé de la garde des lieux saints, dont les représentants ont pourtant affirmé que les travaux risquaient de fragiliser la mosquée Al Aqsa (la Sainte).

Ce procédé traduit encore l’attitude irrespectueuse de « l’autorité d’occupation » à l’égard des lieux saints et son caractère mécréant.

Ainsi, le véritable propriétaire des lieux est discrètement présenté comme étant la nation arabe puisque les travaux ont déclenché un concert de protestation dans les « capitales arabes » et évidemment, l’indignation du roi Abdallah de Jordanie, « qui a autorité sur les lieux saints », face à cette atteinte aux sites musulmans.

Naturellement, le directeur du Waqf a condamné cette injuste violation du site puisque les travaux inutiles mettent en danger les fondations du site alors que lui n’a même pas la « permission d’apporter un sac de ciment » pour effectuer des travaux nécessaires. Il s’est également indigné d’avoir à subir le diktat de l’autorité d’occupation alors que « Jérusalem appartient à tout le monde et devrait être ouvert à tout le monde ».

L’autorité d’occupation est néanmoins bien consciente de la nécessité de s’en rapporter au véritable maître des lieux puisque Gidéon Avni, directeur des fouilles, a confirmé que le Waqf pourrait venir voir les travaux.

Il n’en demeure pas moins un profond déséquilibre des forces entre les policiers de « l’autorité d’occupation » et les fidèles musulmans venus prier à la mosquée Al Aqsa. Des grenades assourdissantes ont d’ailleurs été utilisées pour disperser les fidèles musulmans qui lançaient des pierres en signe de protestation.

L’illégitimité de l’occupant se déduit également de l’appel, par les responsables musulmans (telle la Malaisie, présidente de l’Organisation de la Conférence Islamique), à manifester contre les fouilles qui menacent le troisième lieu saint de l’Islam alors que pour sa part, l’autorité d’occupation ne cherche qu’à mettre à l’abri « d’éventuelles trouvailles archéologiques », sans véritable intérêt.

Finalement, l’absurde décision s’est soldée par des blessés, des personnes arrêtées, des dizaines de fidèles bloqués dans l’édifice religieux (en raison des affrontements sur le site appelé par les musulmans Al Haram Al Charif) ou encore des intoxications par inhalations de gaz lacrymogène.
L’article peut alors se terminer, comme tous les textes publiés sur AL OUFOK, par une invitation à signer la pétition « Non au terrorisme de l’État d’Israël contre les peuples Palestinien et Libanais »....

Le second message de l’article est également intéressant puisqu’il rassure les palestiniens qui ne sont pas seuls à devoir subir cette injustice et cette atteinte aux lieux saints de l’Islam, mais sont suivis par l’ensemble du monde arabe.

A cet égard, le texte mélange habilement la notion de peuple palestinien autonome et sont intégration dans le monde arabes comme s’il en était un sous ensemble.

Et c’est là le véritable problème que soulève la question palestinienne.

Sur un plan international, il est revendiqué l’application d’un principe admis selon lequel « les peuples ont le droit de disposer d’eux même » alors qu’en réalité, les populations palestiniennes sont considérées par les dirigeants du monde arabe comme une partie intégrante de la grande nation arabe sans spécificité aucune. D’ailleurs, l’autorité sur Jérusalem ne revient pas aux palestiniens mais bien au Roi de Jordanie qui l’exerce sur les lieux saints.

Comme le bon sens fini toujours par l’emporter, espérons qu’un jour vienne où les palestiniens cesseront d’être pris pour des imbéciles et d’être instrumentalisés sous couvert d’une application des droits de l’homme


Occupation : "Fouilles archéologiques au mépris de la souveraineté des lieux"
Al-Oufok - vendredi 9 février 2007.

Une nouvelle fois, l’esplanade des Mosquées de Jérusalem fait l’objet d’un regain de tension. A l’origine de ce nouvel accès de fièvre, la décision prise par l’autorité d’occupation de construire une nouvelle passerelle conduisant à la porte des Maghrébins pour remplacer l’actuelle, en bois, qui aurait été fragilisée par une tempête de neige et un léger tremblement de terre en 2004.
Afin de planter des nouveaux piliers, des bulldozers se sont attaqués à une énorme butte de terre au pied de la mosquée Al-Aqsa.
Ces travaux ont été entrepris sans consulter le Waqf, l’office des biens religieux, chargé de la garde des lieux saints. Ses représentants affirment que deux salles souterraines rattachées aux mosquées sont sous le monticule et que ces travaux vont fragiliser les soubassements de la mosquée Al-Aqsa.
La vue des bulldozers et les restrictions décidées par l’autorité d’occupation pour l’accès à l’esplanade ont immédiatement soulevé un concert de protestations dans toutes les capitales arabes. Le roi Abdallah de Jordanie, qui a autorité sur les lieux saints s’est indigné de cette "atteinte aux sites musulmans".
Des manifestations ont déjà eu lieu à Gaza, en Cisjordanie et dans le monde arabe. L’autorité d’occupation a considérablement renforcé la présence de sa police dans la veille ville de Jérusalem. Pour Adnan Husseini, directeur du Waqf, cette rampe appartient aux lieux saints et la nouvelle construction envisagée est une "violation" du site. Il se plaint des fouilles permanentes effectuées par l’autorité d’occupation, "qui mettent en danger les fondations alors que l’on n’a pas la permission d’apporter un sac de ciment et d’entreprendre des réparations". "Mes lettres à la mairie de Jérusalem restent sans réponse."
"Nous sommes constamment soumis aux diktats de la police alors que Jérusalem appartient à tout le monde et devrait être ouverte à tout le monde", s’indigne-il.
Pour Tzipi Livni, la ministre des affaires étrangères de l’autorité d’occupation, "les travaux ne sont pas susceptibles d’endommager les murs romains de l’esplanade qui sont solidement chevillés au rocher". Quant à Gidéon Avni, le directeur des fouilles, il a déclaré : "Nous ne cachons rien. Le Waqf pourra venir voir les résultats."
En 1996, l’ouverture d’un tunnel archéologique avait entraîné des affrontements violents entre Palestiniens et forces d’occupation qui s’étaient soldés par 76 morts. La deuxième intifada a éclaté en 2000 après une visite de l’esplanade d’Ariel Sharon.

Heurts entre policiers de l’autorité d’occupation et manifestants palestiniens à Jérusalem-Est

Des incidents entre policiers et fidèles musulmans ont fait plusieurs dizaines de blessés légers sur l’Esplanade des mosquées, à Jérusalem-Est après les prières du vendredi 09 février 2007 à la mosquée Al Aksa, a déclaré la police de l’autorité d’occupation.
Les "forces de l’ordre" de l’autorité d’occupation sont intervenues pour disperser à l’aide de grenades assourdissantes des fidèles musulmans qui lançaient des pierres pour protester contre des travaux près de ce site.
Des responsables musulmans avaient appelé à manifester contre des fouilles effectuées en contrebas de l’Esplanade des Mosquées, où se trouve la mosquée Al Aksa, troisième lieu saint de l’islam. Les pays arabes craignent que ces travaux endommagent les fondations de la mosquée.
L’autorité d’occupation assure que l’édifice ne souffrira pas de fouilles visant à mettre à l’abri, comme l’exige la loi, d’éventuelles trouvailles archéologiques avant d’entamer la construction d’une passerelle piétonne menant au site.
La Malaisie, présidente en exercice de l’Organisation de la Conférence islamique, a une nouvelle fois appelé vendredi l’autorité d’occupation à mettre fin à ces travaux.
Un porte-parole de la police de l’autorité d’occupationa fait état de 15 policiers et de neuf manifestants légèrement blessés. Dix-sept personnes ont été arrêtées, notamment dans les rues à l’extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem.
La police de l’autorité d’occupation estime que 9.000 fidèles ont prié vendredi dans la mosquée Al Aksa. Des dizaines de musulmans ont été bloqués dans l’édifice religieux en raison des affrontements sur le site appelé aussi par les musulmans Al Haram al Charif.
"La police a utilisé des grenades assourdissantes et contrôle entièrement le Mont du Temple. Les policiers tentent avec prudence de disperser les manifestants", a déclaré Micky Rosenfeld, porte-parole de la police de l’autorité d’occupation.
Il a démenti les informations de la radio israélienne sur l’utilisation de balles en caoutchouc.
Seuls les femmes et les hommes âgés de plus de 45 ans avaient été autorisés à participer à ces prières en raison des risques d’émeutes.
Des unités de police de l’autorité d’occupationont en outre été déployées dans le nord du pays pour faire face à d’éventuels débordements lors d’une grande manifestation prévue dans le courant de la journée à Nazareth.
A Hébron, en Cisjordanie occupée, des témoins ont rapporté que l’armée d’occupation avait bouclé le centre de la ville après que des jeunes eurent jeté des pierres et incendié des pneus. Trois personnes ont été hospitalisées pour inhalation de gaz lacrymogène.

PÉTITION

Non au terrorisme de l’État d’Israël contre les peuples Palestinien et Libanais.... !!!??

ANTISEMITISME ARABE....

Antisémitisme arabe:
Attention, un négationnisme peut en cacher un autre!

SatloffLa négation du génocide est la phase ultime du génocide ; c’est ce qu’Elie Wiesel a appelé ‘un double meurtre’. Deborah Lipstadt

Comme d’habitude, l’intérêt des polémiques, c’est ce qu’elles révèlent sur ce qui passe habituellement pour la normalité.

Ainsi celle que soulève cette démarche, signalée le mois dernier dans Haaretz, de l’historien et directeur du Washington Institute for Near East Policy Robert Satloff (dont nous avions déjà signalé l’ouvrage), qui propose de rechercher des Arabes ayant sauvé des juifs du génocide nazi en vue d’une reconnaissance officielle (comme “Justes parmi les nations”) par le Musée Yad Vashem de Jérusalem.

Et qui, au-delà d’une certaine “naïveté” sur les effets escomptés (voir ci-dessous la critique de l’historienne américaine Deborah Lipstadt), a le mérite de faire découvrir jusqu’où peut se nicher le négationnisme : jusqu’à nier l’existence de… sauveurs de juifs arabes!

Car s’il est de notoriété publique qu’en dehors de quelques exemples isolés (comme le souverain marocain, Mohammed V, qui a refusé de livrer “ses” juifs à Vichy), les Arabes en général ont pour la plupart (comme les Européens d’ailleurs) montré la plus grande indifférence (quand ils n’y ont pas activement participé) aux discriminations et à la déportation des Juifs, il est vrai qu’on a peu d’histoires précises de ces Arabes qui ont protégé ou sauvé leurs amis ou voisins.

D’où l’intérêt de sa démarche (notamment à l’occasion de son enquête sur un Tunisien qui aurait caché plusieurs dizaines de Juifs pendant la dernière guerre), qui, tout en servant de confirmation de la réalité du génocide et de démenti de l’idée courante que toute action était impossible, fait justement toucher du doigt l’hostilité et la véritable conspiration du silence qui entourent actuellement ce genre de révélations, en particulier pour les descendants qui y voient une atteinte à la réputation de leur famille.

Extraits:

Plus de 21.000 Justes parmi les Nations ont été identifiés jusqu’ici, dont environ 60 musulmans qui ont effectivement sauvé des Juifs. Ils sont pour la plupart d’entre eux originaires de Bosnie et d’Albanie : il n’y a pas un seul Arabe parmi eux.

les Arabes n’ont pas voulu être identifiés. J’ai l’impression qu’à partir d’un certain moment, il est devenu inadmissible qu’un Arabe ait sauvé des Juifs. Trop de gens réagissaient négativement en apprenant que leurs parents avaient pu sauver des Juifs.

Satloff estime que les méthodes traditionnelles d’enseignement de l’holocauste “ont fait faillite” dans le monde arabe. “J’ai recherché une nouvelle approche, et j’ai pensé que si l’on trouvait des Arabes qui avaient sauvé des juifs au cours de l’holocauste, ce serait la réponse la plus parlante à la négation de l’holocauste.”

Le professeur Deborah Lipstadt estime par exemple que “Satloff est un peu naïf sur ce sujet. Il est étrange que le directeur très respecté du Washington Institute for Near East Policy et l’historien de haut niveau, puisse se convaincre lui-même que l’Histoire puisse servir d’antidote à une haine irrationnelle “.

Un chercheur spécialiste de l’Holocauste propose à Yad Vashem de reconnaître le premier arabe Juste parmi les Nations

Amiram Barkat pour Haaretz mardi 23 Janvier 2007

TEXTE REPRIS DU SITE MEMRI

DE TEHERAN A TEL AVIV , MISERES DU TERRORISME

Editorial de la semaine du 24/02/2007
Par Guy Senbel pour Guysen Israël News
Vendredi 23 février 2007 à 01:43

Cette semaine, nous souhaitons attirer l’attention de nos lecteurs sur la recrudescence des menaces terroristes au Proche Orient et en Israël en particulier. Rarement les journalistes du "fil d’info" de Guysen Israël News n’auront noté autant d’actes terroristes à l’encontre des Israéliens : jets de pierres ou de cocktails Molotov, tentatives de meurtres sur des civils ou des soldats, tentatives d’attentats, appels aux crimes, appels au lancement d’une troisième Intifada…


Mercredi 21 février, répondant à l’appel lancé quelques jours plus tôt par un responsable islamique palestinien, le cheikh Raëd Salah, de provoquer une troisième Intifada, imitant ainsi le président iranien, un terroriste palestinien était arrêté dans la ville de Bat Yam et la charge explosive était retrouvée à Rishon Letzion …

Samedi 18 février, le président syrien Bashar Al-Assad se déplaçait en visite officielle à Téhéran pour resserrer les liens d’amitié avec le président iranien Ahmadinejad. Quelques jours plus tard, mercredi 21 février, les effectifs militaires syriens postés à la frontière entre les deux pays étaient renforcés.

Israël ne vit pas dans la menace de la terreur. Israël vit dans la terreur.

Les peurs du citoyen de Tel Aviv sont des peurs immédiates et des peurs lointaines. Au coin de la rue, c’est l’attentat suicide au célèbre "Shouk A-Carmel" que l’on redoute, tandis qu’à Sdérot et dans les kibboutzim du Néguev occidental, ce sont les tirs de Qassam auxquels on ne s’habitue guère. Plus loin, au-delà des frontières d’Israël, c’est le réarmement du Hezbollah que l’on observe, le renforcement des commandements militaires syriens et leur rapprochement aux frontières israéliennes que l’on rapporte, la course à l’influence iranienne que l’on combat, parfois aux portes d’Israël. Rappelons que c’est à l’Université islamique de Gaza que sept experts militaires iraniens ont été arrêtés il y a deux semaines.

Pour combattre le terrorisme, et tenter de vaincre nos peurs un jour, Israël pointe du doigt les responsabilités de Téhéran dans le réarmement du Hezbollah, le terrorisme palestinien, ou les attentats de Bagdad, et rappelle aux Européens combien il est important de sanctionner le pays qui représente un danger réel et multiplie les provocations.

Alors, comment ne pas s’étonner des timidités européennes, non pas seulement à condamner fermement le régime de Téhéran dans sa course au nucléaire, mais à manifester plus de solidarité à l’égard d’un pays qui lutte contre le terrorisme au prix de sacrifices énormes, Israël. Comment ne pas comprendre que le danger de voir l'Iran agir désormais à sa guise au Moyen-Orient en étant abrité derrière un parapluie nucléaire ? Comment ne pas s’inquiéter davantage pour la survie d’une démocratie, la seule de toute la région ? Comment ne pas s’émouvoir davantage des propos tenus sur la Shoah par Ahmadinejad ?

S’agit-il d’une banalisation de la haine ou d’une indifférence à la misère ?

Parce qu’il est misérable celui qui voit son fils partir à la guerre. Parce qu’il est misérable mon voisin de Netanya qui a perdu sa femme dans un attentat. Parce qu’il est misérable le beyrouthin qui, frappé par un snipper, passera le reste de sa vie dans une chaise roulante.

Il y a la terreur, il y a les misérables.

N’oubliez pas que le terrorisme, c’est l’enfer au coin de la rue.
N’oubliez pas que le terrorisme, c’est la décapitation de Daniel Pearl, avec la photo du petit Mohamed Al-Dura accrochée au mur.
N’oubliez pas que le terrorisme, c’est de vouloir rayer l’Etat juif de la carte.

Jeudi 22 février, le rapport de l’AIEA indique que ''l'Iran n'a pas suspendu ses activités liées à l'enrichissement'' après l'expiration du délai imparti par l’ONU à la République islamique pour le faire. Le Conseil de sécurité adoptera-t-il une nouvelle résolution, renforcera-t-il les sanctions ?

Faut-il attendre que le programme nucléaire iranien soit beaucoup plus avancé pour qu’une action militaire devienne crédible ? Faut-il attendre que le Hezbollah soit plus menaçant encore, faut-il que le Djihad islamique prépare d’autres attentats, faut-il que l’Irak s’embrase pour comprendre que Téhéran joue une carte stratégique de premier ordre. Par son soutien au terrorisme et à son financement, l’Iran multiplie les fronts, et provoque les conflits.

Téhéran détient aussi des secrets. Et peut-être même des otages.
Négocier avec le diable, est-ce la bonne voie ?

Le Proche Orient a changé. Si des pays arabes ont choisi la voie de la terreur et du totalitarisme, d’autres sont engagés dans la voie du dialogue et de la modération : l’Egypte, la Jordanie, le Qatar, la Tunisie, la Mauritanie, et puis le Maroc, qu’une équipe de reporters de Guysen TV a visité cette semaine, dans le cadre de la rencontre et de la découverte des deux mille derniers juifs marocains. Ils nous ont réservé un accueil exceptionnel. Grâce leur soit rendue. Et nous serons à notre tour très heureux de les accueillir en Israël. Ils y découvriront nos espoirs, l’amour de notre pays, la tolérance de sa société, son développement formidable, mais aussi nos peines.

Car cette semaine encore, nos pensées vont vers les familles de nos soldats retenus en otage depuis huit longs mois. Depuis huit longs mois, nous sommes sans nouvelles de Guilad Shalit, Eldad Reguev et Ehoud Goldwasser. Nos pensées vont également vers les proches du diplomate israélien David Dahan, Z’L, disparu depuis un mois, et dont le corps a été retrouvé mercredi 21 février dans la Seine, près de Rouen. Une enquête est ouverte.

LA TRAGEDIE DU STROMA

Il y a 65 ans, le 23 février 1942, le navire Stroma, avec à son bord 769 Juifs fuyant les Nazis, sombrait en mer Noire. Parti le 11 décembre 1941 de Roumanie avec peu de vivres, alors qu'il ne pouvait prendre que 600 passagers, il arrive trois jours plus tard à Istanbul, où à leur grande déception, les Juifs comprennent qu'ils ont été roulés et qu'aucun visa d'entrée pour la Palestine ne les attend.

Les autorités turques refusent de les laisser débarquer et leur transfère de la nourriture. L'Agence juive et le Joint tentent de convaincre en vain les autorités britanniques de les laisser arriver en Palestine. Le 23 février, la police maritime turque remorque le Stroma et le laisse en plein coeur de la mer Noire tous moteurs éteints, où un sous-marin russe le torpille par erreur. Il n'y aura qu'un seul survivant.

TEXTE REPRIS DU SITE GUYSEN

IRAN : L'IMPORTANCE DU RAPPORT D'EL BARADEI

23.02.2007

Le régime des mollahs n’a pas gelé ses activités nucléaires conformément aux exigences de la Résolution 1737 du Conseil de Sécurité. La résolution chargeait également El Baradei de présenter 60 jours après son adoption un rapport établissant si les mollahs s’étaient conformés aux exigences de l’ONU. Le rapport devait être rendu public le jeudi 22 février 2007.

Selon le rapport de l’AIEA, la république islamique d’Iran a poursuivi l’installation de centaines de centrifugeuses dans une installation souterraine à Natanz [1]. Il faut préciser que les rapports fournis par El Baradei ont la particularité d’aller toujours dans le sens des attentes de Téhéran. Pendant plusieurs années, El Baradei soutenait qu’il n’y avait aucune preuve sur l’existence d’un programme nucléaire militaire en Iran, quand au même moment les mollahs disaient la même chose.

Le site IRAN-RESIST soutient que le programme militaire nucléaire des mollahs est une couverture pour un programme militaire nucléaire défectueux et raté. Téhéran possède probablement quelques bombes nucléaires achetées en contrebande, mais continue ses provocations nucléaires car son objectif immédiat n’est pas « la bombe », mais l’obtention de Garanties Régionales de Sécurité ou en langage décodé : la Reconnaissance du rôle régional de ce régime par l’intermédiaire des ses milices chiites (Hezbollah, Badr et Sadr).

Afin d’y parvenir et faire capituler les Etats-Unis, les mollahs utilisent la crise nucléaire et le soutien au terrorisme en Irak. Ils ont même montré leur capacité à part entière de nuisance durant la guerre de l’été 2006 contre Israël via le Hezbollah sur le territoire d’un Etat tiers : le Liban.

Selon leurs besoins actuels, aujourd’hui le régime des mollahs a besoin de se montrer menaçant et proche de l’obtention d’un savoir faire nucléaire, et même capable d’une production d’Uranium enrichi en quantité suffisante pour fabriquer des bombes ! Du jour au lendemain, les rapports fournis par El Baradei ont changé et ce dernier parle de l’installation d’un grand nombre de centrifugeuses à Natanz alors que personne n’a eu le droit de visiter les fameux souterrains de Natanz.

El Baradei continue de dire ce que les mollahs lui demandent. Et actuellement, les mollahs veulent pousser le monde à la panique. Cette panique, estiment-ils, aura deux conséquences : par peur d’escalade, les Européens pourront soit organiser une conférence sur l’Iran et avec ses dirigeants (pour une Pax Iranica), soit lancer une attaque contre l’Iran. Alors les mollahs pourront prétendre que des cibles civiles ont été touchées et exigeront une conférence internationale pour obtenir les Garanties précitées : les souterrains à Natanz étant une fiction, les mollahs n’auront aucune peine à prouver l’inexistence d’un programme nucléaire militaire.

L’affaire nucléaire iranienne est un grand théâtre d’ombres et de lumières où des vraies preuves vestiges du programme défectueux se mêlent aux fausses preuves et rumeurs délibérément disséminée par le régime et ses sympathisants. Cette confusion délibérée permet toutes les suppositions et permet au régime des mollahs de manipuler à sa guise dans un sens ou dans l’autre ses relations ou négociations diplomatico-nucléaires.

A ceci s’ajoute le refus des Européens à appliquer des sanctions contre ce très grand partenaire commercial. Les mollahs ont pratiquement toutes les cartes en main pour amplifier la crise, et également aucune envie d’y mettre un terme. A cette confusion délibérée de l’état des avancements nucléaires, ils ajoutent un autre jeu qui est celui des courants ultras ou modérés du régime afin de laisser entendre que plus de délai est nécessaire. Plus de délai sera synonyme de plus de crise car plus de délai équivaut à la ridiculisation des ultimatums fixés par le Conseil de Sécurité.

En bref voici les atouts des mollahs : un théâtre d’ombres et de lumières de vraies preuves et de fausses rumeurs, un jeu de rôle des ultras et des modérés, la complaisance des Européens et des Russes (dont l’intérêt pour l’Iran est quasi vital) et les rapports de El Baradei... mais aussi sa puissance terroriste (via le Hezbollah) notamment !

Les Russes et les Européens ont des intérêts en Iran et ces intérêts sont garantis par leur attitude à l’égard des intérêts vitaux des mollahs au Liban. Par conséquent, Russes et Européens laissent faire le Hezbollah et refusent de le placer dans la liste des mouvements terroristes ou hors la loi nocifs à la stabilisation régionale. La conjugaison des intérêts Russes et Européens autour de l’Iran n’a donc pas uniquement des effets négatifs sur la crise nucléaire iranienne. Ces intérêts particuliers ont des effets déstabilisateurs sur la région. Les mollahs eux-mêmes utilisent la crise pour faire capituler les Etats-Unis et leur faire admettre un rôle régional via le Hezbollah.

Le seul atout contre les mollahs (et leur politique de chaos) est de continuer le processus engagé au Conseil de Sécurité sans se laisser perturber par les intérêts commerciaux et les calculs stratégiques des Russes et des Européens : il faut mettre ces partenaires de l’Iran devant le choix de continuer ou de cesser leurs relations avec Téhéran... Et si l’on voulait mettre hors d’état de nuire les mollahs, il faudrait aller au-delà de l’actuel processus au Conseil de Sécurité et s’intéresser au Hezbollah qui est l’enjeu central pour les mollahs. Sans cela, cette mascarade continuera et qui sait si dans le délai accordé, les mollahs parviendront même à relancer leur programme nucléaire militaire défectueux pour produire quelques bombes sales bien plus utiles à leurs guerres asymétriques qu’un engin au bout d’un missile.

Malheureusement nous n’en sommes pas là, et le seul atout contre les mollahs, qui est de continuer le processus engagé au Conseil de Sécurité, pourrait être abandonné sous la pression conjuguée des Russes, des Européens, des Chinois ou encore de El Baradei. De leur côté, les mollahs tentent tout pour stopper le processus par des mesures provisoires de modération comme la proposition de faire tourner les centrifugeuses sans y introduire l’hexafluorure d’uranium !

Les mollahs proposent en échange une levée des sanctions (américaines) qui pèsent sur l’Iran. Une fois le processus onusien stoppé, tout sera à reprendre à zéro. L’arrêt du processus sera synonyme de l’abandon de l’exigence d’une suspension vérifiable de toutes les activités nucléaires en Iran. Cette vérification terrifie les mollahs, car en cas de vérification, le grand théâtre d’ombres et de lumières où se mêlent des vraies preuves et de fausses rumeurs devrait mettre un terme à ces représentations sensationnelles.

WWW.IRAN-RESIST.ORG



[1] Selon El Baradei | « L’Iran a poursuivi les activités dans son usine (pilote d’enrichissement de l’uranium). Il a également poursuivi la construction de l’usine (souterraine) d’enrichissement de combustible, en y installant notamment des cascades (de centrifugeuses), et a transféré de l’UF-6 sur le site. »|

22.2.07

" LES ALTERJUIFS "

La lecture indispensable de 2007 dans "Controverses" : « Les Alterjuifs »


21 février 2007



Sur le site de Media-Ratings.





Media-Ratings a, depuis son lancement, recommandé de nombreux livres.



Aujourd’hui, Media-Ratings vous invite à ne manquer sous aucun prétexte le numéro 4 de la revue Controverses, consacré aux Alterjuifs, publiée aux éditions de l’Eclat.



Le néologisme « alterjuifs » est fondé sur le même modèle que celui des altermondialistes. Au départ, ces derniers étaient des antimondialistes. Par une pirouette sémantique et marketing, les partisans de José Bové sont passés de « l’anti » à « l’alter », l’autre étant par essence plus positif que celui qui s’oppose.



La même manipulation a été effectuée par ceux qui sont décrits dans la revue Controverses.



On y trouvera l’analyse des discours trompeurs de certaines personnalités qui occupent l’espace médiatique français. On notera qu’ils sont souvent invités dans les médias pour tenir le rôle du juif de circonstance afin de conforter les prises de position de la diplomatie et des medias français, notamment dans les émissions de Daniel Schneidermann, Serge Moati, Edwy Plenel ou Jean-Pierre Elkabbach et dans des journaux tels que Marianne, le Nouvel Observateur, Le Monde, ou Libération.



On pourrait penser que les alterjuifs sont un problème pour les seuls juifs de France ou d’ailleurs. Ce serait méconnaître le poids que cette mouvance a acquis dans les médias français. Ils sont devenus incontournables et irriguent la France de leur idéologie qui l’a conduite dans l’impasse dans laquelle elle se trouve.



Cette revue est essentielle pour comprendre l’un des maux dont souffre la France de ce début de XXIe siècle.



Voici les titres de certains chapitres de ce numéro de la revue Controverses :

- « La haine de soi juive et la quête de la normalité ».

- « Théo Klein ou l’apothéose de la raison borgne ».

- « Edgar Morin : le penseur de la « complexité » en flagrant délit de simplisme ».

- « Rony Brauman et la ferveur idéologique ».

- « Jean Daniel ou le « malgré nous » du judaïsme ».

- « Michel Warshawski : s’identifier à l’ennemi d’Israël ».

- « Gisèle Halimi : la révolte et la plainte ».

- « Esther Benbassa : hasard et nécessité médiatique ».

- « Guy Sorman et le souhait d’un « monde sans Juifs ».

- « Brève histoire de la faillite des intellectuels juifs modernes ».

- « De l’idéologie anti-diasporique à l’antisémitisme juif ».



Si nous devions avoir une seule critique à formuler, ce serait de regretter certains oublis, car de nombreuses autres personnes auraient mérité d’y trouver leur place, même si leur influence est mineure.



Bien évidemment, vous pouvez compter sur les médias français pour ne pas donner à cet ouvrage la large publicité qu’il mérite.



Raison de plus pour l’acheter et l’offrir autour de vous.



Pour trouver la librairie où vous pourrez trouver Controverses, cliquez ici.

Si vous ne le trouvez pas en librairie, vous pouvez demander de l’aide auprès de l’éditeur : infos@lyber-eclat.net, ou en téléphonant au 01 45 77 04 04.





© Media Ratings



Mis en ligne le 22 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

LETTRE OUVERTE A JEAN MARIE LE PEN

Par MajorTom le 20/02/2007

Monsieur Le Pen: On vous pensait apaisé, quasiment recentré sur l'échiquier politique français et presque fréquentable, ce qui, je tiens à le préciser, n'a jamais été mon cas. Vos dernières déclarations sur les attentats du 11 septembre sont à inscrire dans le marbre blanc de l'inanité contemporaine qui réserve une place de premier choix aux cupides cuistres de votre espèce. En effet, selon vous, le 11 Septembre n'est qu'un simple "incident"!.

Votre déclaration fait sans doute écho à votre tristement célèbre "détail de l'histoire". Mais vous ne valez pas mieux cher monsieur que les instigateurs de ces massacres anti-humains et nihilistes Le Pen! Votre carcasse de soixante-dix-huit printemps n'a pas permis au genre humain d'échapper à sa misérable condition et vos gesticulations tempétueuses et sinistres font de vous un vulgaire moucheron à l'échelle du cosmos. Je me mets presque à regretter que l'attentat qui souffla votre immeuble dans les années soixante-dix ne vous ait pas soufflé avec, vous et votre famille! Vous n'auriez ainsi pas eu l'occasion de répandre ces propos indignes d'un homme cultivé, à l'intelligence légèrement plus prononcée que celle de vos cousins chimpanzés.

Ce que vous n'osez cependant pas affirmer dans votre entretien à paraitre dans le quotidien gauchiste catholique La Croix, mais qui transparait en filigrane, c'est que vous semblez adhérer à la thèse du grand complot concoctée par le Réseau Voltaire et reprise avec force et conviction par l'axe des extremes bolcho-nationalistes, de Soral à Dieudonné en passant par Meyssan et José Bové, que vous cautionnez désormais. Votre nationalisme antisémite et marxiste fait de vous un gland, rien de plus.

Car votre ambivalence, cher monsieur Le Pen, sur un sujet aussi épineux, devenu cardinal, que constitue l'islam, ne fait plus aucun doute. Cela fait plusieurs semaines que je m'efforce de convaincre nos lecteurs souvent proches de vos idées de votre duplicité pernicieuse. Vous voulez butter le bicot hors de nos frontières mais vous reconnaissez meza vocce la légitimité du Hezbollah, organisation terroriste à la solde des mollahs de la Révolution (marxiste) de Téhéran, qui sur la synthèse réussie d'un nationalisme ostentatoire dégénéré et d'un marxisme pop enfin applicable, sont à des années lumières du nouveau Front National, véritable niche rétrograde de petits sous-hommes pour lesquels le 11 septembre ressemble au 10 ou au 12.

La boucle est bouclée. Vous vous êtes mis le doigt dans l'oeil encore une fois; faisant du borgne le plus populaire de l'hexagone un bel aveugle disgracieux et déconnecté, car, sachez le monsieur Le Pen, les Américains n'ont que faire de votre vision de la France, comme ils n'ont que faire de la France en général. Leur prétendue inculture géographique n'est que la résultante tangible de leur vision politique, voir cosmogonique, dont vous êtes à des années lumières. Vous vivez encore dans la nostalgie de l'Empire Français à jamais disparu, parce que très mal conçu. Vos combats en Indochine ou en Algérie, aussi louables fussent-ils ont fait de vous un véritable patriote, certes. Mais vous êtes viscéralement allergique à tous ce qui n'est pas gaulois monsieur Le Pen. Vous exécrez les sémites, abhorrez les américains, que vous ne connaissez pas, mais aussi les étrangers de France non catholiques. Vous avez toujours su poser les bonnes questions mais vos réponses sont surannées, moyen-âgeuses et obsolètes.

Vous appartenez déjà à l'histoire ancienne. J'ose à penser que vous feignez sciemment de vous poser en victime, en martyr de notre République décadente, lorsque vous affirmez ne pas bénéficier des cinq cents promesses de signatures nécessaires à votre candidature. Je pensais jusqu'à présent que vous deviez pouvoir vous présenter. J'ai changé d'avis Le Pen. Vous méritez l'opprobre de toutes les consciences civilisées pour lesquelles, le 11 Septembre marque le premier jour d'une nouvelle ère dont vous n'aurez vu que les prolégomènes.


TEXTE REPRIS DU SITE RESILIENCE

DES TROUPES SYRIENNES RAPPROCHEES DE LA FRONTIERE AVEC ISRAEL

JERUSALEM -
L'armée syrienne a procédé à des mouvements de troupes en direction de la frontière avec Israël sur le plateau du Golan, a affirmé jeudi le quotidien israélien Haaretz selon lequel la Syrie est lancée dans une course aux armements avec l'aide de l'Iran.

"L'armée syrienne se renforce de manière sans précédent dans tous les domaines ces derniers temps avec l'aide financière de l'Iran", écrit en Une Zeev Schiff, le correspondant militaire du journal libéral.

Dans cette course aux armements "l'accent est mis notamment sur les missiles et les roquettes à longue portée", écrit-il.

"Il apparaît que des troupes syriennes ont fait mouvement pour se placer à proximité de la frontière sur le Golan", poursuit Zeev Schiff, en relevant que des mouvements similaires avaient été le prélude au déclenchement de l'offensive syrienne sur ce front lors de la guerre israélo-arabe du "Kippour" d'octobre 1973.

Réagissant aux informations du Haaretz le général de réserve Amos Gilad, conseiller du ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a déclaré à la radio publique qu'il "n'y a aucune information indiquant que les Syriens s'apprêtent à nous attaquer dans les mois qui viennent".

"Le fait que la Syrie "renforce ses capacités militaires ne signifie pas qu'on va être attaqué demain mais il est certain qu'il faut y être prêt", a-t-il ajouté soulignant que les informations de M. Schiff étaient "généralement très crédibles".

Les mouvements de troupes syriennes dont le journal a fait mention n'ont, selon lui, "rien de comparable" à ceux auxquels la Syrie et l'Egypte ont procédé avant le déclenchement simultané de leur offensive contre Israël lors de la guerre du "Kippour".

Il n'a pas démenti, toutefois, les mouvements de troupes dont le Haaretz a fait état.

"Il n'y a pas de danger de guerre, il n'y a pas un déploiement de forces indiquant qu'Israël serait menacé d'une offensive demain", a-t-il toutefois affirmé.

L'armée israélienne a mené d'importantes manoeuvres mercredi sur le plateau du Golan, impliquant des unités d'infanterie, des blindés, l'artillerie et l'aviation.

Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, qui a assisté à ces manoeuvres a affirmé qu'elles n'étaient pas "liées à un éventuel conflit",

Fin décembre, M. Peretz avait fermement démenti des informations diffusées par les médias israéliens sur l'éventualité d'une guerre avec la Syrie pour l'été 2007, générées par des déclarations syriennes sur une éventuelle option militaire pour récupérer le plateau du Golan occupé.

Les négociations entre Israël et la Syrie sont gelées depuis 2000. Damas réclame la restitution du plateau du Golan conquis en 1967 par Israël et annexé en 1981. Plus de 15.000 Israéliens y sont installés.

(�AFP / 22 février 2007 07h46)

EN 2035 , IL Y AURA AUTANT D'ARABES QUE DE JUIFS A JERUSALEM

22 février 2007



Sur le site de "Un écho d’Israël".



Rédaction





Selon une étude publiée par l’Institut de Jérusalem de Recherche sur Israël, l’évolution démographique de la ville Sainte devrait entraîner, d’ici 28 ans, une égalité entre les populations.



Lors d’un congrès organisé à l’occasion du quarantième anniversaire de l’unification de Jérusalem, l’Institut de Jérusalem de Recherche sur Israël a présenté les données suivantes :

Jérusalem compte aujourd’hui 720 000 habitants, dont 475 000 Juifs (66% de la population) et 245 000 Arabes (soit 34% de la population). D’ici 2020, le fossé devrait commencer à se combler puisque, si aucun événement ne survient venant altérer l’évolution démographique, il y aura 60% de Juifs dans la Ville Sainte contre 40% d’Arabes. En 2035, Jérusalem devrait compter 50% d’Arabes et 50% de Juifs.



En 1967, juste après la guerre des Six Jours, Jérusalem comptait 266 000 habitants. Depuis, sa population ne cesse de croître rapidement. La population arabe connaît une augmentation plus rapide (257%) que la population juive (seulement 140%). Depuis 1967, la population arabe est ainsi passée de 68 000 à 245 000 personnes.



« Si la tendance actuelle se poursuit, nous allons arriver à une situation où la population arabe sera plus nombreuse que la population juive », explique Mayan Hoshen, chercheuse à l’Institut. « La barrière de sécurité autour de Jérusalem accélère l’augmentation de la population arabe parce que cette dernière a peur de perdre ses droits civils, et c’est pourquoi elle décide d’immigrer dans les quartiers arabes de la ville » explique-t-elle.



Source : Ynet, 21 février 07

© Un écho d’Israël



Mis en ligne le 22 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

21.2.07

DE NOUVELLES CARICATURES.......


Une nouvelle affaire de caricatures ? Terroristes islamiques tournés en dérision au carnaval
A Düsseldorf, un char de carnaval provoque la colère des instances islamiques allemandes.


19 février 2007



Photo Hartmann/AFP



Sources : Le Figaro et Le Monde.





Un char surmonté de deux islamistes en carton-pâte, brandissant des armes et ceinturés d'explosifs, qui a défilé pour le carnaval de Düsseldorf a provoqué un tollé, lundi 19 février, au Conseil central des musulmans d'Allemagne. L'une des figures portait l'inscription "Cliché", l'autre "Réalité".



Les organisateurs du cortège du lundi des Roses, point d'orgue du carnaval rhénan, avaient assuré vouloir se montrer "plus insolents" qu'en 2006, où l'affaire des caricatures de Mahomet avait incité à une certaine retenue.



Dans une interview à paraître mardi dans le quotidien Westdeutsche Zeitung, le Conseil central des musulmans d'Allemagne protestera contre la présence de ce char. "C'est une provocation pour le plaisir de la provocation", un "préjugé" et un "mensonge", a indiqué Aiman Mazyek, secrétaire général de cette institution.





Mis en ligne le 21 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

NEWS DE L'ESISC

France/Renseignement : décès du général René Imbot, ancien patron de la DGSE

Le général d'armée René Imbot, est décédé hier, à l'âge de 81 ans.

Figure typique du baroudeur, René Imbot avait accédé à la tête de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure, les services de renseignement extérieurs et offensifs français) en 1985. Appelé à la DGSE après le départ de l’amiral Pierre Lacoste, suite au fiasco du Rainbow Warrior, René Imbot était resté à la tête de ce service jusqu’en 1987. D’un abord rugueux, il avait frappé l’opinion – et les personnels de la maison – en apparaissant en uniforme dans un journal télévisé pour déclarer que la DGSE avait été l’objet d’une « opération maligne de déstabilisation et de destruction », ajoutant : « J’ai trouvé les gens qu'il fallait sanctionner, j'ai coupé les branches pourries. La DGSE est verrouillée ».

Enfant de troupe, né le 17 mars 1925 dans le Vaucluse, maquisard à 16 ans, René Imbot avait ensuite fait Saint-Cyr avant de servir à la Légion étrangère pendant 20 ans (il combattra notamment en Indochine et sera Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures, huit citations) puis d’occuper des postes de commandement au niveau central avant d’être nommé chef d'état-major de l'armée de terre en 1983. Il créera alors la Force d'action rapide.

A la DGSE, il se consacrera surtout à la réorganisation du service Action et à la modernisation des moyens techniques du service. L’un de ses fils, Thierry, lui-même officier traitant à la DGSE a trouvé la mort dans des conditions suspectes, à Paris, le 10 octobre 2000, après avoir enquêté sur l’affaire des Frégates de Taïwan et sur les détournements de commission auxquels ce marché avait donné lieu au profit de certains intermédiaires et politiques français. Fort opportunément, la police avait conclu à un accident et le Parquet s’était empressé de classer l’affaire.






12:7


Maroc : l’assassin d’Alessandro Missir di Lusignano et de son épouse condamné à la peine capitale

Karim Zimach, l’auteur du double assassinat à l’arme blanche d’Alessandro Missir di Lusignano (photo), chef de la section Affaires politiques de la délégation de la Commission européenne au Maroc, et de son épouse belge, Ariane Lagasse de Locht a été condamné, mardi à Salé, à la peine capitale. Le diplomate et sa femme avaient été égorgés devant leurs quatre enfants, âgés de 4 à 10 ans, le 19 septembre 2006 dans leur villa de Rabat. Le meurtrier, âgé de 25 ans, avait été arrêté le lendemain du crime au volant de la voiture qu’il avait volée au couple. Au cours de son procès, il a avoué avoir commis ces meurtres sous l'effet des stupéfiants.






10:32


Israël/Terrorisme : mort du commandant du Djihad islamique en Cisjordanie

Au lendemain de la capture d’un kamikaze palestinien dans la région de Tel-Aviv, la radio militaire israélienne a annoncé la mort de Mahmoud Abu al-Jahim, commanditaire de l’attentat et commandant de la branche armée du Djihad islamique (les Brigades d'al-Quds) pour la Cisjordanie. Il aurait été abattu ce matin au volant de sa voiture à Jénine au cours d’une opération conjointe de l’armée, du Shin Bet (les services de sécurités) et de la police secrète israélienne.

Selon un communiqué du Djihad islamique, Jahim « était directement responsable de l’envoi d’un combattant du groupe pour une mission suicide. » Le mouvement terroriste a par ailleurs promis une nouvelle vague d’attentats en réponse à la mort de son commandant. La dernière attaque suicide revendiquée par le Djihad islamique remontait au 29 janvier, où trois personnes avaient trouvé la mort dans la station balnéaire israélienne d’Eilat.

COMMUNIQUE DE L' UPJF

COMMUNIQUE DE

L’UNION DES PATRONS ET DES PROFESSIONNELS JUIFS DE FRANCE


le 19 février 2007

L’Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France s’insurge contre la publication d’un pamphlet antisémite faisant appel aux clichés antisémites les plus abjects, publié par un député européen polonais, avec les fonds du Parlement Européen.



Il s’agit d’une nouvelle démonstration de l’antisémitisme viscéral qui sévit, aujourd’hui encore, à de nombreux échelons de la société polonaise, le seul Etat européen où des pogroms ont été commis après la Shoah.



Outre les sanctions disciplinaires sévères auxquelles ils convient de procéder à l’encontre de Maciej Giertych, le député européen auteur de ce livre, ainsi que l’enquête qu’il convient de diligenter pour savoir comment le Parlement européen a pu financer un tel projet, l’UPJF s’interroge sur la place de la Pologne au sein de l’Union européenne.



En effet, quel crédit accorder à la Pologne alors que, Roman, le fils de Giertych est aujourd’hui vice-Premier ministre et ministre de l’éducation du Gouvernement polonais ? Si Roman Giertych ne se désolidarise pas rapidement des propos antisémites de son père, l’UPJF appelle l’Union européenne à mettre en œuvre l’article 7 du Traité de l’UE à l’encontre de la Pologne – comme cela a déjà été fait pour l’Autriche de Jorg Haider – à savoir : l’isolement diplomatique.



L’UPJF considère, en effet, que la tenue de propos violemment antisémites, ou leur non-condamnation par un officiel du Gouvernement constituerait une violation, par la Pologne, des principes fondamentaux de l’Union européenne.





Claude BAROUCH

Président





Mis en ligne le 20 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

IRAN : A PROPOS D'UNE ATTAQUE AMERICAINE

21.02.2007

Plus l’administration Bush insiste sur la nécessité d’adopter des sanctions bancaires et économiques significatives à l’encontre du régime des mollahs et plus les Européens insistent pour affirmer que l’administration Bush veut lancer une attaque « à base de bombardements » sur l’Iran.

Nous avons à maintes reprises insisté sur la nuance « à base de bombardements » et nous y revenons à nouveaux. L’ensemble des lobbies pro-régime des mollahs parle de « bombardement » de l’Iran et de nombreux faux opposants (comme Fakhr-Avar) le réclament.

La cible principale de cette campagne de désinformation est le peuple iranien qui écoute avec une grande attention les nouvelles des sections persanes de la BBC, RFI ou VOA dans l’espoir d’entendre la nouvelle d’un débarquement des forces hostiles aux mollahs en Iran. Aujourd’hui, les Iraniens attendent ce débarquement qui ne viendra pas, l’administration Bush ayant été persuadée par les Sœurs Boroumand et A. Milani, membres des lobbies universitaires iraniens, qu’un tel débarquement pourrait nuire à la libération de l’Iran ou à sa démocratisation après la chute des mollahs !

Un débarquement plébiscité | Un document diffusé dur TF1 dimanche 18 février 2007 a pourtant été explicite. Le journaliste a filmé des jeunes Iraniens. On sentait que le début de son reportage était très encadré. Sans doute était-il chaperonné par un interprète mouchard et il s’est soumis aux rites de passage : interviewer des femmes jeunes, cultivées, heureuses d’être voilées, un mollah éclairé et réformateur de la ville de Qom, la prière de vendredi et son public, des jeunes gominés des quartiers nord de Téhéran, d’autres jeunes femmes faisant la queue pour aller voir un film... Le format habituel de documentaire imposé aux journalistes de passage en Iran (appelé par certains : Format Minoui).

Plus que les images glanées, la qualité de ce documentaire était le regard de son auteur, Jean-Pierre Montanay, qui a utilisé les contraintes du Format Minoui pour déceler le contraire de ce que le régime veut faire passer comme image. L’ensemble des documentaires formatés Minoui laissent entendre qu’il existe un paradoxe iranien : les choses seraient teintées de relativité en Iran, il y aurait d’un côté les mollahs mais de l’autre des festivals de films.

Jean-Pierre Montanay a porté un regard critique sur ces images, nous saluons son courage : il est parvenu à semer son guide qui ne s’appelait pas Nathalie, pour filmer à visage brouillé deux témoins qui ont donné du sens aux propos formatés des autres personnes filmées à visage découvert.

Le régime a voulu utiliser Jean-Pierre Montanay et c’est le journaliste qui eu le dernier mot ; en guise de conclusion l’auteur a diffusé l’image floutée d’un iranien de 37 ans, serveur, qui gagne 70 € par mois : « nous attendons tous le débarquement des américains... » Et d’ajouter : « dans ma tranche d’âge tous pensent comme moi et pour les autres à plus de 75%, ils veulent être libérés par une intervention militaire ». Et puis il est parti d’un pas désabusé ne sachant si son message serait entendu en Europe.

Les rumeurs de bombardements | Ces rumeurs s’adressent à ces millions d’iraniens et ces rumeurs veulent briser leurs espoirs en prétendant que les Américains bombarderont les installations du régime mais le laisseront au pouvoir. Les rumeurs de bombardements s’adressent aussi à l’opinion occidentale qui est pacifiste par nature et dans cette perspective ; l’intention est de rendre impossible et inacceptable toute intervention en Iran, surtout si elle devait faire chuter les mollahs.

Malheureusement, les jeunes Français n’aiment pas TF1 et préfèrent sans doute rester politiquement corrects et anti-Bush plutôt que d’imaginer que l’on doit porter secours aux iraniens pour les délivrer. Savent-ils seulement que les iraniens attendent que l’ONU sanctionne les mollahs ou qu’un débarquement libérateur chasse les mollahs du pouvoir ?

Sans doute pas car dans tous les documentaires, on leur sert la même soupe et ces mêmes champions du « paradoxe iranien » : des jeunes qui disent rêver quitter l’Iran, mais qu’en attendant ils jouent avec leur portable (valeur 10 ans de salaires d’un fonctionnaire) et rient à gorge déployée, des femmes qui vont au cinéma en toute liberté mais voilées... un mollah prêt à passer l’aspirateur avec sa femme !

Des clichés d’un paysage social inexistant. Jean-Pierre Montanay a filmé là où il avait le droit de filmer et ce qu’il avait le droit de filmer et avec cette pauvre victuaille cinématographique, il a décrit la société iranienne : Il a posé son commentaire en voix off sur les paysages sociaux formatés par le régime. Sans doute ne sera-t-il plus le bienvenu chez les mollahs, mais il a montré que l’on peut faire du grand avec du petit et passer le message des iraniens vers le monde libre mais sourd ou simplement égoïste et qui ne veut pas entendre.

La BBC appartient à la Grande-Bretagne qui a de nombreux intérêts en Iran. La Grande-Bretagne ne figure même pas dans les classements de pays commerçant avec l’Iran car cette ex-puissance coloniale qui avait quasiment annexé l’Iran au XIXe siècle passe par l’intermédiaire des Emirats Arabes Unis.

Et devinez quoi ? Les Emirats Arabes Unis se trouvent au premier rang des Etats commerçant avec les mollahs.

Les Britanniques n’en sont pas à leur coup d’essai pour terroriser le petit peuple d’Iran et briser son espoir d’un renversement des mollahs par des sanctions ou un débarquement. Dans cette tâche, ils sont aidés par ceux qui figurent sur les listes visibles de pays commerçant avec les mollahs : Les Européens en général, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie en particulier. Ainsi l’AFP relance cette rumeur de bombardement de l’Iran, sûr de son impact négatif sur le peuple iranien, espérant même un ralliement avec les mollahs contre ces Américains qui nous oublient...

En réalité, l’affaire de la BBC est infondée et les affirmations ne reposent sur rien. Mais c’est la force de la rumeur : elle se propage si elle est reprise par des relais crédibles comme l’est l’AFP. L’ensemble de la presse des pays qui ont des intérêts en Iran ont relayé ces trois lignes en se référant à la BBC et à l’AFP. Certains ont inséré la rumeur dans des articles faits de bric et de broc et de rappels d’autres rumeurs démenties par l’absence jusqu’à ce jour d’attaque contre les mollahs. Mais si ces rumeurs sont faites pour démoraliser les iraniens hostiles au régime mais aussi de diaboliser un soutien au peuple iranien. Ainsi elles servent aussi de prétexte pour souligner le soutien total des Européens à la tenue de nouvelles négociations avec les mollahs.

L’article de la BBC insiste d’ailleurs sur ce point : « Ces attaques (les bombardements - ndlr) ne pourraient toutefois être déclenchées que si Téhéran reconnaît posséder une arme nucléaire, ce qu’elle dément formellement pour l’instant ». Mais pas d’inquiétude, ajoute la chaîne, « les autorités indiquent qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour l’instant ». Pour l’heure, priorité est en effet donnée à la négociation....

Notes IRAN-RESIST | Nous ne sommes certainement pas face au dernier épisode des rumeurs venues de nulle part, ni à la dernière participation des comédiens ratés des saynètes du « paradoxe iranien » à un reportage sur l’Iran. Nous serons à chaque fois présents pour démonter les rumeurs et les mises en scènes.

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20.2.07

IRAN : PENDAISON SPECTACLE POUR UN ATTENTAT PREFABRIQUE


20.02.2007

L’auteur préfabriqué des faux attentats de la semaine dernière a été pendu en public et les images ont été diffusées à la télévision. De source locale, les habitants se disent anéantis par cette nouvelle car la victime était innocente des crimes qu’on lui avait attribués.

Le régime avait fait venir sur place ses figurants pour mettre en scène une pendaison plébiscitée par la population. C’est le mode opératoire d’un régime qui a peur et veut faire un exemple.

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Initialement, l’attentat avait été attribué au groupuscule Jundallah qui serait proche des Talibans et d’Al Qaeda. Le régime a affirmé par la suite qu’il était pro-sioniste et pro-wahabite. Le Jundallah a revendiqué cet attentat sans relever les invraisemblances présentes dans les communiqués successifs et contradictoires du régime des mollahs. Ce n’est pas la première fois et jusqu’à dans son discours politique, le Jundallah est imprécis et contradictoire.

Ce groupe est très suspect et nous pensons qu’il a été initialement mis sur pied par le lobby américain l’American Enterprise Institute qui rêve d’un Iran démantelé (c’est encore l’AEI qui a introduit le chiite Ahmad Chalabi, l’homme du régime des mollahs, auprès de la Maison-Blanche).

Mais très vite, le régime des mollahs a flairé la bonne piste et récupéré ce groupuscule mystérieux pour le transformer en une menace pour l’intégrité territoriale de l’Iran : l’objectif des mollahs est de terroriser les Iraniens et leur faire croire qu’un renversement du régime serait suivi d’un chaos qui profiterait à un démantèlement de l’Iran [1].

Par nos contacts dans la région, nous savons que ces rumeurs de séparatismes sont infondées mais qu’en revanche, les baloutches iraniens sont prêts à servir de relais aux éléments patriotes hostiles au régime. C’est pourquoi les mollahs ont concentré leurs efforts sur cette région et ses habitants.

La communauté baloutche iranienne se compose de près de 2 millions de personnes, soit 10% de l’ensemble des baloutches répartis entre le Pakistan, l’Afghanistan, l’Oman, les pays du Golfe et bien entendu l’Iran. Après la révolution islamique et en vertu de la constitution du régime des mollahs, tous les sunnites iraniens ont été privés de leurs droits : ils ne peuvent avoir aucune fonction publique ou être fonctionnaires et accessoirement, ils n’ont pas le droit de franchir la porte du bureau du Guide Suprême. Après 1979, les sunnites n’ont plus eu le droit d’avoir des écoles religieuses sunnites ni même de mosquées.

En Iran, les sunnites représentent environ 12% de la population évaluée à 70 millions d’habitants et sont répartis entre 4 millions de kurdes à l’Ouest, 2 millions de baloutches au sud-est, et presque autant de Turkmènes au nord-est. Ils sont tous installés dans des zones frontalières, c’est pourquoi ils intéressent des Lobbies liés aux Groupes pétroliers qui par natures sont hostiles à l’existence des Etats souverains maîtres de leur pétrole. Ces lobbies espèrent exploiter le mécontentement de ces « Iraniens sans droits ».

Mécontentements | Sous la présidence de Khatami, présenté comme modéré, la répression à l’encontre des sunnites s’est intensifiée. La seule mosquée sunnite de Machhad, la ville sainte, a été rasée et depuis l’an 2000 toutes les demandes de reconstruction ont été refusées. Le gouvernement de Khatami a aussi couvert l’assassinat d’une douzaine de religieux sunnites dans des circonstances troubles. Depuis 1979, la république islamique a eu à faire face à plusieurs révoltes sunnites toutes réprimées par la force. Dans le cas présent, il s’agit d’une répression préventive.

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[1] Menace Séparatiste | Pour pimenter le tout, les mollahs parlent même d’une coalition entre ces supposés séparatistes et les terroristes retraités de l’OMPI ! |

19.2.07

DELACAMPAGNE - REDEKER : REACTION DE MILLIERE

Posté le Dimanche 18 février 2007

Le testament d’un dissident français (info # 011402/7)
Par Guy Millière
Wednesday 14 February [07:37:00 UTC]
Millière © Metula News Agency

Guy Millière : le regard clair d’un Français debout


Dans le numéro de janvier de la revue Commentary figure un bel article de Christian Delacampagne sur l’affaire Redeker et sa signification. L’auteur y décrit le climat douteux et délétère qui règne en France. Pour l’essentiel, écrit-il, « la classe politique se tient à l’écart de tout ce qui touche à l’islam » : au moins cinq millions de musulmans résident en France et nombre d’entre eux ont le droit de vote. « Les médias sont complices », poursuit-il, de l’attitude de la classe politique. Lorsqu’on considère le domaine universitaire et intellectuel, ajoute-t-il encore, « l’histoire est plus compliquée : aujourd’hui, en France, aborder certains sujets relève du tabou, peut vous valoir l’exclusion et l’inscription sur une « liste noire » pour peu que vous ne teniez pas le « bon » discours politique ». Et celui-ci implique, bien sûr, de « dénoncer la politique américaine au Proche-Orient comme un exercice de « cruauté barbare ».



Les origines de tout cela, poursuit Delacampagne, tiennent aux relations entre la France et le monde arabe depuis des décennies, à la volonté de la France d’être une « puissance arabe », aux épisodes coloniaux, aux rapports du gaullisme au mouvement des « non alignés ». Aujourd’hui, précise-t-il, « la gauche, en raison de sa haine irraisonnée d’Israël, est devenue bien plus antisémite que l’extrême droite, malgré la longue histoire de l’animosité de celle-ci envers les Juifs ». Les origines tiennent aussi à l’orientalisme français, de Louis Massignon qui, au temps de l’affaire Dreyfus, circulait dans des « cercles ouvertement antisémites, à Gilles Kepel, Olivier Roy et François Burgat aujourd’hui qui, chacun à sa manière », explique Delacampagne, « se sont lourdement trompés dans certaines de leurs analyses ». « Une république fondée sur les idées de liberté et d’égalité », conclut-il, « ne peut s’accommoder d’idées aussi nocives ».


Cette description, et la conclusion à laquelle il parvient, correspondent bel et bien à la réalité. J’irai un peu plus loin : en France, la république est très malade. Delacampagne précise qu’il a vu les portes de l’Université française se fermer devant lui, et il décrit les déconvenues de Robert Redeker. Pourtant, Redeker n’est pas seul dans son cas. J’ai défendu, voici quelques années, l’écrivain et géopolitologue Alexandre Del Valle, bien que je ne partage pas toutes ses idées et analyses : simplement pour une question de principe. Parce qu’il n’est pas admissible que quelqu’un qui accomplit un travail intellectuel dans une société censée être une société de liberté puisse être harcelé, persécuté, menacé de mort et traîné dans la boue. J’ai défendu Rachid Kaci pour les mêmes raisons.



Mon attitude était motivée par des principes éthiques, mais également par mon parcours personnel et, une fois n’est pas coutume, je vais parler de moi dans ces colonnes. Pour exprimer d’abord que je ne me plains pas. Je ne regrette rien. Je pense simplement que mon parcours est significatif de la façon dont la société française, en raison de lâchetés et de pathologies diverses, peut broyer un être humain. Simplement parce qu’il ne pratique pas la pensée correcte et parce que ses idées, considérées comme dignes et nobles partout ailleurs dans le monde civilisé, n’ont pas, en France, droit de cité.


J’ai commencé à enseigner à l’université en 1971 ; à l’époque, mes activités touchaient aux domaines du théâtre, du cinéma et de la chanson. Je n’avais pas encore réfléchi en profondeur aux problèmes du monde.



Certaines circonstances m’ont conduit à entrer en relation étroite avec une famille juive. J’y ai été confronté aux horreurs de la Shoah vues par des survivants. J’ai découvert la réalité d’Israël dans sa diversité, sa richesse, sa fécondité. Je me suis aussi rendu de « l’autre côté » : en Syrie, au Liban, dans les camps de l’OLP qui venait d’être chassée de Jordanie. Là-bas, j’ai vu la propagande palestinienne et la façon dont on apprenait aux enfants à égorger. A Damas et un peu plus tard à Bagdad, j’ai constaté la culture vivace du négationnisme, de l’antisémitisme, les complaisances et les complicités avec le nazisme. J’ai remarqué, à mon retour en France, que ceux à qui je m’adressais pour témoigner adoptaient une attitude d’hostilité dogmatique, voire haineuse. Peu à peu, j’ai commencé à comprendre l’aveuglement idéologique qui les guidait et comment le racisme et le totalitarisme pouvaient s’emparer d’esprits qui se pensaient éclairés et qui, au nom d’une idée frelatée de la « justice », pouvaient nier les faits, les documents et la réalité historique. C’est à cette époque que j’ai lu Orwell, Huxley, Arthur Koestler.



Quelques années plus tard, d’autres circonstances m’ont amené à rencontrer et à nouer des contacts proches avec des Vietnamiens. Je n’ai pu me rendre au Vietnam car c’était la guerre et peu après la débâcle, le système concentrationnaire, et la tragédie des boat people. J’ai connu de près des rescapés, des gens qui avaient survécu à un véritable enfer et qui sont arrivés en Occident dépouillés de tout, témoins d’atrocités, maigres et tremblants. J’ai entendu Alexandre Soljenitsyne parler de la tragédie que serait une victoire communiste. De beaux esprits le considéraient avec horreur et dégoût, et lui répondaient qu’il s’agissait d’une « libération ». Quant à moi, je doutais de cette « libération » déjà bien avant que le doute ne soit rendu légitime par la repentance de Jean-Paul Sartre. J’ai tenté de parler aux amis qui me restaient de ce qui arrivait aux peuples vietnamien, laotien et cambodgien, mais l’hostilité dogmatique à mon égard a redoublé.



Je ne savais pas encore qu’il pouvait y avoir pire, dans une société qui se dit civilisée, que de perdre tous ses amis. Après la publication d’un livre où je m’interrogeais sur la France de l’époque, j’ai été assigné à un procès en sorcellerie. Il a été question de m’exclure de l’Université, de me faire condamner pour manquement aux règles professionnelles et pour « propagande fasciste » au sein de l’institution. J’ai été menacé, par téléphone, mais aussi physiquement, jusqu’à mon domicile. Des dossiers emplis de faux témoignages ont été montés contre moi. On a fait courir des rumeurs nauséabondes sur mon compte, et ceux que je tentais de prendre à témoin n’avaient rien vu ni entendu. Les seules personnes qui ne m’ont pas traité comme un pestiféré étaient des libéraux, au temps où ce terme n’était pas encore devenu, en France, un mot obscène.



Au cours de mes voyages, j’ai commencé à m’attacher aux Etats-Unis. Malgré tout, j’étais blessé. Au plus profond de moi. Je parlais de droits de l’homme, de liberté de parole, de liberté individuelle, et on me traitait de « fasciste ». Je me situais sur le terrain de la connaissance et on me traitait de « propagandiste ». On menaçait de me tuer physiquement et intellectuellement.



Insidieusement, j’ai glissé vers une dépression que j’ai laissé s’aggraver parce que je la niais. Dans l’incapacité d’écrire et de me défendre, presque de penser, je n’ai pu honorer divers contrats et j’ai quasiment tout perdu, bien que j’aie continué à enseigner, je ne sais comment, à vrai dire. Je ne me suis pas adressé à la police ou à la justice, ce qui, j’en conviens maintenant, a peut-être été un tort.


Après presque une décennie de descente aux enfers, grâce à des amis à San Francisco ainsi qu’à deux psychiatres, je me suis reconstruit. J’ai pris en charge une revue et ai traduit plusieurs livres. Puis j’ai retrouvé la capacité d’écrire, de donner des conférences. Ma vie personnelle était en lambeaux, mais j’ai reconstruit une famille.



Quelques années plus tard, refaisant surface, je découvre que rien n’a changé dans ce pays, strictement rien. Ceux qui crachaient sur Israël et sur les Juifs « sionistes » continuent à le faire, et je ne suis toujours pas du « bon côté ». Je vois toujours en Israël une démocratie confrontée à des haines totalitaires et fanatiques : faut-il être incorrigible ! Ceux qui vomissaient les Etats-Unis continuent à le faire, et moi qui connais les Etats-Unis et leurs valeurs fondamentales, je persiste à voir en l’Amérique un pays le plus souvent exemplaire en matière de liberté. Je pense, par ailleurs, que Reagan a été un grand président, et j’ai même eu l’ « indélicatesse » de le rencontrer et de traduire ses écrits.



J’ai poussé le « mauvais goût » jusqu’à trouver des qualités à George Walker Bush et à penser que défendre les droits de l’homme, la liberté et la démocratie face au totalitarisme islamique était une bonne chose. Comme si cela ne suffisait pas à mon malheur, j’ai adopté les thèses de Daniel Pipes sur la « bataille pour le cœur de l’islam ». J’aurais mieux fait, pour mes affaires, de devenir un peu antisémite, « pro-palestinien » et anti-américain… Le fait est que je subis, de nouveau, l’exclusion et le désagrément d’être sur une liste noire. D’être traîné dans la boue. Le MRAP m’a dénoncé comme « raciste » au prétexte que l’islam radical serait une race – on est inventif en France ! –, de jeunes journalistes sans éthique ni scrupules m’ont assimilé au Front National, avec lequel, est-il besoin de le souligner, je n’ai pas la moindre parcelle d’affinités. Parce que je me suis indigné de ce genre d’amalgame, ils me traînent à nouveau en justice. Je suis censé les avoir diffamé, alors qu’eux, bien sûr…


J’ai publié un best seller, mais l’éditeur, pour des raisons impénétrables, n’a pas voulu prendre le risque de diffuser un autre de mes livres. Deux de mes ouvrages sont parus chez un autre éditeur, et ils se sont bien vendus, mais ce dernier ne me répond plus au téléphone. La dernière fois que je l’ai vu, il m’a avoué qu’on lui avait murmuré dans les salons parisiens que j’étais « le diable ». J’ai publié encore deux livres dans une petite maison qui a, depuis, déposé son bilan. J’ai achevé plusieurs ouvrages, mais aucun grand éditeur n’en veut. Je fais courir, semble-t-il, aux grands éditeurs un risque bien plus grave que celui de publier des livres indigents et qui ne se vendent pas : celui de publier des livres incorrects qui se vendraient sans doute !


Brutalement, et suite à la circulation d’un dossier expliquant que je suis un « sioniste islamophobe », j’ai, en un an, perdu tous les contrats que j’avais pour des conférences.


A une ou deux très honorables exceptions près, plus aucune radio ou télévision française ne m’invite, aucun journal ne me publie, sauf en Israël et aux Etats-Unis. Je pourrais utiliser un pseudonyme, me déguiser pour dissimuler le personnage incorrect que je suis, édulcorer le contenu de mes écrits. Je n’en ai pas envie.


Les sociétés totalitaires, comme l’Union Soviétique il y a vingt ans, pratiquaient ouvertement la censure et la déportation. Ceux qui les subissaient étaient publiés à l’extérieur et appelés dissidents. Je me sens aujourd’hui dans la peau d’un dissident, dans un pays qui n’est pas défini comme totalitaire, mais dont le fonctionnement relève pourtant d’un totalitarisme sournois qui tait son nom. Je peux parfois publier de façon marginale, mais je ne peux pas parler. On me traite presque comme si j’étais mort ou comme si je ne devais pas exister. Je mets ma plume au service d’idées pour lesquelles des hommes se sont battus pendant des siècles. Je défends ceux qu’on broie, qu’on opprime, qu’on exclut, mais sans doute pas de la « bonne » façon.


J’ai traduit des textes de Daniel Pipes et de Norman Podhoretz, mais ces textes eux-mêmes n’intéressent guère, semble-il, les grands éditeurs français, parce qu’écrits par des Juifs, américains, qui pensent autrement qu’en France.


Christian Delacampagne a sans doute eu, finalement, beaucoup de chance d’être maintenu à l’écart de l’Université française : il a évité ce que je subis. Quant à Robert Redeker, je pense que c’est une chance relative d’avoir vu ses problèmes médiatisés.


Des gens comme moi ont pénétré l’université, certes. Ils ont été édités, mais ils ont subi et subissent toujours une oppression tentaculaire et multiforme.


De fait, j’ai été victime, sans jamais porter plainte, de deux tentatives de meurtre. Ceux qui ont tenté de m’assassiner intellectuellement et moralement, voici une vingtaine d’années, ont bien failli réussir. Ceux qui tentent la même chose aujourd’hui ne réussiront pas. Ce sont les mêmes. Il m’arrive de craindre qu’ils conservent leur position jusqu’à ce que la France meure. De « l’antisionisme » anti-américain des années 1970 à celui d’aujourd’hui, des persécutions d’il y a vingt ans à l’asphyxie consensuelle de maintenant, la France, plus que malade, ressemble à une mauvaise fiction.


Je continuerai à me battre, bien sûr. Je ne baisse pas les bras. Mais le poids à porter est lourd, très lourd, et j’ai beaucoup d’indulgence pour ceux qui ont renoncé. Si je devais mourir, je sais que je disparaîtrai sans laisser de traces, comme si je n’avais jamais existé. Au temps de l’Union Soviétique, on effaçait des personnages sur les photos. Je ne me plains pas. Je ne regrette rien. Et si je devais refaire ce que j’ai fait, je le referais. Je voulais seulement exprimer tout cela. Au moins une fois. Voilà, c’est fait.
Sittingbull @ 19:33
Catégorie(s): LIBERTÉS et Infidélophobie et Redeker

18.2.07

SHOAH - TUNISIE

News: ISRAEL TUNISIE SHOAH -
Yad Vashem, à l’initiative de l’historien Claude Sitbon, a décidé de commémorer la rafle des Juifs de Tunis
fév18

Par Yaël Rose pour L'ARCHE
Rubrique: Shoah

L’histoire des Juifs de Tunisie reste aujourd’hui encore relativement mal connue du grand public. Plus encore, leur histoire pendant l’occupation nazie. Pour réparer cette quasi-ignorance, Yad Vashem, à l’initiative de l’historien Claude Sitbon, a décidé pour la première fois depuis sa création de commémorer la rafle des Juifs de Tunis (9 décembre 1942).

Extrait de L’Arche n° 585, janvier 2007 :

La Tunisie, à l’époque protectorat français, est le seul pays d’Afrique du Nord à avoir connu l’Occupation. Les lois de Vichy étaient en vigueur depuis 1940 ; mais c’est en 1942 que les troupes allemandes font leur arrivée brutale en Tunisie. Comme l’écrira Albert Memmi, l’histoire du monde rattrape violemment les Juifs de Tunisie.

La même histoire, cent fois répétée en Europe, commence : rationnements, port de l’étoile jaune dans les villes intérieures, réquisitions, spoliations, numerus clausus, amendes infligées aux communautés, le tout sous les bombardements intensifs des forces alliées. Le jour de la rafle, 2 000 hommes sont arrêtés, que les Allemands iront parfois ramasser jusque dans les synagogues.

En six mois d’occupation, de décembre 1942 à mai 1943, sur une population de 75 000 Juifs, 4 000 hommes seront envoyés aux travaux forcés dans des camps – sans compter les « Tunisiens de France » qui seront déportés à Auschwitz. Le grand organisateur, le colonel Walter Rauff, qui dirige les troupes SS, s’est déjà fait un nom. Le concepteur des chambres à gaz mobiles – où les gaz d’échappement étaient rejetés à l’intérieur du camion, provoquant ainsi la mort par asphyxie d’une cinquantaine de personnes -, c’est lui : 100 000 victimes en Ukraine, Biélorussie, Yougoslavie.

Claude Sitbon, qui prépare la sortie d’un livre sous la direction de Yad Vashem, explique : « La présence des SS aux côtés de la Wehrmacht prouve que les Juifs de Tunisie faisaient partie de la Solution finale. La défaite des forces de l’Axe à El Alamein et l’enlisement des Allemands à Stalingrad, ce concours de circonstances historiques, expliquent que les Juifs de Tunisie n’aient pas connu le même sort que ceux de Salonique. Car, finalement, Varsovie-Salonique-Tunis sont un même destin. Il n’y a pas à faire de différence entre Sépharades et Ashkénazes : tous les Juifs sont des survivants. »

Et ils sont là, ces survivants. Debout dans la Crypte du souvenir du Mémorial de la Shoah. Un homme leur fait face, debout lui aussi au milieu de la crypte, vêtu de son « talit » devenu point de lumière au milieu de cette ombre. L’homme chante un psaume : c’est le rav Éric Bellaïche, le petit-fils du rav Haïm Bellaïche, le grand rabbin de Tunisie qui avait courageusement accompagné sa communauté pendant l’Occupation. Le petit-fils récite le « Kaddish », et la famille tunisienne, accourue depuis tous les coins d’Israël, habituellement bavarde, ironique et fantasque, se tait.

Il y a dans l’assistance des rescapés des camps de travail. Il y a des rescapés tout court. Ils sont là, avec enfants et parfois petits-enfants. Après la prière pour les morts, c’est avec émotion et gravité que tout le monde chante la « Hatikva » : prière pour les vivants.

L’initiative de Claude Sitbon a été chaleureusement accueillie par la direction de Yad Vashem. Avner Shalev, le président du comité directeur de Yad Vashem, prend la parole dans l’auditorium. Son discours sera suivi par ceux du député David Tal, dont la famille est originaire de Tunisie, et de Mordehaï Paldiel, directeur du Département des Justes des Nations. Avner Shalev : « L’arrivée des Allemands a complètement bouleversé l’équilibre social qui avait été trouvé dans la société tunisienne. L’expérience de vie commune entre Juifs et Musulmans se décompose avec l’arrivée des Allemands, ce qui nous rappelle que nous ne devons jamais dépendre de personne mais ne compter que sur nous-mêmes. C’est cette nécessité qui est aussi à l’origine de l’État d’Israël et chacun, à sa façon, doit continuer à porter ce projet nourri par notre mémoire. »

L’influence ravageuse de la propagande antisémite du Grand Mufti de Jérusalem, qui indiquait à Hitler quelles devaient être ses cibles dans le monde arabe et musulman, devait aussi produire ses effets dans la société tunisienne qui serait pourtant la première à payer le prix de son identité originale en voie de création. Mordehaï Paldiel explique que son département, en collaboration avec Claude Sitbon, est en train de travailler sur le dossier de Moncef Bey, qui avait autorité sur la Tunisie pendant la période de l’Occupation. On sait que le roi du Maroc avait pris sous sa protection ses sujets juifs. Moncef Bey, lui, avait déclaré que tous les Tunisiens étaient ses enfants.

Mordehaï Paldiel cite d’autres témoignages sur des Tunisiens non-juifs – arabes, italiens, maltais – qui, au prix de leur sécurité et parfois de leur vie, ont aidé des Juifs. Ainsi, le témoignage reçu il y a à peine deux semaines d’Annie Bokris, décédée depuis, qui nommait la famille arabe chez qui les siens avaient trouvé refuge. Margalit Uzzan, dont le mari était un cousin d’Annie Bokris, explique à ses voisins dans l’assistance : quand la maison familiale fut réquisitionnée par les Allemands, et que tout le monde se retrouva à la rue, un paysan mit sa grange à leur disposition. Plusieurs familles juives vinrent s’y cacher.

Claude Sitbon le dira en conclusion : « On croit que tout est dit et que tout est trouvé », mais son expérience lui a prouvé qu’en matière historique, la complétude n’est jamais un fait. Plus de soixante ans après les événements, il reste beaucoup d’histoires à raconter, de noms à collecter, de mémoires à restaurer.

Parfois un souvenir, un objet, un document, qui peuvent paraître insignifiants pour leur dépositaire, revêtent une importance capitale pour la mémoire collective qui doit se conserver pour pouvoir se transmettre. C’est pourquoi Yad Vashem demande aux Juifs tunisiens de l’aider à compléter cette partie de notre histoire qui n’appartient à personne mais dont tout le monde est dépositaire. Tel est aussi le sens de la commémoration de la Libération des Juifs de Tunis, qui aura lieu désormais tous les 7 mai à Yad Vashem. Rendez-vous est pris : la mémoire des Juifs de Tunisie est une responsabilité pour tous les Juifs.

Source: L'ARCHE

BRUXELLES STIGMATISE LA BROCHURE ANTISEMITE D'UN DEPUTE EUROPEEN

18 février 2007 -
Du correspondant du Figaro correspondante à Bruxelles ALEXANDRINE BOUILHET.

La commission européenne a vivement condamné, hier, la publication d’un opuscule antisémite par un député européen polonais de la Ligue des familles, Maciej Giertych. Publiée en anglais, la brochure de 32 pages a été distribuée, le 14 février, dans les casiers des 732 députés européens à Strasbourg, en même temps qu’une présentation à la presse.

Lire sur : http://www.lefigaro.fr/

Intitulée Civilisations en guerre en Europe, cette publication porte le logo du Parlement européen. Elle aurait été financée sur les fonds du Parlement mis à la disposition des partis politiques représentés dans l’hémicycle. Hier, la Commission européenne a exhorté le Parlement à « prendre les mesures qui s’imposent » pour combattre ce « phénomène répugnant ».

Le Parti socialiste européen, qui a découvert le pot aux roses, a demandé, hier, une enquête officielle sur le financement de cette brochure. « Il est scandaleux que des fonds européens servent à subventionner des écrits racistes, xénophobes, contraires aux traités européens », estime le député socialiste polonais, Jozef Pimar.

En Pologne, le député Maciej Giertych, n’est pas très connu. Mais son fils a été nommé vice-premier ministre du gouvernement des frères Kaczynski, en charge de l’Éducation. « Vous imaginez le danger si cet ouvrage était présenté dans les écoles polonaises comme le point de vue officiel du Parlement européen ! », s’offusque Jozef Pimar. S’appuyant sur des écrits d’un historien méconnu de l’entre-deux-guerres, l’opuscule du Dr Maciej Giertych prétend que les Juifs « créent eux-mêmes leurs ghettos », précisant que « seul Hitler, en Allemagne, a créé le concept de séparation forcée, de ghetto fermé ». Plus loin, le texte assure que « l’antisémitisme n’est pas du racisme », les Juifs vivant « séparément » des autres communautés en raison de « différences biologiques », qui seraient elles-mêmes liées à la « conscience d’être le peuple élu ». En cas de plainte probable avec constitution de partie civile, les tribunaux français et polonais seraient également compétents pour juger ces écrits.

Mauvais procès

Hier après-midi, ni le président du Parlement, Hans-Gert Poettering, ni la présidence allemande de l’UE n’avaient encore réagi au scandale. « C’est lamentable et inadmissible de se servir du logo du Parlement européen pour prêcher des idées contraires aux valeurs de l’Union européenne », indiquait, pour sa part, Pierre Moscovici, vice-président du Parlement européen. « Mais attention à ne pas faire de mauvais procès au Parlement : nous n’avons pas les moyens, ni la vocation de censurer les écrits ou publications de 732 députés à travers leurs groupes politiques ! » Conscients des risques de voir un tel phénomène se reproduire, plusieurs députés socialistes demandent un changement des règles internes du Parlement, afin d’empêcher le financement public des écrits des partis, notamment d’extrême droite.

IRAN : REUNION DE CRISE A TEHERAN AVEC ASSAD

18.02.2007

Le président syrien Bachar Assad est arrivé à Téhéran ce samedi pour une visite de deux jours. Cette visite fait suite à l’annonce surprise de formation d’un gouvernement d’union Hamas-Fatah.

Ce gouvernement pourrait mettre en échec les tentatives de Téhéran de semer la discorde dans cette région en fournissant fonds, armes et instructeurs aux combattants du Hamas en guerre contre les partisans de Mahmoud Abbas.

Nous avons fait remarquer que Téhéran ferait tout pour faire échouer la formation de ce gouvernement, mais sa marge de manœuvre est réduite car officiellement les mollahs en tant que musulmans et les Syriens en tant qu’arabes doivent se réjouir de la fin des hostilités entre les deux factions. Ils ne peuvent rien tenter sans se concerter et étudier tous les cas de figures ; peut-être que deux jours seront même insuffisants pour trouver la solution idéale pour faire échouer cette entreprise.

Les deux états terroristes ont aussi d’autres problèmes sur les bras : leurs frontières avec l’Irak ont été momentanément fermées et les irako-américains pourraient recommencer l’opération. Par ailleurs il est question d’un envoi d’une force internationale d’interposition à la frontière libano-syrienne pour endiguer les expéditions d’armes vers le Hezbollah.

Hormis ces questions frontalières, les mollahs doivent gérer un possible rapprochement entre leurs alliés, le Hamas et la Syrie, et leurs adversaires Saoudiens. Le Hamas et la Syrie ne peuvent plus se montrer indifférents aux critiques des Arabes qui les accusent de s’être les complices d’un état agitateur qui est ni Arabe, ni sunnite !

L’offensive diplomatique des Saoudiens a surpris l’axe Irano-syrien habitué à une Arabie Saoudite plus effacée. En premier lieu, le Hamas est sommé de choisir et peut-être même que son chef exilé à Damas pourrait quitter ce pays.

Dans ce cas, les mollahs perdront leur contrôle sur le Hamas et sur la Palestine : de facto le Hezbollah sera isolé et fragilisé. Les Syriens eux-mêmes pourraient être tentés par une aventure Saoudienne. Il y a le feu (partout) et en la demeure (régionale des mollahs).

Assad est arrivé accompagné de son vice-président Farouk al-Chareh et du ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. Dès son arrivée, ils ont rencontré le patron du régime, Rafsandjani, le seul qui ne peut pas être tenté par une autre aventure.

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17.2.07

QUAND L'ISLAM PARLE D'UNE SEULE VOIX



Le procès intenté contre Charlie Hebdo est l’occasion pour Joachim Véliocas, dans ce premier article pour LibertyVox, de dénoncer l’attitude très ambiguë de la Mosquée de Paris et autres tenants d’un Islam dit “modéré”, propagateurs du mythe de “l’Islam des Lumières”.

Le procès des caricatures est à bien des égards un révélateur montrant que sur l’essentiel, les principaux acteurs de l’islam en France convergent vers une même voie : celle qui demain, espèrent-ils, mènera la France à faire sienne une nouvelle identité islamique, affirmée et protégée.

Depuis des années, les médias s’évertuent tant bien que mal à opérer des distinctions artificielles entre «des» islams. D’un côté, l’islam intégriste wahhabite et salafiste, respectivement incarnés par l’Arabie Saoudite et les Frères musulmans. De l’autre «l’islam modéré», «du juste milieu», incarné par le Maghreb et donc Dalil Boubakeur. Postulat permettant de ne pas jeter le bébé islamiste avec l’eau du bain de l’islam qui, nous dit-on, peut parfaitement s’intégrer à la civilisation française.

Or, voici que Dalil Boubakeur, a porté plainte au pénal contre Charlie Hebdo avec la Ligue islamique mondiale, organisation wahhabite, et l’UOIF, branche française des Frères musulmans, en mai 2006. Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) est coincé. Coincé entre la volonté d’afficher un islam «ouvert et tolérant», pour le rendre comestible à l’opinion publique française, et l’obligation de prendre en considération la volonté de la oumma afin de légitimer sa représentativité. Boubakeur a tranché, mais la participation du parangon de «l’islam modéré» à ce procès d’un autre âge, relooké par l’idéologie anti-raciste, n’étonnera que les imbéciles. Le 26 mars 2005, Dalil Boubakeur rendait visite aux dirigeants l’UOIF lors de leur congrès annuel, «une amitié d’une décennie» déclara-t-il à un journaliste de oumma.com. Au journaliste, il s’expliquait sur les anicroches qu’il avait pu avoir dans le passé avec l’UOIF qui surgit renforcée en 2003 après les premières élections du CFCM. Le partage du gâteau de la représentation de l’islam avait passablement irrité le monopole tranquille de l’institutionnel Recteur. Cependant, solidarité islamique oblige, Boubakeur se garderait bien de ranger dans la case «islamiste» l’UOIF afin de s’en démarquer. La volonté d’excommunier une organisation vouant un culte au Hamas, et ayant pour guide théologique Yussuf al-Qaradawi, favorable à l’extermination physique des homosexuels et des apostats, aurait pourtant été de bon ton pour un «modéré». Non, Boubakeur, lors de la même interview, confie que «nos objectifs sont tous convergents (avec l’UOIF ndlr), seules nos méthodes peuvent différer». Au moins, c’est clair.

Dans un livre indispensable, «Quand le Maroc sera islamiste» (La découverte), Nicolas Beau et Catherine Graciet ont parfaitement exposé la vacuité des espérances de ceux qui diagnostiquent une réforme libérale de l’islam contemporain. Au Maghreb autant qu’ailleurs, les mouvements politiques islamiques conservateurs n’ont jamais été aussi puissants. Les modernes qui, par exemple, relativiseraient la pertinence de la peine bien établie du délit de blasphème, sont des traîtres roulant pour l’Occident.

Pour Boubakeur, la Ligue islamique et l’UOIF, c’est très simple, Charlie Hebdo, en osant faire un lien entre la violence, Mahomet et les islamistes, a fait preuve de «racisme». Montrer un personnage accueillant les «martyrs» au paradis en leur demandant de rebrousser chemin car le lieu est à court de vierges, est "un véritable délit d'expression de la haine raciale" pour Boubakeur, comme si l’idéologie politico-religieuse de l’islam était une race ! Ne craignant pas le ridicule, cette accusation délirante ne convaincra pas le quidam qui voit quotidiennement à la télévision des islamistes, personnifiés par le Hamas, le Djihad islamique ou les Talibans, justifiant leurs méfaits par une référence constante au Prophète.

Mohammed Sifaoui, courageux journaliste d’investigation, a simplement apporté son témoignage en faveur de l’hebdomadaire en exposant le drapeau de l’Arabie saoudite où se déroule la chahada soulignée d’un sabre. De même, il présente le blason des Frères musulmans, soit deux sabres entrecroisés. Il rappelle à juste titre que les premiers à avoir associé islam et violence sont les musulmans radicaux, et non les journaux occidentaux. Abdel Wahab Meddeb, fin connaisseur de l’islam, témoigne également en affirmant avoir ri en visionnant la caricature de Charlie Hebdo. Ces deux hommes seraient-ils donc racistes pour les représentants du Conseil français du culte musulman, Etat dans l’Etat à dissoudre d’urgence ?

La mise sur pied du CFCM est, maintenant c’est indéniable, une faute de Nicolas Sarkozy, dépassé par sa créature à laquelle il s’oppose publiquement en soutenant Charlie Hebdo. Islam «de» France ? Non, un islam conquérant «EN» France, qui a de plus l’indécence de déplorer la politisation du procès des caricatures, alors que l’islam est justement une idéologie qui politise la religion. Pour finir et éviter toute confusion, Mohamed Sifaoui, s’il se dit musulman, a gardé de l’islam «civilisationnel» le vernis culturel et non la foi militante enracinée. Considéré comme apostat, il vit sous la menace des radicaux. Meddeb, lui, le concède ouvertement, n’est pas un croyant. Ce procès aura au moins comme mérite de montrer le parfait décalage entre ces partisans –très occidentalisés- d’un «islam des lumières», mythe n’existant que dans leur esprit, flattant les désirs trop optimistes de l’Occident, et les organisations musulmanes représentatives.



Joachim Véliocas pour LibertyVox.
Auteur de "L'islamisation de la France" aux éditions Godefroy de Bouillon



Source images ci-dessus: Charlie Hebdo (N° 712 du 8 février 2006, cause du procès)
Source Image à la Une :Dalil Boubakeur http://www.bouddhisme-france.org/voix_bouddhistes/detail_des_emissions/010114.htm


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© Joachim Véliocas pour LibertyVox - Article paru le 15/02/2007 Imprimer cet article
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LES BREVES DE L'UPJF

N°82 15/2/2007





L’UPJF EN ACTION



Les rencontres politiques de l’UPJF



Voyage en Israël d’une délégation de journalistes à l’initiative de Connaissance du Monde Juif et d’Israël et de l’UPJF

Par Edward Amiach – Président délégué de l’UPJF

Une délégation de journalistes du Nouvel Observateur, France Info, TV5, France Inter, le Figaro et LCP s’est rendue en Israël du 3 au 8 février, à l’initiative de l’association « Connaissance du Monde Juif et d’Israël », organisation liée à l’UPJF.

Ce voyage avait pour but de montrer a des journalistes français une" réalité israélienne" qui leur donnerait un éclairage nouveau dans l'approche qu'ils ont du conflit du Moyen Orient.

Notre guide, Gilles Peretz, a su avec intelligence et enthousiasme capter l'attention de tous.

Dimanche 4/02 : Très mauvais temps sur Tel-Aviv. Nous avons quitté l'hôtel a 10h et avons visité 2 kibboutz et effectué un retour sur l'histoire de la création de l'Etat d'Israel…
Kibboutz Minkow : c'est ici que la culture de l'orange est devenue une véritable industrie.
Recherche agronomique : développement de production de clémentine, cumqats, pamplemousse etc...
On y utilise de l'eau puisée à très grande profondeur dans le désert.
Kibboutz Ayalon : à proximité de l'institut Weizman, à Rehovot.
Durant la guerre d'indépendance, ce kibboutz avait organisé une usine clandestine de fabrication de balles. Enfouie sous terre, cette usine avait bénéficié de l'ingéniosité des kiboutznik pour pouvoir fonctionner sans éveiller les soupçons des soldats anglais cantonnés à quelques centaines de mètres. Moshé Hillel, devenu N° 3 du Mossad, avait dirigé cette usine à l'age de 24 ans.
A l'occasion de cette visite, le guide a su mettre l'accent sur la haine que vouaient les Anglais aux Juifs et les conséquences que cela entraîna par la suite dans les relations Israélo-arabes.
Il confirma que toutes les terres avaient été achetées, par les Juifs, souvent à prix forts.
Sur la haine des Anglais, il y a une anecdote qui mérite d'être racontée.
C'était en 1929, les Anglais vendaient des terres domaniales situées entre Netanya et Hedera.
Ces ventes aux enchères avaient généralement lieu à Hedera Afin de faire barrage aux Juifs, les Anglais décidèrent de faire la vente à Ramallah (fief arabe), le samedi de Kippour....Malgré le caractère sacré de cette journée, le Rabbin autorisa à porter
les enchères.
Au travers de cette anecdote on rappelle combien les Anglais, en exacerbant les relations,
ont aussi une grande responsabilité dans les rapports difficiles qu'ont les Juifs et les Arabes.

Apres – midi : Rendez-vous à l'Université de Tel Aviv.
Entretien avec le Recteur : M. Ittamar RABINOVITCH : ancien Ambassadeur d'Israël aux USA. Sujets abordés: Politique intérieure israélienne / Guerre du Liban / Problème de l'Iran et de la Syrie/ Nucléaire iranien / Israël et la Francophonie.

Soir : Dîner en présence De M. et Mme Zeev BOIM qui nous a accordé 4h pour répondre à toutes les questions posées par les journalistes. M. Zeev BOIM est ministre de l'Intégration. Seule la connaissance de la réalité israélienne, permet de mesurer l'importance de ce ministère. Sans une forte politique d'intégration Israël n'aurait jamais pu être la nation moderne et forte qu'elle est devenue. M. Zeev BOIM dont le challenge consiste a intégrer des populations aussi disparates que sont les Juifs Ethiopiens, que des Juifs Américains ou Européens, a su mettre en place une politique juste et équilibrée qui remplit ces objectifs.
C'est avec beaucoup d'intelligence, de perspicacité de patience et de gentillesse que M. Zeev BOIM a accepté de répondre à une multitude de questions posées par des journalistes "avides" de tout appréhender. Ce fut pour M. Zeev BOIM un exercice aussi difficile qu'une conférence de presse.
Apres ce dîner, les journalistes nous ont confié qu'ils avaient été impressionnés par l'aptitude de M. Zeev BOIM à affronter et répondre à toutes les questions qui lui avaient été posées et qui concernaient tous les domaines de la vie politique israélienne.

Lundi 5/02 : Direction JERUSALEM.

En chemin nous nous sommes arrêtes à Abou Gosh, village arabe israélien ou il n'y a jamais eu de problèmes de cohabitation avec les israéliens. De la part du Père Patrick DESBOIS (ami de l’UPJF), nous sommes allés rendre visite au Frère OLIVIER, responsable du couvent et de l'église. Le frère OLIVIER est normand. Il a évoqué en termes chaleureux sa joie d'être en Israël depuis 25 ans. Son ordre considère que le judaïsme et la synagogue sont les aînés du christianisme.
L'église d'Abou Gosh date du 12eme siècle, elle est chargée de décors Byzantins.
Toutes les représentations du Christ ont été effacées par les arabes !!!!

Nous avons repris notre chemin en direction de Jérusalem et de la KNESSET.
Il y avait comme tous les lundis de l’animation, mais plus importante car c'était "TOU BICHVAT" et en même temps le 58ème anniversaire de la Knesset qui s'est réunie en effet la 1ere fois, le 14/02/1949 (c'était Tou Bichvat.)

Apres avoir longuement visité la Knesset, nous avons eu, de 11h a 19h, 8 rendez vous suivis d'entretiens avec des hommes politiques de toutes tendances.

- Haim AMSALLEM : député SHASS ; Très implique dans des actions humanitaires et sociales, tant en Israël qu'au Maroc ou il a noue d'excellents contacts avec les autorités de ce pays.
- Colette AVITAL : députée Travailliste
- Raleb MEDJALEH : député travailliste, 1er ministre arabe dans un gouvernement Israélien.
- David TAL : député Kadima, Président de la commission Israélo-Française.
- Sylvan SHALOM : député Likoud, ancien ministre des Affaires Etrangères.
- Elie SHAI : député Shass, Ministre du commerce extérieur.
- Benjamin NATANYAHU : député Likoud

Les discussions ont quasiment toujours porté sur les problèmes cruciaux d'Israël :
les relations franco-israéliennes / les Palestiniens et leur manque d'homme
politique courageux et charismatique / l'intrangisance arabe / la menace Iranienne /
Israel et la Francophonie / J.Chirac....

Le "clou " de ces réunions a été notre rencontre avec Dahlia ITSIK : présidente
de la Knesset et Présidente par Intérim de l'Etat d'Israël.
Ce fut un grand, un magnifique moment d’émotion, d'intelligence d'honnêteté intellectuelle.
D.ITSIK nous a captivé avec ses expériences politiques (Oslo, Arafat, E. Barak, l'Autorité
palestinienne, Saddate, Hussein, la grave menace iranienne, ses réflexions de mère de famille
dans un pays en guerre, ses espoirs pour une vraie paix. Mme D.ITSIK a un parcours politique original qui reflète son intelligence et son aptitude à briguer les plus hautes fonctions Plus d’un d'entre nous y compris des journalistes, ont séché leur larmes, non parce qu'une femme
s'était exprimée ; mais parce que son humanisme, sa croyance en l'Homme, sa volonté de n'envisager que la Paix entre les Hommes ont atteint "le plus profond de notre être".

S.MOFAZ : Ministre des transports nous a reçu à 19h à son ministère. Il a répondu sans détour à toutes les questions qui lui ont été posées. Il a dressé un tableau inquiétant de la menace iranienne, de son activisme et de sa dangereuse influence auprès du Hamas et du Hezbollah. A un journaliste, il a répondu "qu'ISRAEL saura se protéger..."
Quand on est en contact avec S.MOFAZ, ce qui domine, c'est sa force de caractère, sa conviction inaltérable et l'amour de son peuple. Il a une âme de "bâtisseur".

Au cours de tous ces entretiens, les journalistes se sont montrés très attentifs en
posant de nombreuses questions sur tous les sujets touchant Israël.
Ils ont globalement été impressionnes par le ton direct et franc des hommes politiques.
Ils ont été enthousiasmés par la"proximité " qu'ils ont eue avec eux.
En si peu de temps il ne leur était jamais arrivé d'avoir autant d'entretiens politiques (dixit un des journalistes).

Retour tard à Tel Aviv .Nous avons dîné à l'hôtel et avons poursuivi cette journée par de riches échanges de nos réflexions politiques.

MARDI 6 /02 : Cette journée a été consacrée à la visite de Jérusalem. Nous avions prévu de rendre visite à des personnalités religieuses vivant dans cette ville.
Visite au Père PAUL : Evêque Maronite de Jérusalem, d'Israël et de la Jordanie.
Il nous a fait un cours sur les Maronites, leurs origines, leur histoire. Globalement très instructif.
Quand ont été abordées les questions d'actualité : la cohabitation avec les Israéliens, les relations avec le Liban, la nucléarisation de l'Iran; on a assiste a un "spectacle de langue de bois". Visiblement le Père Paul a du mal à se satisfaire de l'autorité israélienne.
Visite au couvent des Bénédictins : la responsable Soeur Christine nous a très amicalement
reçu. Elle vit ici - en quartier musulman de Jérusalem - depuis 1969.
Les échanges ont été instructifs.
J'ai essentiellement retenu une phrase qu'elle a énoncée et que les journalistes ont souhaité re-entendre. Elle a donc répétée sa phrase : " Après avoir essayé l'Autonomie, la rue palestinienne veut redevenir israélienne...."
Visite à l'Eglise du Saint Sépulcre : après avoir cheminé dans les souks, on est arrivé devant cette église chargée d'histoire pour le Christianisme.
Il faut noter, que jouxtant l'église, une mosquée a fait ériger un immense minaret bien plus haut que l'église. En outre l'imam y a fait installer une sono de plusieurs milliers de Watts. Ainsi, à chaque appel à la prière il y a un bruit assourdissant qui étouffé tous les autres.

Visite au Kotel : Les journalistes ont été impressionnés par ce mur au dessus duquel,
au fil des siècles ont été érigés d'autres monuments. Beaucoup d'explications ont été demandées.

Nous avons pu vivre en direct comment les arabes utilisent les medias. En effet se posait ce jour là le problème de la passerelle menant au mont du Temple, que les Israéliens doivent réparer. Moins de 10 arabes barbus, entourés par des dizaines de cameras et de journalistes, criaient au scandale et au blasphème. Cette passerelle endommagée par une tempête de neige, est située à l'extérieur du Mont du temple....
Déjeuner avec Ygal Palmor: porte parole du ministère des affaires étrangères qui avait été
délégué par Mme TSIPI LIVNI, en voyage à Londres. Elle a ainsi honoré une demande de Victor CURIEL (ami personnel de la Ministre). Echanges riches sur les problèmes palestiniens, Iraniens, européens etc...

Visite du nouveau mémorial de YAD VACHEM....c'est très dur même quand on l'a visite plusieurs fois (ce qui était mon cas.) On en ressort assommé. On ne parle plus...On ne se parle plus...

En fin d'après midi, visite de l'hôtel King David. Le hasard a fait que nous ayons rencontré M. Ephraim HALEVY ancien Directeur du Mossad. Il a accepté, pour une des journalistes de la Chaîne Parlementaire, une courte interview. La journaliste ne nous a rapporté qu'une déclaration relative à la bombe iranienne. A l'évocation de cette menace, M.Ephraim HALEVY a déclaré : "ISRAEL est indestructible..." ( Amen).


Dîner à Tel Aviv dans un restaurant typiquement israélien en présence de journalistes israéliens. Organisé par un membre de "Guysen », ce ne fut pas le succès qu'on aurait
voulu. Nous saurons la prochaine fois, mieux gérer cet aspect.


Heureusement, nos journalistes étaient fatigués. Ce qui n'a pas empêché que nous
ayons, à l'hôtel, de grands et intéressants échanges (des journalistes israéliens
nous avaient rejoint persuades qu'ils "s'enrichiraient " plus que ce que nous attendions d'eux.



A l'issue de ces 2 premiers jours, nous percevions déjà chez nos invites ,un intonation, une réflexion, une approche, des analyses, plus recherchées, plus fines, moins partisanes que ce que nous avions entendu le jour du départ.


Mercredi 7/02 : Journée consacrée à la visite du Néguev, des abords de Gaza
Abords de GAZA : nous étions très proches de la frontière, à hauteur de Karni et Kissoufim.
Les journalistes et nous mêmes avons été surpris par la vision de très grands et
beaux immeubles, formant des ensembles de bonne tenue. Nous pensions que Gaza n'était qu'un immense camp ; En fait ces immeubles, au dire du guide, sont habités par les bourgeois palestiniens ; Les cameras des télévisions ne nous ont montré que des camps et la misère...

En chemin on a pu observer les efforts faits par l'ingénierie israélienne pour récupérer et utiliser les eaux usées. 90 % des eaux usées de Tel Aviv sont recyclées et utilisées par l'agriculture israélienne.

Nous avons vu à ASHDOD, un monument aux morts à la mémoire des soldats égyptiens morts pendant la guerre d'indépendance. Ce monument a été inaugure par SADATE et BEGIN....

Ces petits faits mis bout à bout aideront sûrement les journalistes à mieux cerner la complexité du conflit qu'ils ont l'habitude de couvrir.

Direction SDEROT : Petite ville où l'on sent l'inquiétude, la lassitude de la population. On le serait à moins. Le Maire, Elie MOYAL saura en quelques phrases nous montrer le désarroi de sa situation: " les politiques sont à Jérusalem et ont d'autres problèmes. Le gouvernement ne se préoccupe plus des Kassam reçus...." Cela n'a pas entame sa détermination à se battre pour ses administrés et faire en sorte que Sderot redevienne une ville clef du Neguev.
Visite et déjeuner dans un village arabe du Neguev. Le responsable de ce village nous a parlé de la vie des habitants de ce village, de leur participation à la société civile israélienne. De ce village de 850 habitants, sont sortis 6 médecins, 3 pharmaciens et les propriétaires des 2 plus grandes entreprises de transport du sud du pays....Il n'y a pas de chômeurs dans ce village....

Visite des vignobles de YATIR : vignes en plein désert. Production de vins de qualité depuis 5 ou 6 ans. Etonnante prouesse.

Direction des abords d'HEBRON pour voir le "mur de séparation" ; En fait c'est plus souvent des barbelés préservés par de l'électronique. Nous nous sommes approchés des points de contrôle et avons pu constater les efforts faits par les israéliens pour faciliter et fluidifier les passages en ne sacrifiant rien à la sécurité.

Retour à Tel Aviv et dîner avec Mme et M. Sylvan SHALOM, ancien ministre des affaires étrangères et membre important du Likoud. Très bonnes informations suivies de questions et d'échanges sur, la politique intérieure, la politique extérieure, l'Iran etc...M. Sylvan SHALOM a marqué son passage au Ministère; en effet c'est sous son impulsion qu'Israël a su "redorer" son image dans la Monde et surtout en Europe. Il fut l'artisan de la "reconquête" médiatique. Israel avait, avec l'arrivée de l'Intifada en 2000, du subir les attaques de très nombreux médias européens. Sylvan SHALOM a su avec rigueur, énergie et perspicacité tisser de nouveaux liens avec ses partenaires européens. Nous devons remercier son épouse, journaliste de formation et de profession, qui a su rapidement trouver des affinités avec ses confrères français .Cela a contribué à créer un climat d'amitié et de confiance.

Les journalistes ont "rempli" de nombreux feuillets de notes et réflexions. La rédactrice en chef d'une grande radio française a pris la parole pour exprimer en son nom et ceux de ses confrères, des remerciements chaleureux. Elle a exprimé sa satisfaction de l'organisation de ce voyage où il ne s'agissait pas de convaincre mais simplement de montrer. L'Objectif lui paraissait atteint.
Même des journalistes israéliens que nous avions invité, notaient et enregistraient des informations et des analyses qui leur paraissaient être de 1er ordre.

Jeudi 8/02 : Après le rythme que nous avions imposé, nous avions décidé de laisser aux journalistes le choix de l'organisation de cette journée. Ils ont souhaité déambuler dans Jérusalem : le marché etc...
Déjeuner dans un restaurant de Jérusalem en présence de J.C NIDDAM, haut fonctionnaire au ministère de la Justice, entre autre responsable des relations juridiques entre l'Etat d'Israël et l'Autorité Palestinienne. Ce fut un des moments les plus captivant et enrichissant de ce voyage. M.NIDDAM est Docteur en Droit, spécialiste du droit musulman et des pays arabes.
Il parle et écrit l'Arabe et a été le seul diplômé en droit, non musulman de l'université de Rabat. En juriste, il a dirigé les délégations israéliennes, pour les accords de Camp David, pour les accords du Liban, et pour les accords intérimaires. Il a été un des rédacteurs des accords d'Oslo et est intervenu pour mettre en place le barreau palestinien.
C'est dire l'étendue de son expérience et de son vécu au quotidien de la mise en application des accords de Paix. Quelle riche expérience....
Les journalistes, (nous aussi) ont été inondés d'informations qui ont surtout relaté l'état de
désorganisation, de manque de volontés, de blocages, de pressions multiples, de grande corruption dans lequel se trouve la société palestinienne.
Je compléterai ultérieurement les quelques informations que j'ai notées et qui m'avaient marqué. Cette description n'encourage guère à l'optimisme immédiat.

Soir, retour à Tel-Aviv, dans le mauvais temps, dîner sur le bord de mer chez Yod Veta, où la discussion engagée fut riche d'enseignements sur la perception que chacun a pu exprimer à chaud.

Je ( nous) suis convaincu que pour tous ces journalistes il y avait un"avant Israel" et il y aura un"après Israël". Ils ont surtout compris que dans le conflit du moyen orient il n'y a pas "un riche, fort et méchant israélien" et de "pauvres, dominés arabes palestiniens". Il n'y a pas "un responsable de tous les maux" (Israël) mais les Palestiniens ont une très lourde responsabilité de tous les maux dont ils se plaignent.

L'avenir et l'Histoire diront si ce genre de voyages peut être profitable à Israël et à son image.
Pour ma part, persuadé que la Vérité ne pouvant que grandir la cause que l'on défend, et restant convaincu que nous n'avons que montré une réalité que beaucoup, par manque de temps et d'éthique, refusent de prendre en compte ; Je suis sur que les journalistes considèreront Israël avec Estime et Respect.

Il faut adresser de très grands remerciements à Victor CURIEL, sans qui ce voyage n'aurait pas été de cette qualité et de ce niveau.
Je dois préciser que lorsque nous avons quitté Paris, nous étions dans 2 mondes différents: celui des journalistes et le notre. Quand nous sommes rentrés d’Israël, c'était un groupe uni, où les liens créés avaient installé un fort sentiment d'amitié et de solidarité. C'est la rencontre, l'échange, la discussion, la connaissance de l'autre qui ont contribué à créer ce climat.
On peut se plaire à rêver que cette expérience serve d'exemple aux Israéliens et aux Palestiniens et qu'un jour, la Paix s'installe.
Comme s'est forgée cette Amitié entre nous (militants de l'UPJF) et nos Amis journalistes.

Photos à suivre dans les prochaines Brèves de l’UPJF…



Les « dîners politiques de l’UPJF »

Le prochain dîner politique de l’UPJF aura lieu le mercredi 21 février 2007 à 20h. Nous recevrons Dominique Paillé, Député UMP des Deux-Sèvres et membre de l’Etat-major de campagne de Nicolas Sarkozy.

Places limitées – Inscription obligatoires : 01 47 63 07 10 ou contact@upjf.org

Paf adhérents UPJF : 40€ - non adhérents : 60€



L’UPJF Marseille reçoit le Président du Medef 13

Le mercredi 21 février à 20h, l’UPJF Marseille invite ses adhérents et ses sympathisants à un dîner-débat avec Stéphane Brousse, Président du MEDEF 13 sur le thème :

"Les enjeux de la campagne présidentielle pour nos entreprises".

Mercredi 21 février 2007 à 20 H

Réservation urgente au : 06 14 49 43 88
ou par e-mail : upjf.marseille@free.fr
(les places sont limitées)

PAF : 25€.



Menace iranienne : la mobilisation continue

Nous avons été plus de mille citoyens à participer au rassemblement public du 14 décembre 2006 organisé par les signataires de l'Appel aux dirigeants européens, et soutenu par l’UPJF, pour réclamer plus de fermeté dans le dossier iranien.

Pour que des sanctions soient prises rapidement à l'égard du régime iranien, notre mobilisation est plus que jamais nécessaire.

Chaque jour, des citoyens de divers pays signent et soutiennent la déclaration en huit points de l'Appel aux dirigeants européens (voir ci-dessous).

Nous avons besoin, de chacun d'entre vous, pour donner un écho encore plus important aux nombreuses actions prévues, dans les semaines à venir, par les signataires de l'Appel.

Pour signer et soutenir la déclaration en huit points de l'Appel aux dirigeants européens (ci-dessous), il vous suffit d'envoyer un message à appelauxdirigeantseuropeens@yahoo.fr





ACTUALITES



Présidentielles 2007



Ségolène Royal ne semble pas bénéficier d'un "effet Villepinte"

Plusieurs jours après avoir présenté les 100 propositions de son "pacte présidentiel" lors d'un grand meeting à Villepinte, la candidate socialiste Ségolène Royal ne semble pas bénéficier, dans les sondages, d'un effet positif de ce rendez-vous très attendu. Au contraire de Nicolas Sarkozy qui, dès le lendemain de son intronisation à grand spectacle le 14 janvier à la Porte de Versailles, en avait engrangé le bénéfice dans les enquêtes d'opinion. Depuis, le candidat de l'UMP a toujours été donné vainqueur au second tour face à Mme Royal dans les 17 sondages réalisés avant la grand-messe de Villepinte, comme dans les 4 qui ont suivi. Un grand chelem qui, à dix semaines du premier tour, commence à inquiéter le camp socialiste, même s'il s'en défend, assurant qu'il est trop tôt pour mesurer les effets de Villepinte. Dès le lendemain de sa prestation, dans un sondage Ifop, Mme Royal accusait une perte de 1,5 point au 1er tour à 26%, tandis que M. Sarkozy gagnait encore 2,5 points à 33,5%. Et était crédité de 54% au second tour.

Les sondages suivants n'ont pas fondamentalement changé la donne. Si la candidate PS enregistre un léger rebond au premier tour pour Ipsos (27%, +2) et BVA (29%, +3), elle perd encore 1,5 point pour l'Ifop (26%) et 1 pour CSA (26%). Et ne comble pas vraiment l'écart avec Nicolas Sarkozy, qui se maintient à un très haut niveau: 35% dans le BVA (+1), 34% dans l'Ipsos (-2), 33% dans le CSA.

Surtout, Mme Royal est systématiquement donnée battue au second tour avec un écart variant entre 6 et 8 points.

Un autre sondage BVA-Le Figaro publié le 14 février indiquait ainsi que 53% n'avaient pas jugé son programme "convaincant", contre 43%.

(Source : agences de presse)



Démission d'Eric Besson, responsable du PS pour l'économie

Eric Besson, secrétaire national à l'économie et la fiscalité du Parti socialiste, a annoncé, le 14 février, sa démission de ses fonctions. Interrogé sur des rumeurs faisant état de son départ, le député de la Drôme a déclaré à l'AFP qu'il avait "remis ce jour (mercredi 14/2) sa démission à François Hollande", le premier secrétaire du parti. M. Besson a justifié sa décision par "des raisons personnelles". "Ma décision est définitive et je ne m'exprimerai auprès de personne" a-t-il ajouté. Il a déclaré vouloir "se mettre en retrait de la campagne électorale et se consacrer à sa circonscription et sa mairie" de Donzère. Le responsable, proche de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, a souligné qu'il était "bien décidé à ne gêner ni le premier secrétaire ni la candidate du Parti socialiste" à la présidentielle Ségolène Royal.

Interrogé sur le point de savoir si sa décision était liée à la controverse autour du chiffrage des propositions faites le 11 février par Ségolène Royal, M. Besson a démenti que sa démission pouvait avoir pour motif "des désaccords sur le montant du chiffrage du pacte présidentiel". Selon des proches, le départ de M. Besson serait lié à l'organisation générale de la campagne des socialistes pour la présidentielle.

(Source : AFP)



Jospin boude toujours

L’ancien Premier ministre a séché le grand oral de Ségolène Royal à Villepinte après avoir raté son meeting parisien de la halle Carpentier. "Il faut le comprendre, Lionel boude encore un peu..." souriait l’un de ses proches présent à Villepinte, avant d’ajouter : "Son vrai problème, c’est que plus personne ne remarque ses absences..."

(Source : Profession politique)



Conférences de presse en perspective pour Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy veut réhabiliter les grandes conférences de presse comme du temps du général de Gaulle et de François Mitterrand. Début mars, une longue rencontre est prévue avec la presse française et étrangère au cours de laquelle "les journalistes pourront poser toutes les questions sur tous les sujets", assure le candidat, qui laisse entendre qu’en cas d’élection, il "parlera souvent aux Français et pas aux périodes où ils ne sont pas devant la télévision", faisant allusion aux vœux du 31 décembre et à l’interview du 14 Juillet.

(Source : Profession politique)





France



Ilan Halimi : hommage un an après sa mort

Un an après la mort d’Ilan Halimi, un hommage lui a été rendu à Sainte-Geneviève-des-Bois, à l’endroit où il avait été retrouvé agonisant après avoir été torturé pendant trois semaines.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence du maire de Sainte-Geneviève-des-Bois Olivier Léonhardt (PS), qui a assuré de son soutien la famille d’Ilan Halimi, qui n’était pas présente.

Le président de SOS Racisme Dominique Sopo a pris la parole pour rappeler «la nature antisémite» de ce crime, rappelant la polémique soulevée à l’époque et soulignant «le grand danger à banaliser les dérives». «Ceux qui ont participé à cette équipée particulièrement sauvage et sanglante auront à répondre de leurs motivations» lors du procès, a ajouté Sopo. «Lorsqu’il y a des failles dans le vivre ensemble, personne n’est jamais gagnant», a-t-il déclaré, ajoutant: «Les valeurs de la République ne peuvent pas s’accommoder de tels actes. Il y a un "manque de clarté et de fermeté de la société française» face aux «préjugés» antisémites. Dominique Sopo a appelé les candidats à la présidentielle à prendre «des actes forts, notamment sur l’éducation au vivre ensemble au sein de l’école». «On ne peut pas se permettre de perdre la bataille de la fraternité au sein des jeunes générations».

Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy s’était fait représenter par sa conseillère pour la justice. L’ancien président de SOS Racisme Malek Boutih représentait quant à lui la candidate du PS Ségolène Royal. Il a appelé à «faire le serment de ne jamais oublier».

Des bougies ont été allumées, et une gerbe de fleurs déposée au pied d’un arbre planté en hommage à Ilan Halimi en bordure de la voie ferrée où il avait été retrouvé.

(Source : Libération)



Pour l'archevêque de Paris, la France est ''vouée à une pandémie antisémite''

L'archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois, a affirmé au premier jour de sa visite en Israël que la France était "vouée à une pandémie antisémite" mais a assuré que sa communauté serait aux côtés des juifs français "en cas de situation grave".

"La France est vouée à une pandémie antisémite. Ce sentiment se nourrit d'un certain nombre d'évènements mais on peut être Français et catholique et ne pas avoir peur de rencontrer des juifs et même y éprouver du plaisir", a affirmé l'archevêque, qui s'exprimait en français lors d'une conférence de presse, à Tel-Aviv, en présence du ministre du Tourisme israélien, Yitzhak Herzog. Se disant "sensible au sentiment" éprouvé par les juifs français victimes d'actes antisémites, il a ajouté que la "situation du judaïsme en France et des juifs ne peut être suivie qu'avec une attention vigilante". Les juifs français "savent qu'en cas de situation grave, nous sommes prêts à être à leurs côtés", a-t-il assuré, en insistant sur "l'importance des relations entre l'Eglise catholique et le judaïsme".

L'archevêque a également souligné qu'il entendait, à travers son voyage de cinq jours, envoyer un "message d'espérance". "Les militants, les artisans et les engagés pour la construction de la paix pourront transformer ce qui peut apparaître comme une situation de désespoir en situation de sécurité", a-t-il dit.



L’ambassadeur de France en Israël se démarque des propos controversés tenus par Jacques Chirac sur le nucléaire iranien

Pour l'ambassadeur de France à Tel-Aviv, le programme nucléaire iranien menace la paix mondiale. S.E Jean-Michel Casa s'est démarqué des propos controversés tenus il y a quelques semaines par Jacques Chirac sur le nucléaire iranien. Le président de la République avait affirmé qu'il n'y avait pas de grand danger à ce que l'Iran détienne une ou deux bombes atomiques. M. Casa a souligné une fois de plus ''la position unique et claire'' de la France sur ce dossier. ''L'éventualité que l'Iran devienne une puissance militaire dotée d'une bombe, est totalement inacceptable. Ni aujourd'hui, ni demain. C'est une menace pour la paix, non seulement pour Israël et la région, mais sur le monde entier'', a-t-il expliqué.

(Source : (Guysen.Israël.News)







La France dans la ligne de mire d'Al-Qaïda ?

Selon le journal Al Hayyat citant un rapport des services de renseignements français, l'organisation terroriste d'Oussama Ben Laden s'apprêterait à perpétrer des attentats dans l'Hexagone à l'occasion des élections présidentielles de mai prochain.

Par ailleurs, la menace du terrorisme islamiste en Europe est « en augmentation constante », a estimé le juge antiterroriste français Jean-Louis Bruguière. Il a notamment mis en garde contre la récente alliance entre Al Qaïda et le GSPC algérien (une organisation terroriste responsable d'une série d'attentats sanglants en Algérie)qui constitue, selon lui, « une menace particulièrement grave ».

(Source : Guysen.Israël.News)



Economie



L'OFCE revoit à la hausse les chiffres du chômage

Le «vrai» chiffre du chômage serait de 8,9 % de la population et non de 8,6 % : c'est ce qui ressort d'une étude publiée hier par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon cette analyse, le nombre de demandeurs d'emploi en 2006 n'aurait pas baissé de 270 000 personnes, mais seulement de 181 000. Le 29 janvier, un collectif réunissant des associations de chômeurs et des syndicats (SNU-ANPE, SUD-ANPE, CGT- Insee), contestait les chiffres officiels. Baptisé «ACDC», les Autres chiffres du chômage, ce collectif estimait que les statistiques ne prenaient pas en compte un nombre croissant de demandeurs «radiés» ou «dégoûtés» qui ne s'inscrivaient pas à l'ANPE.

(Source : Libération)



L'ISF fait fuir les contribuables

Sujet tabou par excellence, l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) risque de revenir en force dans la campagne présidentielle. Et pas seulement parce que Johnny Hallyday est parti s'installer en Suisse et ne désespère pas d'obtenir d'ici quelques semaines la nationalité belge.

D'après les éléments que Le Figaro s'est procurés, le nombre de redevables à l'ISF ayant quitté la France a explosé depuis 2004, augmentant plus vite que le nombre total de ceux qui paient l'ISF. En 2003, ils étaient 368, un flux en ligne avec les départs observés les années précédentes. En 2004, 568 ont fait leurs valises puis 649 autres en 2005. Bref, jusqu'à 2003, la France enregistrait bon an mal an une délocalisation fiscale par jour. Deux ans plus tard, en 2005, c'est presque deux. Les pertes de recettes d'ISF liées à ces départs augmentent doucement mais sûrement. Selon Bercy, elles ont atteint 16,4 millions d'euros en 2004 et 18,2 millions en 2005. Au total, entre 1997 et 2005, l'État y a perdu 132 millions d'euros.















Israël



Guilad Shalit est vivant

Guilad Shalit est vivant et en bonne santé, selon Kadoura Fahrès. Ce dirigeant du Fatah a affirmé avoir eu des nouvelles fraîches du caporal israélien enlevé à Gaza il y a 8 mois, lors d'un entretien il y a quelques jours avec le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mashaal. M. Mashaal aurait affirmé : ''Guilad Shalit est sain et sauf et doit revenir en paix chez ses parents, tout comme des milliers de prisonniers palestiniens doivent retrouver leurs familles''.

(Source : Guysen.Israël.News)



Visite d’Ehud Olmert en Turquie

Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert a effectué une visite en Turquie, au cours de laquelle il a été reçu officiellement par le président de l'Etat, Ahmet Necdet Sezer, ainsi que par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Ehoud Olmert a accepté que les travaux en cours à Jérusalem soient désormais supervisés par la Turquie.

La Turquie est le principal allié d’Israël dans le monde musulman.







Gaby Ashakenazi nommé Chef d’Etat-major de Tsahal

C'est officiel. Gaby Ashkenazi est le 19ème chef d'état-major de Tsahal. Lors d'une cérémonie en grande pompe, les politiques ont honoré Dan Haloutz lequel a fait ses adieux avant de passer le flambeau. Gabi Ashkenazi a occupé plusieurs positions importantes dans l’armée israélienne. Il a notamment fait partie des « Golani » une brigade d’élite de Tsahal.

Pour regarder le reportage d’Infolive.tv sur la cérémonie d’intronisation de Gaby Ashkenazi : cliquer ici



Premiers pas en Israël
Seulement trois heures de vol les séparaient d'Israël, mais il aura fallu trois mille ans pour que ces Juifs d'Ethiopie retournent en terre de Sion. Pour les accompagner, un groupe de Français les a suivis, de leur village de Gondar au nord de l'Ethiopie, à l'aéroport Ben-Gourion, pour leurs premiers pas en Israël. Pour regarder ce reportage d’Infolive.tv : cliquer ici



Proche-Orient



Vers une sortie de crise dans les Territoires palestiniens ?

L’initiative et la persévérance du souverain saoudien - à grand renfort de dollars - ont porté leurs fruits ! Pour l’heure du moins. En effet, après plusieurs mois de blocage, après des affrontements sanglants qui ont fait des dizaines de morts (plus de 90 depuis décembre) et qui ont paralysé les territoires palestiniens, le Fatah et le Hamas se sont finalement entendus le 8 février pour mettre fin à l’effusion de sang inter-palestinienne et former un gouvernement d’union nationale (...)

Lire la suite : cliquer ici

(Source : Esisc)



Beyrouth commémore l'assassinat d'Hariri
Les Libanais sont descendus dans les rues de Beyrouth pour marquer le deuxième anniversaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafik Hariri. Les dirigeants anti-syriens se sont succédés à la tribune et ont fustigé la Syrie et son président el-Assad. Parmi les plus véhéments : le leader socialiste Oualid Jumblat, dirigeant de la communauté druze libanaise.

Reportage d’Infolive.tv : cliquer ici



Le golfe Persique à l'heure du nucléaire

Abderrahmane Al-Attiya, le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a indiqué que les pays du golfe Persique envisageaient de demander de l'aide à l'AIEA pour le lancement d'un programme nucléaire. Le CCG comprend l'Arabie saoudite, Oman, les Emirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et Bahreïn.

(Source : Guysen.Israël.News)



Al Qaïda menace les pays pétroliers fournisseurs des Etats-Unis

Tous les sites pétroliers dont la production alimente les Etats-Unis doivent être pris pour cibles, pas seulement au Moyen-Orient, mais aussi au Canada, au Venezuela ou au Mexique, affirme la branche saoudienne d'Al Qaïda dans un communiqué diffusé sur Internet. "Il est nécessaire de frapper les intérêts pétroliers dans toutes les régions qui servent les Etats-Unis, pas seulement au Moyen-Orient. L'objectif est de couper leurs lignes d'approvisionnement ou de les réduire par tous les moyens", peut-on lire sur le site Saout al Djihad (Voix de la guerre sainte), vitrine de l'"Organisation Al Qaïda dans la péninsule arabique".

(Source : Guysen.Israël.News)



Reste du monde



Manifestations en Turquie contre la visite du Premier ministre israélien Ehoud Olmert

Une cinquantaine de personnes se sont réunies dans le centre d'Istanbul, en brandissant des pancartes « Olmert meurtrier, va-t-en d'ici ! » Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert effectue une visite en Turquie, au cours de laquelle il sera reçu officiellement par le président de l'Etat, Ahmet Necdet Sezer, ainsi que par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, et les dirigeants de la communauté juive locale.

(Source : Guysen.Israël.News)







Pour 33 % d’Allemands, les juifs ont trop d’influence dans le monde

D’après une nouvelle étude, commandée par la Fondation allemande Bertelsmann, sur les relations entre les Allemands, les Etats-Unis et les juifs israéliens, 66 % des Allemands, de tout âge et de tout niveau social, estiment "honteux que les Allemands aient commis tant de crimes contre les Juifs," contre 60 % en 1991. 33 % des Allemands reconnaissent que "les Juifs exercent trop d'influence dans le monde". Ce chiffre est en baisse par rapport à 1991 où 36 % pensaient la même chose. Les sondés qui rejettent cette idée sont montés de 32 % à 56 %. Les personnes âgées et sans instruction composent les 40 % d’Allemands qui croient que le national-socialisme (le Nazisme) avait "de bons côtés" en plus "des mauvais côtés." L’étude montre que 21 % des Allemands (en hausse depuis 1991 avec 17 %) voient le national-socialisme comme purement négatif.







La Belgique a activement collaboré à la déportation des Juifs

L'Etat belge a collaboré activement à la déportation des Juifs, selon les conclusions d'une étude commandée par le gouvernement.

"L'Etat belge a adopté une attitude docile en accordant, dans des domaines très divers mais cruciaux, une collaboration indigne d'une démocratie à une politique désastreuse pour la population juive", selon les conclusions de l'étude du Centre d'Etude et de documentation Guerres et Société contemporaine (CEGES).

L'étude du CEGES a été menée durant deux ans et demi à la demande du Premier ministre Guy Verhofstadt interpellé par des résolutions votées au Sénat à l'initiative de Philippe Mahoux (PS) et Alain Destexhe (MR).

(Source : Cicad)

16.2.07

DIEUDONNE ANTISEMITE



Cour de cassation: les propos tenus par l’humoriste sur les Juifs en 2003 sont injurieux
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16/02/07

Sur le site du Figaro.

© Laban-Mattei/AFP


Dieudonné est jugé coupable. Réunie en assemblée plénière, la Cour de cassation a annulé, vendredi, la décision de la cour d’appel du 9 février 2006, qui avait estimé le contraire.

En 2003, l’humoriste avait déclaré au magazine Lyon Capitale :

«Les Juifs, c'est une secte, une escroquerie, c'est une des plus graves parce que c'est la première».


Selon la Cour de cassation,

ces propos ne relèvent «pas de la libre critique du fait religieux, participant d'un débat d'intérêt général, mais constituent une injure visant un groupe de personnes à raison de son origine, dont la répression est une restriction nécessaire à la liberté d'expression dans une société démocratique».


Le dossier a été renvoyé devant la cour d'appel de Versailles, obligée de se conformer à la décision de l'assemblée plénière.

© Le Figaro


[Information aimablement signalée par M. Aflalo.]

Mis en ligne le 16 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

TRAVAUX A LA PORTE DES MAGHREBINS

Travaux à la porte des Maghrébins : pourquoi un tel tumulte, Jean-Marie Allafort
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16/02/07



Sur le site de "Un écho d’Israël".



Le projet de remplacer l’actuel rampe d’accès à la porte des Maghrébins qui menace de s’effondrer par un pont bâti sur des piliers provoque une levée de boucliers chez les Arabes israéliens, les Palestiniens et, dans une moindre mesure, dans les autres pays arabes.



En Israël, lorsqu’il faut construire sur un site historique, les archéologues fouillent les lieux pour préserver autant que possible le patrimoine. Il s’agit bien ici de fouilles sous l’actuel rampe d’accès et en aucun cas sur ou sous l’esplanade des mosquées. Une fois les fouilles terminées, le pont provisoire en bois doit être remplacé par une nouvelle rampe définitive.



Les personnalités du Waqf (autorité musulmane sur les lieux saints de l’Islam) comme les chefs religieux du mouvement islamique d’Israël savent bien que les travaux entrepris par le bureau des Antiquités d’Israël sont à l’extérieur de l’enceinte du parvis des mosquées. Pourquoi donc un tel tumulte ?



Selon les musulmans, Israël entreprend des fouilles sous la mosquée d’El Aqsa et profane le lieu. Cette accusation, qui relève d’un fantasme bien ancré chez les musulmans palestiniens, resurgit régulièrement. Israël a beau expliquer que les fouilles sont effectuées en dehors de l’enceinte, rien n’y fait. Toute campagne archéologique est suspectée parce qu’elle contredit la thèse officielle des musulmans affirmant qu’il n’y a jamais eu de Temple juif sur cette colline. Bien plus, pour les musulmans, le parvis du Mur occidental et les fouilles archéologiques autour de l’esplanade sont propriété de l’Islam. Israël a usurpé les lieux lors de la guerre des Six Jours et ne peut prétendre à aucune souveraineté.



Lorsque les parachutistes israéliens ont pénétré sur l’esplanade du Temple en 1967, ils ont cherché un accès vers le Mur occidental. Un gardien musulman leur a donné la clef de la porte des Maghrébins et de là, les soldats sont descendus vers le Mur. Le ministre de la Défense de l’époque, Moshe Dayan, a alors décidé que les clefs de cette porte dite des Maghrébins resteraient dans les mains de la police israélienne. Aujourd’hui encore, c’est par cette porte que les non-musulmans peuvent pénétrer sur l’esplanade.



Le véritable enjeu de cette affaire est le statut de Jérusalem. Israël, en entreprenant de tels travaux, déclare sa souveraineté sur la ville sainte, ce qui est insupportable pour les musulmans en général, et les Palestiniens en particulier. Ces derniers sont prêts à se battre pour protéger la ville « de l’agression sioniste ». Dans ce cas doit-on encore s’étonner que certains responsables chrétiens de Terre Sainte parlent de provocation d’Israël sur l’esplanade des mosquées ?



© Un écho d’Israël


Mis en ligne le 16 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

LE PARLEMENT EUROPEEN SUBVENTIONNE DES BROCHURES ANTISEMITES

Vous voulez tout savoir sur la « civilisation juive » ? Sur les « différences biologiques » entre les juifs et les « gentils » ? Sur le choix volontaire de la ghettoïsation qu’aurait fait un « peuple » qui désire ne pas se fondre dans la masse? Sur l’impossibilité de cohabiter avec la « civilisation juive » en Europe ? Lisez le petit livre –en anglais- intitulé « Civilisations at war in Europe » que vient de publier, avec les fonds du Parlement de Strasbourg, le député européen Maciej Giertych, l’un des leaders de la Ligue des familles polonaises (LPR). En couverture, une photo de l’auteur et, en bonne place, le logo du Parlement européen, obligatoire pour toutes les publications qu’il finance.

Ce chef d’œuvre d’antisémitisme a été présenté, hier, à Strasbourg, par son auteur, plutôt fier de son coup. La lecture de cet opuscule ramène directement à l’avant-guerre, lorsque l’antisémitisme était une opinion comme une autre. Maciej Giertych –dont le fils Roman, président de la LPR, est vice-Premier ministre et ministre de l’éducation du gouvernement polonais- explique comment les juifs, qui n’ont pas de caractères raciaux distinctifs (on peut les confondre avec des Polonais, souligne l’auteur), passent d’un pays à l’autre et adoptent la langue locale tout en refusant de se fondre dans le pays d’accueil. Le « peuple élu » préfère rester entre lui, dans des ghettos :« by their own will, they prefer to live a separate life, in apartheid from the surrounding communities. They form their own communes (kahals), they govern themselves by their own rules and they take care to maintain also a spatial separatness. They form the ghettos themselves (…) It was only Hitler’s germany that created the concept of forced separation, of a closed ghetto from which Jews were not allowed to leave ».

Mieux : si les juifs ne sont pas une race, « the fact that they stick to their own community, their own civilisation, their own separatness, results in biological difference developing ». Bref, on ne peut pas les reconnaître mais en faisant un petit effort, on peut y arriver. Giertych, pour bien nous faire comprendre que les juifs sont partout et toujours prêts à trahir leur pays au profit de leur peuple, explique que, lors des guerres, les juifs sont présents dans les deux camps, évidemment. Mais le juif qui appartient au camp des vainqueurs veille à ce que le juif appartenant au camp des vaincus soit bien traité. « This is a mode of survival they have developed living among the gentiles ». Les juifs s’aident entre eux parce qu’ils sont juifs alors que « nous », les chrétiens, nous nous battons pour nos valeurs et nos idées. Conclusion : « this clearly demonstrates that no middle ground is possible on issues differentiating civilisations ».

Cette littérature puante d’une autre époque a pris par surprise le nouveau président du Parlement européen, le chrétien-démocrate allemand, Hans-Gert Pöttering. « Il n’y a pas de censure a priori des publications éditées par les députés européens », reconnaît-on dans son entourage. Certes, « c’est contraire aux valeurs de l’Europe », mais il n’est pas sur que le Parlement puisse faire quelque chose. Etonnant. La socialiste française, Martine Roure , est montée au créneau dès mardi soir, scandalisée que des fonds européens puissent servir à financer des écrits antisémites. « C’est épouvantable du début à la fin. Nous avons demandé à des juristes de lire ce texte pour voir si on peut le poursuivre ».

Rédigé le 15/02/2007 à 12:42 dans Parlement européen |

LES JUIFS DU SILENCE



Un film à voir absolument, sur la situation des Juifs des pays arabo-musulmans et sur les conditions de leur départ, à la fin des années 1940.

UPDATE: Le contenu de ce film est (à quelques détails près) identique à celui du film du cinéaste Pierre Rehov «Les Réfugiés du Silence» (version anglaise). Voici la présentation qui en est faite sur le site, à connaître aussi absolument, de Pierre Rehov:

“Les réfugiés du silence” retrace l’histoire du million de Juifs qui ont été contraints de fuir les pays arabes où leur famille était établie depuis des centaines, voire des milliers années. Ces personnes qui avaient été dépouillées de tous leurs biens avant leur départ. Ce qui fit d’eux des réfugiés. Bien qu’ils n’aient jamais demandé ce statut et n’en aient jamais bénficié. Pas plus qu’ils n’ont reçu la moindre compensation.

Mais, certains Juifs vivant dans les pays arabes n’ont malheureusement pas pu quitter leur pays à cette époque. Une partie d’entre eux a été assassinée, une autre emprisonnée et gardée en otage. Des femmes, des jeunes filles ont été violées. “Les réfugiés du silence” ouvre d’ailleurs sur un récit de viol.

Une grande partie de ce million de réfugiés juifs s’est réfugiée en Israël, pays à peine né dans la guerre. D’autres ont choisi l’Europe ou les Etats-Unis. Tous se sont intégrés sans causer le moindre problème dans leur pays d’accueil.

Pierre Rehov utilise des films et photos d’archives, souvent inédits. Il y mêle le témoignage de témoins qui sont, soit des personnalités connues, comme l’historienne Bat Yor, ou des personnes inconnues, qui ont souhaité s’exprimer pour la premire fois sur un sujet très douloureux.

Deux Sénateurs américains prennent également la parole, ainsi que l’ancien Président américain Jimmy Carter, par exemple.

Ces victimes juives évoquent également leur vie dans les pays concernés bien avant les troubles occasionnés par la naissance d’Israël. Une vie qui fut rarement idyllique comme cela a pu être prétendu par la suite. Les Juifs, comme les Chrétiens, d’ailleurs, étaient soumis, en effet, au statut de dhimmi, des “protégés” qui subissaient surtout toute une palette de mesures discriminatoires qui variaient selon les lieux et les époques.

Ces réfugiés venaient d’Egypte, du Maroc, de Tunisie, d’Irak, de Syrie, de Libye, du Yémen. Pierre Rehov a choisi de ne pas évoquer le sort des Juifs d’Algérie. Ceux-ci, en effet, étaient français et, bien que contraints à fuir également, ils furent rapatriés en France et ne furent donc pas à proprement parler des “réfugiés”, même si leur départ forcé fut aussi le plus souvent très douloureux.

Pierre Rehov raconte dans ce film cette saga oubliée qui ne fut jamais relatée en images dans son ensemble.

Le plus souvent ces victimes juives se sont longtemps tues par pudeur. Ou ont tenté d’oublier le passé en reconstruisant leur vie dans leur pays d’accueil.

Le film a été slectionné par le Festival du Film des Droits de L’Homme Paris en mars dernier. Il a également fait l’objet d’une projection au Palais des Nations Unies à Genève dans le cadre de la Commission des Droits de l’Homme. Or, comme nous le dit l’un des témoins du film, si le sort des réfugiés palestiniens a fait l’objet de plus de cent Résolutions dans cette enceinte internationale, jamais auparavant le sort de ce million de réfugiés juifs n’y avait jamais été mentionné.

Cela est désormais chose faite grâce aux “Réfugiés du silence.”

TEXTE REPRIS DU SITE AJM

LA BELGIQUE DOCILE

"La Belgique docile", étude sur la collaboration belge à la déportation des Juifs
Selon les conclusions de l'étude du Centre d'Etude et de documentation Guerres et Société contemporaine (CEGES), de Bruxelles, "L'Etat belge a adopté une attitude docile en accordant, dans des domaines très divers mais cruciaux, une collaboration indigne d'une démocratie à une politique désastreuse pour la population juive". Les résultats de cette étude monumentale (1.100 pages), commandée par le Gouvernement belge, sont accablants notamment en ce qui concerne les Flandres, où une partie du mouvement nationaliste flamand avait activement collaboré. Les auteurs insistent sur le rôle d’une administration favorable au régime nazi, qui, à de rares exceptions près, exécute sans objection des ordonnances antijuives. On lira, ci-après l’Avant-Propos et l’intégralité de Conclusion finale de ce document incontournable. Que l’on ne se laisse pas rebuter par la longueur du texte mis en ligne ici. Sa lecture est indispensable et très instructive. (Menahem Macina).
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15/02/07



La conversion de ce texte en format pdf ayant été extrêmement laborieuse, en raison de problèmes de conversion des polices utilisées, nous n’autorisons sa reproduction que sous réserve de la mention suivante et du lien qu’elle comporte, qui est impérative : Texte converti et mis en page par la Rédaction d’upjf.org.



La Belgique docile

Les autorités belges et la persécution
des Juifs en Belgique pendant
la Seconde Guerre mondiale



[Ces Juifs belges ignorent qu'ils partent pour les camps de concentration (Note d'upjf.org)]

Rudi Van Doorslaer (red.)
Emmanuel Debruyne, Frank Seberechts, Nico Wouters
Avec la collaboration de Lieven Saerens



SOMA CEGES



Rapport final d’une étude effectuée par le Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés Contemporaines, pour le compte du Gouvernement fédéral et à la demande du Sénat de Belgique, 2004-2007.

Centre d’Études et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines
Square de l’Aviation 29 – B-1070 Bruxelles (Belgium)
Tél.: 02/556 92 11 – Fax: 02/556 92 00 – E-mail: cegesoma@cegesoma.be





Editeur responsables : Rudi Van Doorslaer

Jozef Plateaustraat 12, B-9000 Gent (Belgium)





Avant-propos



Le 1er septembre 2004, le CEGES a démarré un projet d’étude qui lui avait été confié par le gouvernement à la demande du Sénat de Belgique. Le but était de vérifier l’éventuelle implication des autorités belges dans la persécution et la déportation de la population juive pendant l’occupation nazie de la Belgique dans les années 19401944.

En septembre 2005, un Rapport intermédiaire a été présenté au Sénat. Aujourd’hui, un an et quatre mois plus tard, le présent travail constitue l’imposant Rapport final de ce projet, au titre évocateur: La Belgique docile. De l’avis des auteurs, ce titre reflète de la façon la plus adéquate et complète possible la teneur du rapport.

Ceux qui espèrent trouver dans ce rapport un inventaire des traîtres belges qui ont jusqu'ici échappé au verdict de l’histoire resteront sur leur faim. En effet, ce rapport ne fait pas le procès des personnes qui ont peuplé et dirigé les institutions publiques décrites. L’historien n’est pas un juge. Il ne se borne pas à constater un crime, il aspire à décrire tous les faits. Ensuite, il essaie surtout de situer ces faits dans un contexte et de les expliquer.

Que peut-on alors trouver dans La Belgique docile ? Personnellement, je pense que cette étude sur l’attitude des autorités dans la tragédie juive pendant la Seconde Guerre mondiale scrute en réalité l’âme de la société belge durant la période charnière des années 1930 à 1950. C’est par excellence une période au cours de laquelle la cratie libérale est remise en question en tant que système par une majorité de l’élite de la société. Le lien entre cette donnée fondamentale et la façon dont était considérée la population immigrée juive, en particulier pendant la période des persécutions raciales par l’occupant, accompagne, telle une basse continue les 1.114 pages de ce rapport.

Pour éviter tout malentendu, il importe de préciser la responsabilité des textes du rapport. Emmanuel Debruyne, Frank Seberechts, Nico Wouters, Lieven Saerens et moi-même en tant que directeur du projet, assumons la responsabilité des parties et des chapitres – voir table des matières – que nous avons rédigés. Comme il se doit de chercheurs d’une institution scientifique. Cette étude est le produit d’une mission officielle, mais elle n’est nullement l’histoire officielle de l’éventuelle responsabilité des autorités belges dans la persécution et la déportation des Juifs. L’approche personnelle qui est propre à chaque historien, et que l’on retrouve dans ces textes, n’a d’ailleurs pas empêché d’intenses discussions permanentes sur certaines parties essentielles du rapport final, entre les auteurs ou avec d’autres chercheurs du CEGES. Le rapport doit donc également être considéré comme un produit scientifique collectif.

De nombreux remerciements sont à associer à ce rapport. Notons d’abord l’intérêt des services du Sénat et plus particulièrement de sa présidente, Madame Anne-Marie Lizin. Les initiateurs de la résolution du Sénat, les sénateurs Alain Destexhe et Philippe Mahoux, ont également suivi de près l’évolution de l’étude. Il en va de même pour les services de la Chancellerie du Premier ministre. Je remercie également les nombreux archivistes des archives publiques et privées qui ont rendu cette étude possible par leur aimable collaboration, et tout particulièrement les collaborateurs des Archives générales du Royaume, des services de l’Auditorat général et du SPF Affaires étrangères.

Toute ma reconnaissance va aux quatre – et, à partir de janvier 2006, aux trois – chercheurs qui ont mené cette étude à la demande de l’institution, pour leur dévouement permanent. Merci aussi à tous ceux qui ont formulé, gracieusement mais avec autant de motivation, leurs commentaires critiques au sein du comité d’accompagnement, aux traducteurs qui ont mené à bien une tâche particulièrement difficile eu égard aux délais serrés, et enfin aux nombreux membres du personnel du CEGES pour leur soutien. Ils ont en effet assumé une multitude de tâches, comme la production des textes, l’organisation des innombrables réunions ou la préparation de litres de café.

J’aimerais ici les remercier tous du fond du cœur, car sans eux, ce magnum opus n’existerait pas.

Rudi Van Doorslaer

Directeur du CEGES

23 novembre 2006



Introduction



1. Historique et base légale du projet

En 1997, à l’exemple de presque tous les pays ouest-européens, la Belgique met sur pied une Commission d’Étude des Biens juifs. Le gouvernement veut de la sorte dresser la carte des biens juifs spoliés. Pendant les travaux de cette commission, de plus en plus de voix s’élèvent dans certains milieux de la communauté juive pour demander une analyse plus approfondie de la problématique plus large de la collaboration (éventuelle) des autorités belges à la persécution et à la déportation des Juifs.

Deux ans plus tôt, le président français Jacques Chirac reconnaissait la responsabilité de la République française dans la collaboration du régime de Vichy aux crimes perpétrés par l’occupant nazi contre les Juifs. Le premier ministre français de l’époque, Lionel Jospin, répétera plus tard, à l’occasion du 55e anniversaire de la rafle du Vélodrome d’Hiver, “qu’un gouvernement, une administration de notre pays, ont alors commis l’irréparable”. Beaucoup en Belgique insistent à l’époque pour que le gouvernement fasse quelque chose de semblable dans notre pays. La Belgique n’avait-elle pas en effet présenté ses excuses dans l’affaire Lumumba et dans celle du génocide des Tutsi au Rwanda ?

C’est dans ce contexte que les sénateurs Alain Destexhe (MR) et Philippe Mahoux (PS) prennent en 2002 l’initiative d’une résolution “relative à l'établissement des faits et des responsabilités éventuelles d’autorités belges dans la déportation et la persécution des juifs de Belgique au cours de la Seconde Guerre mondiale”. Quand la proposition est débattue en octobre 2002 devant la Commission des Affaires institutionnelles du Sénat, tous les groupes politiques démocratiques soutiennent la résolution.

Selon les explications données, le but était que la Belgique affronte “dans le cadre d'un débat démocratique, les pages les plus sombres de son histoire” (1). Les initiateurs ont constaté que “l’ouvrage exhaustif, mais déjà ancien (...) de Maxime Steinberg, L’Etoile et le fusil (...) est passé quasiment inaperçu en dehors du cercle des historiens”. Ce sont surtout les rafles anversoises, en partie effectuées par ou en collaboration avec la police communale, qui ont amené les initiateurs de la résolution à décider qu’une étude supplémentaire était nécessaire. Ils ont aussi constaté que, dans l’étude historique de la Seconde Guerre mondiale, l’accent était principalement mis sur la collaboration et qu’on ne s’était pas assez intéressé à la persécution des Juifs. “Force est de reconnaître”, lit-on dans les développements de la résolution, “que la plupart des Belges ignorent l’ampleur des persécutions subies par les Juifs de Belgique. Pourquoi un demi-siècle a-t-il dû s’écouler pour que ce passé soit enfin abordé ? C’est le rôle de notre Sénat d’entretenir la mémoire du génocide basée sur des faits incontestés et des responsabilités établies. C’est notre devoir vis-à-vis des générations futures” (2).

Dans une première phase, la résolution propose de confier une mission d’étude de deux ans au Centre d’Études et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines (CEGES). Les résultats de cette étude seront ensuite évalués par une commission d’enquête parlementaire.

Le 17 janvier 2003, le Premier ministre Guy Verhofstadt et les représentants du CEGES sont reçus par la Commission des Affaires institutionnelles du Sénat, avec quelques délégués de la communauté juive. Le Premier ministre y promet son soutien et s’engage à fournir les crédits nécessaires à l’étude. De son côté, le CEGES demande une définition large du champ d’investigation (de façon à ce que l’institution reste libre d’étudier les causes et les conséquences de ce qui s’est passé), un cadre légal pour l’accès aux sources (comparable à celui octroyé à la Commission d’Étude des Biens juifs) et la possibilité de remettre un rapport intermédiaire au Sénat. Ces demandes sont acceptées.

Le 11 février 2003, le texte définitif de la résolution est approuvé à la Commission des Affaires institutionnelles (3). Dans le titre de la proposition, “la déportation et la persécution des Juifs de Belgique” sont remplacées par “la persécution et la déportation des Juifs en Belgique”.

En même temps, une proposition de loi stipulant ce qui suit est élaborée (art. 2): “Nonobstant toute autre disposition légale, le CEGES peut obtenir de toute autorité publique ou de toute institution de droit privé la communication de tout renseignement ou document utile à la réalisation, dans un délai de deux ans, d’une étude scientifique sur la participation éventuelle d’autorités belges dans l’identification, les persécutions et la déportation des Juifs en Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale”.

La résolution et la loi sont respectivement approuvées par le Sénat et la Chambre des Représentants le 13 février et le 8 mai 2003 (4). Le délai fixé par la loi sera une première fois prolongé jusqu’au 31 août 2006, puis jusqu’au 30 novembre 2006 (5). La première prolongation résulte du fait que le financement de l’étude prend plus de temps que ce qui a été initialement prévu. La seconde est justifiée par le départ, le 15 janvier 2006, de Michaël Amara, membre de l’équipe de recherche.



2. Le démarrage de l’étude



- Les chercheurs et le comité d’accompagnement

Le financement de ce projet n’est pas arrivé aussi facilement qu’escompté, mais trois chercheurs peuvent tout de même se mettre au travail dès le 1er septembre 2004. La Commission scientifique du CEGES décide le 7 juillet 2004 d’en confier la direction à Rudi Van Doorslaer. Celui-ci avait déjà coordonné, entre 1999 et 2001, sous le patronage des Services du Premier ministre, l’étude sur les biens juifs spoliés sous l’occu pation. Le 1er septembre 2005, le responsable du projet, Rudi Van Doorslaer, entre en fonction en tant que nouveau directeur du CEGES et succède ainsi à José Gotovitch.

Les chercheurs engagés ont tous fait leurs preuves dans différents domaines de l’histoire contemporaine: Emmanuel Debruyne était doctorant au moment de son engagement et a défendu sa thèse de doctorat sur les services de renseignement au cours de la Seconde Guerre mondiale en janvier 2006 à l’Université catholique de Louvain; Frank Seberechts est docteur en histoire de l’Université de Gand et spécialiste de l’histoire de la collaboration en Flandre; Nico Wouters, également diplômé de l’Université de Gand, a été promu au rang de docteur avec une recherche comparative internationale sur les bourgmestres de guerre en Belgique, aux Pays-Bas et dans le nord de la France. Le 1er octobre 2004, Michaël Amara, doctorant, vient compléter l’équipe. Après le dépôt du Rapport intermédiaire, Michaël Amara accepte une nouvelle fonction le 15 janvier 2006 aux Archives générales du Royaume.

Font partie de la commission d’accompagnement: Ward Adriaens (directeur du Musée juif de la Déportation et de la Résistance), Frank Caestecker (chercheur à l’Université de Gand -Département d’Histoire contemporaine), Thierry Delplancq (archiviste de la ville de La Louvière), Bruno De Wever (professeur à l’Université de Gand -Département d’Histoire contemporaine), José Gotovitch (ULB et ancien directeur du CEGES), Benoît Majerus (chercheur à l’ULB), Insa Meinen (Forschungsstelle Nationalsozialismus am Institut für Politikwissenschaft, Université de Constance), Denis Peschanski (Directeur de recherche au CNRS, Institut d’Histoire du Temps présent, Paris), Peter Romijn (directeur adjoint du Nederlands Instituut voor Oorlogsdocumentatie, Amsterdam), Lieven Saerens (chercheur au CEGES), Jean-Philippe Schreiber (professeur à l’ULB, directeur du Centre interdisciplinaire d’Étude des Religions et de la Laïcité), Herman Van Goethem (professeur à l’Université d’Anvers).



3. Compte rendu de l’étude et rédaction (septembre 2004-novembre 2006)


- Répartition des tâches

Ce projet a débuté par une phase préparatoire en différentes étapes: 1) le choix d’une méthode de travail, 2) la répartition du travail, 3) la prospection des archives.

Les tâches ont ensuite été réparties sur cette base. La question était de savoir s’il fallait baser la répartition concrète des tâches sur une perspective thématique ou archivistique. La première option avait pour avantage de permettre à chaque chercheur de concentrer son attention sur un domaine de recherche bien défini. Elle était donc préférée sur le plan scientifique. La seconde option était plus pratique, puisqu’elle permettait une utilisation optimale et plus efficace des archives.

L’option thématique sera finalement choisie, avec toutefois des éléments de la deuxième option. Les grands fonds d’archives à caractère national seront utilisés par tous les chercheurs en fonction de leur propre domaine de recherche. Les archives plus petites et plus locales seront consultées par un seul chercheur qui coordonnera les demandes dans les différents domaines de recherche. Cette méthode de travail pragmatique suppose une étroite collaboration entre les chercheurs, mais permet à chacun d’entre eux de se concentrer sur ses propres questions essentielles. Dans la pratique, il s’est opéré entre les chercheurs un important échange de documents et d’informations.

En septembre et en octobre 2004, l’étude est préparée à partir d’une liste provisoire de thèmes de recherche, ce qui permet de faire rapidement le point et d’établir une première liste d’archives utiles disponibles. L’équipe de recherche arrêtera définitivement la répartition des tâches sur la base de cette phase préparatoire et des remarques formulées par le comité d’accompagnement.

La répartition des tâches en fonction des thèmes de recherche se présente comme suit:

- La Partie I traite des arrestations de mai 1940. Il s’agit ici de la préparation et de l’exécution des arrestations, du contexte et des conséquences de ces arrestations pour les personnes arrêtées et déportées vers la France. Ce volet est confié à Emmanuel Debruyne.

- La Partie II est plus volumineuse, étant donné qu’il s’agit de la Belgique occupée. Michaël Amara étudiera, jusqu’à son départ, l’attitude de la magistrature, des ministères de la Justice et de l’Intérieur et des forces de l’ordre vis-à-vis des mesures allemandes. Ce volet sera ensuite repris, avec ses résultats, par Nico Wouters. Frank Seberechts se concentrera sur les aspects sociaux, économiques et culturels (enseignement) de l’étude. Il étudiera également les réactions des autorités communales ou d’organisations parastatales par rapport aux mesures antijuives allemandes.

- La Partie III traite des autorités belges à l’étranger. Il s’agit surtout du gouvernement belge en exil et des institutions relevant de sa compétence, des postes diplomatiques et des autorités coloniales. Elle comprend également les services belges en France non occupée (ce qui rejoint la Partie I). Ce volet de l’enquête sera pris en charge par Emmanuel Debruyne.

- La Partie IV concerne la période de l’après-guerre. Il s’agit d’une part de la répression de l’aide à la persécution des Juifs, et de l’autre, de la reconnaissance des victimes de ces persécutions. Ce volet sera confié à Nico Wouters.



- Les sources : prospection et évaluation


Avant l’étude proprement dite, l’équipe de recherche a dû effectuer une prospection pour avoir une image générale des archives disponibles. Pour ce faire, contact a été pris avec toute une série d’institutions chargées de la conservation d’archives publiques et privées. Ce travail de prospection a débuté le 24 septembre 2004, sur la base de la répartition des tâches par volet d’étude, et a permis d’obtenir un aperçu global des archives utiles disponibles. En fonction de cette prospection, l’équipe a ensuite contacté les responsables des archives, ainsi que les autorités compétentes pour obtenir les autorisations nécessaires à leur consultation.

À partir d’octobre 2004, après la répartition définitive des tâches par chercheur, l’équipe a approfondi sa prospection des archives. Au cours du dernier trimestre de 2004, une quarantaine de demandes de consultation d’archives ont été adressées à des institutions chargées de la conservation d’archives publiques et privées, ainsi qu’aux ministères fédéraux, parquets, autorités communales et particuliers. Chaque demande a été accompagnée d’un exemplaire de la Loi du 8 mai 2003 et d’un avis du cabinet du ministre chargé de la politique scientifique, dans lequel les institutions concernées étaient invitées à autoriser les chercheurs à consulter les archives et à leur apporter leur aide.

Fin 2004, des entrevues ont été organisées dans ce cadre entre le responsable du projet, l’Archiviste général du Royaume faisant fonction Herman Coppens, l’avocat général Luc De Vidts et le premier avocat près la Cour de Cassation Jean-François Leclercq. Grâce à leur intervention, les chercheurs ont rapidement eu accès aux grands fonds non inventoriés déposés aux Archives générales du Royaume, aux archives de l’ancien Auditorat général et du parquet de la Cour de Cassation.

L’évaluation générale de l’accès aux archives obtenu par l’équipe de recherche est certainement positive. L’article deux de la Loi du 8 mai 2003 ne permet à aucune institution d’invoquer le respect de la vie privée pour en refuser l’accès. L’équipe de recherche a néanmoins été confrontée à la lourdeur administrative de certaines institutions publiques peu habituées à gérer leurs archives et encore moins à y donner accès pour des études. Il a par exemple fallu quatre mois pour que les contacts pris avec la Police fédérale en vue de la consultation des archives de l’ancienne gendarmerie aboutissent à un quelconque résultat.

Les recherches menées aux ministères des Affaires étrangères et de la Justice, au Centre de Documentation historique des Forces armées, au KADOC, à l’AMVC, à la Croix-Rouge de Belgique, au Service des Victimes de la Guerre, au sein des autorités provinciales flamandes, des Archives de l’État dans les provinces et à l’Auditorat général se sont révélées très utiles et n’ont posé aucun problème. Nous en profitons pour remercier les archivistes et tout le personnel des institutions concernées pour leur aimable collaboration.

Cette prospection intensive et approfondie des archives a donné aux chercheurs une image peu brillante de la situation des archives contemporaines en Belgique. Les chercheurs estimant devoir clairement faire rapport à ce sujet eu égard aux conséquences que cela peut voir sur le résultat final de l’étude, une description détaillée de la situation en a donc été donnée dans le Rapport intermédiaire.

Les Archives générales du Royaume nous ont donné accès aux archives d’institutions essentielles. Si certains fonds comme les archives de la Police des Étrangers, les archives Plisnier ou Nyns ont été entièrement inventoriés, il n’existe malheureusement aucun instrument de recherche pour d’autres fonds cruciaux comme les archives des ministères de l’Intérieur, de l’Éducation nationale et de la Culture, des Finances et des Affaires économiques, les archives des Centrales du Diamant, du Textile et du Cuir. Le manque d’inventaires a posé problème et occasionné de gros retards dans l’avancement de l’étude.

La situation des archives des parquets appelle un constat souvent alarmant. Et l’on constate en la matière un clivage certain entre le nord et le sud du pays. Les archives des parquets d’Anvers, de Malines, de Louvain et de Gand sont en grande partie ouvertes à la recherche et l’aide professionnelle du personnel des Archives de l’État à Beveren-Waas a permis aux chercheurs de consulter facilement les documents les plus intéressants. Cette situation – le versement des archives mortes dans les mains d’archivistes compétents – contraste avec la situation catastrophique des parquets de Bruxelles et de Wallonie. À Liège et à Charleroi, le versement des archives datant de la période 1930-1950 vers les Archives de l’État n’a eu lieu que récemment. L’absence de liste de classement complique la tâche d’archivistes en sous-effectif chronique. Les chercheurs ont dû se contenter de coups de sonde aléatoires dans des dizaines de mètres cubes de documents, dont l’inventoriage n’est pas une priorité.

Les archives du parquet général de Bruxelles et du parquet du tribunal de première instance ont été conservées, en partie, pour une période allant jusqu’au début des années 1930. Et puis plus rien (ou presque) pour les décennies qui ont suivi. L’incendie du Palais de Justice en 1944 est invariablement évoqué pour expliquer ces lacunes dans les archives. Or, les archives du parquet de Bruxelles n’ont été que partiellement détruites par l’incendie. De plus, une grande partie de la correspondance de guerre du procureur général de Bruxelles a pu être reconstituée à partir de 1945 via les autres parquets. Il ne fait aucun doute que la destruction des archives judiciaires bruxelloises de la période de guerre est largement postérieure à 1944.

Les pertes les plus déplorables semblent s’être produites au niveau du commissariat central de la police judiciaire à Bruxelles. À partir de fin 1946, les brigades locales de la police judiciaire gèrent des milliers de procès-verbaux de la Sûreté de l’État et une partie des documents saisis dans la période de l’après-guerre dans le cadre d’enquêtes judiciaires. Cette collection unique de documents d’une grande valeur historique a apparemment “disparu” progressivement au fil des déménagements et des destructions justifiées par l’exiguïté des caves du Palais de Justice bruxellois.

En ce qui concerne la police communale et la gendarmerie, il est certain qu’à l’exception des deux centres urbains d’Anvers et de Bruxelles, peu d’archives ont été conservées. Dans le Hainaut, les archives du commissariat central du grand Charleroi ont été incinérées à la fin des années 1970. Dans plusieurs communes de l’agglomération bruxelloise, d’importantes archives ont été détruites lors de récents travaux dans les maisons communales. À Nivelles, une partie des archives de guerre de la police n’a pu être sauvée qu’après l’intervention vigoureuse de l’archiviste nouvellement nommé. À Saint-Gilles, une partie des archives de guerre est apparemment entreposée dans le grenier de la maison communale, mais les travaux qui y seront prochainement réalisés nous font supposer qu’à leur tour, ces documents disparaîtront définitivement sous peu.

La conservation des archives des polices locales a clairement souffert de la récente réforme des polices et des déménagements qu’elle a entraînés au sein des brigades locales de gendarmerie et de la police judiciaire. La politique de l’ancien directeur du Centre d’Histoire de la Gendarmerie a encore permis la sauvegarde de quelques documents rares et épars. Mais cela n’a pas pu empêcher la destruction de la plus grande partie des archives.

En ce qui concerne les archives provinciales, on constate une bonne conservation à Anvers, Bruges, Gand et Hasselt, qui contraste avec les lacunes rencontrées dans les archives provinciales wallonnes. La situation est tout aussi contrastée au niveau des archives communales. Dans la plupart des communes de l’agglomération bruxelloise (à l’exception heureuse de la ville de Bruxelles même), à Malines, à Hasselt et à Charleroi, les archives n'ont jamais fait l’objet d’un inventoriage systématique. Des tonnes d’archives ont également été détruites et cela a des conséquences néfastes pour l’étude de la période 1930-1950. Pour l’étude de l’attitude des autorités belges dans la persécution des Juifs, la bonne gestion des archives des deux grands centres urbains, à savoir Anvers et Bruxelles, s’est avérée particulièrement intéressante.

Enfin, l’équipe de chercheurs a pu utiliser d’intéressantes archives à l’étranger. Nous citerons ici plus particulièrement les National Archives (anciennement Public Record Office) à Londres, les archives du ministère des Affaires étrangères à Paris et du Comité international de la Croix-Rouge à Genève. Différentes institutions chargées de la conservation des archives aux États-Unis nous ont également communiqué des dossiers intéressants.



- Le Rapport intermédiaire (septembre 2005)

Comme prévu dans la résolution du Sénat, le CEGES a publié en septembre 2005 un Rapport intermédiaire. Ce rapport rend compte de l’origine, de l’organisation et de l’évolution de l’étude et présente un status quaestionis [état de la question] de la littérature scientifique et des sources. Les chercheurs y ont également développé cinq thèmes pour lesquels ils avaient déjà enregistré des résultats marquants.

Le comité d’accompagnement s’est réuni le 28 septembre 2005 pour discuter de ce rapport. Il a instamment demandé une bibliographie et un état d’avancement détaillés de l’étude. Il a donc été décidé d’ajouter ces éléments au Rapport intermédiaire. Le comité a également demandé que des explications plus claires soient données sur la nature des 5 textes thématiques. Il fallait plus particulièrement mettre en garde contre le caractère partiel et isolé de ces études préalables. D’autant que ces thèmes n’y étaient pas replacés dans un contexte global, lequel devait constituer l’épine dorsale du Rapport final. Il a donc également été tenu compte de cet avis du comité d’accompagnement. Celui-ci a enfin suggéré d’ajouter, dans la mesure du possible, une comparaison internationale au rapport.

Un important chapitre du Rapport intermédiaire est consacré aux nombreuses archives disparues, détruites ou non ouvertes à la recherche de la période 1930-1950. Ce constat retiendra tout particulièrement l’attention de la presse et du Sénat lors de l’examen de ce premier rapport.

Le directeur du CEGES a présenté un exposé explicatif à ce sujet le 13 décembre 2005 à la Commission des Affaires institutionnelles du Sénat. Suite à cela, cette commission a décidé d’entendre l’Archiviste général du Royaume Karel Velle sur la problématique des archives (27 avril 2006) (6). L’Archiviste général a quelque peu nuancé et relativisé l’image de l’état des sources dressée dans le Rapport intermédiaire, tout en adhérant dans les grandes lignes aux remarques formulées. Il a attiré l’attention sur le fait que les lacunes signalées par l’équipe de recherche du CEGES sont dénoncées depuis des années dans différents rapports des Archives générales du Royaume. Il a souligné que la question était moins la politique des archives que l’application qui en était faite, qui laissait à désirer. Le gros problème réside dans le traitement lamentable des archives publiques et le terrible manque de moyens.

Le débat sur le Rapport intermédiaire a débouché sur l’approbation, le 15 juin 2006, d’une résolution dans laquelle les autorités fédérales, provinciales et communales ont été invitées à prendre des mesures pour remédier aux lacunes constatées dans la conservation et l’ouverture à la recherche des archives contemporaines. La résolution insiste plus particulièrement sur la nécessité d’une rapide adaptation de la Loi du 24 juin 1955 relative aux archives.

Lors des débats qui ont précédé le vote de la résolution, il est également apparu que le déséquilibre dans les sources d’information disponibles entre les différentes parties du pays pouvait compliquer la rédaction de certaines parties du Rapport final. Cela vaut notamment pour les matières policières et judiciaires, surtout à la lumière de l’intervention de la police anversoise pendant les rafles dirigées contre la population juive durant l’été de 1942.



- Le Rapport final

Après le départ de l’équipe de recherche de Michaël Amara, en janvier 2006, il a été décidé de confier sa partie – essentiellement axée sur la police et la magistrature – à Nico Wouters. Frank Seberechts a, de son côté, assumé la responsabilité rédactionnelle globale des textes néerlandais et Emmanuel Debruyne, celle de la rédaction finale du texte français. La traduction a été confiée au bureau de traduction Dice.

L’étude s’est poursuivie dans les différents domaines jusqu’en mai 2006, après quoi la rédaction du Rapport final a débuté sur la base d’une première table des matières. Après presque deux ans de recherche dans les archives, le plan de recherche initial n’a dû être adapté que sur un point important, à savoir le rôle de la SNCB dans les déportations. Ce plan sert donc d’épine dorsale au contenu du rapport final.

Il a été décidé de synthétiser la partie consacrée à la reconnaissance accordée après la guerre aux Juifs en tant que victimes, à partir de la littérature existante. Il est aussi apparu nécessaire de présenter le contexte global de la politique antijuive dans le Troisième Reich entre 1933 et 1945 comme prologue à l’étude. Une bonne synthèse de la littérature scientifique récente en cette matière est essentielle pour comprendre les événements survenus en Belgique, tant avant que pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce volet a été confié à Lieven Saerens, chercheur au CEGES et spécialiste en la matière.

Le comité d’accompagnement s’est réuni le 21 novembre 2006 pour évaluer le Rapport final. Vu l’ampleur du rapport et le timing serré, la commission a décidé de discuter du projet de conclusion finale et de transmettre par écrit les suggestions éventuelles concernant les différents chapitres aux auteurs respectifs. Tous les membres de la commission ont reçu tous les textes originaux non traduits. Le directeur du CEGES a expliqué que la commission devait se considérer comme un organe consultatif et que les auteurs respectifs restaient responsables des textes finaux.

Le débat s’est axé sur la question du juste équilibre entre éléments explicatifs contextuels et politico-idéologiques dans l’attitude des autorités. Ceci peut être considéré comme un débat de fond capital sur la Belgique durant la Seconde Guerre mondiale (avec en toile de fond la présence permanente des différentes identités nationales dans le nord et le sud du pays) et comme un débat historico-théorique. Le temps a manqué pour approfondir la question, mais il est clair que le CEGES a implicitement été sollicité pour organiser dans un proche avenir une conférence scientifique sur le sujet. Le sentiment général de la majorité des membres du comité d’accompagnement était que dans la conclusion finale, trop peu d’attention avait été consacrée aux composantes contextuelles. Cette appréciation s’est surtout portée sur l’interprétation de l’attitude différente des autorités communales bruxelloises et anversoises durant l’été de 1942. Il a aussi été demandé que l’on indique plus clairement sur quels aspects cette étude apportait désormais de nouveaux éléments. Les auteurs et le responsable du projet se sont engagés à tenir compte de ces remarques. Ils espèrent y être parvenus.

La Belgique docile est essentiellement structurée de façon chronologique. Après un prologue résumant la littérature récente sur la politique antijuive de l’Allemagne nazie suivent quatre volets. Un premier couvre la période de l’avant-guerre. Il décrit brièvement la communauté juive en Belgique et attire l’attention sur les réfugiés allemands et la menace de guerre croissante. Le point d’orgue de ce volet concerne les arrestations et les déportations de Juifs de la Grande Allemagne en mai 1940. Le deuxième volet traite de la Belgique occupée et constitue la partie centrale du rapport. Après un aperçu général de la politique des autorités belges et des services de l’occupant suivent des chapitres plus chronologiquement et thématiquement axés sur le contexte administratif jusqu’en 1942, la spoliation et la mise au travail, l’éducation, les affaires sociales et enfin, la phase de la déportation et de la chasse aux Juifs à partir de l’été 1942. Un troisième volet analyse les persécutions antijuives dans l’optique des Belges à l’étranger, et en particulier du gouvernement en exil à Londres. L’année 1942 forme ici aussi un moment charnière qui détermine aussi la division des chapitres. Le quatrième volet, consacré à l’après-guerre, comprend deux grands chapitres: la répression judiciaire des persécutions antijuives d’une part et la reconnaissance de la qualité de victime juive d’autre part. Un cinquième volet de clôture distille un résumé général et tire les conclusions de l’étude.

Il convient ici de dire un dernier mot sur l’utilisation du terme “Juif” dans La Belgique docile. Il ne nous revient pas de dire qui est, ou était Juif, et qui ne l’est, ou ne l’était pas. L’interprétation de ce concept renvoie à une discussion d’identité complexe qui n’a pas sa place ici. Dans le contexte de l’époque décrite dans ce rapport, des années 1930 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est toutefois important de constater que le concept racial nazi a fait des Juifs un groupe de victimes bien délimité. Étant donné que la persécution des Juifs en Belgique occupée est à la base de cette étude, il nous a paru prudent d’utiliser ce terme “Juif” de manière aussi large que l’on fait les persécuteurs, ne fût-ce que pour ne pas exclure de cette acception des victimes potentielles.

RVD

10 décembre 2006

CEGES



CINQUIEME PARTIE



CONCLUSION FINALE



La Belgique docile



Cette conclusion finale vise à synthétiser les lignes de force de ces 1.114 pages consacrées à la relation entre les autorités belges, la population juive et la persécution de cette dernière au cours de la période charnière allant de 1930 à 1950.
Cette étude prolonge le travail scientifique qui a été réalisé sur la question juive en Belgique par une multitude de chercheurs depuis le milieu des années 1980. Nous mentionnerons en particulier ici Maxime Steinberg et Lieven Saerens. Steinberg a publié plusieurs livres sur la persécution, la déportation et le génocide de la population juive de Belgique et a ainsi couvert la totalité du spectre et l’ensemble des acteurs. Saerens a concentré son attention sur Anvers. Leurs conclusions ont été intégrées dans ce rapport. Cette étude, que nous avons intitulée La Belgique docile, se limite au rôle des autorités belges. Les victimes juives, les responsables nazis allemands et belges, et les témoins – la population dans toutes ses composantes – n’entrent en ligne de compte que lorsque le contexte le nécessite.

De nouvelles sources de première main ont été dépouillées pour cette étude et, ce qui s’avère au moins aussi important, de nouvelles perspectives ont été dégagées. Globalement, cette étude repose sur une analyse minutieuse des archives conservées de divers services publics, du niveau central au niveau local, de l’administration à la magistrature, en passant par les services de police. Sont concernés des documents historiques originaux de la fin des années 1930, de la période de guerre et de l’immédiat après-guerre. La plupart de ces sources font ici pour la première fois l’objet d'une étude scrupuleuse. Le lecteur trouvera dans la bibliographie un aperçu complet des sources utilisées.

Nous avons souligné dans l’introduction le fait que ces archives présentent parfois d’importantes lacunes, caractérisées notamment par un niveau de conservation quelquefois inégal. Les conséquences de ces manques pour le traitement de divers sous-sujets, tant au point de vue thématique que régional, sont pointées dans le texte. Leur importance ne peut cependant pas être surestimée. Des faits de guerre cruciaux, certainement lorsqu’ils sont controversés et fortement chargés au plan émotionnel, laissent pratiquement toujours des traces dans plusieurs sources, immédiatement après leur survenance ou dans la période d’après-guerre. Le fait que des lacunes factuelles importantes se seraient par conséquent introduites dans cette étude ne doit pas être totalement exclu par les chercheurs, mais peut cependant être fortement mis en doute.

Les nouvelles perspectives développées par La Belgique docile requièrent quelque explication supplémentaire. C’est enfoncer une porte ouverte que d’affirmer que la discipline historique n’est pas une science exacte. Une étude historique ne peut assurément jamais être qualifiée de définitive. Cela vaut également pour la présente étude, aussi étendue et approfondie soit-elle. Les générations ultérieures d’historiens apporteront non seulement de nouveaux éléments dans l’étude des thèmes traités ici, mais développeront, plus probablement encore, de nouvelles visions. Cette affirmation vaut également pour La Belgique docile : la principale “nouveauté” de cette étude est l’introduction de nouvelles perspectives dans l’étude des faits de guerre en Belgique en général, et de la persécution des Juifs en particulier.

Ces nouvelles perspectives présentent en général un dénominateur commun. Elles résultent notamment d’une reconstruction plus large du contexte des faits relatifs à la persécution des Juifs que celle opérée dans le passé par les études historiques. Pour cette raison, la contextualisation dépasse souvent la description des événements sur le terrain de la question juive. La position centrale qu’occupe le judéocide (Holocauste, Shoah) dans la façon de concevoir aujourd’hui la Seconde Guerre mondiale entraîne en effet très facilement une interprétation anachronique des faits. Pour une évaluation correcte, il a fallu souvent dépasser la problématique juive et revenir aux lignes de force réelles de la période de guerre ou, plus largement, de la période charnière allant de 1930 à 1950.

Quelles sont les nouveautés thématiques de cette étude et en quoi consistent les principales perspectives nouvelles ? La première nouveauté est le démêlage des antécédents qui ont conduit à l’arrestation et à la déportation vers la France en mai 1940 de plusieurs milliers de réfugiés juifs issus de la grande Allemagne. Faisant suite à cela, l’activité des autorités belges dans la France de Vichy est également étudiée. Ensuite, le lecteur trouvera l’explication et la contextualisation de l’attitude des dirigeants de la fonction publique – administration et pouvoir judiciaire – lorsque la question juive se pose à l’automne 1940. Il est question ici de l’interprétation capitale de la collaboration administrative avec l’occupant dans le cadre de ce que l’on appelle la “politique du moindre mal”. Après un “préambule bureaucratique” (enregistrement des Juifs et exclusion des fonctionnaires juifs) entre la fin 1940 et le début 1942, suit une courte période de tout au plus un semestre au cours de laquelle la question juive occupe l’avant-plan de l’histoire de l’occupation, y compris pour les autorités belges. Celles-ci sont entraînées jusqu’à la fin de l’été 1942 dans une politique de persécution de l’occupant toujours plus âpre et inhumaine. L’activité économique juive est démantelée, une ségrégation raciale est introduite dans l’enseignement, des milliers de Juifs sont déportés pour être mis au travail forcé dans des camps du nord de la France, l’étoile de David est rendue obligatoire, les Juifs sont convoqués à Malines pour être “mis au travail à l’Est” et, de là, sont déportés, des rafles sont organisées à Anvers et à Bruxelles (et, plus tard, à plus petite échelle, à Liège et à Charleroi). Nombre des faits énumérés ici ont déjà été décrits dans de précédentes études scientifiques, mais leur traitement systématique et approfondi dans ce rapport est une nouveauté. Nous explorons les divers aspects de l’intervention des services publics – infiltrés ou non par des partisans pro-allemands de l’Ordre nouveau – dans la spoliation économique, l’enseignement, l’emploi et le domaine policier. Il nous faut à nouveau insister sur la nécessité de resituer cette intervention dans le contexte large de l’histoire de l’occupation. Sur le plan factuel, une autre nouveauté est également le dossier consacré au rôle de la SNCB dans la déportation des Juifs au départ de Malines. Les propos du Rapport final sur l’attitude du gouvernement et des autorités belges en exil est également innovant sur de nombreux plans, certainement en ce qui concerne la colonie et les relations avec les organisations internationales, juives et non juives. Un domaine totalement inexploré jusqu’à aujourd’hui est le règlement de la question juive dans la répression de l’incivisme après-guerre. Rien que pour cette partie, La Belgique docile restera encore pendant longtemps un ouvrage de référence tant à l’intérieur qu’en dehors des frontières de notre pays.

Le texte de ce Rapport final est long, trop long peut-être pour le lecteur moyen. Je demanderais au lecteur de faire preuve de compréhension à cet égard. L’étaiement factuel de cette matière, souvent délicate, a parfois entraîné des textes à rallonge, mais c’est précisément cette profusion de faits qui permet à l’historien de soutenir ses conclusions.



1. L’Etat-nation belge (1)


- La crise de la démocratie et les étrangers (juifs)


À partir de l’indépendance de la Belgique, le nombre de Juifs croît lentement mais sûrement. Leur origine est diverse: ils arrivent de France, d’Allemagne et des Pays-Bas, mais aussi plus tard d’Europe centrale et orientale. Ils sont principalement actifs dans des secteurs artisanaux et dans ceux du commerce et de la finance. Leur assimilation se déroule sans problèmes notables et vers le tournant du siècle, un nombre considérable d’entre eux ont acquis la nationalité belge. À côté d’un groupe minoritaire orthodoxe, la majorité de l’élite juive se distingue par une interprétation moderne de la foi et de la politique, dans le cadre de laquelle la séparation de la religion et de l’État et un patriotisme libéral sont mis en avant.

Au début de la Première Guerre mondiale, la Belgique expulse les habitants de nationalité allemande, dont un grand nombre de Juifs originaires de Galicie autrichienne. Après 1918, nombre d’entre eux reviennent et on assiste à une véritable vague de migration en provenance d’Europe de l’Est – Pologne, Russie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie. Vers la fin des années 1920, la population juive dépasse peut-être les 50.000 personnes. On les retrouve concentrées autour des grandes gares ferroviaires à Anvers, Bruxelles et, dans une moindre mesure, à Liège et à Charleroi. Ces immigrés majoritairement pauvres transforment le profil de la population juive en Belgique.

Au plan politique, ces nouveaux migrants apportent surtout, outre l’orthodoxie religieuse, des idées nationalistes et révolutionnaires de gauche. La Belgique est du reste le seul pays d’Europe occidentale dans lequel, vers la fin des années 1930, l’influence sioniste dans les communautés juives est devenue aussi ostensiblement importante.

Durant la profonde crise économique du début des années 1930, la sensibilité conjoncturelle et l’instabilité de leur profil professionnel (artisanat et commerce de détail dans la confection, le diamant et les articles de maroquinerie) ressortent de manière évidente. Cette position les place en concurrence directe avec certains groupes sociaux belges de la classe moyenne, mais également du monde des ouvriers artisanaux. Ce fait représente l’une des explications principales de l’accroissement des sentiments antisémites dans la société belge de cette période.

À l’antisémitisme chrétien séculaire s’ajoute depuis le dernier quart du XIXe siècle un antisémitisme socio-économique et politique croissant. Celui-ci est porté surtout, mais assurément pas exclusivement, par des courants réactionnaires catholiques. Ils voient dans le Juif à la fois le protagoniste du capitalisme à outrance et du libéralisme, de la libre pensée, ainsi que de divers courants de gauche et subversifs. Dans l’ensemble, ces idées demeurent marginales en Belgique jusqu’aux années 1930. On assiste ensuite à une progression claire d’un antisémitisme virulent dans les groupes et partis nationalistes belges aussi bien que flamands. L’importation de l’antisémitisme racial, biologique de l’Allemagne nazie n’en constitue qu’une composante. On soulignera que la droite catholique, notamment à Anvers, adhérera davantage à ce discours qu’elle ne s’y opposera.

Après la Première Guerre mondiale, l’État belge préconise une politique de migration plus libérale que les autres pays d’Europe occidentale (à l’exception de la France) et les pays traditionnels d’immigration d’Amérique du Nord et du Sud. Cela explique l’augmentation sensible du nombre de migrants juifs en Belgique. La dépression économique du début des années 1930 y met un frein. L’immigration est désormais conditionnée à la détention d’un permis de travail. Dans un climat de tensions sociopolitiques croissantes et de doute extrême de l’élite politique et sociale quant à la viabilité de la démocratie libérale, les étrangers sont voués à former le groupe le plus vulnérable. Parmi ces étrangers, les Juifs sont les plus visibles, en raison de leur religion propre, de leur culture et de leur faible intégration.

La problématique des réfugiés juifs en provenance de l’Allemagne nazie après 1933 est à situer dans ce contexte d’oppositions sociale et politique sensibles. La persécution raciale en Allemagne ne constitue pas pour l’État belge un motif de reconnaissance du statut de réfugié politique. Les réfugiés ne bénéficient pour cette raison que d’un asile temporaire. Ils sont accueillis par des organisations caritatives juives et doivent rechercher le plus rapidement possible une résidence définitive à l’étranger. Il leur est également interdit d’exercer une activité économique. À mesure que les années 1930 touchent à leur fin, cette politique est de plus en plus mise sous pression. Bon nombre de pays de migration potentiels ferment leurs frontières. Libéraux et socialistes tentent avec plus ou moins de succès de rechercher un équilibre entre leur solidarité à l’égard des victimes du nazisme, les intérêts du pays et la crainte de faire le jeu de l’extrême droite. Nous retrouvons chez eux la politique pragmatique que nous avons décrite plus haut. La droite catholique radicalise pour sa part constamment sa vision de la politique relative aux réfugiés juifs dans le courant de la deuxième moitié des années 1930. Le résultat en est que durant une période certes courte, les étrangers juifs sont refoulés au-delà de la frontière allemande, tandis que les frontières sont fermées. Après la Nuit de Cristal et l’afflux massif de réfugiés juifs fin 1938, un certain nombre de ces mesures sont annulées sous la pression politique. Ainsi, des camps sont aménagés à partir de ce moment pour accueillir les réfugiés. Les tentatives visant à obtenir des accords au niveau international pour parvenir à contrôler le flux de réfugiés n’aboutissent à rien. Pourtant, tout bien considéré et en comparaison avec ses pays voisins, la Belgique reste, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, l’un des pays les plus ouverts.

Quand, à partir de septembre 1939, la menace de guerre devient plus concrète, l’aspect sécuritaire gagne en impact. Les réfugiés juifs sont maintenant des citoyens (de second rang) de l’Allemagne, le pays qui pour la deuxième fois en un quart de siècle représente la menace majeure pour l’indépendance de la Belgique. Les étrangers sont à nouveau enregistrés et soumis à des mesures administratives et de police spécifiques. Les réfugiés illégaux sont internés. Pour l’état-major de l’armée, il faut aller plus loin. L’état-major insiste sur la prise de mesures collectives. Les organisations caritatives juives parviennent à détourner cette menace (pour les 25 à 30.000 réfugiés juifs en provenance de la grande Allemagne présents, selon les estimations, en Belgique à la veille de la Seconde Guerre mondiale). Financièrement, ces organisations juives sont cependant devenues de plus en plus dépendantes de l’État. Entre-temps, des préparatifs sont mis en œuvre dans l’optique d’une invasion éventuelle. Un Comité de Coordination composé de représentants des organes de sécurité doit dresser des listes de Belges et d’étrangers suspects. L’état-major prépare l’internement des citoyens “ennemis”.

Au cours des jours qui suivent l’invasion allemande du 10 mai 1940, environ 16.000 personnes sont arrêtées – selon l’estimation dressée en 1941 par la Sûreté de l’État, installée à Londres. Le Comité international de la Croix-Rouge s’en tient à un chiffre d’environ 13.500 personnes ; 7.500 d’entre elles sont déportées vers des camps français. Cette déportation semble avoir été l’initiative de l’état-major, mais le gouvernement a toutefois entériné la mesure le 11 mai. La tragédie des “trains fantômes” est aujourd’hui connue de tous : le voyage improvisé est pour beaucoup très long et se déroule parfois dans des conditions inhumaines.

Ces arrestations et déportations concernent diverses catégories de personnes. Il y a les suspects: selon les estimations, 2 à 3 000 Belges et peut-être autant d’étrangers. Tous ne seront cependant pas déportés en France. Une poignée de personnes sont judiciairement arrêtées, le plus souvent accusées d’espionnage. On dénombre surtout les 7 à 10.000 ressortissants “ennemis” : des Allemands, mais aussi des Autrichiens et des Tchèques. La majorité d’entre eux sont des Juifs qui seront évacués vers la France. Nous comptons ensuite quelque 500 étrangers “illégaux” ou “indésirables”, qui sont évacués vers la France par l’administration pénitentiaire. Il est également question ici d’un nombre important de Juifs, mais les chiffres précis ne sont pas connus. Enfin, quelque 1.400 réfugiés juifs qui séjournaient dans des camps d’hébergement partent également vers la France pour échapper à la progression des troupes allemandes.

À la défaite belge et française succède une situation chaotique. Le vainqueur allemand interdit le retour des Juifs. Le gouvernement belge en France a perdu toute autorité et le nouveau gouvernement français du maréchal Pétain adhère à une idéologie nationaliste, émaillée de xénophobie et d’antisémitisme. Il considère les Juifs comme des étrangers indésirables. Les autorités belges compétentes tentent initialement d’aider tout le monde, Juifs compris, mais cette aide est assez rapidement restreinte, sur ordre allemand, aux réfugiés possédant la nationalité belge. Elles tentent également d’obtenir la libération des personnes emprisonnées, mais sur ce point également, les non-Belges se retrouvent assez rapidement exclus. Pendant deux ans, plusieurs milliers de Juifs déportés de Belgique demeurent enfermés dans des camps français. Les conditions de vie y sont déplorables. À l’été 1942, environ 1.500 d’entre eux sont finalement déportés par le régime de Vichy via Drancy à destination d’Auschwitz.

Successivement persécuté par le régime nazi en Allemagne, en exil forcé en Belgique, arrêté et déporté par la même Belgique, emprisonné par le régime collaborateur français de Vichy, ce groupe constitue une part importante des 5.835 Juifs de Belgique qui seront déportés vers Auschwitz au départ de la France. Quasi tous seront exterminés.

Cet enchaînement – ou, si l’on veut, cet engrenage mortel –, les autorités belges ne pouvaient naturellement le prévoir en 1940. Force nous est toutefois de constater combien la politique de sécurité à la base de l’internement et de la déportation subséquente vers la France manque de nuance et est mal préparée. Alors que le but est de neutraliser les étrangers “ennemis”, les Juifs, soit le plus grand groupe de victimes de la persécution de l’ennemi, sont touchés. Cette problématique s’annonce explicitement dès 1938 et donne lieu à des débats circonstanciés au parlement belge (notamment après la Reichskristallnacht (Nuit de Cristal) du 9 au 10 novembre 1938). De ce fait, les responsables politiques en 1940 pourront difficilement plaider l’ignorance sur ce point. Il s’agit plutôt d’une politique voulue par la majorité des cercles dirigeants belges. Le manque de distinction entre catégories d’étrangers et le manque de reconnaissance du statut de victime des Juifs arrivant de l’Allemagne nazie, reposent sur une interprétation purement nationale de l’effort de sécurité. De cette manière, les mesures de sécurité se concentrent particulièrement à l’encontre des migrants juifs.

Une xénophobie relativement marquée mêlée d’antisémitisme anime en effet dans la deuxième moitié des années 1930 les cercles dirigeants, non dans le sens de l’antisémitisme racial nazi, mais bien dans l’optique de soi-disant neutraliser “l’influence (politique et culturelle) pernicieuse du judaïsme”. Il convient toutefois de préciser que la Belgique est en cette matière loin de constituer une exception dans le contexte européen.

On peut ensuite constater une incapacité à comprendre le nazisme: L’Allemagne – ou, plus clairement encore, le boche de la Première Guerre mondiale – est l’ennemi en 1940, pas le nazisme. Le manque de compréhension des éléments idéologiques fondamentaux et une interprétation quasi exclusivement patriotique /nationaliste du second conflit mondial demeureront des constantes dans la vision de la question juive par l’État belge.



2. La Belgique occupée (1)


- La collaboration administrative maximale avec l’occupant et la décision cruciale de novembre 1940

Pour comprendre l’attitude des autorités belges quant à la persécution et à la déportation subséquente de la population juive, il est important de rappeler brièvement le contexte historique.

Tout d’abord, il est primordial de souligner que l’extermination des Juifs d’Europe n’est pas décidée lorsqu’Adolf Hitler écrit Mein Kampf, ni lorsque le NDSAP arrive au pouvoir en 1933. Hitler déclare toutefois, dans son pamphlet politique, que l’Europe peut uniquement être sauvée en “éliminant l’influence de la race sémite [juive] inférieure et en créant davantage d’espace vital pour la race aryenne supérieure”. Les spécialistes s’accordent aujourd’hui pour affirmer que la décision de l’extermination systématique des Juifs sera prise dans le courant de 1941, en conséquence d’un processus collectif dans lequel plusieurs éléments interviennent, en particulier la campagne militaire contre l’Union soviétique, et dans le cadre de laquelle plusieurs sommités du parti nazi sont impliquées. Il est également vrai que ce génocide des Juifs mené par le Reichssicherheitshauptamt a toujours été exécuté dans le plus grand secret. Dans les années de guerre, un grand nombre d’informations ont circulé au sujet du judéocide en cours – dans le monde libre, mais aussi dans la presse clandestine – dont le degré de vérité était très difficile à vérifier. S’agissait-il de faits réels, de rumeurs ou de propagande ? La certitude ne sera établie qu’à la suite de la libération des camps de concentration et d’extermination par les armées alliées, au printemps 1945.

La question de la connaissance du judéocide ne peut être traitée en quelques lignes, mais il est sûr que, dans le cours des événements, même les victimes ont rarement eu réellement conscience du génocide qui était en train de s’accomplir. Elles sont cependant confrontées à l’intervention impitoyable des services allemands et à la déportation de familles entières à partir de l’été 1942. En outre, la discrimination et la persécution raciales au cours des deux années précédentes deviennent graduellement de plus en plus radicales. Tout cela ne peut que faire réfléchir. Toutefois, l’identification, l’isolation, la diminution obligée des revenus, la spoliation et la mise au travail forcé ne constituent pas nécessairement des étapes menant en ligne droite à l’extermination. Certaines de ces mesures de persécution raciale semblent avoir une utilité, d’autres nettement moins, voire pas du tout, d’autres encore peuvent être effectivement placées dans la perspective du génocide ultérieur de la population juive de Belgique.

Il convient de garder tout cela à l’esprit dans l’analyse de l’attitude des autorités belges dans la question juive. Elles savaient ou pouvaient savoir que la population juive était persécutée par le Troisième Reich de diverses manières, que ce même groupe de citoyens juifs était traité pour des raisons raciales d’une manière inhumaine en Belgique occupée, mais elles ignoraient à l’été 1942 la signification de la “mise au travail à l’Est”. Nous avançons cela explicitement, non pour excuser qui que ce soit, mais bien pour inscrire la ou les attitudes et les faits dans une perspective correcte.

Une bonne compréhension de la politique plus large de collaboration administrative soutenue entre l’administration d’occupation militaire allemande et l’État belge est tout aussi importante pour évaluer correctement cette (ou ces) attitude(s) et ces actes. Les motifs fondamentaux de cette collaboration soutenue sont tant de nature économique qu’idéologique et juridico-administrative. La collaboration administrative correspond parfaitement aux conceptions dominantes dans les cénacles industriels et financiers, C’est-à-dire à la “doctrine Galopin”, ainsi nommée par référence au gouverneur de la Société générale. Pour éviter la situation rencontrée durant la Première Guerre mondiale, l’industrie souhaite se remettre au travail et fournir des marchandises à l’Allemagne. Elle pourra ainsi éviter la perte de moyens de production et la déportation d’ouvriers. En échange des marchandises livrées, des denrées alimentaires sont importées. Dans le cadre de cette étude, nous laisserons de côté le fait que ce plan n’a en rien apporté les résultats espérés – notamment en ce qui concerne l’importation de nourriture et la mise au travail obligatoire.



Il est en outre clair qu’en 1940-1941, une grande part de l’élite politico-administrative traditionnelle de la Belgique occupée soutient une forme d’Ordre nouveau, même s’il ne s’agit certainement pas toujours de l’Ordre nouveau allemand. On pense plutôt à un régime autoritaire éclairé, une variante belge du régime de Vichy, soutenue par le roi et s’appuyant sur une représentation corporatiste des groupes sociaux. La démocratie libérale est durant les années 1930 fortement discréditée et la défaite de mai 1940 a encore renforcé cette tendance. Ce n’est qu’à partir de la mi-1942 qu’un revirement prudent peut être constaté à la suite de l’évolution de la fortune des armes et de l’échec toujours plus manifeste des réformes de l’Ordre nouveau.

En même temps, il est important de souligner que les partis collaborateurs, et surtout le Vlaams Nationaal Verbond et Rex, travaillent à prendre le pouvoir à l’ombre des armes de l’occupant. Ces deux partis pro national-socialistes (et surtout le VNV) obtiennent des postes haut placés dans l’appareil d’État. L’Intérieur (responsable du maintien de l’ordre et de la tutelle sur les provinces et les administrations communales) ainsi que la politique du travail (l’Office national du Travail, nouvellement constitué) sont en particulier dominés par des collaborateurs politiques. Cette prise de pouvoir sape davantage encore le ressort démocratique de l’administration belge.

Sur le plan juridico-administratif, la Belgique s’appuie fortement sur l’héritage de la Première Guerre mondiale. Les autorités belges ont découvert à l’époque l’importance de conserver en mains propres autant d’autorité administrative que possible. La Belgique néglige toutefois pendant l’entre-deux-guerres de définir clairement sur le plan légal la manière dont les autorités belges sont censées s’accommoder d’une situation d’occupation avec ce pouvoir administratif étendu. Il s’agit certainement là d’un point important, qui sera lourd de conséquences au cours de l’occupation, y compris pour l’attitude de l’autorité belge dans la question juive.

Les secrétaires généraux reprennent en 1940 des compétences majeures des ministres absents. L’arrêté-loi du 10 mai 1940 et la loi Bovesse du 5 mars 1935 définissent ces compétences. Le premier règle le transfert de pouvoir aux secrétaires généraux. La seconde détermine les obligations des fonctionnaires en temps de guerre. Elle est reprise dans le livret de mobilisation civile que reçoit chaque fonctionnaire. Ce livret donne à pratiquement tous les fonctionnaires l’instruction de rester à son poste en cas d’occupation et les oblige à collaborer loyalement avec l’occupant dans l’intérêt de la population. Ils ne doivent suspendre l’exercice de leur fonction que dans le cas où l’autorité occupante donnerait aux fonctionnaires belges des ordres qui “[seraient] des actes incompatibles avec leurs devoirs de fidélité envers la Patrie”. Dans ce cas, ils doivent “[en référer] à leurs supérieurs hiérarchiques et se [conformer] aux ordres écrits de ceux-ci”. Il importe donc de comprendre clairement au préalable que la conduite de l’administration belge ainsi que sa collaboration avec l’occupant sont définies légalement.

Tant l’occupant que l’autorité belge et les cercles économico-financiers défendent avec ardeur un rétablissement rapide de la vie publique. Les autorités belges sont donc pratiquement embarquées tout de suite après mai 1940 dans une dynamique d’escalade de la collaboration, à laquelle elles ne sont pas préparées. L’Ordre nouveau entraîne des réformes approfondies du système politique et administratif belge. Le modèle belge de concertation décentralisée est transformé en un État centraliste sur la base du principe d’autorité. De nouveaux organes centraux d’administration publique, qui sont constitués à partir de 1940 dans une perspective d’Ordre nouveau (comme l’Office national du travail), ont des compétences importantes mais des relations de compétences imprécises avec leurs administrations de tutelle. Tout cela crée dans certains domaines le chaos et un morcellement de l’autorité de l’État. Un autre phénomène majeur est l’accroissement du pouvoir du niveau administratif local: dès 1940, des administrations communales ne peuvent désormais plus compter que sur elles-mêmes.

C’est dans ce contexte complexe qu’il convient de comprendre la réaction de l’autorité belge aux premières ordonnances antijuives importantes, du 28 octobre 1940. C’est le premier des trois moments-clés de ce Rapport final.

Les ordonnances du 28 octobre 1940 décident de qui est Juif et de qui ne l’est pas: C’est ainsi que la ségrégation raciale est introduite. Ensuite, les Juifs sont évincés de toutes les fonctions publiques. Les ordonnances constituent une violation fondamentale de l’ordre constitutionnel et légal belge. Sollicités à cet effet par l’administration militaire, les secrétaires généraux refusent en première instance de promulguer les mesures antijuives. Sur ce, l’occupant prend lui-même l’initiative, dans la perspective de voir l’autorité belge en assumer l’exécution. Pour certains hauts dignitaires et hauts fonctionnaires belges, cette exécution est problématique. Ils étudient les ordonnances et leurs conséquences possibles ou chargent des experts du monde judiciaire de le faire. Le résultat de l’étude est équivoque: l’important Conseil de Législation formule peu d’objections à l’encontre d’une collaboration passive, mais prendre soi-même des initiatives serait dépasser les bornes. Dans les faits, cela signifie en fait que l’on n’adopte pas de position de principe – contre une ségrégation anticonstitutionnelle sur la base de la race et de la conviction religieuse – mais que l’on opte plutôt pour une attitude pragmatique, pour ne pas dire docile.

Le Conseil de Législation aura pendant les années d’occupation une grande influence sur le collège des secrétaires généraux. Constitué en 1911 comme organe consultatif, il est dirigé pendant la Seconde Guerre mondiale par l’avocat général près la Cour de Cassation. Le Conseil se compose en outre des principaux magistrats et juristes du pays.

Il est en particulier remarquable que le Conseil de Législation omette en novembre 1940 d’invoquer l’article 46 de la Convention de La Haye (selon lequel un occupant s’engage à “[respecter] l’honneur et les droits de la famille, la vie des individus et la propriété privée, ainsi que les convictions religieuses et l’exercice des cultes” ). Ces éminents juristes donnent un avis hautement contestable d’un point de vue juridique_ De plus, la persécution des Juifs sert clairement la seule politique de l’ennemi et non l’ordre public du pays occupé.

Il est clair qu’en novembre 1940, les autorités belges ne souhaitent pas compromettre leur collaboration administrative avec l’occupant en adoptant une attitude de principe par rapport à la problématique juive. Selon les estimations, seuls 5 % des Juifs en Belgique possèdent la nationalité belge. La décision de donner finalement suite à la demande de l’occupant peut difficilement être interprétée autrement que comme un choix délibéré, dicté par le fait qu’il est essentiellement question en l’espèce d’étrangers.

Dans la pratique, les facteurs économiques, idéologiques et juridico-administratifs se renforcent mutuellement. L’administration de l’État se retrouve de manière croissante emprisonnée dans une dynamique de collaboration maximale (ainsi nommée par l’historien Herman Van Goethem) et d’exécution des mesures allemandes. Cette collaboration repose en effet sur une interprétation maximale de la Convention de La Haye. Cela implique que les administrations et les forces de l’ordre doivent également exécuter les ordonnances allemandes qui s’avèrent non conformes à la constitution belge ou à la légalité. Lorsque cette dynamique entraîne également l’exécution d’ordonnances antijuives, personne n’a spécialement envie de souligner les limites légales ou morales de la politique de collaboration. Les plus hautes autorités judiciaires et administratives, le sommet de la magistrature et les secrétaires généraux donnent alors à la machine administrative le feu vert à une exécution sans objections des ordonnances antijuives.



3. La Belgique occupée (2)


- La collaboration à l’exécution des ordonnances (novembre 1940-mai 1942)

Dans une première phase (jusqu’en mai 1942) les administrations nationales, provinciales et locales, tout comme la police, la gendarmerie et la Police des Étrangers, toutes dans leurs domaines, concèdent une large collaboration à l’exécution des ordonnances antijuives allemandes.

Les communes se mettent au travail pour donner aux Juifs l’occasion de s’inscrire dans le nouveau registre de Juifs. Les autorités communales veillent également à ce que les établissements horeca [hôtellerie, restauration] juifs reçoivent une inscription en novembre 1940 ; les fonctionnaires juifs sont placés en non-activité pour le 31 décembre 1940; cela vaut également pour les Juifs travaillant dans les administrations provinciales et communales, ainsi que pour les administrations subordonnées. Dans l’enseignement, les milieux judiciaires (magistrats, avocats, notaires) et à la radio également, des Juifs sont touchés par cette mesure.

Au cours de la même période, la Feldkommandantur anversoise décide d’expulser tous les étrangers de l’arrondissement vers la province du Limbourg. Les gouverneurs de province anversois et limbourgeois sont chargés avec les communes de l’exécution. Dans la pratique, la mesure concerne quasi exclusivement les étrangers juifs:

8.609 ordres d’expulsion sont délivrés. Au printemps et à l’été 1941, les Juifs expulsés sont forcés de retourner à Anvers ou de s’installer à Bruxelles, à Liège ou à Charleroi. Les autorités belges, à tous les niveaux, accordent leur collaboration à l’organisation de l’expulsion, du logement et de la mise au travail des déplacés.

En juillet 1941, la collaboration administrative franchit de nouveau une étape supplémentaire. Sur demande allemande, le secrétaire général de l’Intérieur, le VNV, Gerard Romsée, fait parvenir une instruction aux communes les chargeant d’apposer sur les cartes d’identité des Juifs l’inscription “Jood-Juif”. Nous n’en sommes déjà plus depuis longtemps au stade de la collaboration passive telle que décrite par le Conseil de Législation en novembre 1940. En ce qui concerne les forces de l’ordre également, on peut constater qu’à travers la dynamique de la coopération, le pas de la collaboration passive à la collaboration active est assez rapidement franchi. L’exécution de contrôles administratifs des coordonnées et des données personnelles des Juifs, ainsi que du marquage d’entreprises juives ou de certaines dispositions d’interdiction par la police communale est une pratique courante. Les infractions se soldent par des procès-verbaux transmis à l’autorité allemande.

Le rôle de la gendarmerie et de la Police des Étrangers constitue un autre point. Pendant l’occupation, la sévère législation belge sur les étrangers (introduite en 1939) est purement et simplement maintenue. La présence d’étrangers est associée unilatéralement par l’autorité belge à une menace pour l’ordre public. Dans ce cadre, toutes les forces de l’ordre doivent mener un contrôle administratif strict sur les étrangers. Vu le pourcentage élevé d’étrangers au sein de la population juive en Belgique, ce contrôle des étrangers constitue un soutien supplémentaire au contrôle administratif des Juifs.

La collaboration maximale de l’État à l’exécution des ordonnances à l’encontre des Juifs peut également être constatée dans divers autres domaines. Nous pensons ici à la ségrégation obligatoire dans l’enseignement, laquelle est introduite par l’ordonnance du 1er décembre 1941. Sur ce point également, la Constitution est explicitement violée, mais les instances belges concernées collaborent activement au développement d’un réseau scolaire juif distinct (devant fonctionner dans le cadre de la législation scolaire belge). Tous les enfants, écoliers ou étudiants qui ne sont pas en âge d’obligation scolaire doivent avoir quitté au plus tard le 31 décembre 1941 les écoles qu’ils fréquentent. Tous les écoliers juifs en âge d’obligation scolaire doivent être chassés de l’enseignement public à Anvers, Bruxelles, Charleroi et Liège pour le début de l’année scolaire 1942-1943. L’Association des Juifs en Belgique (AJB), constituée par l’occupant, reçoit pour tâche d’organiser l’enseignement juif. En raison d’une préparation bancale au ministère de l’Enseignement, dans les administrations locales et à l’AJB, le réseau d’écoles juives décolle particulièrement difficilement. Les déportations massives vers Auschwitz à partir de l’été 1942 feront finalement en sorte que les efforts fournis s’avéreront inutiles.

Tout aussi docilement, Marcel Nyns, secrétaire général du ministère de l’Enseignement, accèdera très rapidement, en octobre 1940, à la demande allemande de constituer une commission en vue du contrôle des manuels scolaires. Le président de la commission est Jan Grauls, proche du Z0Z. Ce contrôle concerne notamment le “contenu juif” des manuels : la prétendue influence du “judaïsme” sur la culture et la société doit être censurée et les livres d’auteurs juifs écartés. En octobre 1941, une circulaire du secrétaire général stipule que les manuels scolaires ou le matériel didactique “provenant de Juifs ou édités par des Juifs” ne sont plus autorisés.

En juin 1942, une nouvelle ordonnance décide que les Juifs doivent être chassés de toutes les professions médicales. Dans le courant des mois qui suivent, une séparation stricte est appliquée entre les patients juifs et non juifs, et entre les personnes qui les soignent. Cette mesure est également scrupuleusement introduite par les diverses administrations dans les hôpitaux, les services pédiatriques et les maisons de repos.

Le couronnement provisoire de la collaboration maximale s’inscrit dans le domaine de la mise au travail forcé. Vers le printemps 1942, la plupart des Juifs sont au chômage, et donc sans ressources, suite au “désenjuivement” de l’économie belge, et de la liquidation ou de l’“aryanisation” de plusieurs milliers de petites entreprises dans les secteurs du diamant, de la confection ou de la maroquinerie. Ce sont surtout les nouveaux services publics belges, impliqués dans l’organisation corporative du commerce et des entreprises dans l’esprit de l’Ordre nouveau, qui collaborent sans scrupule avec les instances allemandes à la spoliation des Juifs. Des partisans de l’Ordre nouveau trouvent dans ces nouveaux services publics une niche lucrative.

Le 8 mai 1942 paraît une ordonnance posant les fondements du travail forcé des Juifs en Belgique et dans le Nord de la France (dans les deux cas sous l’autorité du commandant militaire de Bruxelles). Cette ordonnance succède à l’introduction du travail obligatoire pour tous les Belges (en Belgique) le 6 mars 1942. L’administration militaire en confie l’organisation pratique à l’Office national du Travail, une institution “belge” constituée un an plus tôt. L’Office national du Travail peut, tout comme les nouvelles organisations professionnelles corporatives, être considéré comme un cas d’école de nouvelle institution créée pour reprendre des tâches essentielles des administrations traditionnelles (qualifiées par l’occupant de trop lourdes et politiquement ingérables). Le nouvel organisme est placé sous la direction du VNV, Fritz-Jan Hendriks et s’inscrit dans le processus de prise de pouvoir de l’Ordre nouveau. Les secrétaires généraux refusent de collaborer à l’ordonnance et le secrétaire général compétent, à qui échappe tout contrôle du fonctionnement de l’Office national du Travail, démissionne.

Les Offices du Travail collaborent à la mise au travail des Juifs avec les Werbestellen allemandes et l’Organisation Todt (OT), mais, en tant qu’institutions belges, ils sont les seuls à être en contact direct avec les travailleurs forcés juifs. À Anvers, Bruxelles, Liège et Charleroi, les Offices du Travail donnent naissance à des sections “juives” spécifiques. Quelques milliers de Juifs sont mis au travail dans diverses entreprises en Hainaut et à Liège (par exemple dans l’usine d’armes FN à Herstal). La tâche principale des Offices du Travail consiste toutefois à organiser un total de neuf convois (six au départ d’Anvers et trois respectivement au départ de Bruxelles, de Charleroi et de Liège) qui emmènent 2.252 travailleurs juifs vers les camps de travail de l’ OT dans le Nord de la France. Ils y seront affectés à la construction forcée du Mur de l’Atlantique. Cette opération dure trois mois et coïncide partiellement avec le début de la déportation depuis la caserne Dossin vers Auschwitz. Le 23 juin 1942, les secrétaires généraux protestent contre la déportation des travailleurs juifs vers le Nord de la France. Promesse avait été faite qu’aucun travailleur belge ne serait employé hors des frontières du pays. À Anvers, les ordres de convocation pour la mise au travail par l’ OT sont remis aux intéressés par la police, cette dernière accompagnant jusqu’à la gare les travailleurs forcés affectés aux différents convois.

À Bruxelles, le bourgmestre refuse d’autoriser la police communale à collaborer à la conduite de ceux n’ayant pas donné suite à une convocation. Au printemps 1942, les premières fissures dans la collaboration maximale apparaissent donc.



4. La Belgique occupée (3)



- Eté 1942 : premières fissures dans la collaboration maximale chez les uns, dérapage chez les autres. Revirement seulement après l’introduction du travail obligatoire en octobre 1942


Il est remarquable qu’au printemps 1942, dans les milieux de l’autorité communale bruxelloise, on réagisse pour la première fois de manière ouvertement critique aux mesures antijuives. Cette réaction est déclenchée par la mise à disposition de bâtiments scolaires à l’AJB. L’administration militaire insiste pour que l’administration communale collabore davantage. Le bourgmestre catholique Coelst, président de la Conférence des bourgmestres de Bruxelles, y réagit le 30 mai 1942 en signalant que ces écoliers juifs “méritaient la compassion des pouvoirs publics” et, dans une lettre suivante, qu’il “[n’est pas souhaitable] de créer pour eux un enseignement qui leur soit exclusivement réservé”.

Il semble donc que ce soit vers cette période que des réserves sont prononcées à l’égard de la collaboration maximale. Le rejet de la demande de distribuer l’étoile de David saute particulièrement aux yeux. Le bourgmestre de Bruxelles le fait le 5 juin 1942 en des termes politico-moraux sans équivoque: “Nous ne pouvons nous résoudre à nous associer à une prescription qui porte une atteinte aussi directe à la dignité de tout homme, quel qu’il soit”. Un mois plus tard, il refuse de mettre la police à disposition pour rechercher les réfractaires juifs destinés au Nord de la France (6 juillet 1942). Le plus important est peut-être son refus d’engager la police dans la rafle à l’encontre des Juifs dans le cadre de la “mise au travail à l’Est” (3 septembre 1942). L’introduction de l’étoile jaune représente donc un moment de basculement pour l’autorité communale traditionnelle bruxelloise. L’opinion publique bruxelloise se montre également pour la première fois solidaire avec les Juifs persécutés – cf. de nombreux journaux clandestins, toutes tendances politiques confondues. La signification de cette évolution ne peut être sous-estimée: Bruxelles abrite à ce moment la plus grande communauté juive du pays.

Le contexte général de la guerre et la situation spécifique de l’autorité communale bruxelloise jouent un rôle important dans ce moment de basculement. En effet, au début de l’été 1942, la victoire définitive de l’Allemagne dans la guerre n’est plus aussi évidente. En cette même période, les autorités communales bruxelloises savent avec certitude que la création du grand Bruxelles est imminente et qu’elles devront très prochainement laisser la place à des dirigeants ayant des sympathies pour l’Ordre nouveau. Les sentiments patriotiques qu’elles ont sans nul doute toujours entretenus, mais qui ont été contenus pour des raisons pragmatiques durant les deux premières années de l’occupation, refont surface. La plupart ont montré dans les années trente peu de sympathie à l’égard de la population (étrangère) juive, mais cette population est maintenant persécutée par l’ennemi et cela modifie la perspective. En dépit de l’attitude critique à l’égard de la démocratie libérale, et de l’antisémitisme latent d’une part importante de l’élite communale francophone à Bruxelles, elle est et demeure patriotique à l’égard de la Belgique et hostile envers l’Allemagne.

Dans le grand Anvers, l’administration de la ville et la police coopèrent bel et bien à la distribution de l’étoile jaune et à l’arrestation collective de Juifs. Tandis qu’au cours de la première (15 août 1942) et de la troisième rafle (11-12 septembre 1942), le soutien accordé aux services de police allemands est surtout indirect, la deuxième rafle (28-29 août) voit la police communale procéder de manière autonome à des arrestations. Il s’agit d’un fait unique dans l’histoire de l’occupation en Belgique.

1.243 Juifs, tous étrangers, sont arrêtés et mis à la disposition de la 5_]F_5& en vue d’être déportés. Le bourgmestre et le procureur du roi d’Anvers ne réagissent pas, même après cet événement dramatique. Le refus bruxellois et le dérapage anversois forment le deuxième moment-clé du présent Rapport final.

Une différence manifeste intervient donc entre les communes d’Anvers et de Bruxelles. Nul doute que les mécanismes intervenus depuis le début de l’occupation en raison de la collaboration administrative maximale, en particulier sur le plan policier, se trouvent également à la base du dérapage anversois. Si durant l’entre-deux-guerres, l’État avait fait en sorte de mettre au clair sur le plan légal les limites de la collaboration en cas d’occupation, les chances d’un tel dérapage auraient peut-être été réduites. Le morcellement croissant du pouvoir et la politique de l’autruche appliquée par les responsables du maintien de l’ordre (nous faisons ici référence à l’attitude de la magistrature dans la problématique des arrestations sur la base d’ordonnances allemandes) peuvent être qualifiés d’explications additionnelles. Tout bien considéré et en distinguant les causes des conséquences, C’est toutefois un facteur politico-idéologique qui est à la base de la différence entre les deux communes.

Il est un fait que le collège des échevins, sous la direction du bourgmestre Leo Delwaide, soutient la politique de l’Ordre nouveau et laisse très probablement délibérément participer le corps aux rafles antijuives. Même dans le cadre du grand Anvers avec son administration et sa police unifiées, la possibilité demeure, dans les règles que l’occupant a lui-même fixées, d’exprimer des scrupules à l’encontre d’une telle réquisition de la police (selon une directive du Militärfehlshaber, von Falkenhausen, de juillet 1941 qui sera très largement diffusée). Cela vaut en particulier pour la deuxième rafle (28/29 août 1942), lors de l’intervention autonome de la police anversoise. Cette possibilité n’est pas utilisée, pas plus qu’une réaction ne sera notée ultérieurement de la part des autorités communales et judiciaires. La raison en est que les dirigeants ne souhaitent pas hypothéquer leur politique d’Ordre nouveau.

Pour des raisons tout aussi pragmatiques que leurs collègues bruxellois, ils se sont ralliés en 1940 à une politique de collaboration maximale, mais leur objectif final est ailleurs: il s’agit pour eux d’une tentative pro-active de s’intégrer à l’Ordre nouveau allemand ou flamando-allemand. C’est ce qu’ils ont pu réaliser avec la collaboration de dirigeants anciens et nouveaux à travers la création du grand Anvers début 1942. Pendant qu’Anvers dérape mi-1942, les inhibitions à la germanophobie s’évanouissent à Bruxelles et les dirigeants politiques communaux refusent de collaborer aux actions antijuives collectives.

Abstraction faite de Bruxelles et de Liège (où le bourgmestre s’est empressé de suivre l’exemple de la capitale), l’étoile jaune semble avoir été distribuée par toutes les communes de Belgique. Lorsque la déportation massive des Juifs commence au départ de Malines, les autorités belges l’acceptent sans protestation ouverte. L’État belge, soutenu en cela par la Cour, se contente de la (fausse) concession allemande que les Juifs de nationalité belge demeureraient épargnés. Cela illustre le cadre fondamentalement national dans lequel l’État belge préfère continuer d’interpréter l’ensemble de la problématique. Il choisit, tout comme en novembre 1940, de ne pas remettre en cause la collaboration administrative pour la déportation d’étrangers juifs. Ce n’est que le 30 septembre 1942, après les grandes rafles, que la direction de l’administration militaire fait savoir que les services policiers belges ne doivent en principe plus coopérer aux rafles à l’encontre de Juifs.

Il est également notable que, malgré le manque d’archives, nombre de traces indiquent que les transports au départ de Malines vers l’“Est” sont exécutés par des machinistes belges conduisant des locomotives belges. En tout cas en ce qui concerne le trajet en Belgique. Des preuves n’existent toutefois que pour le 20e convoi (parmi les 28 transports vers Auschwitz). Ceci peut être considéré comme une conséquence de l’enchevêtrement de la SNCB avec la Wermachts Verkehrs Direktion allemande pendant les années de guerre. Pour les autorités belges, cela ne semble pas contraire au droit de la guerre (art. 52 et 53 de la Convention de La Haye). Le trafic ferroviaire est considéré comme étant d’intérêt militaro-stratégique et économique, de sorte que l’on peut constater une collaboration totale et massive au trafic ferroviaire allemand. Les personnes et les biens qui sont transportés ne constituent dès lors jamais un point de discussion. Sur la base des données actuellement connues, il est donc quasi certain que l’organisation des transports de Juifs n’est jamais soumise à la direction de la SNCB, mais constitue plutôt la conséquence logique d’une collaboration totale. Le secrétaire général chargé du Transport, G. Claeys, déclare, un mois avant le début de ces transports, avoir perdu tout contrôle sur la compagnie des chemins de fer belge.

Les refus bruxellois de l’été 1942 ne semblent pas introduire de rupture fondamentale au niveau national. Comme nous l’avons dit, l’échec complet de la transformation de l’administration du pays occupé en une administration d’Ordre nouveau entraîne un éclatement du pouvoir (oppositions au plan national entre anciens et nouveaux dirigeants, oppositions entre les niveaux national et local, oppositions entre niveaux locaux) et un exercice parallèle du pouvoir (oppositions entre anciennes et nouvelles institutions). En particulier, cela a des conséquences pour les relations entre l’administration centrale et locale, du reste dans les deux directions. Bruxelles, avec ses anciens dirigeants et ses objections morales à l’encontre de la persécution des Juifs, continue sur sa propre voie (suivie un moment par Liège). Cela n’a aucun ou quasiment aucun effet sur l’administration centrale, pas plus que sur la Métropole. La collaboration maximale, également là où la collaboration aux ordonnances allemandes ne relève pas ou va à l’encontre de la légalité belge, se poursuit donc.

Ce n’est qu’en octobre 1942 qu’un changement dans l’administration centrale est constaté, qui n’a toutefois rien à voir avec la persécution des Juifs. Cette nouvelle situation est motivée par l’introduction du travail obligatoire en Allemagne (6 octobre 1942). Plus largement, le renversement des perspectives de victoire sur le champ de bataille exerce une influence. Les pertes militaires allemandes commencent désormais à peser et les conséquences s’en font sentir en Belgique occupée. Pour ce qui est des arrestations sur ordre des Allemands, les autorités belges empruntent maintenant la voie d’une interprétation minimale de la collaboration administrative. Dans ce cadre, les autorités belges ne peuvent plus remplir pour les Allemands de missions sans fondement juridique belge.

Il ne faut pas s’étonner que la “question juive” ne joue plus aucun rôle dans ce revirement. Les Juifs ont quasiment disparu du paysage : soit ils ont été déportés, soit ils vivent dans la clandestinité. Une petite minorité de Juifs belges (et de quelques autres nationalités protégées) et de collaborateurs de l’Association des Juifs en Belgique connaissent encore une existence légale. Les divers aspects cruciaux dans lesquels les autorités belges sont intervenues dans la question juive – l’enregistrement, les contrôles administratifs et policiers, l’enseignement, la mise au travail et, finalement, la collaboration aux rafles – ont désormais perdu tout contenu.

Malgré l’existence de nombreux problèmes d’archive, certainement pour la Belgique francophone, nous pouvons affirmer que les forces de l’ordre belges ne jouent plus de rôle significatif lors des arrestations de Juifs en 1943 et 1944. Dans la pratique, les Juifs semblent pouvoir profiter après octobre 1942 du nouveau contexte apparu après l’introduction du travail obligatoire en Allemagne. Les autorités belges, et même certains collaborateurs dans l’administration, adoptent une attitude passive à l’égard des clandestins, au nombre de plusieurs milliers. Remarquons qu’au cours de l’occupation, des oppositions politiques détermineront de plus en plus le fonctionnement des services de police. Cette réalité est très difficile à retrouver dans les procès-verbaux et dossiers qui, par définition, pouvaient aboutir dans les mains de l’occupant. À mesure de la progression de la guerre, de nombreux fonctionnaires de police trouvent prudent d’effectuer énormément d’enquêtes pour n’engranger que peu de résultats.

Tout cela ne signifie pas que les autorités centrales belges corrigent ouvertement leur politique à l’encontre des Juifs ou des étrangers après 1942. Même lorsque la police nazie décide en septembre 1943 de déporter les Juifs de nationalité belge, les secrétaires généraux ne remettent pas fondamentalement en question leur collaboration administrative. Cependant, ils protestent désormais officiellement (en particulier à l’occasion d’un transport vers Malines au cours duquel 9 Juifs belges décèdent). Maintenant seulement, le collège des secrétaires généraux invoque pour la première fois clairement l’article 46 de la Convention de La Haye. Le collège n’y associe toutefois aucune conclusion publique, ni pour lui-même, ni pour les administrations subordonnées.

Dans un seul domaine spécifique, la collaboration administrative maximale semble se heurter à une opposition totale dès lors que le problème est inscrit à l’ordre du jour. Il s’agit de la collaboration des notaires à la vente des biens immobiliers de Juifs “absents”. Dès juillet 1942, avant même le lancement des déportations massives vers l‘“Est”, le président de la Chambre des notaires de Bruxelles se fait rappeler à l’ordre par l’administration militaire. Il n’est pas admissible que ce qui ne posait aucun problème dans les pays voisins que sont la France et les Pays-Bas s’avère impossible en Belgique. Même à Anvers, ce point suscite la discorde. En septembre, la Chambre des notaires rédige un avis pour le procureur du roi, qui étudie la question dans le cadre de la Convention de La Haye (l’article 46 dont nous avons déjà parlé interdit également la saisie de la propriété privée), de la législation belge et des ordonnances allemandes. La conclusion en est que le propriétaire conserve ses droits. La lettre adressée au procureur fait également référence au livret de mobilisation civile et demande des directives. Le 24 octobre 1942, le procureur d’Anvers répond que les notaires ne peuvent assurer leur charge parce que de tels actes sont contraires au droit international. Tant l’article 46 de la Convention que l’article 11 de la constitution belge sont invoqués. En dépit de l’insistance de l’administration militaire, les notaires ne modifieront plus leur attitude. L’occupant se voit en définitive contraint d’engager par ordonnance un notaire allemand avec compétence en Belgique. Entre temps, les candidats à l’achat des immeubles spoliés ne se bousculent plus au portillon.

Les refus bruxellois, d’une part, et le dérapage anversois, de l’autre, constituent, à l’été 1942, les deux extrémités de l’échelle de la collaboration administrative et policière dans la politique antijuive. Il s’agit pourtant – et cela ne peut être suffisamment souligné – de réactions extrêmes locales dans un système belge global de collaboration administrative maximale instauré en novembre 1940. Les raisons sous-jacentes du refus bruxellois et du dérapage anversois sont, en fin de compte, de nature idéologique : à Bruxelles, l’administration traditionnelle, sachant sa fin proche, souhaite faire entendre une protestation patriotique ; à Anvers, l’administration désire ne pas entraver la politique de coopération dans le cadre de l’Ordre nouveau. La fissure bruxelloise dans la collaboration maximale concernant la politique antijuive demeure circonscrite à la capitale et n’a quasi aucune autre conséquence pour la pratique administrative et policière journalière. Ce n’est que lors de l’introduction du travail obligatoire en Allemagne, quelques mois plus tard, en octobre 1942, que l’on assiste à un revirement dans l’administration centrale. Le passage de l’option maximale à l’option minimale de la collaboration administrative intervient alors, et les autorités communales et les services de police se retirent de la recherche active et des arrestations de Juifs (passés ou non dans la clandestinité). Dans un tout autre domaine enfin, la résistance initiale et, en septembre 1942, le refus clair du corps des notaires de se prêter à la vente de biens immobiliers de Juifs déportés, sont surprenants. Pour la création des registres de Juifs, l’élite administrative et judiciaire avait fermé les yeux en novembre 1940 sur la violation de la constitution belge. En ce qui concerne l’inviolabilité de la propriété privée, elle ne semble pas prête à faire la moindre concession, certes deux ans et quelques victoires alliées plus tard.



5. La Belgique en exil



- Entre ignorance, impuissance et mauvaise volonté


Le gouvernement belge en exil à Londres, isolé de la mère patrie, demeure souvent impuissant par rapport aux grands événements de la guerre. Il puise sa signification dans le partenariat avec les nations alliées. La colonie forme toutefois un atout important, ne fût-ce que pour son potentiel économique.

Un nombre relativement important de Juifs fait partie de la communauté belge en exil dans la capitale britannique. Ils sont représentés tant dans l’administration qu’à la Sûreté de l’État et dans l’armée. Ils possèdent toutefois la nationalité belge et peuvent difficilement être qualifiés de représentatifs de la communauté juive en Belgique occupée.

L’administration belge au Congo avait introduit en 1939 une nouvelle politique de migration non exempte de traits antisémites. L’accès aux réfugiés juifs est limité. Une fois la guerre en cours, l’administration se montre néanmoins plus souple que la mère patrie dans le traitement de Juifs allemands et surtout italiens (le Congo compte un nombre non négligeable de colons juifs de l’archipel italien du Dodécanèse, lequel appartenait historiquement à la Grèce). Ils sont soumis à des mesures moins strictes que leurs “compatriotes” non juifs et les mesures de contrôle sont pour la plupart levées en 1942.

La persécution des Juifs ne constitue pas une question prioritaire pour le gouvernement belge. Début 1942, le Premier ministre Pierlot s’exprime, par principe, contre les persécutions raciales et religieuses. Il les qualifie de contraires à la Constitution et aux traditions belges. La libération du pays doit selon lui y mettre fin. Cette posture reste pour l’essentiel de l’ordre du discours. Les réfugiés juifs ne recevront en général d’aide que lorsqu’ils possèdent la nationalité belge. Cela vaut en particulier pour la délivrance de visas congolais à des étrangers juifs.

Même lorsqu’en octobre-novembre 1942, les déportations massives et les bruits sur les camps d’extermination à l’Est parviennent aux oreilles de Londres, on note peu de changements dans la politique du gouvernement belge. Les ministres en exil se rallient à la politique attentiste des autres pays alliés et continuent d’affirmer qu’une victoire militaire sur l’Allemagne nazie est la seule solution. La condamnation par les Nations unies en décembre 1942 est cosignée. Les documents consultés laissent même l’impression que, jusqu’à la veille même de la Libération, pratiquement aucun lien n’est fait entre la déportation des Juifs de Belgique et les informations sur les massacres en Pologne. Dans le discours du gouvernement, il n’existe pas le moindre doute sur le fait que l’autorité et l’opinion publique dans le pays occupé désapprouvent les persécutions et n’y collaborent assurément pas. Un doigt accusateur n’en est pas moins pointé en direction des collaborateurs.

Les relations qu’entretient le gouvernement avec les associations juives internationales ne sont pas mauvaises. Des informations sont régulièrement échangées, mais on peut surtout considérer comme une réussite pleine et entière l’accord conclu avec le Joint, le comité d’aide juif américain, pour assurer le financement du Comité de Défense des Juifs, en Belgique occupée.

Les réticences persistantes concernant l’accueil de réfugiés juifs au Congo représentent toutefois le revers de la médaille. Le Premier ministre Pierlot laisse la décision à ses collègues, le ministre socialiste des Affaires étrangères Spaak a d’autres priorités, tandis que le ministre des Colonies, l’homme politique catholique De Vleeschauwer, s’y oppose avec énergie. Même dans l’hypothèse où ils devraient séjourner dans des camps, son attitude demeure négative. Le ministre de l’Information Delfosse, également catholique, accorde, certes, en général, un certain intérêt à la question juive, mais le ministre libéral des Finances, Gutt, visé avant la guerre en raison de sa lointaine origine juive, se retranche dans le silence.

La Belgique démocratique en exil poursuit fondamentalement la politique nationale d’avant-guerre. La persécution sur la base de la religion et de la race est condamnée, mais la compréhension de la signification du nazisme et de la politique raciale du Troisième (R_EJ fait défaut. Le soutien concret demeure quasi exclusivement réservé aux ressortissants belges. Les frontières de la colonie restent fermées et jamais un appel à la résistance ou à la population pour lutter contre la politique antijuive n’est lancé par le gouvernement.



6. L’Etat-nation belge (2)



- Pas de sanction de la collaboration administrative et pas de reconnaissance du judéocide



Après la libération n’apparaît aucune reconnaissance de l’importance et de la spécificité du judéocide. L’autorité administrative et la justice militaire jugent également que l’État belge ne porte aucune responsabilité dans la persécution des Juifs en Belgique.

Comment expliquer cette absence de reconnaissance ? Une connaissance suffisante et réelle existe pourtant bien, et certaines autorités reconnaissent également de manière informelle l’importance du judéocide. Les survivants juifs sont dans de nombreux cas reconnus comme victimes d’un événement effroyable, spécifique et unique. C’est ce qui ressort des peines qui frapperont les criminels de guerre allemands et les collaborateurs antijuifs belges. Cela ressort également de tentatives visant, par exemple lors de l’accueil de réfugiés, à donner des positions exceptionnelles aux victimes juives ou, de manière improvisée, à parvenir tout de même à une réparation matérielle acceptable (Service du Séquestre). Il n’est donc pas question de mauvaise volonté systématique.

Le problème fondamental réside dans le fait que, malgré cette reconnaissance informelle, aucune politique n’a été élaborée, ni sur le plan de la poursuite et de la sanction des auteurs, ni sur le plan de la reconnaissance des victimes. Il n’y a pas eu de bonne préparation légale à Londres et il n’y aura aucune tentative de correction significative après la Libération. La justice et les services publics compétents s’appuient dès lors sur un cadre juridique particulièrement déficient. Cela apparaît de manière manifeste lors du jugement de criminels de guerre allemands, mais aussi dans les divers éléments de ce qui aurait dû être une réparation judiciaire: la restitution des biens placés sous gestion allemande (Service du Séquestre), le fonctionnement de l’Office de Récupération économique (les biens volés), le Service des Victimes de la Guerre. Ces services publics sont confrontés au même groupe spécifique de victimes, mais il n’est quasiment pas question de contacts ou de concertation, dans les années de l’après-guerre, sans parler d’une politique cohérente (par exemple dans le domaine de la recherche ou de la restitution).

Pourquoi cette politique n’est-elle pas développée ? Les priorités du gouvernement belge sont ailleurs: les problèmes socio-économiques et politiques sont à l’ordre du jour (politique de relance, question royale,…). Le judéocide est politiquement un non-problème, la volonté politique manque pour aborder les problèmes (moraux, matériels, juridiques) des victimes juives et de leurs proches parents.

Pour quantité d’autres problèmes et catégories, une politique de relance est bel et bien menée, mais les Juifs semblent systématiquement passer à travers ses mailles (et celles de la législation qui en est issue) en raison de leur statut particulier (les victimes de déportation raciale ne sont pas reconnues comme prisonniers politiques) et de problèmes spécifiques. Cette situation n’est cependant pas unique. À travers ce manque de reconnaissance et de réparation à l’égard des victimes juives, la Belgique se rallie aux autres pays européens. De surcroît, les Juifs sont peu nombreux et la plupart d’entre eux sont toujours étrangers. Ils n’ont donc aucun poids électoral.

La Belgique retombe rapidement dans le schéma d’avant-guerre de l’État-nation. Les décisions d’avant-guerre relative aux réfugiés politiques sont simplement reconduites. La politique en matière de réfugiés est déterminée par la menace potentielle pour l’ordre public et les priorités économiques. La Belgique part dès 1947 du principe qu’il n’existe plus de “motifs humanitaires” pour accueillir plus longtemps les réfugiés juifs survivants.

L’autre raison sous-jacente au manque de volonté politique en Belgique face à la reconnaissance du judéocide est également liée au terme de responsabilité. Tant l’État belge (dans le cadre de l’épuration administrative) que la justice militaire (dans le cadre de la répression de l’incivisme) jugent fin 1945 que les autorités belges n’ont aucune responsabilité juridique ou autre dans la persécution des Juifs. C’est le troisième et dernier moment-clé dans ce Rapport final. Cette constatation est importante, car la Belgique a estimé ne pas porter de responsabilité, ou de coresponsabilité dans le judéocide.

Pour comprendre ce jugement, il est nécessaire d’étudier le traitement judiciaire de la collaboration économique et administrative, appelée “politique du moindre mal”. Il ressort de l’analyse de ce traitement judiciaire que l’État belge a refusé de mettre en cause certaines autorités en menant une instruction sérieuse sur des questions particulièrement épineuses issues de cette collaboration. On note en première instance la problématique économique de la continuation de la production industrielle sous l’occupation. Cette question contient tant de matières à controverse qu’elle aurait sans aucun doute été jugée de manière très critique après la Libération si une instruction judiciaire systématique et approfondie avait dû être menée. Notons ensuite la collaboration visant à réprimer la résistance, qui découle à tout le moins indirectement de la collaboration administrative et policière maximale. Ce point n’a pas encore fait l’objet d’une étude scientifique suffisante, mais il existe de fortes indications selon lesquelles, sur le plan de la lutte contre la résistance également, la collaboration administrative maximale a entraîné des situations (sans doute jusqu’en 1942) qui auraient été jugées inacceptables après l’occupation. Les instructions judiciaires sur l’éventuelle collaboration économique et administrative, sur la manière dont la “politique du moindre mal” a été menée, auraient en d’autres termes ouvert une gigantesque boîte de pandore.

Ce sera par définition également le cas pour les instructions en rapport avec la collaboration à la politique antijuive de l’occupant. Nous pouvons le constater de la manière la plus explicite dans les instructions judiciaires à l’encontre d’une vingtaine de fonctionnaires de police anversois ayant participé aux rafles de Juifs en août 1942. Ces instructions seront suspendues volontairement. Certains représentants de l’autorité ainsi que les forces de l’ordre belges en général auraient pu être compromis. Dans l’instruction sur la participation du commissaire de police adjoint de Deurne à la rafle de la nuit du 28 au 29 août 1942, l’auditeur militaire d’Anvers conclut que les supérieurs de celui-ci, à savoir le commissaire principal d’Anvers et le procureur du roi, sont responsables. Sur ce, l’auditeur militaire prend la décision de ne pas procéder aux poursuites, sur base de la considération suivante: “Eu égard au caractère particulièrement délicat de cette affaire, où l’attitude globale du parquet est mise en cause, et au fait que les commissaires ont agi sous le coup de pressions morales, j’estime qu’il convient (…) de clore la présente affaire par une ordonnance de non-lieu”. Les dossiers d’instruction parallèles qui avaient été introduits à l’encontre d’autres agents de police seront également classés sans suite. Il n’y aura aucune instruction minutieuse sur le rôle du bourgmestre, du procureur ou du commissaire de police dans les rafles antijuives anversoises de l’été 1942.

L’instruction judiciaire d’après-guerre sur l’Association des Juifs en Belgique constituera également en fait une non-enquête. Ici aussi, la justice belge semble mettre volontairement un terme à l’instruction pour ne pas réveiller le chat qui dort.

Que pouvons-nous penser dès lors du jugement des collaborateurs belges qui ont pris part à la persécution des Juifs ? D’abord que la justice militaire a bel et bien accordé une grande attention sociétale, voire morale, à la persécution des Juifs. La persécution des Juifs consiste en une grande quantité de crimes et délits “classiques”. Vol et destruction de propriété, maltraitance, perquisition illégale, arrestation et séquestration, jusqu’à l’homicide et au meurtre. Quantité de collaborateurs belges s’en sont rendus coupables. Force nous est cependant de constater que pratiquement aucun Belge n’a été condamné pour ce genre de faits. Le caractère classique de la loi pénale belge s’avère précisément être son talon d’Achille. Cette législation est conçue pour des faits individuels pour lesquels l’auteur et la victime peuvent être clairement identifiés. Ce n’est pas le cas pour la persécution des Juifs. Les faits sont commis à l’encontre d’importants groupes de personnes. La majeure partie des victimes (et donc des témoins) n’a pas survécu à l’occupation. Les témoignages oraux sont par conséquent rares et aucun document n’existe pour de nombreux crimes.

Le jugement du noyau dur des chasseurs de Juifs anversois en constitue l’illustration. Le tribunal ne vise pas l’exhaustivité ou l’objectivité historique. Le tribunal sélectionne les faits qui satisfont le mieux aux conditions juridiques nécessaires. Il ne s’agit pas nécessairement (ou même souvent pas du tout) des faits les plus importants. Nombre de collaborateurs antijuifs ont commis quantité d’autres crimes, par exemple à l’encontre de résistants. Généralement, la charge de la preuve est dans ce contexte nettement plus forte. Le taux de mortalité parmi les prisonniers politiques est sensiblement inférieur, et il s’agit pratiquement toujours de Belges qui réussiront à trouver le chemin de la justice. De ce point de vue juridique, la justice militaire donnera souvent par la force des choses la préférence à des faits commis à l’encontre de non-Juifs. Un grand nombre de collaborateurs antijuifs peuvent sur base de ce genre de faits se voir également infliger les peines les plus lourdes. Juridiquement parlant, il n’est donc pas nécessaire d’instruire d’autres faits. C’est ainsi qu’un grand nombre de crimes à l’encontre de Juifs sont rejetés à l’arrière-plan.

Une autre constatation concerne l’application de l’article du Code pénal sur la collaboration politique. Cet article semble constituer après l’occupation la qualification pénale centrale pour la collaboration à la persécution des Juifs. Cela s’avèrera à la fois positif et négatif. Le positif est que l’antisémitisme en tant qu’idéologie politique est reconnu pénalement comme un crime. Les responsables belges de ces activités antijuives sont dès lors lourdement condamnés à l’issue de l’occupation. La grande majorité de ces collaborateurs bénéficiera cependant rapidement d’une libération anticipée et pourra compter plus tard sur une réhabilitation complète. Ce processus s’inscrit dans la série générale de mesures d’atténuation prises après 1949 pour une majorité de collaborateurs condamnés.

Moins positif est le fait que ces collaborateurs ne sont en réalité pas tant condamnés pour des faits antijuifs, que pour trahison envers l’État belge. Toutes les activités dirigées contre les Juifs sont considérées comme un “soutien aux plans de l’ennemi”. Les activités antijuives sont donc en premier lieu considérées comme des actes antibelges, pro-allemands. La persécution des Juifs est ainsi poussée dans un schéma d’interprétation patriotique. Une remarque encore: les mesures de grâce pour les collaborateurs antijuifs condamnés sont relativement souvent rejetées, parce que les faits sont jugés particulièrement graves. Il existe à tous égards une volonté de condamner ces personnes. Le jugement de ces collaborateurs antijuifs semble donc surtout déterminé (et limité) par un cadre juridique inadapté.

Enfin, il convient également de constater, en ce qui concerne le jugement d’après-guerre de la persécution des Juifs, que peu de responsables allemands sont condamnés. Il existe pourtant comme nous l’avons dit dans les cercles de la justice militaire belge une conscience de l’importance de la persécution des Juifs en tant que crime de guerre majeur. Ainsi, dans les procès à l’encontre de von Falkenhausen et de Reeder (respectivement commandant militaire et chef de l’administration militaire), la persécution des Juifs est retenue comme l’une des trois inculpations principales. La justice belge doit toutefois travailler avec un cadre juridique inadapté et a également conscience de manquer à ses devoirs dans le jugement des faits de persécution des Juifs. Bien que nous ne disposions pas de chiffres généraux, il semble que la grande majorité des criminels de guerre allemands condamnés sont libérés sous condition peu après leur condamnation. Ceci semble avoir été une politique systématique de la justice militaire belge à partir de 1950. Bien que cela soit impossible à démontrer, il est probable que la cause en soit le contexte sociopolitique. Après 1948, un climat international peu favorable au jugement de criminels de guerre se fait jour. On compte également des raisons juridiques. La justice militaire est consciente de s’aventurer sur une pente juridiquement glissante. En fin de compte, seules deux peines capitales sont mises à exécution à l’encontre de criminels de guerre allemands.

Le dossier avec lequel nous clôturerons cette conclusion est celui de la non-reconnaissance des déportés juifs comme prisonniers politiques. En raison du refus d’introduire des catégories raciales et religieuses, les victimes sont initialement classées de manière informelle avec les prisonniers politiques. Toutefois, lorsque le statut devra être coulé en textes de loi, les critères seront adaptés de telle sorte que les victimes juives seront totalement exclues de ce statut. Il s’agit probablement d’une modification politique délibérée. Le statut de prisonnier politique est le statut le plus prestigieux; il est manifestement impossible que des étrangers juifs y soient repris. Dans ce cadre, des motifs financiers interviennent, ainsi que probablement de nouveau, en arrière-plan, des attitudes xénophobes. Les victimes juives sortent de cette manière complètement du cadre légal des statuts de “reconnaissance nationale”. On assiste donc bel et bien à une continuation du climat politique d’avant-guerre à l’encontre de l’“étranger”, une attitude qui n’est manifestement pas influencée par les événements survenus sous l’occupation et le judéocide.

Nous pouvons ainsi conclure brièvement sur ces années d’après-guerre: l’autorité juridique reconnaît bel et bien l’importance des crimes commis à l’encontre des Juifs mais, en même temps, cette même autorité évite de reconnaître sa propre responsabilité dans ce qui s’est produit sous l’occupation et refuse de la sorte également de reconnaître les victimes juives. Le premier évitement vise à ne pas compromettre d’importants segments de l’appareil d’État, qui sont en effet indispensables à la reconstruction du pays. Le second refus découle d’une culture discriminatoire obscure à l’encontre des étrangers.



7. Epilogue



- La Belgique docile



L’enquête sur la participation éventuelle des autorités belges à l’identification, la persécution et la déportation des Juifs en Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale n’a, au bout du compte, pas seulement débouché sur une étude systématique de la collaboration administrative avec l’occupant, mais également sur une large analyse de plusieurs caractéristiques politiques et culturelles de la société belge dans la période allant de 1930 à 1950. Il s’avère que l’accent placé sur la problématique juive peut être qualifié de particulièrement éclairant, parfois même révélateur de ces évolutions sous-jacentes fondamentales de la société. Déjà dans L’An 40. La Belgique occupée (1971), José Gotovitch et Jules Gérard-Libois suggèrent combien la guerre a fait ressortir des phénomènes sociaux et politiques qui, même en temps de paix, déterminent la société, mais qui se trouvent alors soustraits à l’observation en raison de l’interaction complexe des acteurs au sein d’une démocratie. La guerre révèle donc l’âme d’une société: C’est précisément ce que nous avons également pu constater en nous concentrant sur la “question juive”.

Les autorités fonctionnent toujours dans un contexte bien déterminé. Cela s’applique également aux personnes faisant partie des directions administratives ou de l’autorité judiciaire. Elles travaillent dans un cadre légal et dans une culture de travail. La liberté d’action ou, plus clairement encore, l’espace de manœuvre individuel de ces personnes, est restreint. Il en va ainsi pour le fonctionnaire subalterne, mais aussi pour les fonctionnaires dirigeants et les magistrats. Et cela vaut tout autant en temps de guerre. Nous pouvons pourtant constater que, sous l’occupation, une certaine marge d’intervention personnelle continue à exister pour la plupart des fonctionnaires dirigeants et les magistrats, et ce pour deux raisons. Premièrement, la politique belge a négligé, pendant l’entre-deux-guerres, de définir clairement, sur le plan légal, la manière dont l’autorité restée au pays est censée s’y prendre avec son pouvoir administratif. Deuxièmement, le pouvoir de l’occupant ne semble en aucun cas être absolu. La dépendance mutuelle des administrations occupantes et autochtones est une conséquence logique de l’administration “de contrôle” introduite en Belgique par le pouvoir militaire allemand. La possibilité subsiste de ne pas exécuter certaines tâches ou de ne pas donner suite à des demandes. Elle est prévue légalement et même reconnue par l’occupant dans l’accord pris avec les secrétaires généraux. L’espace laissé ouvert implique aussi qu’à certains moments cruciaux, des choix doivent être faits. On peut par exemple constater, çà et là, chez les fonctionnaires subalternes, de la mauvaise volonté et des manœuvres dilatoires. Chez les fonctionnaires dirigeants et les magistrats, la “question juive” est à mille lieues du centre de leurs préoccupations sous l’occupation, ce qui n’empêche pas qu’ils sont contraints de prendre position à des moments cruciaux. Ils le feront quasiment toujours en réponse à des choix posés dans d’autres domaines relevant de leurs responsabilités. C’est de ces choix que nous parlerons dans cet épilogue.

Dans la présente conclusion finale, nous avons souligné trois moments-clés. Le premier se situe en octobre-novembre 1940. Il concerne la décision de l’administration centrale belge et du sommet de l’autorité judiciaire de faire enregistrer, à la demande de l’occupant, la population juive par les administrations locales. Ils jugent que cette mise en œuvre, qui constitue une violation flagrante de la Constitution, ne pèse pas assez lourd pour dénoncer la collaboration administrative maximale avec l’occupant. La collaboration avec l’occupant leur est en effet prescrite par la loi, sans que soit définie clairement la manière dont ils doivent s’y prendre avec le pouvoir administratif qui leur est alloué. Dans ce contexte, l’interprétation maximale de la collaboration avec l’occupant (fondée sur le texte de la Convention internationale de La Haye), qui rend également possible l’exécution d’ordonnances allemandes n’ayant aucun fondement juridique belge et ne servant aucunement l’intérêt de la population belge, est un choix. Ce choix ne peut pas avoir été influencé autrement que par la conviction d’une victoire allemande et par la profonde crise de la démocratie libérale à la fin des années 1930. De notre point de vue, ce sont ces motifs idéologiques qui, en tenant, certes, compte du contexte juridique nébuleux dans lequel baigne l’élite administrative, sont intrinsèquement à la base des choix opérés à ce moment.

La négation de la Constitution pèse, fin 1940, moins lourd que prendre la défense de la partie juive de la population, qui se compose, à presque 95 %, d’étrangers. L’interprétation exclusivement “nationale” de la politique de sécurité à la veille de la Seconde Guerre mondiale, dont les réfugiés juifs en provenance du Troisième Reich sont les victimes, s’inscrit dans cette même ligne. Tous les éléments réunis semblent indiquer qu’une attitude xénophobe largement répandue, en grande partie liée à un antisémitisme latent, est chose commune en cette période dans une part importante de l’establishment belge et en particulier dans les milieux catholiques de droite et nationalistes (tant belges que flamands). À la fin des années 1930 et durant les premières années de la Seconde Guerre mondiale, ces milieux connaissent clairement leur heure de gloire. Ils souhaitent conduire le pays sur une voie antidémocratique et autoritaire, et sont soutenus en cela par le Roi.

Le deuxième élément-clé se focalise sur l’été 1942, lorsque la déportation des Juifs figure à l’ordre du jour de la police nazie. Le cadre général de la collaboration administrative maximale est alors rompu dans les deux villes comptant de loin la population juive la plus importante. À Bruxelles, les autorités communales refusent de distribuer l’étoile jaune et de mettre leur police à disposition pour une rafle. Elles motivent leur refus en invoquant des motifs humanitaires. Il convient toutefois de souligner que jusqu’alors, elles ont suivi scrupuleusement la piste de la collaboration maximale. Ce refus ne peut pas être dissocié d’une évolution des chances de victoire sur le champ de bataille et de l’imminence du remplacement des dirigeants bruxellois par des sympathisants de l’Ordre nouveau. À Bruxelles, le réflexe patriotique, refoulé depuis le début de l’occupation pour des raisons pragmatiques, est de nouveau fondamentalement activé.

Simultanément, Anvers est le théâtre d’un événement unique dans l’histoire de l’occupation belge. La police locale arrête, de façon autonome, 1.243 Juifs dans le centre-ville et les livre aux autorités allemandes. Même lorsque les conséquences de ces faits sont ultérieurement découvertes, le silence demeure assourdissant, tant de la part du bourgmestre que du procureur du roi. C’est que l’administration favorable à l’Ordre nouveau ne souhaite pas remettre en cause son projet de collaboration avec l’occupant dans la métropole.

Le véritable revirement de la collaboration administrative maximale ne survient qu’à l’automne 1942, lorsque l’occupant procède à l’introduction du travail obligatoire en Allemagne. Dès ce moment, les administrations belges peuvent uniquement prêter leur collaboration à des mesures allemandes lorsqu’un fondement juridique belge existe effectivement. La fortune des armes a changé de camp et l’élite administrative estime qu’il est temps de virer de bord et de se couvrir, en prévision des comptes à rendre après la guerre.

Il convient de remarquer que le gouvernement belge à Londres n’a fait savoir, à aucun moment durant les années de guerre, qu’une correction s’impose et que l’attitude des hauts fonctionnaires et des magistrats est anticonstitutionnelle et condamnable d’un point de vue démocratique.

Le dernier moment-clé se situe fin 1945, lorsque, après la Libération, la société démocratique est réhabilitée. La justice militaire parvient alors à la conclusion que l’instruction sur la collaboration aux rafles contre les Juifs à Anvers est beaucoup trop “délicate”. Dans ce sillage, toute responsabilité de l’autorité belge dans la persécution et la déportation des Juifs est écartée. L’élite politique, administrative et judiciaire ne souhaite pas s’interroger sur les conséquences de son manque de confiance en la démocratie. C’est la seule option à laquelle elle aurait été confrontée si elle avait constaté sa responsabilité dans la catastrophe juive.

La responsabilité du judéocide repose, en première instance, sur les figures de proue du régime national-socialiste allemand et sur ceux qui, en Belgique, ont choisi de collaborer avec ce régime. Même si la présente étude s’est focalisée sur l’attitude des autorités belges, cette donnée historique fondamentale ne doit pas être négligée.

Les près de 1.114 pages sur lesquelles s’appuie cette conclusion finale permettent de désigner, avec le poids nécessaire, les mécanismes et les éléments politico-idéologiques qui expliquent les raisons pour lesquelles l’autorité belge a collaboré, elle aussi, à la politique raciale antijuive durant l’occupation.

Le manque de préparation juridico-administrative à une seconde occupation, mais également la culture xénophobe, parfois antisémite, de l’élite dirigeante, ainsi que, globalement, le déficit démocratique dans les années 1930 et 1940, peuvent être considérés à cet égard comme décisifs. L’État belge a ainsi adopté une attitude docile en accordant, dans des domaines très divers mais cruciaux, une collaboration indigne d’une démocratie à une politique désastreuse pour la population juive (belge comme étrangère).



Notes



1 Sénat de Belgique, session de 2002-2003, 11.2.2003, 2-131 1/1.

2 Idem, p. 7.

3 Sénat de Belgique, session de 2002-2003, 11.2.2003, 2-1311/4.
4 Sénat de Belgique, Assemblées plénières, 13.2.2003, actes, p. 56-57; Loi du 8.5.2003 (Moniteur Belge, 2.6.2003, p. 29903).

5 Loi-programme du 9.7.2004, art. 319; Loi du 17.7.2006 (respectivement Moniteur Belge, 15.7.2004, p. 55634, et 28.7.2006, p. 37136).

6 Sénat de Belgique, session de 2005-2006, pièce n°3-1653/4, Proposition de résolution relative à l’étude menée par le CEGES, intitulée: “Les autorités belges, la persécution et la déportation des Juifs”. Rapport établi, au nom de la Commission des Affaires institutionnelles, par Messieurs Lionel Vandenberghe et Jean-Marie Happart, p. 36 et sv.





© CEGES, 2007



[La version pdf de ce texte nous a aimablement été communiquée par Suzy et Nico, Jérusalem.]



Mis en ligne le 15 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

15.2.07

MONT DU TEMPLE

Mont du Temple :

ISRAEL DIFFUSE DES IMAGES DES FOUILLES A JERUSALEM
voir ici sur le site des antiquites :

http://www.antiquities.org.il/home_eng.asp

Israël accepte une inspection turque des travaux contestés
15 février 2007 -
Presse Canadienne

Israël a accepté que des experts turcs inspectent le site des travaux controversées sur les lieux saints de la Vieille ville de Jérusalem, a annoncé jeudi le Premier ministre turc.

Recep Tayyip Erdogan a précisé que son homologue israélien Ehoud Olmert lui avait montré des photographies du site, mais ne l’a pas convaincu que ces travaux ne provoqueraient aucun dégât aux lieux saints. Le Premier ministre israélien a accepté la suggestion d’Ankara de dépêcher une équipe technique pour inspecter le site, a ajouté Erdogan.

Lundi, le maire ultra-orthodoxe de Jérusalem, Uri Lupolianski, avait ordonné une nouvelle procédure d’examen concernant la construction de cet accès piéton au Mont du temple (l’Esplanade des mosquées) dans le but d’apaiser les craintes des musulmans après plusieurs jours de manifestations, parfois violentes, et de condamnations au sein du monde arabe.

Toutefois, la mesure prise par le maire de Jérusalem ne devrait avoir aucun effet sur les travaux préparatoires en cours sur le site distant d’une cinquantaine de mètres Mont du temple (l’Esplanade des mosquées). Des archéologues israéliens ont en effet commencé à creuser la semaine dernière afin de s’assurer qu’aucun reste important ne subirait de dommages lors de la construction du passage.

La nouvelle promenade vise à remplacer une ancienne rampe, partiellement effondrée lors d’une tempête de neige il y a trois ans. Le projet a déclenché de vives protestations chez les Palestiniens et dans les pays arabes, qui accusent Israël de vouloir endommager des lieux saints de l’islam. Ce que dément l’État hébreu, en soulignant que les travaux sont effectués à une cinquantaine de mètres de l’Esplanade.

Le quotidien israélien « Haaretz » a annoncé hier l’abandon du projet israélien controversé de construire une rampe d’accès au pied du Mont du Temple à Jérusalem. La porte-parole du Premier ministre israélien, Ehud Olmert, a démenti, affirmant que le design de la rampe pourrait être modifié en fonction d’éventuelles découvertes archéologiques, mais que « la décision du gouvernement de construire la rampe est maintenue ».

L ' ACCORD DE LA MECQUE NE RECONNAIT PAS ISRAEL

Les porte-parole du Hamas précisent que l'Accord de la Mecque ne reconnaît pas Israel

« Les porte-parole du Hamas affirment que l'Accord de La Mecque ne reconnaît pas Israël. Alors que cet Accord ne répond pas aux demandes du Quartet, Abu Mazen et le Hamas espèrent toutefois pouvoir le "vendre" à la communauté internationale avec l'aide de l'Arabie Saoudite. » (CES).


13 février 2007





Source : Centre d'Information sur les Renseignements et le Terrorisme au Centre d'Etudes Spéciales (CES)



1. Le Hamas dans son ensemble, et ses multiples porte-parole, ont salué l'Accord de La Mecque et ont fait part de leur intention d'en appliquer le contenu et les intentions. Le Hamas a déclaré espérer que l'Accord mènera à une réconciliation palestinienne interne et lui permettra d’investir ses ressources au profit du conflit avec Israël (Site Internet du Hamas, 9 février).


2. Khaled Mashaal, le chef du bureau politique du mouvement, a déclaré que le Hamas était lié par le contenu de la lettre de nomination du nouveau gouvernement, qui lui impose de respecter les accords déjà signés par l'OLP avec Israël. Il a même qualifié cela de « nouveau langage diplomatique » adopté par le Hamas, face à un « besoin national ». Toutefois, il a précisé que le Hamas n'avait pas modifié sa position fondamentale et que « chaque faction conserve ses propres opinions politiques » (Agence France Presse, 9 février).



3. Dans plusieurs interviews, Khaled Mashaal et d'autres porte-parole du mouvement ont déclaré que l'Accord de La Mecque ne faisait pas référence à la reconnaissance d'Israël et ont affirmé que le Hamas n'avait aucune intention de reconnaître l'Etat hébreu :



A. Interrogé par un journaliste de Al-Hayat sur la question de savoir si le respect des accords signés par l'OLP signifiait la reconnaissance d'Israël, Khaled Mashaal a déclaré que la question de la reconnaissance de l'Etat hébreu n'avait pas été abordée à La Mecque (Al-Hayat, 10 février).



B. Nizar Rayan, activiste important du mouvement dans la bande de Gaza a affirmé que le Hamas ne reconnaîtrait jamais Israël et que l'Accord de La Mecque ne prévoyait aucun changement de la politique du mouvement (Reuters, Bande de Gaza, 9 février).



C. Ismail Radwan, porte-parole du Hamas, a déclaré que “l'Accord signé à La Mecque ne signifie pas la reconnaissance de l'entité israélienne.” La position du Hamas, a-t-il ajouté, consiste en la “non-reconnaissance de la légitimité du mouvement sioniste.” Il a précisé que la position du gouvernement du Hamas sur la question était basée sur le “document de réconciliation nationale” (cf. le "document des prisonniers"), qui ne reconnaît pas “l'entité sioniste” (Agence France Presse, 9 février).



D. Ahmad Yussuf, conseiller d'Abu Mazen, a été interrogé à propos de l’exigence du Quartet d’une reconnaissance d'Israël. Il a répliqué que le Hamas ne reconnaissait pas l'Etat hébreu et que la plate-forme du prochain gouvernement n'inclurait pas sa reconnaissance (Télévision Al-Jezira, 10 février).



4. Bien que l'